L’oeuvre de Cedric Tanguy entre réalité et fiction....

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« À travers mon oeuvre, je propose une digestion du spectacle de la vie,  une tambouille, une mixture passée dans le shakeur de mon imagination (…) c’est du fast food visuel ! »
En mêlant l’imagerie populaire, l’histoire de l’art et les clichés publicitaires actuels, Cédric Tanguy créé un univers parallèle qui fait écho au monde contemporain. 
Son royaume imaginaire nous transperce par l’excentricité et la vérité douce-amère qui s’en dégagent. Selon ses propres mots, "(il) brosse un univers improbable, parodique, déjanté, extravagant, baroque ou romantique qui tangue entre pulsion de vie et de mort".
Nous avons été bouleversés par le travail de Cedric Tanguy qui, à travers ses oeuvres, invite le spectateur à traverser le temps et les siècles tout en interrogeant la société contemporaine... suivez le guide dans cette interview exceptionnelle !

 

Cedric Tanguy, pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique ? 

Breton (né à Vannes), j'ai passé mes deux premières années d'études à l'école des Beaux-Arts de Lorient. Je suis diplômé de l'école de Beaux-Arts de Nantes, et j'ai fait un post-diplôme à l'école des Beaux-Arts de Marseille. J'ai ensuite enchaîné les résidences d'artistes et autres expositions, d'abord dans le sud de la France (Le Château de la Napoule, le " 3 bis F " d'Aix-en-Provence, " Le logoscope " de Monaco, les ateliers d'artistes de la ville de Marseille, Le MAMAC de Nice, le Château Grimaldi de Cagnes-sur-Mer, la Chapelle des pénitents blancs à Vence...). Entre toutes ces résidences et mon emménagement à Vence, j'ai vécu une dizaine d'années sur la Côte d'Azur.



Cedric Tanguy - Mysticoscope


Vue exposition Hades Park


Plusieurs expositions m'ont été consacrées sur la scène nationale et internationale de la création contemporaine : à Marseille « Hades Park » (Triangle, Friches de la Belle de Mai), à Nantes « Tanguy & la Biscuiterie » (Lieu Unique), à Paris « Mehdusine (2) » (Galerie Rabouan Moussion), « Golden Ice » (Galerie Helenbeck), à Nice « Il était une crise de foi » (Galerie Sandrine Mons), à Lyon (Galerie Métropolis), à Sète « Rêver c'est gagner » (Centre Régional d'Art Contemporain du Languedoc-Roussillon), en Poitou-Charentes « Mehdusine » (Rurart, centre d'art contemporain) … J'ai aussi été convié à de nombreuses expositions de groupe, à New York (Feigen Contemporary), à Montréal (Joyce Yahouda Gallery), à Essen en Allemagne (Galerie 20.21)…



Cedric Tanguy - vue exposition 


Je suis représenté par l'une des galeries les plus importantes de Belgique à Bruxelles (Galerie aeroplastics contemporary). Via aeroplastics, mon travail fut montré dans plusieurs foires internationales d'art contemporain (Art Brussels, Art Rotterdam...).



Cedric Tanguy - vue exposition 


En 2007, je pose le pied à Dieppe pour la première fois, convié à exposer lors du 18ème mois de l'image, sur le thème " Les excentriques, stratégie de parade ". Finalement je quitte les Alpes-Maritimes en 2012 pour venir m'installer en Seine-Maritime. En mettant en scène les cérémonies d'ouverture et de clôture du festival du film canadien de Dieppe et en créant ses visuels, j'en deviens pendant 2 ans le directeur artistique. En 2015, toutes ces aventures dieppoises me poussent à co-réaliser mon premier long-métrage avec Nicolas Bellenchombre (fondateur du festival de Dieppe). 2016 sera l'année de post-production de ce road-movie western social contemporain intitulé " Last chance road ".



Cedric Tanguy - visuel Last chance road (2016)


Quelle est l’origine de votre énergie créatrice? 

