XLR fête ses 15 ans !

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Précurseurs des arts numérique dans la région rhône-alpine, Nico Ticot et son laboratoire audiovisuel, XLR Project, ont commencé cette aventure en confrontant technologie et nature à la fin des années 90.

15 ans plus tard, ils font encore vivre à leur public, de Lyon au Japon, des expériences sensorielles inégalables, sans jamais oublier leur mot d'ordre, l'innovation !  15 ans de soutien et de développement d'un art tout jeune, mais en pleine effervescence ! 

 

GEO-METRIQUE _ Nico Tico from XLR PROJECT on Vimeo.

 

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste XLR Project ?

Nico : XLR est un laboratoire artistique qui a été créé en 1999, sous l'impulsion de l'image numérique et du Vjing. XLR a donc 15 ans cette année ! J'ai commencé à travailler en tant que VJ, ce qui n'existait pas du tout sur Lyon et très vite on a travaillé dans des soirées électroniques, essentiellement dans la nature. En parallèle, ces personnes qui venaient faire des soirées avec nous dans la nature faisaient partie d'autres organisations telles que la Biennale de la Danse, Biennale du Design de Saint-Etienne, etc. Ces personnes là nous ont fait travailler dans ces grosses manifestations et très rapidement on a commencé à faire des choses beaucoup plus importantes.

 

© XLR Project - X Form

 

Vous créez un univers très spécial lors de vos spectacles, comment le décririez-vous ?

Nico : Je dirais un univers multiple, on travaille essentiellement l'immersif et souvent il y a des grandes surfaces de lumière, soit abstraites soit de l'image réelle, qui se modulent et qui se transforment tout le temps. On fait aussi de la vidéo hors-cadre, jamais sur une toile ou un écran réel, ou très rarement.

L'univers dépend des projets : on va de l'abstrait au figuratif, d'un travail d'image ultra-contemporain à de l'archive, de la vieille image. On s'amuse à travailler sur des champs qui sont très larges à tous les niveaux. La démarche est vraiment d'être polymorphe de A à Z, et ça, ça vient du VJing, qui pour moi est un art premier, qui est très banalisé. Il s'agit de regarder où l’on se trouve, de voir la musique qui est donnée, les gens qui y vont... et tout ça c'est autant de codes que l’on doit comprendre et apprendre pour essayer de retranscrire une identité personnelle.

XLR produit et crée des choses dans un endroit et dans un autre. C'est le lieu et les personnes pour lesquelles et avec lesquelles on travaille qui nous permettent d'être vraiment très précis par rapport à une demande, une attente. On va essayer d'être vraiment contre cette attente pour interroger le public et/ou l'endroit.

 

© J. Howell - Planétarium

 

Donc il y a vraiment une interaction avec le public...

Nico : Il y a une interaction avec le public pour l'immerger à 360°. Souvent on fait des projets où l’on part du Vjing pour aller jusqu'à l'installation générative ; c'est-à-dire que l'on crée nous-même des images que l’on va projeter ensuite, jusqu'à créer des patinoires interactives où c'est le public qui, en se déplaçant, génère son propre univers, le son, la lumière et l'image.

 

Ice Painting Dreams from XLR PROJECT on Vimeo.

 

Est-ce que vous faites un travail d'improvisation ?

Nico : Si on fait du Vjing c'est un travail d'improvisation, c'est ça qui est intéressant. Si jamais c'est calé sur une musique, en général ce n’est pas nous qui envoyons, c'est directement les musiciens.

Après on aime s'adapter à des architectures qu'on a déjà appréhendées et on fait des choses qui correspondent, donc là c'est de la scénographie. Quand il s'agit de travailler sur du génératif, c'est appréhender ce que va faire le public et donc c'est un travail d'analyse où tout a dû être réfléchi. On va tout étudier de A à Z, même si le public a l'impression qu'il fait un truc.

Hannah : Après tout dépend des projets et de nos collaborations avec le spectacle vivant. Par exemple, quand Nicolas réalise une scénographie pour la danse, c'est un travail de coordination artistique qu'on a aussi avec les danseurs ; c'est un échange qui se crée et du coup on est aussi axé sur leur demande. Donc là ça va être quelque chose de réfléchi en amont et qui sera intuitif mais pas improvisé.

 

© AdelineMoreau - Fly!

 

Quelles sensations voulez-vous produire chez vos spectateurs ?

Nico : Comme on vient de dire, les univers sont multiples donc les sensations le sont aussi. En ce moment on fait beaucoup de projets et l'idée c'est que le public existe. On veut qu'il réagisse, qu'il s'attende à quelque chose et nous on aime bien faire venir le public sur notre terrain. Mais ça dépend du projet, j'ai un peu de mal à définir ça de manière générale. En tout cas, c'est tout le temps très novateur, par forcément dans sa forme, mais surtout dans la perception que le public va avoir. On essaye de placer le public face à une expérience nouvelle.

Après les thématiques sont tellement nombreuses... Ici on est un laboratoire, ça veut dire qu'on est dans le domaine de l'expérience et qu'on s'intéresse au processus créatif. Donc c'est plus la démarche, même si on a la chance d'apprécier l'esthétisme et qu'on finalise par l'esthétique, mais la démarche a, au moins, autant d'importance que le résultat. Par exemple ici on travaille en open space, tout le monde participe à la création, à l'idée.

