LES SAUTEURS - le témoignage bouleversant d'Abou...

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LES SAUTEURS

Un film de Moritz Siebert & Estephan Wagner
en coréalisation avec Abou Bakar Sidibé  



☛☛☛   AVANT-PREMIERE  ☚☚☚
Jeudi 6 Avril – Reflet Médicis
20h > projection du film + débat avec Abou Bakar Sidibé
EVENEMENT FACEBOOK


☛☛☛   PROGRAMME DES PROJECTIONS   ☚☚☚
du mercredi 5/04 au 11/04 inclus
Le Reflet Médicis – Paris – 5ème arrondissement
Poitiers – CGR Castille
Pau – CGR Saint-Louis
La Rochelle – CGR L’Olympia


☛☛☛   GAGNEZ   ☚☚☚
10 X 2 PLACES DE CINEMA pour LES SAUTEURS

envoyez Nom + Prénom + Adresse postale (envoi par courrier) à :
artistup@gmail.com
avant Lundi 17 avril 2017 - 18H
Les gagnants seront prévenus par mail après tirage au sort. 






SYNOPSIS
LES SAUTEURS est une belle leçon sur comment faire un film, à travers le portrait bouleversant d’Abou, migrant malien, qui offre ici une remarquable représentation de la lutte humaine pour la dignité et la liberté.
A la frontière marocaine se trouve la ville de Melilla, une enclave espagnole entre l’Afrique et l’Europe. Sur la montagne qui surplombe Melilla, un millier de migrants africains contemplent la barrière qui les sépare de «l’Eldorado». Abou est l’un d’entre eux - le filmeur et le filmé. Armé de sa petite caméra il témoigne de sa vie quotidienne et de ses nombreuses tentatives pour sauter la fameuse barrière.
A chaque tentative ratée, après avoir affronté les barbelés, les sprays automatiques au poivre et les autorités agressives, chacun retourne au Mont Gururu, récupérer de la nourriture dans les villages voisins.Chacun de ces hommes tentent de maintenir un semblant de communauté et d’entraide, dans l’espoir de survivre ensemble à ce drama quotidien et de garder confiance aussi bien en eux qu’en leur destin.
A  travers  le  prisme  de  la  caméra, Abou trouve progressivement un sens à son  périple : «Lors du tournage, je sens que j’existe». Après seize mois reclu sur le Mont Gururu, retourner au Mali n’est pas plus une option et sa détermination pour rejoindre l’Europe se fait de plus en plus pressante. Certains abandonnent et rentrent chez eux,  d’autres ne reviennent jamais de la clôture.
LES SAUTEURS est avant toute chose un documentaire sur l’émancipation d’un homme ayant pour seule arme sa caméra. Rêvant d’une vie meilleure, loin des barbelés et d’une vie d’errance, Abou et ses compagnons livrent une magnifique leçon de vie, où dignité et liberté résonnent comme le but ultime.



Those who jump © Final cut for real - photos Abou Bakar Sidibe


NOTES DES REALISATEURS
«Le passeport est la partie la plus noble de l’homme» écrivait Bertolt Brecht dans les Dialogues des Réfugiés de Brecht au début des années 30. Soixante-dix ans plus tard, suite aux nombreuses actualités sur la situation des migrants le long des frontières, cette déclaration résonne comme une  vérité  particulièrement actuelle et inquiétante.
Pour ceux d’entre nous qui sont nés du côté droit de la clôture, l’aspect inabordable et hermétique de cette frontière reste anecdotique. Mais pour  ceux  de l’autre côté, comme Abou, qui possède un passeport  malien, les options sont extrêmement limitées.
Lorsque les premiers rapports sur les nombreuses tentatives de franchissement des clôtures de Melilla ont commencé à apparaître en 2014, nous avons été impressionnés par la ténacité et le courage de ces hommes - principalement sub-sahariens. Peu importe combien de fois ils sont tombés, peu importe la douleur de leurs échecs, ils essuient la poussière, se relèvent et recommencent, ne pensant qu’à leur objectif : passer de l’autre côté de la clôture afin de rejoindre l’Europe. 
Certes, il ne manque pas d’histoires ni de tragédies sur les frontières européennes. Toutefois, de notre  point de vue, une voix semblait toujours manquer : celle des personnes concernées.
Afin de donner une autre image de leur réalité, nous devions tout d’abord remettre en question notre propre approche en tant que cinéastes. Notre premier geste fut de fournir une caméra à Abou afin qu’il puisse choisir. Nous étions curieux de savoir ce qu’il allait filmer, quels choix esthétiques il ferait et comment ces choix se différencieraient des images préexistantes qui jusqu’ici ont fondé l’histoire/ l’idée que nous nous faisions des migrants.
Finalement, l’approche d’Abou fut différente de notre projet initial. Il voulait avant tout dévoiler au monde la grande injustice que ses amis et lui-même enduraient à la clôture de Melilla. Mais peu à peu, la caméra est devenue son outil d’expression, lui permettant de passer du statut de «protagoniste» à celui de «co-réalisateur». Au fil des scènes filmées, Les Sauteurs est devenu un film sur la réalisation d’un film.
Moritz Siebert et Estephan Wagner
Janvier 2016