Je vous réponds en vous citant un extrait d'une bafouille de jeunesse qui, justement, traite des origines de mon oeuvre. Je l'avais écrite à la troisième personne, durant une période de création que j'avais baptisée " L'âge ingrat ou la genèse de Tanguyland " :
" Tout petit déjà, captivé par l'histoire et ses figures emblématiques costumées, Cédric Tanguy reste à l'affût des films d'époque programmés sur les trois seules chaînes télévisées existantes alors. Au début des années 80, comme pour bon nombre d'enfants, l'heure du dodo étant fixée à 20h30 maxi, il fallait se cacher pour une diffusion clandestine à travers la fente de la porte entrouverte du salon. C'est dans cet interdit et dans l'angoisse d'être démasqué par une envie soudaine d'un des parents de se rendre au lieu d'aisance, que Cédric debout et " tremblant " dans la pénombre du couloir, dévora des yeux les jupons gonflants d'Alice Sapritch et la fraise monumentale au cou de Louis De Funès dans " La folie des grandeurs ", mais aussi les hautes bottes, les dentelles, le baroque carton pâte dans " Angélique, marquise des Anges ", ou les perruques blanches, les catogans, les jabots, les décors d'opéra dans la série " Mozart " de Marcel Bluwal, et les crinolines tournoyantes de " Sissi l'impératrice ". Mais le coup de foudre de son enfance offert dans une vraie salle obscure d'un cinéma alpin restera Amadeus de Milos Forman. 
Bien avant cela, en grande section de maternelle quelques-uns de ses camarades impressionnés par les prémices de ses talents artistiques, n'hésitèrent pas à faire office d'esclaves pour assouvir son désir de souveraineté. Suivre le roi, dans la courbette, en tenant sa traîne qui n'était que le pan du manteau en velours marron du fol enfant, ou se faire arracher la boucle d'oreille par sa majesté pour un trop d'éclat plus doré que le roi soleil lui-même, furent les lots de ce qu'il infligeait à qui craignait et dérangeait le maître! À l'âge de l'école primaire, le Grand Larousse de ses parents restait constamment ouvert à la page "L", et Cédric n'avait de cesse de recopier la reproduction du portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud sur papier Canson. 
Gare à celui qui osait piétiner son Versailles de Sable! Un seul, le voisin de classe, en paya les frais par le supplice des gribouillages de caricatures se moquant de ses crottes d'oeil. Mais quand la maman du pauvre voisin martyr entra dans la ronde, ce fut très vite le monde adulte et sa terrible réalité qui vinrent mettre un terme à la fantaisie de l'imbu gamin. Du coup Cédric humilié se réfugia dans la solitude dont les fillettes cherchèrent à l'en sortir, et ce à grands renforts de corde à sauter, de jeux à l'élastique, de marelle et de poupées Barbie. Ce qui ne manqua pas de lui faire endurer les pires moqueries et méchancetés des garçons de son âge. C'est ainsi que dans la cour de récréation il devint le bouc-émissaire. Au faste du roi se substitua le ridicule d'un bouffon. Aux coups donnés, les coups reçus!
Au lycée, Cédric se plongea dans son cycle " romantico " tout droit sorti d'une fiente de corbeau planant dans les brumes d'un tableau de Friedrich, auquel il rendra régulièrement hommage dans sa future carrière. 
À la fin de l'adolescence, c'est par l'art que Cédric tenta de retrouver sa position initiale et emblématique sous la forme d'autoportraits photographiques le représentant dans la peau des personnages qui le fascinaient depuis son enfance. "


Cedric Tanguy - Vanité

 
Quelles sont vos sources d'inspirations ?
Ma vie passée, présente et future m'influence. Mes tracas, mes soucis, mes peines, mes joies, mes douleurs, mes envies, m'influencent. Ce que je suis, ce que je veux, ce que j'aime, ce que je fuis m'influence. Je vis pour mon art, je suis totalement investi et dévoué pour lui, mon art c'est ma vie, il est la continuité de mon corps et de mon esprit. Cependant le monde qui m'entoure m'influence aussi. Comme nombre d'artistes je suis témoin de mon siècle, je scrute le monde, le monde de tous les jours, le monde du réel, celui qui se dresse à moi lorsque je sors de chez moi. Mais aussi le monde déjà digéré par les médias (TV, internet, presse…).
À travers mon oeuvre, je propose donc une digestion du spectacle de la vie,  une tambouille, une mixture passée dans le shakeur de mon imagination. Mon oeuvre c'est la diarrhée du tableau indigeste de ce que nous offre à voir notre quotidien. Dans une société du " zapping " où il faut ingurgiter à toute vitesse le maximum d'infos, mon travail est à l'image de ce grand zap bordélique. C'est du fast food visuel! Mais je crée comme je vis, avec mes hauts, avec mes bas, avec mes euphories, avec mes tristesses, et c'est en cela que je ne peux parler d'un parcours dont l'oeuvre sera forcément reconnaissable, car je ne veux plus pondre la même chose toute ma vie. Je vous ai parlé de baroque donc de grand bazar surchargé, surpeuplé, mais j'ai aussi des envies de vastes épures, de dépouillement, qui seront aux antipodes de ce que j'ai pu faire jusqu'à maintenant.



