Mourad Merzouki et Cie Käfig à la conquête du monde

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Mourad Merzouki est un artiste aux multiples facettes : chorégraphe, directeur artistique, voyageur il est avant tout un danseur hors pair. De chaque projet, chaque rencontre, chaque représentation Mourad n'en ressort que toujours plus enrichi humainement, et artistiquement afin de toujours conserver l'avant garde sur des créations toutes plus réussies les unes que les autres.
 

Mourad Merzouki Mourad Merzouki ©Jair-Lanes 



Pouvez-vous nous parler de la naissance de la compagnie KÄFIG, et de chacun des membres qui la constitue ?

Käfig a été créée en 1996, j’ai quitté la compagnie que j’avais créée avec les copains entre 1989 et fin 1995 pour me lancer dans une aventure solo. J’ai eu envie de partir sur quelque chose de plus personnel. Au départ Käfig n’était pas le nom de la compagnie c’était le nom du premier spectacle que j’avais fait seul. J’ai réuni pour ce spectacle des danseurs qui ont des origines d’ailleurs, en l’occurrence pour ce spectacle d’Afrique du nord et d’Allemagne. C’était un spectacle qui parlait des frontières, de l’enfermement, de l’envie d’aller vers l’autre mais en même temps d'un sentiment d’exclusion. Tout le spectacle tournait autour de ces thématiques, c’est pour cela que j’ai choisi de l’appeler Käfig qui veut dire la cage en allemand et en arabe. Suite à ce spectacle là j’ai décidé de laisser ce nom pour la compagnie. Et depuis 1996, la compagnie a évolué, j’ai refait d’autres créations, mais toujours avec ce même état d’esprit d’ouverture, cette volonté d’emmener le Hip-Hop ailleurs, et de faire ce passage de la rue à la scène, pour faire grandir cette danse qui est jeune et qui vient des quartiers. J’avais envie d’emmener le spectacle, de construire cette histoire un peu singulière d’un Hip-Hop qui puisse s’adresser au plus grand nombre.
Au niveau des danseurs ça bouge bien entendu, mais il y a toujours un noyau dur, il y a des danseurs que l’on va retrouver dans différents spectacle, ou d’autres qui vont intervenir dans la transmission de cette danse. C’est difficile de garder tous les danseurs, soit parce que certains vont partir monter leur propre compagnie, et d’autres décident d’aller travailler avec d’autres chorégraphes ou compagnies. En l’occurrence, il y a un vrai peloton de 4 à 6 danseurs, qui gravitent autour de mon travail depuis 15 ans, sinon les nouveaux arrivants sont des danseurs que j’auditionne.
 

Cie Käfig
Käfig Brasil ©Michel Cavalca 

Yo Gee Ti
Yo Gee Ti ©Michel Cavalca



Parlez-nous de vos créations, de l'esprit artistique de vos chorégraphies?

Ce qui me plait à chaque fois, c’est de faire prendre du risque au Hip-Hop, c’est-à-dire que je ne veux pas m’enfermer dans un Hip-Hop démonstratif. Ce qui m’intéresse c’est de mettre en avant la beauté de cette danse, son énergie, mais également de montrer au spectateur la poésie qui s'en dégage. Je recherche à faire confronter le Hip-Hop avec d’autres univers artistiques, que ce soit la danse contemporaine ou la musique classique. J'aime beaucoup travailler sur des mélanges esthétiques c'est en majorité ce qui résume mon travail aujourd’hui, et comme je viens du cirque, c’est vrai que j’apprécie beaucoup produire avec des scénographies importantes, l’objet nourrit mes chorégraphies. Mes spectacles sont très visuels, souvent on m'en parle en disant que l’on est à la fois dans de la danse et du divertissement. La danse apporte cet aspect visuel, que je complète avec des images, avec un  travail important dans les lumières, dans les costumes et dans la scénographie.
 

Boxe Boxe - Teaser from CCN Créteil / Cie Käfig on Vimeo. 

Cie KäfigKäfig Brasil ©Michel Cavalca



Comment réussissez-vous à créer cette osmose ambiante entre vos danseurs et vos créations atypiques, dans Récital à 40 notamment? Quel est votre secret?

