Boa Mistura, le mélange qui inspire

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Boa Mistura vient du portugais, "Bon mélange". En effet, ce collectif d'artistes espagnol est un bon mélange de cultures, connaissances, inspirations... et beaucoup, beaucoup de couleurs ! 

(NDLR - Propos recueillis de Javier)

 


© BOA MISTURA

 

Comment est né Boa Mistura ?

Nous sommes 5 amis de toujours. On s'est connus en faisant du graffiti quand on avait 14 ou 15 ans, sauf Ruben qui a 6 ans de plus et qui était trop "l'idole-graffeur" du quartier. On s'est connus parce qu'on habitait dans un petit quartier, dans la banlieue de Madrid, et qu'on avait les mêmes préoccupations. On a commencé à peindre ensemble, pendant que d'autres groupes se voyaient pour jouer au foot, nous on allait peindre des murs. C'est devenu une activité du week-end, qui a fini par nous prendre aussi le reste de la semaine. Après, on a tous continué notre chemin à l'université, on a étudié ce qu'on a eu envie d'étudier : je suis architecte, Ruben est ingénieur, Juan et Pablo ont fait des études de Beaux-Arts et l'autre Pablo dans la publicité.

Pendant qu'on était à l'université, on continuait à peindre, puis on a commencé à voyager... Je me souviens qu'on a fait un petit travail avec un autre collègue, on a rempli le coffre de la voiture de peinture et jusqu'à ce qu'on s'est retrouvés sans argent, on a peint dans toute l'Espagne. Tout ce genre d'aventures ont fait qu'on a voulu suivre le même chemin une fois qu'on a fini nos études à l'université. On devait faire un choix entre continuer chacun de son côté ou essayer de vivre de notre passion. Et c'est ce qu'on a fait en 2010, et depuis on s'occupe de Boa Mistura sept jours sur sept. 

 


© BOA MISTURA
 

Vos différents parcours ont-ils eu un impact sur le collectif ?

Du premier graffiti à aujourd'hui la rue est notre support et beaucoup de performances qu'on fait dans la rue sont illégales, mais la philosophie et la recherche de support sont tous différents. Tout est différent et je pense que c'est lié à nos formations. Dans mon cas, par exemple, je suis architecte, je retrouve beaucoup de parallélismes entre ce que j'ai appris à l'université et la lecture du lieu que l'on fait, la sélection du support et comment on affronte les projets.

Jean a étudié les Beaux-Arts, pour faire de la photo et de la vidéo, il a fini à Berlin. Les vidéos c'est lui qui les fait donc évidemment ce qu'il a étudié a changé notre travail.

Pablo Ferreiro Arco a fait des études de graphisme aux Beaux-Arts, il a fini à Helsinki et c'est un fou de la typographie et je pense que si on travaille autant avec de la typo c'est grâce à lui, parce que c'est un truc qu'on faisait pas quand on faisait des graffitis.

C'est un peu pareil pour tous, donc oui, notre travail a changé au moment où chacun d'entre nous a apporté ses propres connaissances. 

 

Boa Mistura "LUZ NAS VIELAS" English Subtitled from boamistura on Vimeo.

 


© BOA MISTURA


Quels sont vos idéaux ?

On se définit comme des artistes urbains, parce que notre travail est dans l'espace public et parce que que l'on essaye toujours de nous confronter à celui-ci d'une façon positive. On pense avoir une responsabilité et l'idée de récupérer de manière artistique des supports qui sont, en quelque sorte, un peu abandonnés ou dégradés. On pense que ces lieux devraient faire partie de notre quotidien et c'est pour cela que ça nous est égal que parfois l'espace soit illégal ; si l'on travaille dans un endroit c'est pour l'améliorer, sinon on ne le fait pas.

Depuis qu'on est allés en Afrique du Sud, invités par un galeriste, dans un résidence d'un quartier assez foutu dans la banlieue du Cap, Woodstock, on a appris le pouvoir de l'inspiration née du travail dans la rue - parce que c'est en relation directe avec les citoyens.

Là-bas on a ressenti une inspiration particulière, influencée par l'héritage de Mandela, et depuis notre travail a un peu changé, on travaille désormais avec des mots et on est toujours à la recherche d'une réforme positive. Un jour, en Afrique du Sud, un monsieur nous a dit: "peut être qu'un de ces enfants avec lesquels vous jouez sera le futur Mandela et personne ne sait quelle sera l'étincelle qui s'allumera en lui pour qu'il le soit". Face à une révélation de ce genre, depuis, on essaye toujours d'incorporer le facteur "inspiration" dans notre travail.