Cedric Tanguy - Vue exposition


A travers vos oeuvres, vous traversez les siècles pour interroger notre société contemporaine. Histoire de l’art, image religieuse, culture populaire et autoportrait constituent la base de votre univers artistique.  Pouvez-vous nous en dire plus sur vos thèmes de prédilections ? 
 Chez moi le mariage entre réalité et fiction reste le principe fondateur d'une mythologie bien personnelle. L'anachronisme est devenu pour moi un outil qui peut sembler produire un certain surréalisme maladroit  mais qui n'est cependant pas dénué de sens.
Les traces et les vestiges du temps sont ces outils qui me permettent de mêler histoire de l'art, imagerie populaire et clichés publicitaires, pour construire un univers parallèles faisant écho au monde actuel. Pour établir les fondements de mon oeuvre j'ai d'abord été l'auteur, le sujet, le centre et le prétexte de mes légendes personnelles en incarnant des personnages excentriques autour desquels j'ai esquissé un semblant de royaume dont l'iconographie ne dépassera pas le degré de la simple exposition, de la simple publication sur papier glacé, de la simple diffusion sur la toile internet, ou encore de la simple projection sur écran cinéma.
Je pratique à grande eau le détournement de l'art, de l'histoire, des mythologies, des religions, pour en proposer des relectures visuelles à la croisée du numérique et d'une forme de classicisme, de pratiques sociales, d'esthétisme à destinée quasi relationnelle, et de constat plus politique rendant état des évènements qui traversent notre monde contemporain. Que ce soit dans mes photomontages de tableaux triturés à l'aide de logiciels informatiques ou autres applications pour androïdes, que ce soit dans mes installations mêlant assemblages et sculptures, ou dans mes vidéos et films, je brosse un univers improbable, parodique, déjanté, extravagant, baroque ou romantique qui tangue entre pulsion de vie et de mort. Avec parfois un esprit volontairement tarte à la crème, et un second degré bien ancré, je passe au " sanibroyeur " les thèmes de la mégalomanie, du bestiaire, de la monstruosité, de la guerre, de la dégénérescence, de la jeunesse, du culte du corps, pour en remplir  une fosse sceptique de pessimisme, de cynisme, d'étrangeté, de décadence et d'humour noir.
Il faut voir toute l'interpicturalité de mon oeuvre comme un " palimpseste sous synchrotron ", comme si, par exemple, en déchirant une tapisserie de chambre d'ado on y découvrait en sous-couche des peintures rupestres.
Comme le disait Olivier Marro à mon sujet : " Cédric Tanguy n'a de cesse de dynamiter l'identité, d'équarrir son époque en l'envoyant parfois se faire voir dans la machine à démonter le temps. Son pêché mignon consiste à confronter l'oeuvre d'art historique, sa durée classique avec le temps informatique compressé. Les grands maîtres d'hier peuvent être samplés par un Pics Jockey. Et en un clic sur la touche " copier-créer " le bug artistique peut commencer. Les pistes se brouillent, mais jamais par hasard. Pourquoi celui qui a baigné dans la culture du supermarché s'en priverait-il? S'accaparant les icônes comme le fit jadis Warhol, Tanguy lui, les détrône en les égarant dans une forêt pétrifiée de pixels. Bienvenus dans le labyrinthique lupanar du virtuel où lyrique et pathétique font bon ménage! "


Cedric Tanguy - vue exposition
Cedric Tanguy - Façade Freaks show (Part I)


Pourquoi avez-vous choisi d’être le sujet principal de vos mises en scènes ?
Je crois que j'ai commencé à me mettre en scène vers l'âge de 11ans, après avoir été fasciné par le film "Le cauchemar de Dracula" de Terence Fisher avec Christopher Lee. J'ai su tirer parti des trésors amassés du " Pif gadget " que ma grand-mère buraliste de presse m'offrait chaque mercredi. Et c'est dans la pochette surprise renfermant le râtelier du vampire que je trouvai le salut! Ma première ébauche cinématographique tournée en super8 et ne durant que quelques secondes me représente vêtu d'un long ciré rouge digne d'un accoutrement de David Bowie, un couteau de cuisine à la main, et poursuivant ma petite soeur dans le jardin. Dans un jeu " Mélièsien ", je la plaque au sol et lui tranche la tête pour finir par jouer au foot avec (il s'agissait de la tête à coiffer de ma soeur, rembourrée par le cou de spaghetti au ketchup). Probablement inspiré par les rares magazines de mode présents dans la modeste boutique de ma grand-mère, au lieu de jouer au gendarme et au voleur, je commençai à me constituer des looks invraisemblables avec des bouts de rideaux, des couvertures, des chutes de tapisserie en toile de jute, pour improviser un défilé de mode à domicile. Je n'étais pas forcément fan des jeux de société qui ne produisaient rien et préférais m'amuser pour créer et non pour brasser de l'air. J'ai commencé à développer l'autoportrait photographique durant mes années lycéennes en posant en dandy, inspiré par les portraits de Baudelaire. Hormis le fait que je passais mes vacances à peindre en solitaire, ce sont des autoportraits photographiques, non forcément très assumés à l'époque, qui retinrent l'attention du jury du concours d'entrée à l'école des Beaux-Arts.


Cedric Tanguy - self portrait 2011


En première année, devant choisir un thème de travail personnel, et déduisant que j'étais le sujet le plus accessible à moi même, je décidai donc de porter mon choix sur cette thématique de l'autoportrait (et plus particulièrement " l'autoportrait à la manière de…"). Toujours grand " romantico " aimant à penser être mal aimé (et n'ayant jamais connu d'histoire d'amour réciproque jusqu'à aujourd'hui), j'ai à mes vingt ans voulu créer un personnage à mon image pour que ce portrait puisse exister par le fait d'avoir le statut d'être aimé. Jean Baudrillard disait : " Nous n'existons que dans le bref instant où nous sommes séduits ". C'est la fameuse question du double : " je " est un autre.
De ce fait j'ai presque voulu faire exister deux personnes. Je donnais à mes photos le statut d'être aimées, et elles me donnaient le statut d'être séduit, " je suis séduit et je séduis ". Je provoquais chez le sujet la passion de devenir objet, le désir de s'effacer par l'aide de la métamorphose, afin de passer d'une espèce à une autre. C'était une façon de disparaître et non de mourir. " Si tout est métamorphose rien n'a de finalité ". C'est la raison pour laquelle j'ai proposé une relecture de l'histoire du portrait dans l'art, en m'y réintroduisant avec une certaine dose d'humour qui cachait un autre pourquoi de l'autoportrait ; la crainte de la disparition. Le fait pour moi de me plonger dans de longues séries d'autoportraits me permettait d'intensifier mon existence. Je me suis d'ailleurs représenté dans les traits de chaque personnage d'une famille de vampire en me maquillant en grand-père, en grand-mère, en père, en mère, en fils de la famille Cédracula. Pour moi c'était à chaque fois comme mourir et renaître dans la peau d'un autre personnage, et m'offrir ainsi une certaine notion d'éternité en passant d'un âge à un autre, d'un visage à un autre, d'un sexe à un autre. Dans ce sens je considérais la photo comme un moyen de combler pour autrui le vide ultérieur causé par ma propre perte, (cf. le rôle des portraits sur les tombes) ou un moyen de continuer à séduire par un paraître simili-post-mortem.