Looking at Melilla © Those who jump


BIOGRAPHIES
Moritz Siebert est né le 27 Août 1973 à Stuttgart.
Ces 15 dernières années, Moritz a travaillé sur le thème de l’immigration, s’inspirant des multiples histoires des personnes rencontrées, toutes à la recherche d’une nouvelle maison. Parallèment, son intérêt à observer le comportement des sociétés d’accueil lui fournit une grande perspicacité concernant l’auto-perception et l’ouverture des sociétés actuelles.
Initialement formé à Berlin en tant que médecin et anthropologue culturel, Moritz a étudié le cinéma documentaire (avec Estephan Wagner) à l’École nationale du cinéma et de la télévision au Royaume-Uni. Ses films primés comprennent Long Distance (2009), My Name is Karl (2008, nominé au meilleur documentaire UK à Britdocs, Oxford) et Belgrade Backspin (2005, co-dirigé avec Anne Misselwitz, meilleur documentaire au Palais Festival du Film Balchik) .
 
Estephan Wagner est né le 4 Juin 1976 à Viña del Mar, au Chili.
Depuis une dizaine d’années, Estephan travaille comme réalisateur de documentaires, rapprochant toujours ses thèmes aux points de vue de ses protagonistes. LES SAUTEURS est son premier long-métrage.
Estephan fut un temps monteur en Allemagne et son travail remporta plusieurs prix internationaux, y compris à la Berlinale. Il monta plusieurs films et documentaires indépendants, principalement pour la télévision et diffuseurs internationaux (ARTE, ARD, BBC, DR).
Il reprend ses études et fait une maîtrise en direction documentaire (avec Moritz Siebert) à l’École nationale du cinéma et de la télévision dans les films en Angleterre. Ses divers projets ont connu un succès aussi bien auprès des festivals internationaux (jouer à plus de 90 festivals et remporté 17 prix), qu’auprès de nombreuses chaines européennes.
 
Abou Bakar Sidibé est né à Kidal, au Mali.
Il possède un diplôme universitaire en anglais et a travaillé en tant que professeur, vendeur de téléphones cellulaires, travailleur sur des chantiers et trésorier entre les bureaux de Western Union dans le village marocain et les gens sur le mont Gurugú. LES SAUTEURS est son premier film.




Those who jump © Final cut for real - photos Abou Bakar Sidibe

 
ENTRETIEN AVEC LES REALISATEURS

« Je voulais vous monter que nous sommes en vie. »

Les Sauteurs est une expérience documentaire - le protagoniste devient le documentariste.
Comment cette collaboration est-elle venue ? Où et comment vous êtes-vous rencontrés ?
Moritz Siebert, Estephan Wagner :
Le terme «expérience» illustre très bien le processus. Au cours de nos recherches pour le projet, nous voulions trouver une approche qui, si tout se déroulait bien, allait ajouter une nouvelle qualité aux travaux déjà existants sur le thème. Nous sommes entrés en contact avec Abou Bakar Sidibé et d’autres réfugiés grâce à un photo- graphe de Melilla, qui avait travaillé pendant des années sur le sujet. Au début, nous avions donné une caméra à Abou et à son ami Baba en leur expliquant les bases du tournage. Puis ils ont commencé à filmer. Quand nous avons découvert les premières images, Il s’est avéré qu’Abou avait filmé beaucoup plus que ce que nous espé- rions. Nous  sentions qu’il s’amusait à manier la caméra. Ceci s’est intensifié avec notre collaboration.
Au début, nous avions des idées précises sur ce qu’Abou pouvait filmer. Cependant, pendant le tournage, beau- coup d’entre elles s’avéraient irréalisables. En fin de compte, ce qui était le plus intéressant et que nous n’aurions jamais pensé à faire, étaient les choses qu’Abou avait filmé, comme par exemple les scènes du petit âne et son utilisation de la musique.