 


© BOA MISTURA
 


© BOA MISTURA
 


© BOA MISTURA
 


© BOA MISTURA
 


© BOA MISTURA

 

Vous avez beaucoup voyagé pour réaliser des projets participatifs, comme en Algérie, Brésil ou Panama... Comment est née cette idée ?

C'est l'Afrique du Sud l'étincelle. On est arrivés là-bas en croyant qu'on allait peindre des grandes fresques, puisque c'est ce qu'on faisait ici et qu'on avait aussi fait à Berlin. C'est d'ailleurs là-bas qu'on a connu le galeriste qui nous a invité en Afrique duSud.

En réalité on s'est retrouvés à vivre pendant un mois dans une usine à moitié abandonnée, dans laquelle certains ateliers textiles prospéraient toujours. Du coup il y avait encore des femmes qui faisaient de la couture. D'autres espaces de l'usine avaient été récupérés par une équipe de graphistes et d'architectes qui l'utilisaient en tant que studio, et certains même comme leur lieu d'habitation.

Et c'est là que le galeriste avait organisé une résidence d'artistes et la galerie. C'était un quartier qui était dans la merde, plein de bandes organisées, surtout une, la bande du Numéro, une des plus dangereuses du monde qui était assiégée dans la rue parallèle à la nôtre. Un quartier de prostitution, drogues et de beaucoup de manques.

On a décidé que le travail qu'on était en train de faire jusque là n'avait pas de sens là-bas, qu'on devait faire quelque chose de nouveau et c'est alors qu'on a commencé avec les messages positifs.

 


© BOA MISTURA

 

Après on a eu une autre expérience dans un Township, qui est une sorte de favela en Afrique du Sud, où on a fait pendant une semaine un atelier avec des enfants d'un club de cyclisme. C'était la première fois qu'on faisait un projet participatif. L'énergie qu'il y avait, voir comment se transformait la perception de ces enfants envers leur club, la mianière dont eux-même changeaient en train de peindre, nous a donné l'envie de créer un plus gros projet, qu'on a appelé Crossroads, ce qui veut dire qu'on veut essayer d'utiliser l'art comme un outil de changement dans ce type de communautés. Depuis, à chaque fois qu'on peut, parce que bien sûr économiquement ce ne sont pas des projets très rentables, mais ceux qui nous intéressent le plus, on essaye de concilier tous nos autres projets avec ceux de Crossroads.

Jusque là on a eu la chance de vivre dans une favela à São Paulo, à Rio de Janeiro, Panama, Alger, Géorgie, dans un camp de réfugiés et au Mexique dans le quartier des Amériques, dans laquelle on est en train de développer un projet plus grand. Ce sont des projets dans lesquels nous sommes l'étincelle et où on implique les habitants du quartier dans le changement. On va toujours vivre dans le lieu, on arrive avec zéro idées, simplement avec un billet de retour, généralement pour un mois plus tard. Et pendant ce mois, on va vivre avec cette communauté, on parle avec les gens, on repère les lieux intéressants pour intervenir, on voit ce qu'on peut y faire, avec quels moyens on compte et on le fait. Ce sont des expériences spectaculaires, bien sûr. 

 


© BOA MISTURA
 


© BOA MISTURA
 


© BOA MISTURA
 

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

On prépare un grand projet dans le quartier des Amériques, à Mexico. Le plus intéressant c'est que ce soit eux-mêmes, les gens du quartier et les gens de la villes qui transforment l'espace, parce qu'à la fin c'est le but du projet. Cette fois-ci on veut peindre 5000 maisons, alors on va mettre un peu plus de temps que d'habitude. On partira en mai et on y restera jusqu'à la fin de l'année. 

 

w w w . p r o y e c t o l a s a m e r i c a s . o r g from boamistura on Vimeo.

 

Quelque chose à dire au nom du collectif Boa Mistura ...

Notre philosophie est celle d'aimer ce qu'on fait et on l'écrit à chaque fois qu'on peut. En plus, quand t'es confronté à un mot ou une phrase comme celle-ci quotidiennement, en Espagne avec la crise, on est entourés de mauvais mots qui forcément font perdre le moral à n'importe qui. Et peut être que si on était entourés d'un autre type de mots comme bonheur, inspiration, fermeté, on pourrait renverser la situation et l'utiliser comme une ressource pour être plus créatifs, pour en sortir, pour être plus heureux. Nous sommes en train de réaliser notre rêve, c'est-à-dire de peindre, et si nous y arrivons, n'importe qui peut aussi y arriver.