Cedric Tanguy - Césarienne


Aujourd'hui ce principe est poussé à son paroxysme dans le star système. Certaines superstars finissent par être adulées comme des divinités, elles sont comparées à des légendes. On connaît l'impact que cause la mort d'une célébrité ; " être célèbre, c'est mourir ". Pour Baudrillard " La mort des stars n'est que la sanction de leur idolâtrie rituelle. Il faut qu'elles meurent, (…) car il y a là, derrière la seule immortalité qui soit, et qui est celle de l'artifice, l'idée incarnée par les stars, que la mort elle même brille par son absence, qu'elle peut se résoudre dans une apparence brillante et superficielle, qu'elle est une surface séduisante. " Je me suis donc aussi intéressé au star système, au travers de performances et de happenings dans lesquels j'ai joué à la star avec mes gardes du corps, mes fans, mes paparazzis, mes posters, les tee-shirts à mon effigie, mes arrivées sur tapis rouge, mes remises de Cédric d'or, mes faux clips, mes bandes annonces de films qui n'existent pas… Tout cela avant même l'avènement irréversible d'internet et du narcissisme de masse se propageant sur les réseaux sociaux. Toute cette auto-starification à prendre au second degré n'était qu'un prétexte pour ensuite mettre en scène ma déchéance et ma chute. Mais j'ai aussi joué avec l'Art, avec la culture populaire, tout comme l'enfant joue avec sa culture de dessins animés, tout comme il peut jouer à superman. Marc Le Bot, écrivain spécialiste de l'art contemporain a dit : " Pour l'Art, pour ceux qui aiment l'Art, l'objet ou le souci principal est de raviver à tout instant ce qui en nous échappe au temps, ce quelque chose que la vie durant nous gardons vif de notre enfance. L'enfance de l'Art consisterait à se garder une âme d'enfant, ce qui en nous s'étonne et s'émerveille. " Alors le fait de me multiplier et de passer d'un personnage à un autre pour me donner à chaque fois une petite mort et une petite renaissance, c'était me détourner moi-même de ce que j'étais tout comme l'enfant se détourne de son âge pour être un héros adulte. Mais moi, contrairement aux gamins, je me détournais de mon âge "adulte" pour rejoindre un stade enfantin par cette notion qui était de dire: " Je joue à untel…". En fait il existait dans ce jeu un double détournement d'âge et d'identité, car je me disais redevenir enfant en jouant à l'enfant qui se donne le rôle d'un adulte. 


Cedric Tanguy - Tournez méninges


Mon art d'appropriation au moyen duquel je pastiche, je détourne, je mixe, je plagie, en dévorant d'autres oeuvres d'art, pourrait presque signifier que ma façon de parler de l'art est de jouer avec, d'en faire des oeuvres hybrides. Tout cela pour dire que je suis spectateur du champ artistique et que je rêve moi-même de devenir acteur du spectacle que je vois. Cette pour cette raison que j'ai longtemps simulé cette notion de réussite, tantôt en jouant la star, tantôt en signant des fresques qui se voudraient être celles de grands artistes. Par mon travail je suis sur un nuage, je rêve de faire des chefs-d'oeuvre. La réalisation plastique de mes projets n'est qu'un rêve à grandeur nature et non pas toujours un vrai travail en soi. Je dis que je rêve tout haut et que mes rêves sont palpables. C'est aussi dû au fait que j'utilise des médiums comme la peinture, la photo, la vidéo, mais que je ne fais pas toujours de peinture, de photo ou de vidéo en soi. Je leur donne une identité en décalage, je les détourne. Je montre une photo en la considérant comme une peinture, je projette une vidéo en laissant penser que c'est du cinéma. Je veux toujours avec des moyens réduits simuler de plus grands moyens. C'est comme le gosse qui prend une branche pour un fusil. 
Quand on me demande si je compte descendre de mon nuage, je réponds que je n'en descendrai pas, mais que je le ferai atterrir pour vous inviter à y monter.