©Those who jump 


Moritz et Estephan, la décision de passer la caméra aux protagonistes est particulière.
Abou, quelle a été votre motivation pour accepter  ce matériel ?
Abou Bakar Sidibé :
Tout au long du projet ma motivation a changé.
Au début, le fait de recevoir de l’argent était l’aspect le plus important. Cela signifiait que je pouvais acheter de la nourriture pour mes amis et moi-même et que je n’avais plus à mendier ou à chercher de la nourriture dans les poubelles. En même temps, c’était très important pour moi que la montagne et tout ce qui s’y passait soient documentés, afin que notre histoire, mon histoire, ne soit pas oubliée un jour. J’avais besoin de montrer que nous étions en vie, que nous étions des êtres humains et non des fantômes.



©Those who jump 

 
Dans quelle mesure avez-vous travaillé ensemble pendant le processus d’édition ?
Comment le texte de la voix-off s’est-il développé ?
Moritz Siebert, Estephan Wagner :
Abou avait filmé pendant presque trois mois avant, et après seize mois sur la montagne de Gurugu, il a finale- ment réussi à sauter la barrière. Nous nous rendions à Melilla toutes les quatre semaines pour rencontrer Abou sur la montagne. Les vidéos avaient été faites par Abou lui-même et en partie par ses amis.Ensemble, nous fai- sions des exercices mineurs de tournage: nous parlions des différentes façons de résoudre des scènes.

 
Those who jump © Final cut for real - photos Abou Bakar Sidibe


Comment le texte de la voix-off s’est-il développé ?
Abou Bakar Sidibé :
À un moment donné, plus de mille personnes vivaient dans le camp, et bien sûr je ne les connaissais pas toutes. Tous ne voulaient pas être filmés. J’ai donc filmé seulement les gens dont j’étais proche et qui me faisaient confiance. Au début, je voulais capturer notre vie là-bas sur la montagne. Pendant le tournage, j’ai découvert de plus en plus de détails qui m’avaient échappé jusqu’ici. Soudain, j’ai perçu différents moments, y compris de beaux  moments - par exemple, comment la lune scintille la nuit sur la mer calme. Cela faisait aussi partie de notre vie, dans cette misère, et c’était important pour moi. À un certain moment, j’ai commencé à mettre de la musique directement sur les images à partir de mon téléphone. De cette façon, je voulais exprimer des sentiments et montrer que nous étions en vie. Ces images qui existent maintenant préservent ces moments pour l’avenir. En même temps, filmer est devenu  pour moi un devoir, une mission significative pendant la longue attente sur la montagne.



Those who jump © Final cut for real - photos Abou Bakar Sidibe

 
Dans quelle mesure avez-vous travaillé ensemble pendant le processus d’édition ?
Comment le texte de la voix-off s’est-il développé ?
Moritz Siebert, Estephan Wagner :
Estephan a monté le film à Copenhague, et Moritz a pu y prendre part en utilisant une copie de montage sur son ordinateur à Berlin. A ce moment-là, Abou vivait en Espagne, puis plus tard dans différents logements dans le sud de l’Allemagne en tant que demandeur d’asile. Cela a ralenti temporairement notre collaboration.
Notre collaboration la plus intensive fut sur la voix off. Abou a commencé à écrire son histoire lorsqu’il est arrivé en Allemagne. Ensemble, nous avons développé des idées pour la voix off à partir des entrevues audio que nous avions menées pendant et après le tournage. Nous mélangions souvent ces texte à des passages filmés pour ensuite les envoyer à Abou, qui à son tour faisait des changements et des ajouts. En octobre 2015, nous avons tourné en une journée la voix off préliminaire à l’aide d’une caméra vidéo. Toutes les fois où nous voulions faire un changement ou une modification, nous en discutions avec Abou pour trouver un accord. Il parlait ensuite directement sur son téléphone et envoyait le fichier audio à Moritz, à Berlin. Moritz faisait une présélection et l’envoyait à son tour à Estephan  à Copenhague, où l’intégrait au montage.


  • Artist UP
    (hôte)
    • 2017-04-14 14:11:13
    • 1 239 vues
  • Tags - #cinema #realisateur #documentaire #film #afrique #europe #liberté #Wide Distribution #Les SAUTEURS #Moritz Siebert #Estephan Wagner #Abou Sidibé Bakar #dignité #migrant #frontière #témoignage #témoin #sortie en salles #those who jump
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