L'idée c'est de faire percevoir de nouvelles expériences, de nouvelles sensations. Par exemple, pour le Musée des Confluences, ils nous ont demandé de faire la musique d'un film muet. On leur a dit qu’on ne faisait pas de musique mais qu'on voulait quand même faire ressentir des choses aux personnes. C'était un film sur une île, avec des vagues partout et nous on a ramené des ventilateurs et des algues fraîches, on a cuisiné du poisson en direct. Plein de choses comme ça qui vont faire que le public vit autre chose.

 

XLR TEASER Chartres en Lumière from XLR PROJECT on Vimeo.

 

A travers vos œuvres, cherchez vous uniquement à créer une expérience sensorielle ou voulez-vous véhiculer un message ?

Nico : On a envie d'apporter des choses positives. Ce n'est pas que je ne veux pas de message, mais le message arrive en fonction de la manière de travailler. Ca fait 19 ans que je fais ce métier et j'ai des iconographies dans tout ; par exemple si je veux travailler l'Afrique, des images m'ont été données par un documentariste (avec les saletés du VHS, ça fait old school mais en fait c'est super à la mode !). Quand je veux travailler sur la femme j'ai des images d'une comédienne. J'ai une iconographie dans tous les messages que je veux faire passer.

Hannah : Pour résumer un peu en fait je pense que le message se crée dès l’instant où tu sélectionnes ton image. C'est déjà un message à part entière.

Nico : Le message, c'est la manière dont tu vis ton travail artistique. Pour nous c'est important d'avoir toujours une approche humaniste, de placer l'humain au cœur des projets. Même si on travaille avec des institutions ou des marques, on garde toujours ce rapport humaniste dans nos productions. On n’a pas forcément de revendications politiques. D'ailleurs, concernant la politique dans l'art numérique, justement en ce moment, les politiques s'en servent parce que c'est tout nouveau.

 

© XLR Project - Doki Doki

 

ACF Clip from XLR PROJECT on Vimeo.

 

Parlez-nous de vos débuts en tant que VJ précurseur dans la région.

Nico : En 1995 quand j'ai commencé, il n'y avait pas de free parties, il n'y avait pas de gens à capuches, ce n'était pas « dark ». On arrivait sur un terrain propre, on n’était pas beaucoup, mais on se rencontrait en dehors des villes et ça c'était la première fois depuis la Renaissance peut-être. En tout cas, le fait d'arriver sur des terrains ultra-vierges et de mettre des images dessus, c'est le début du mapping. Moi j'ai toujours tapé sur des surfaces, sur des arbres...

Il y a pas mal de personnes qui étaient dans le milieu underground qui sont très connues maintenant et qui s'en cachent un petit peu, je trouve ça dommage.

 

"Ice Painting Dream" - Generative Art from XLR PROJECT on Vimeo.

 

Vous fêtez 15 ans cette année, quel est votre bilan après tant d'années d'existence ?

Nico : On a passé 15 ans d'expérimentations avec de jolis résultats, on a trouvé des bonnes manières de faire. On a des résultats à niveau régional, national et même international. Maintenant qu'on a tout ce savoir faire et une super équipe, à nous de passer les 15 prochains années dans des choses beaucoup plus appliquées. On a beaucoup de projets et beaucoup plus collaboratifs qu'ils ne l'étaient avant et avec des problématiques plus fortes, plus déterminées.

 

 © XLR Project - Soirée Welcome

 

Que pouvez-vous nous dire sur votre collaboration avec le festival Reperkusound ?

Nico : Nous ça fait 8 ans, depuis le début on suit ce festival. C'est très important au niveau d'une démarche artistique de pouvoir suivre un festival ou un groupe pendant longtemps. Ça permet de comprendre tous les aspects. Un festival qui est non subventionné, qui est 3/4 indépendant, il est complètement lié à sa réussite. Il faut l'aider un maximum et travailler suivant les conditions, qui peuvent être des fois difficiles. Maintenant ça fait 4 ans que le festival fonctionne très bien et on peut se permettre des choses que peu d'autres festivals se sont permis, en termes de scénographie.

 

© XLR Project - UFO77

 

Selon vous, que deviendra l'art numérique dans le futur ?

Nico : Maintenant on en est à notre adolescence, et vu qu'on est au début du mouvement, c'est un mouvement très jeune mais qui s'est peut-être trop vite banalisé. On commence à s'organiser vraiment, il y a le premier festival d'art numérique qui s'est mis en place l'année dernière à Lyon (Le Mirage Festival), donc ça veut tout dire. Ça fait que deux ans qu'on a un festival d'art numérique.

ARTICLE/ INTERVIEW Artist'UP - LE MIRAGE FESTIVAL

 

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  • Alice Oziol
    (hôte)
    • 2014-09-03 17:03:33
    • 1 596 vues
  • Tags - #video #Lyon #rhône-alpes #Vjing #art numérique #xlr project #nico ticot #hannah alcalay
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