Cedric Tanguy - Vue exposition Mehdusine
Cedric Tanguy - Vue exposition Mehdusine
Cedric Tanguy - Vue exposition Mehdusine


A travers votre série "Medhusine" vous revisitez la légende de la fée Mélusine, incarnée par votre modèle Mehdi Chaoui. Vous y menez un questionnement multiple sur la place du jeune homme d’origine étrangère dans notre société… tant au niveau de l’individu que du système religieux. Quelle est la genèse de ce projet ? 
Avant de vous commenter l'exposition "Medhusine", je dois parler de la naissance d'une muse au masculin, car la vraie genèse du projet se trouve en celui qui l'a en partie inspiré.
Je n'ai pas passé mon adolescence comme les autres de mon âge, à sortir, à m'amuser, à m'adonner aux plaisirs de la chair. Pendant que mes camarades perdaient leur temps à se divertir, moi je passais le mien à créer. J'étais alors persuadé que perdre ma virginité serait du même effet que celui de couper la tignasse de Samson, exit avec elle la force herculéenne du bougre cachée dans ses dreadlocks! L'art était souvent ma principale compagnie, avec elle j'étais sur une autre planète… ma planète! Mais il est clair que la question du sentiment amoureux envers autrui se traduisait par une diversion du sujet par l'art et par le stakhanovisme créatif que je faisais bouillonner autour de moi. J'ai atteint un tel degré de sacrifice pour l'art en lui consacrant presque tout mon temps, que, tel un moine de l'art, le moindre de mes faits et gestes avait un rapport direct avec ce "sacerdoce" artistique. Pendant des années j'ai fréquenté les vernissages, les mondanités du milieu culturel. Mais j'ai très vite fini par m'en lasser. 


Cedric Tanguy - Vera Iconica


Alors débuta une longue période durant laquelle je ne voulais même plus passer du temps en compagnie d'autres artistes, je les fuyais, je les évitais autant que possible (je ne parle pas là de mes quelques amis artistes). Je me suis plutôt dirigé vers mes opposés, mes antipodes. Lorsque je voulais faire un break, m'aérer l'esprit, ce n'était surtout pas pour me retrouver avec d'autres artistes, souvent à l'affut du moindre pet de travers pour te le faire remarquer ! Non, il est arrivé une période où j'ai vécu mes rares moments de détentes en compagnie de ceux avec qui je passais mes moments de création ; à savoir mes modèles, qui n'étaient pas du tout des mannequins d'agence, mais très souvent des jeunes " weshs " trouvés sur les réseaux sociaux.
Effectivement, je me servais d'internet comme plate-forme de casting sauvage. Plus les lascars faisaient bad boys, et plus le paradoxe entre eux et moi devenait intéressant (weshs, lascars, bad boys sont des nominatifs à prendre ici au second degré, ils ne sont pas péjoratifs venant de moi). En m'immisçant dans leur univers, et eux dans le mien, je ressentais une sensation de rajeunissement et de renouveau face à la découverte d'une culture qui, au premier abord, ne m'attirait pas. J'ai vécu cette magie de la rencontre des antipodes, j'ai connu comment des jeunes machos forts dans leur représentation exacerbée de virilité sont devenus les éléments esthétiques d'un artiste androgyne, comment ils ont fini par s'entendre avec quelqu'un qui pouvait sembler représenter tout ce qu'ils rejettent. J'ai été celui qui, enfin, les plaçait sur un piédestal, celui qui leur offrait de la fierté et de l'honneur sur un plateau. 
Il y avait une vie après l'oeuvre. Cette vie c'était l'ouverture d'esprit que ces rapports engendraient chez ces coéquipiers, c'était l'amitié qui en découlait et tout ce que cela pouvait provoquer comme aventures atypiques et grisantes, et tout ce que cela pouvait faire éclore comme sujets d'inspiration. 


Cedric Tanguy - Me & Mehdusine

 
Ainsi, après avoir longuement travaillé sur la notion d'autoportrait, j'en suis arrivé à offrir ma démarche aux autres, à me situer en tant qu'artiste cobaye. Je l'ai accompli de plusieurs manières, notamment avec des groupes de lycéens lors de diverses résidences d'artistes. 
Mais le plus gros transfert de démarche, la plus grosse offrande de satisfaction et de guérison narcissique que j'ai pu offrir à quelqu'un, c'est à mon modèle favori, mon cher ami, ma muse au masculin Mehdi Chaoui! 
Plusieurs périodes et thématiques ont marqué mon parcours artistique, mais la plus enthousiasmante, la plus motivante, la plus passionnante, la plus perturbante et au final la plus destructrice fut cette période de plusieurs années durant laquelle je me suis essayé à l'exercice de la muse. Donner vie artistiquement parlant à une muse : Je crois que ce qui sort des tripes à ce moment là peut-être comparable symboliquement aux douleurs d'un accouchement. Telle une mise bas picturale, faire naître une muse doit se composer avec tout ce qu'il y a comme sauts d'humeurs entre l'artiste et son modèle, comme douleurs psychologiques causées par les méandres des incompréhensions auxquelles se confrontent les relations  humaines. Le projet Mehdusine est née durant cette période où tout était prétexte à devenir Pygmalion d'un ami égérie, et ce pour son plus grand plaisir narcissique. Lui que j'ai trouvé sur le net, comme un ambassadeur du selfie avant même que le terme ne soit inventé. Je découvrais un être qui du haut de ses 20 ans avait déclenché des myriades de fois plus d'autoportraits de bout de bras, que moi, ayant pourtant travaillé deux décennies sur ce thème. 


