★ Tendance : les festivals éco-responsables.




Aujourd’hui, la tendance est à l’éco-responsable. Alors, oui, tout le monde se revendique « éco-responsable », mais qu’est-ce que l’éco-responsabilité exactement ?

En deux mots, être éco-responsable, c’est consommer léger et durable : économie d’énergie, réutilisation des biens, pratique du « recyclé-recyclable », optimisation de  la durée de vie des objets  et limitation du gaspillage. 

Depuis plusieurs années, on assiste à ce phénomène un peu partout. Les entreprises se revendiquent éco-responsables pour se donner bonne conscience, les foyers favorisent le tri et les habitats à basse consommation pour s’inscrire dans une tendance appréciée, et l’État balance des directives pour consommer de manière citoyenne.

Bref, on l’aura compris, il faut agir éco-responsable si l’on veut être dans le mouvement.

 Et quoi de mieux qu’un festival pour nous inculquer les bonnes valeurs d’éco-responsabilité ?

Depuis 2008, le Recycling Party Tour a pour ambition de sensibiliser les jeunes entre 18 et 30 ans au recyclage des produits électroniques. Le défi a alors été de fédérer une population considérée comme mauvaise élève du recyclage, autour d’une bonne action.

Quoi de mieux que la musique me direz-vous ! Fédératrice, festive et universelle, elle met tout le monde d’accord.

Associé au label de production BuzzMyBand, le Recycling Party Tour a trouvé un moyen pédagogique de transmettre les valeurs du recyclage à travers le plaisir de la musique.

Le principe : assister à un concert gratuitement en échange d’un appareil électronique usagé. Et ça marche !

C'est la nouvelle recette pour parler aux jeunes : parce que des valeurs relous passent mieux avec une bonne sauce, c'est le discours « fais moi confiance » qui prime face au ton démodé   de la culpabilisation.

Depuis des années, le Festival a pour image celle d’un lieu d’abondance, de fêtes, d’excès en tous genres… Et surtout d’excès de déchets. Pour redorer la vision que l’on a des festivals auprès d’une large population et d’une cible que l’on veut séduire, les enjeux sont donc devenus plus larges et actuels.

Et ça ne s'arrête pas là ! De nombreuses organisations et entreprises se sont créées en vue de ce phénomène montant.

Yourope, l’association des festivals européens, a pour objectifs d’aider les festivals à développer leur communication, mais surtout à se positionner comme des protecteurs de l’environnement. En gros, il faut que le lieu du festival redevienne comme on l’a trouvé avant de s’y installer : ce qui engage des démarches de recyclage, de respect de l’environnement et d’économie d’énergie.

Pour cela, Yourope a su s’entourer de partenaires partageant ces mêmes valeurs comme A Greener Festival : une entreprise encourageant les festivals en tous genres à adopter une démarche de protection de l’environnement. Chaque année, l'association récompense les meilleurs élèves en terme d'éco-responsabilité. 

Tout un programme !

Mais être éco-responsable n’est pas un don inné, cela s’apprend.

Etre éco-responsable, ce n’est pas seulement ramasser les gobelets usagers ou utiliser moins de papier toilette aux Toï-Toï (quand il y en a)….

C’est agir autrement grâce à des installations et moyens adaptés.

On ne compte plus les festivals mobilisés pour transmettre des réflexes de développement durable : Ecaussystème, les Plages électroniques de Cannes, Hadra Trance, l'Oktoberfest des Québécois, Glastonbury,  Zikémo ou encore les Transmusicales de Rennes. Tous ont adopté la « Green Attitude ». De nos jours, un festival qui n’est pas éco-responsable ne s’inscrit pas dans la tendance et un festival qui n’est pas tendance… c’est pas cool.

Pour comprendre, voici un petit guide du festivalier éco-responsable :

- avoir la « Green attitude » : recycler, utiliser des toilettes sèches, respecter l’environnement, consommer recyclé… C’est tout ça la Green Attitude.

- pratiquer la technique du gobelet unique : terminé le gobelet en plastique que l’on balance dans la foule pour asperger ses voisins de bière chaude ! À présent, c’est la technique du gobelet à usage unique qui fait sa loi : en échange de 2 euros, le bar fournit le gobelet recyclé et recyclable à utiliser pendant toute la durée du festival. À la fin, en échange de ton verre, tu (re)gagnes 2 euros ! Mais si tu préfères, le gobelet peut aussi faire office de souvenir… Ainsi, ce sont des dizaines de milliers de gobelets qui sont économisés. Une technique qui a fait ses preuves dans les nombreux festivals qui l’appliquent.

- se rendre en transport collectif : finis la voiture. Pour se rendre en festival, la tendance est au bus et au covoiturage. Réduire sa consommation carbone est un des objectifs des festivals éco-responsables. La plupart mettent alors en place des forums pour rassembler les festivaliers sur la toile et leur permettre de  s’organiser pour se rendre ensemble aux rendez-vous musicaux.

- prendre des initiatives : certains festivals comme le Sziget à Budapest proposent aux festivaliers de consacrer quelques heures de leur journée à ramasser les déchets en échange de l’entrée gratuite à la totalité du festival. Un moyen ludique une fois de plus d’amadouer les jeunes tout en leur inculquant des valeurs durables.

 Cet élan citoyen est LE mouvement qui caractérise le 21ème siècle : une ère musicale en accord avec les valeurs actuelles.

Cependant, tout n’est pas si « vert »… Si ces actions de développement durable sont rendues possibles, ce n’est pas grâce à l’Etat, mais plutôt grâce à des collectivités et associations qui ont tout misé sur l’éco-responsabilité en développant de nouvelles astuces pour rester cohérent. Et tout cela coûte beaucoup d’argent, évidemment.

De plus, les aides publiques étant en forte diminution, il devient alors de plus en plus compliqué de rester dans l’esprit d’innovation et d’investissement.

L’éco-responsabilité oui, mais à quel prix ?... C’est la question soulevée par les festivals car il serait « irresponsable » aujourd’hui de revenir à l’âge du gaspillage…Une nouvelle problématique et de nouveaux enjeux pour les éco-festivals.

Photos

0 commentaire