SOMOS LUZ English Subtitles from boamistura on Vimeo.
 


© BOA MISTURA
 


© BOA MISTURA

 

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VERSION ORIGINALE - ESPAGNOL

 

Cómo nace Boa Mistura? 

Nosotros somos 5 amigos del barrio de toda la vida. Nos conocimos pintando graffiti cuando teníamos 14 o 15 años, menos Rubén que es 6 años mayor y era nuestro ídolo graffitero del barrio. Nos conocimos porque nuestro barrio es pequeñito, está en la periferia de Madrid. Y la gente con las mismas inquietudes pues nos encontramos rápido. Empezamos pintando juntos, mientras otros grupos quedaban para jugar al fútbol, nosotros quedábamos para pintar murales y lo que era una cosa de fin de semana empezó a robarle días también a la semana. Luego cada uno siguió su camino en la universidad, estudiamos lo que quisimos: yo soy arquitecto, Rubén es ingeniero de caminos, Juan y Pablo han estudiado Bellas Artes y el otro Pablo publicidad.

Mientras estábamos en la universidad continuábamos pintando, empezamos a viajar... Me acuerdo que hicimos un trabajillo con otro compañero, llenamos el maletero del coche de pintura y hasta que se nos acabó el dinero estuvimos pintando por toda España. Todo este tipo de aventuras hicieron que quisieramos seguir juntos en el momento en el que terminamos la universidad. Teníamos que tomar una decisión entre seguir cada uno por separado o intentar ganarnos la vida con nuestra pasión. Y eso es lo que hicimos en 2010, y ya desde entonces nos dedicamos 24 a 7 a Boa Mistura.
 

El hecho de que tengáis carreras distintas ha tenido un impacto sobre el colectivo ? 

De aquel graffiti del principio a hoy queda la calle como soporte y queda también que muchas de las intervenciones que hacemos continúan siendo de manera ilegal pero ni la filosofía, ni la búsqueda del soporte son las mismas... Todo es distinto y yo creo que eso tiene mucho que ver con nuestras formaciones. En mi caso, por ejemplo, que soy arquitecto, encouentro muchos paralelismos con lo que aprendí en la universidad en la lectura del lugar que hacemos, la selección del soporte, el cómo nos enfrentamos a los proyectos.

Juan estudió Bellas Artes, por la rama de foto y vídeo, terminó en Berlín, y los vídeos los hace él entonces evidentemente, lo que estudió cambió nuestro trabajo.

Pablo Ferreiro Arco estudio Bellas Artes por diseño gráfico, acabó en Helsinki y es un friki de la tipografía y yo creo que si trabajamos muchísimo con palabras y con tipografias es por él, que es algo que cuando pintabamos graffitis no hacíamos.

Es así un poco con todos, entonces sí, nuestro trabajo cambió en el momento en que pusimos encima de la mesa, cada uno, los conocimientos que teníamos.
 

Cuáles son vuestros ideales ?

Nosotros nos definimos como artistas urbanos, porque nuestro trabajo está en el espacio público y siempre intentamos enfrentarnos a él de una manera positiva. Creemos que tenemos una responsabilidad y la idea es recuperar de una forma artística soportes que quizás estén un poco olvidados o un poco degradados. Nosotros pensamos que esos lugares deberían pasar a formar parte de nuestro día a día y por eso nos da igual que a veces el espacio sea ilegal; si trabajamos en un sitio es para mejorarlo, sino no lo hacemos.

Desde que estuvimos en Sudáfrica, invitados por un galerista, en una residencia en un barrio bastante jodido en la periferia de Ciudad del Cabo, Woodstock, aprendimos el poder inspirador del trabajo en la calle, porque tiene relación directa con los ciudadanos. Allí aprendimos la inspiración, como el legado de Mandela, y desde entonces nuestro trabajo ha cambiado un poco, trabajamos con palabras y siempre buscando la reforma positiva. Allí en Sudáfrica, uno de los días, un señor nos dijo "quizás alguno de los niños con los que estáis jugando sea el futuro Mandela y nadie sabe cuál será la chispa que se encenderá en su interior para que lo sea". Ante une revelación de este tipo intentamos siempre, desde entonces, incorporar el factor inspirador en nuestro trabajo.
 