Cedric Tanguy - Tanguy & la Biscuiterie

Cedric Tanguy - vue exposition


C'est alors que je le fis apparaître la première fois au Lieu Unique, la scène nationale de Nantes implantée dans l'ancienne usine LU, pour l'exposition " Tanguy et la biscuiterie ". 
Dans cette exposition je représentais différentes crises, comme la crise économique, la crise alimentaire,  la crise écologique, la crise mystique, la crise "raciale", facteur très présent dans certaines causes de rébellion chez la population des quartiers défavorisés de banlieues. Dans " Tanguy et la biscuiterie " dont le titre fait tout de suite penser à " Charlie et la chocolaterie ", j'invitais le spectateur à découvrir un monde où mes Oompa-Loompas détournés étaient symbolisés par des jeunes d'origines étrangères et plus particulièrement maghrébine. J'y mettais en scènes des jeunes beurs parmi des petits beurres LU dans une oeuvre intitulée " La beuh des beurs : le blé du beurre ". Il faut savoir que dès sa sortie en 1964 le roman " Charlie et la chocolaterie " de Roald Dahl fit scandale, car censuré pour racisme. Il décrivait les Oompas-Loompas comme des esclaves pygmées. Pour réinterpréter cette anecdote je les ai transformé dans un contexte actuel en jeunes d'origine maghrébine. Le petit Charlie qui gagne son ticket d'or dans l'histoire de Roald Dahl devenait ici le bel atypique et charismatique Mehdi Chaoui dans l'oeuvre " Marave pour un golden ticket avec Charlotte Corday aux fraises ". Mehdi au premier abord incarnait pour moi l'archétype du jeune " bogoss " un peu rebelle, du mauvais garçon ayant toujours sur ces selfies comme signes distinctifs le doigt d'honneur en l'air et le joint au bec. Mais il avait en même temps le côté si fragile de cette jeunesse désenchantée qui a déjà baissé les bras, trop consciente d'un avenir sans espoir. Je m'attachais à ce genre de personnages, car à travers mon art j'essayais tant bien que mal d'apporter un souffle nouveau à cette vie meurtrie qui, presque inévitablement, sentait la tragédie. Par ce Mehdi, mon autoportrait se dessinait au travers des antithèses que le jeune homme représentait, je me montrais par ce personnage qui se situait à mes antipodes. Il fut indissociable à mon oeuvre, et face à l'idée peut-être erronée venant de ce que j'imaginais de son autodestruction, je tentais de le construire d'une autre manière, symboliquement, par le fait de l'immortaliser.


Cedric Tanguy - La beuh des beurs le blé du beurre


C'est suite à cette exhibition Nantaise que je fus invité dans le Poitou Charentes par le centre d'art contemporain " Rurart ". Je me suis inspiré des particularités historiques et culturelles de la zone géographique dans laquelle je me suis retrouvé pour une résidence artistique de plusieurs mois. 
J'ai donc visité ce coin de campagne et pris connaissance de ce que l'on nomme le pays Mélusin, zone rurale située à deux pas de Poitiers. Pays Mélusin, car c'est là-bas qu'est née la légende médiévale de la fée Mélusine, femme dont les jambes se transformaient en queue de serpent au contact de l'eau. L’on disait de Mélusine qu’elle était la fée bâtisseuse de nombreux châteaux, y compris, comme l’illustre une gravure de l’ouvrage " Les très riches heures du Duc de Berry ", bâtisseuse du plus grand château médiéval français, celui de Lusignan (Mélusine : mère des Lusignans). Ce personnage féminin fut inspiré de la véritable Sarrasine, princesse de Jérusalem, ramenée de la guerre des croisades, et mariée au seigneur de Lusignan. 
Mais bien avant la naissance de ce récit, c'est non loin de là que Charles Martel vaincu les Sarrasins en 732. Des siècles plus tard, c'est encore sur ces terres de la France profonde que le sang coula à nouveau lors de conflits religieux entre catholiques et protestants. Après la révolution française, l'un des plus grands temples protestants de France fut édifié sur ce territoire du Poitou-Charentes. Au XXème siècle les troupes Hitlériennes y battirent un camp d'internement. Et c'est aujourd'hui, en ce XXIème siècle que certains militants du FN déclarent sur des blogs internet : " Charles Martel se retourne dans sa tombe, les Sarrasins sont de retour, ils construisent à Poitiers l'une des plus grandes mosquées de France! " 
Plus d'un an après la première exposition " Mehdusine ", un groupe néo-nazi est monté sur le toit de la mosquée de Poitiers, pour perturber le chantier à coups de revendications, en déployant une banderole mentionnant " 732, génération identitaire ". 
Tous ces moments de l'histoire, où l'on bâtissait pour le meilleur et pour le pire, ont donc dirigé ma réflexion vers Mélusine, cette fée bâtisseuse.  Comme d'habitude, après avoir ingurgité toutes ces données,  le shakeur de mon cerveau en digéra une relecture personnalisée. En m’inspirant donc des réalités et légendes de cette région, j’ai créé de toute pièce une créature mi-homme mi-serpent, présentée dans mon récit comme le jeune maçon d'un chantier de mosquée, comme un personnage fictif ayant traversé les siècles. Il apparaît d'abord comme l'homme serpent du jardin d'Éden, ensuite comme muse d'un artiste déjanté de la renaissance, comme souffre douleur de vestiaires, et comme martyr dont le corps finit allongé sur la table ronde d'un ultime rituel s'inspirant de la Cène. Ce jeune homme devint au contact de l'eau aussi hybride que le nom " valise " que je lui ai attribué : Mehdusine ; mot mixant Mehdi, Mélusine,  méduse, muezzin,  usine à médusé,  non misogyne d'avoir misé sur une muse au masculin, le muséifiant sans amusement en messie musulman musclé, mutilé sur les missives moisies d'un émoi miséreux muselant en musique mes amours meurtris sur un mur de musée.