Cest une bonne question, je ne saurais pas vous dire… Mais en tout cas je suis particulièrement habité par cette idée que la danse Hip-Hop a une histoire qu’il faut continuer à faire avancer,à faire évoluer. Dans les premières années où j’ai commencé à danser, on me disait de cette danse que ce n’était pas une danse, que c’était éphémère, et un phénomène mode, donc je me suis battue pour qu'elle puisse continuer d’exister, et qu’elle puisse continuer à grandir, C’est ce que je tente de réaliser dans mes créations avec ce souci encore une fois d’ouvrir le contenu de mes spectacles à un public plus large, et en même temps de graviter autour de cette question de la transmission, et de nouvelle génération de danseurs qui arrivent avec une nouvelle énergie. 
Et dans le spectacle de Récital à 40 j’ai essayé de faire partager aux uns et  autres cette diffusion-là, cette approche de cette danse, et je crois que c’est ce que chacun défend, cette idée de continue, de faire évoluer. Et le pari pour Récital à 40 était de réunir de très jeunes danseurs, avec une génération un peu plus ancienne. Symboliquement, c’est un rendez-vous très fort car c’est une belle preuve que le Hip-Hop a  acquis cette maturité, de pouvoir de se retrouver dans un spectacle qu’on partage ensemble, même si on ne vient pas de la même compagnie, que l'on n’a pas la même histoire.. C’est ce que j’ai tenté de faire dans cette aventure, et je crois que les danseurs l’ont bien ressenti, et m’ont fait confiance pour mener à bien le projet.  
 

Récital - Teaser from CCN Créteil / Cie Käfig on Vimeo.

Cie KäfigRécital ©Michel Cavalca



Qui compose les musiques de vos chorégraphies ?
 

Pour Récital, c’est une composition qui a été pensé intégralement pour le spectacle. Donc c’était vraiment le luxe, parce que ce n’est jamais facile de faire composer intégralement des musiques pour un spectacle. Ensuite sur d’autres spectacles, parfois j’ai un compositeur, parfois je mélange des sons entre des musiques existantes qui me touchent, et d’autres musiques composées pour le spectacle. Je n’ai pas de règles en réalité, mais il est vrai que quand il y a un compositeur c’est toujours bien parce que la musique porte le plus justement la chorégraphie, la danse. Il y a des musiques qui me plaisent que quand j’écoute m’inspirent, sur lesquelles je m’imagine des chorégraphies, simplement en l’écoutant et qui m'arrive de  reprendre dans mes spectacles.


 Cie KäfigYo Gee Ti ©Michel Cavalca 

Cie KäfigYo Gee Ti ©Michel Cavalca



Pourriez-vous nous parler de vos différentes tournées ? Quels ont été les temps forts ?

Je suis très content, car on a une diffusion très forte, ce qui me permet à chaque fois de rebondir sur une nouvelle aventure artistique. Lorsque mes spectacles sont  présentés à travers le monde,  je suis à chaque fois très sensible par l’accueil des publics, qu’on se trouve en Colombie, au Mexique, aux Etats-Unis, en Chine où je ne sais où… Il y a quelque chose de fort qui se passe avec le public véritablement. On est dans une danse universelle et sans frontière, c’est pourquoi, à chaque fois, je suis saisi devant l’accueil qui est réservé aux spectacles.
Ça me touche personnellement en tant qu’individu je ressors très enrichi forcément de voir ce qu’il se passe à travers le monde, c’est un sentiment dont j’ai besoin  pour créer. Tous ces voyages que l'on fait ainsi que toutes ces diffusions me permettent de rebondir sur de nouveaux projets. Dans tous les cas, ça recharge un peu les batteries pour être inspiré de nouveau.
Ensuite, effectivement chaque expérience possède sa singularité : avec Yo Gee Ti par exemple, je découvre un pays, Taïwan, une culture avec ses danseurs ayant une approche de la danse totalement différente de la mienne, donc ça m’a beaucoup appris...
Egalement Käfig Brasil avec les danseurs des favelas là aussi, c’est une autre urgence, un autre pays, un autre rythme, qui m’a en même temps interpellé, et a forcément prodigué un impact dans mon travail. J’aime beaucoup travailler avec des artistes du monde parce que c’est une façon d’échanger nos cultures.
Et avec Boxe Boxe, le défi c’était d’avoir des musiciens en live sur scène : des musiciens classiques! J’ai une très petite connaissance de la musique classique, ça a complètement bouleversé mes habitudes, ce fut un vrai pari de travailler avec ces musiciens pour ce projet. Ça m’a obligé à penser la danse d’une toute autre manière.  
De façon générale, mon état d'esprit c’est d’aller dans des endroits, des espaces inconnus, pour continuer d’inventer de surprendre dans les créations et de ne pas être dans la redite.

 

Yo Gee Ti - Teaser from CCN Créteil / Cie Käfig on Vimeo. 

Käfig Brasil - Teaser from CCN Créteil / Cie Käfig on Vimeo.



Comment se passe votre résidence à L'Espace Albert Camus de Bron ? Qu'apporte-t-elle aux danseurs jour après professionnellement et personnellement ?