Habéis viajado mucho haciendo proyectos participativos, como los de Argelia, Brasil o Panamá. Cómo surge esta idea ?

Fue Sudáfrica la chispa en realidad. Nosotros llegamos a Sudáfrica creyendo que íbamos a pintar grandes murales, que era lo que hacíamos aquí, también habíamos pintado uno bastante grande en Berlín y allí es donde conocimos al galerista que nos invitó a Sudáfrica.

La realidad es que acabamos viviendo durante un mes en una fábrica en proceso de abandono, en la que algunos talleres textiles todavía prosperaban entonces había señoras todavía cosiendo allí. Y luego otros espacios de la fábrica se habían recuperado a través de un equipo de diseñadores o de arquitectos que lo tenían como sus estudios, algunos incluso como su vivienda.

Y allí este galerista había montado una vivienda para la residencia de artistas y la galeria. Y era un barrio super jodido, lleno de bandas, principalmente una, la banda del número, que es una de las bandas más peligrosas del mundo y su cuartel general estaba en la calle paralela a la nuestra. Un barrio de prostitución, de drogas y de muchas carencias.

Decidimos que el trabajo que estabamos haciendo hasta entonces no tenía sentido allí, que teníamos que hacer algo nuevo y entonces empezamos con lo de los mensajes positivos.

Luego tuvimos una experiencia también allí, en un Township, que es como una favela, y allí estuvimos haciendo durante una semana un taller con niños de un club de ciclismo. Fue la primera vez que hicimos algo participativo y la energía que hubo, y ver como les transformaba la manera de percibir su club de ciclismo cuando eran ellos mismos quienes lo estaban cambiando, pintando, nos hizo crear un proyecto que hemos llamado Crossroads (cruce de caminos), quiere decir que queremos tratar de utilizar el arte como una herramienta de cambio en este tipo de comunidades. Ya desde entonces, siempre que podemos, porque claro, económicamente no son los proyectos mas rentables, pero sí los que a día de hoy más nos interesan, intentamos compaginar todo tipo de proyectos con estos de Crossroads. Hasta ahora hemos tenido la suerte de estar viviendo en una favela en São Paulo y en Río de Janeiro, hemos estado en Panamá, en Argel, en Georgia en un campo de refugiados y en México en la colonia de las Américas, en la que estamos desarrollando un proyecto mas grande. Son proyectos en los que nosotros somos la chispa e involucramos a los vecinos en el cambio. Nos vamos siempre a vivir allí, llegamos con cero ideas de lo que vamos a hacer, simplemente con un pasaje de vuelta, habitualmente un mes después y en ese mes nos vamos a vivir con la colonia o la comunidad, hablamos con la gente, detectamos los lugares interesantes para intervenir, vemos qué podemos hacer, con qué medios contamos y lo hacemos. Son experiencias espectaculares, claro.
 

Estais trabajando en algun proyecto?

Estamos preparando un gran proyecto en la colonia de las Américas, en México DF. Lo más interesante es que ellos mismos, gente de la propia colonia y gente de la propia ciudad transformen el espacio, porque al final es de lo que se trata el proyecto. Esta vez queremos pintar 5000 casas, entonces vamos a tardar un poquito mas que de costumbre, iremos de mayo a fin de año.
 

Algo inspirador que decir en nombre del colectivo Boa Mistura?

Nuestra filosofía es la de amar lo que hacemos, y lo escribimos siempre que podemos. Además cuando te enfrentas a una palabra o una frase como esta diariamente, en España con el tema de la crisis, estamos rodeados de palabras tremendas que obviamente minan la moral de cualquiera. Y quizás si estuviéramos rodeados de otro tipo de palabras como alegría, inspiración o firmeza, igual podríamos darle la vuelta a la situación y utilizarla como un recurso para ser más creativos, para salir adelante, para ser más felices. Nosotros estamos haciendo realidad nuestro sueño: vivir de lo que nos encanta, que es pintar básicamente y si nosotros lo estamos consiguiendo, cualquiera también lo puede hacer. 


 

 

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  • Alice Oziol
    (hôte)
    • 2014-11-12 22:00:32
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  • Tags - #street art #graffiti #voyages #Crossroads #boa mistura #madrid #espagne #españa
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