Cedric Tanguy - vue exposition


Ainsi 2 expositions "Mehdusine" ont vu le jour ; l'une à " Rurart " en 2012, et l'autre à la galerie Rabouan Moussion à Paris en 2013. J'y ai présenté dans 2 installations, des fresques, des caissons lumineux, des figurines, des sculptures, des photographies. Arnaud Stinès (Conservateur territorial du patrimoine, chargé de mission Culture et directeur de Rurart à cette époque) parle de cette exposition en ces mots :
" (…) À l’heure où la question identitaire est plus que jamais au cœur du débat de société dans les démocraties occidentales et où elle apparaît particulièrement clivante dans la France de ce début de XXIè siècle, le traitement qu’en propose Cédric Tanguy peut paraître provocateur et irrévérencieux. Il est davantage humaniste et universaliste, dans le dialogue qu’il stimule entre une culture patrimoniale en passe de se muséifier et un monde contemporain habité par la complexité. Ainsi Mélusine peut-elle apparaître au croisement culturel des civilisations orientales et européennes. Des historiens y voient une reine de Jérusalem. On trouve trace de femmes serpents symboles de fertilité ou de protection dans les civilisations égyptiennes ou sumériennes. Au Moyen Âge la queue de serpent de Mélusine devient un symbole chrétien de la diabolisation de la femme. En jouant de cette symbolique, l’artiste affuble un jeune maghrébin de cet attribut discriminant et pose ainsi un double questionnement, tant au niveau de l’individu que du système religieux : quelle est la place dans la société contemporaine des jeunes d’origine étrangère, a fortiori dans un territoire rural qui ne reçoit que l’écho médiatique des questions que soulève l’immigration dans les zones les plus sensibles ? Quel dialogue interreligieux est en voie aujourd’hui dans un état laïc pluriculturel, entre un islam prosélyte et un catholicisme déclinant ? Dans une région fortement marquée par les guerres de religions entre catholiques et protestants, dont l’héritage peut être encore aujourd’hui sensible dans certains villages, Cédric Tanguy décale le propos dans un détournement de l’iconographie religieuse qui repose sur de multiples rapprochements et raccourcis, dans une confusion maîtrisée qui singe le flux médiatique actuel et le nivellement de l’information : ainsi l’artiste puise-t-il son inspiration à la fois dans les cultures chrétiennes et musulmanes, dans l’histoire médiévale et à l’actualité contemporaine, dans le sacré et le profane, dans les mythes et légendes et dans la réalité triviale. Cette appropriation d’une histoire locale, sa relecture contemporaine, le dialogue qu’il initie entre l’histoire de l’art, l’image religieuse et la culture populaire, constituent le socle de la démarche plastique de cet artiste atypique, à l’articulation entre la singularité d’un territoire ou d’une époque et l’universalité de l’art ou des questions de société. "


Cedric Tanguy - Galerie des Batailles

  
Pouvez vous nous parler de votre processus créatif - de l’idée au résultat final ?
Une idée en appelle une autre, c'est un effet " boule de neige ". Lorsqu'un projet est achevé, il ne l'est pas vraiment, car il peut provoquer cet effet papillon dans mon esprit. C'est comme un jeu de dominos, tout comme un chiffre appelle son homologue, une idée se colle à l'autre et crée diverses ramifications. Ou tout comme un pion faisant tomber le suivant pour que toute la rangée suive, la raison d'une oeuvre acquiert un rapport direct à celle qui l'a précédée. Tout a fonctionné avec une première pierre de l'édifice. Ce que j'ai construit, je peux désormais chercher à le déconstruire ou à le reconstruire avec mes nouveaux acquis. Ce que j'ai réalisé il y a 20 ans, je pourrais très bien me décider à le refaire avec les outils que je n'eusse pu manipuler à l'époque. Ce que j'ai voulu signifier peut m'amener à vouloir aujourd'hui représenter le contraire. Être imprévisible et transgresser son propre style, sa propre démarche, ses propres problématiques, ce devrait être cela la véritable liberté de création. Être imprévisible, c'est un processus créatif que je ne pratique plus assez et que j'ai plus aisément développé lorsque j'étais étudiant aux Beaux-Arts. Mais malheureusement on a trop souvent tendance à vouloir que l'oeuvre d'un artiste soit suffisamment identifiable et que l'artiste devienne lui-même esclave de sa propre griffe. Je ne voudrais pas finir comme le chien qui se me mord la queue en tournant en rond !