Je ne sais pas si on peut l’appeler résidence mais il y a une histoire forte avec l’espace Albert CamusDepuis 2009, on a le Pôle Pik, qui est un lieu singulier, une ancienne supérette transformée en  studios de danse, c'est un lieu d’accueil  d’artistes et de compagnies. Mais  en même temps on a une collaboration très très forte avec l’espace Albert Camus de Bron, qui accueille le Festival Karavel qui nous accueille aussi pour des  résidences de travail et nos répétitions. Cela fonctionne comme une  passerelle entre le Pôle Pik et l’Espace Camus. 
Pour les danseurs c’est une assise, ça leur permet de s’identifier à une structure, à une compagnie, et bien entendu d’évoluer, également d’avoir des bonnes conditions de travail qui sont primordiales pour leur évolution. Répéter dans un studio, dans un théâtre joue énormément dans l’amélioration de la technique du danseur. Ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans où l’on répétait dans une gare, dans un hall d’immeuble, dans la rue etc… parce qu’on n’avait pas d’autre solution. Aujourd’hui travailler  dans un studio nous permet d’aller plus loin dans la création artistique.
 

Recital Recital ©Michel Cavalca

Cie KäfigKäfig Brasil ©Michel Cavalca


Quels seraient vos objectifs futurs en tant que chorégraphe ?

Je continue tant que je peux à créer à proposer de nouveaux spectacles, de nouvelles choses. Ma prochaine création va s’appeler PIXEL, et sera présenté cet automne, avec 7 danseurs et 3 circassiens (Monde du cirque), c’est une création que je vais imaginer avec 2 artistes d’art numérique Adrien Mondot, et Claire Bardainne. Voilà alors ce sera un mélange entre la danse, le cirque et les arts numériques. Encore un autre défi qu’il faudra que je relève à la rentrée prochaine!!
Sinon j’essaye d’ouvrir la danse au plus grand nombre, de continuer ce travail sur le territoire avec les habitants, avec les amateurs, ce sont des choses qui m’importent beaucoup. Par la danse on tente de se rassembler, de comprendre mieux l’autre, de créer des connexions qu’on n’aurait pas dans la vie quotidienne, la danse a cette force-là. 
Dans les tous les cas je veux donner une autre image des quartiers, de la jeunesse française, car il y a du talent, il y a des choses à faire que j'entreprends d’imaginer avec la compagnie et les gens autour.
 

Cie KäfifBoxe Boxe ©Michel Cavalca

Cie KäfigYo Gee Ti ©Michel Cavalca


Quels sont les projets à venir de la compagnie ? Vos actualités ?

On est effectivement beaucoup sur la route avec nos différentes tournées. Boxe Boxe était fin mars en tournée en Angleterre. Quant à moi je pars présenter une version de Récital avec des danseurs indiens, en tournée en Inde.
J'ai un projet en Afrique prochainement avec de jeunes danseurs de Dakar car je souhaite sérieusement continuer ces projets à l’étranger.
Puis enfin, la tournée et cette nouvelle création Pixel, dont je vous ai parlé qui verra le jour en octobre.
 

Cie KäfigKäfig Brasil  ©MichelCavalca



RETROUVEZ MOURAD MERZOUKI ET LA Cie KÄFIG :

CCN CRETEIL & VAL-DE-MARNE
 PÔLE PIK

PAGE FACEBOOK DE LA COMPAGNIE KÄFIG


©Michel-Cavalca

 

RENDEZ-VOUS A NE PAS MANQUER LE 29 AVRIL !
Célébration de la Journée Internationale de la Danse avec Mourad Merzouki

L’Institut International du Théâtre ITI a le plaisir de vous inviter à une grande soirée de célébration le 29 avril à 19h30 à l’UNESCO (Salle I) à Paris, à l’occasion du 32ème anniversaire de la Journée Internationale de la Danse avec comme invité d’honneur le chorégraphe et danseur français Mourad Merzouki. Fondateur de la Compagnie Käfig et directeur du Centre Chorégraphique National de Créteil et du Val-de-Marne, il travaille à la croisée du hip hop et de la danse contemporaine, en s’inspirant des arts martiaux et des arts du cirque. Mourad Merzouki sera présent pour délivrer son message et présenter des extraits de ses pièces. Il sera accompagné par la Compagnie Massala et la Compagnie XXè Tribu pour compléter le programme artistique de la soirée. 



Informations :
Mardi, 29 avril 2014 à 19h30
UNESCO, Salle I, 125 av. de Suffren Paris 7e 
Entrée gratuite sur invitation 
RSVP 01 45 68 48 82 ou info@iti-worldwide.org
www.international-dance-day.org


  • Léa ZASTKO
    (hôte)
    • 2014-09-05 15:31:58
    • 2 179 views
  • Tags - #rhône-alpes #danse hip hop #mourad merzouki #compagnie Käfig #CCN Créteil #Pôle Pik #Bron
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