Cedric Tanguy - Le passage (2016)


Pouvez vous nous parler d’une de vos oeuvres qui vous tient à coeur ? 
"Le passage", c'est ainsi que s'intitule l'une de mes dernières oeuvres, un polyptyque de 6 panneaux photographiques (hexaptyque). Je considère cette oeuvre comme la pièce maîtresse marquant un virage assez brutal dans ma création, par rapport à ce que l'on peut s'attendre à voir venant de moi.
Je vous parlais précédemment d'un effet domino, la fin d'une idée qui en déclenche une autre. Cette très longue période de travail sur l'autoportrait, sur la représentation de l'être humain et cette place trop importante accordée à une muse que je n'ai malheureusement plus revue depuis 3 ans et demi, comme si j'étais forcé malgré moi de faire le deuil d'un ami très cher et encore vivant, m'a poussé à me rendre compte que ce que j'ai crée avec le plus de passion a finalement conduit à un échec d'amitié et à l'une des grandes tristesses ma vie. J'ai pris conscience que l'art n'avait pas autant de pouvoir que ce que je pouvais prétendre. C'est la raison pour laquelle, et dans la logique de mon mode de fonctionnement en effet boule de neige, que pour des projets à venir, j'ai décidé d'aller dans le sens contraire de ce que j'ai pu bâtir jusqu'à lors ; ne plus représenter l'être humain, tout en continuant à parler de mon état d'âme face au monde. Déçu par le résultat d'avoir trop représenté l'homme, je l'efface donc physiquement de mes prochains projets d'envergure, tout en continuant à parler de l'humain. Je cherche progressivement à montrer le contraire de ce que j'ai mis en avant durant toutes ces années ; exit le baroque et la surcharge, exit l'homme sublimé, le clinquant et le kitch assumé, et vive le dépouillement, l'abandon, le vide, et l'absence, vive le renoncement . Comme ces toiles retournées je n'exhiberai que ce qui cache ce que je ne veux plus montrer.
Comme cette croix subliminale qui d'un panneau à l'autre s'efface en formant un passage vers une nouvelle période, je m'efforcerai de ne plus représenter une idée d'une façon aussi figurée qu'avant. 
Tout comme le corps a quitté cette croix qui a son tour finira par tomber tel le dernier domino, mon oeuvre tentera de se débarrasser de toutes ses anciennes peaux.
Mais rassurez vous, en fonction de mes humeurs ou de mes périodes d'euphories renaissantes, en fonction de demandes particulières où de commandes de portraits, je continuerai à semer des parenthèses sur mon parcours artistique. Rien n'est gravé dans le marbre! Je le répète ; se permettre d'être imprévisible, c'est ça la vraie liberté !


Cedric Tanguy - Camille Chamoux (2014) 
Cedric Tanguy - Corinne Masiero (2014)


Quels sont-vos projets en cours ou à venir… ?                                     
Quand je vous disais précédemment que je ne représenterai plus l'être humain, mais qu'ensuite je continuerai tout de même à m'accorder quelques parenthèses, voici le tout dernier exemple en date qui est un projet en cours intitulé… et puis non, je ne vous le dirai pas !
Ce projet je dois vite l'achever, avant que l'on me coupe l'herbe sous les pieds ! Je reviendrai vers vous pour cette occasion dans les semaines à venir.


Cedric Tanguy - Ilan (2013)


... et le cinéma ?
Ah ou i! Quand même le principal et le plus important de mon actualité !
Je suis en train d'achever mon premier long métrage que j'ai écrit et réalisé avec Nicolas Bellenchombre (président du festival du film canadien de Dieppe).
Il s'agit d'un road movie western social contemporain tourné à Dieppe et surtout en Alberta au Canada, avec  Miss Ming, Marianne Garcia, Jacques Newashish, Albert Delpy, Stéphane Foenkinos et Fabienne Thibeault.  Dans ce film vous ne pourrez pas échapper à de nombreux éléments de mon univers, tant est si bien que le personnage de l'artiste Candy joué par Miss Ming pourrait-être inspiré par ce que j'incarnais moi-même lorsque j'étais plus jeune, et que les oeuvres qu'elle réalise sont des photos que j'ai conçues pour les besoins de ce long métrage.
Grâce à Daisy Day Films, ce projet est actuellement en stade de fin de post-production. La date de sortie n'est pas encore connue. Il devrait d'abord participer à quelques festivals.
Vous pouvez en voir plus sur ce lien :


(Bande démo sur une musique de notre compositeur Guillaume Poyet.
Il ne s'agit pas de la bande annonce officielle)



Ou encore sur cette page publiée après le tournage au Canada > ICI 
Avec Nicolas Bellenchombre nous commençons à réfléchir à notre second long métrage. Mais bien évidemment je n'en dirai pas plus !

 
Mot de la fin ?
Rendez vous sur mon facebook. Et sur mon nouveau site en cours de construction. 
En attendant l'acquisition du nom de domaine, voici en exclusivité le lien de l'adresse provisoire : ICI 
You're welcome !


Cedric Tanguy - L'Or boréal (2007)



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  • Artist UP
    (hôte)
    • 2016-12-02 09:56:52
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  • Tags - #photographe #photographie #exposition #muse #histoire #passe #Cedric Tanguy #festival du film canadien #Dieppe #art historique #Medhusine #Mehdi Chaoui #galerie Rabouan Moussion #Galerie aeroplastics contemporary
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