Compagnie Malka : une danse métissée

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La compagnie Malka dirigée par Bouba Landrille Tchouda propose une danse riche, au croisement de la capoeira, du hip-hop et de la danse contemporaine. L’humain est au cœur du propos artistique. Comment vit l’homme en communauté ? Pourquoi nous croisons-nous sans nous regarder, sans prendre le temps de se parler ? Comment vivre la solitude, la compétition ? A travers l’énergie de la danse hip-hop, les interprètes nous poussent à renouer avec l’autre, à nous découvrir et nous comprendre.

 

Pouvez-vous nous parler de la naissance de la compagnie, et de chacun des membres qui la constitue ?

La compagnie Malka a été créée en 2001 avec la complicité d’Eric Mézino que j’ai rencontré lors de ma collaboration avec la compagnie Accrorap entre 1997 et 2001en tant que danseur-chorégraphe, pour les pièces M’panandro et Quilombo (création franco-brésilienne, présentée en France et au Brésil en octobre 2000). Nous avions envie de nous réunir à l’époque autour de projets et questions liées à nos origines africaines, malgache et camerounaise, Malka signifiant la « Reine ». Depuis, la compagnie Malka poursuit une réflexion en mouvement autour du rapprochement des danses, des langages, des communautés, des hommes, à travers l’énergie des danses hip hop. La danse de Malka est une danse d’ouverture et de métissage, une danse au-delà des genres et des frontières, une danse qui s’est aussi nourrie des courants qui ont traversé les danses du vingtième siècle. 

 

extraits-ciemalka from ciemalka on Vimeo.

 

Créée en 2002, « Paroles de sable, paroles de vent » a été la première pièce chorégraphique de la compagnie. Et depuis 2003, j’assume seul la direction artistique de la compagnie Malka.

Pour autant, je ne travaille pas seul. J’ai la chance d’avoir autour de moi une équipe administrative solide et une belle équipe artistique sensible et fidèle au projet de la compagnie Malka depuis presque 15 ans. Du côté des danseurs, j’ai un noyau dur de 2 à 3 artistes avec lesquels je construis régulièrement des projets depuis une dizaine d’années. De manière générale, j’aime réunir dans une même pièce chorégraphique, des « anciens » et des nouveaux. C’est une constante, j’ai le besoin de rencontrer des danseurs avec des origines culturelles différentes pour enrichir le contenu et la forme de mon propos. Je suis attentif à toutes les danses et, de manière générale, à toutes les expressions artistiques. C’est la colonne vertébrale de notre compagnie.



fabrice hernandez meia lua cie malka
© Fabrice Hernandez-Compagnie Malka, Meia Lua


Parlez-nous de vos créations, de l'esprit artistique de vos chorégraphies ?

La question de l’être et de l’avoir motive mon travail chorégraphique et m’anime chaque jour, au milieu des conflits, malgré les distances entre les êtres et les continents, dans ce tourbillon de la vie qui nous fait rebondir vers les autres.



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© Christian Aquilina-Compagnie Malka, Malandragem


Création 2005

« Malandragem », pièce chorégraphique pour neuf danseurs, a été créée en mai 2005 dans le cadre de l’année du Brésil en France. J’ai rassemblé plusieurs artistes, brésiliens et français, danseurs et capoeristes pour illustrer par la danse la notion de « malandragem », la philosophie du ″s’en sortir″. Neuf malandros, personnages populaires du brésil, débrouillards, malicieux, se tirent avec élégance des situations les plus périlleuses. De leurs rencontres, de leurs désirs, de leur passé d’esclaves, de la samba, de la plage, jaillit la danse.

 


regarde moi, Fabrice hernandez, compagnie malka
© Fabrice Hernandez-Compagnie Malka, regarde-moi


Création 
2007

« Regarde-moi » est une pièce dans laquelle j’ai eu envie de questionner l’avenir, questionner des êtres humains dans leurs rapports à la différence, à l’indifférence. J’ai imaginé un huit clos dansé. Des gens qui vivent-là, dans un endroit qui pourrait être une maison, un immeuble ou encore un quartier. Ils se croisent mais ne se parlent pas, ne se regardent pas. Quelque chose de banal va pourtant les amener à entrer en contact. Ils vont pouvoir se voir, se parler, se découvrir, se heurter, se comprendre, s’entraider, danser, danser l’un pour l’autre, danser l’un avec l’autre, danser ensemble. Avec un regard naïf et neuf sur l’autre.



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© Fabrice Hernandez-Compagnie Malka, Meia Lua

 

Création  2009

« Meia lua » signifie demi-lune en portugais mais c’est aussi une célèbre figure de capoeira. En mobilisant cette expression, j’ai souhaité évoquer ces forces contradictoires qui nous poussent à renouer avec l’autre, l’amitié, la vie. Danser pour tenter de mettre de la réalité dans nos rêves ... Un voyage vers la lune ! Ce spectacle a été créé au Brésil avec plusieurs artistes brésiliens mais aussi français, dans le cadre de l’année de la France au Brésil en 2009. J’ai eu aussi l’occasion de pouvoir présenter ce travail au Cap Vert, un merveilleux souvenir, surtout pour l’équipe brésilienne qui rêvait de pouvoir mettre un pas en terre africaine.


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© Fabrice Hernandez-Compagnie Malka, Murmures

 

Création  2010

« Murmures », duo chorégraphique inspiré de mes diverses interventions auprès de détenus et de publics "empêchés", handicapés moteurs et physiques. Avec ce spectacle intime et sensible, j’ai eu le désir de mettre en mouvement certaines profondeurs de la solitude en partageant ma vision de ces oubliés, avec la vitalité du hip hop. L’enfermement dans sa tête, dans son corps, entre les murs, l’enfermement comme source de maux de l’esprit, puis du corps, avec, comme témoin, le geste. Comment le corps se comporte-t-il lorsqu’il se sent empêché, qu’il ne respire plus, qu’il ne rêve plus et qu’il n’espère plus ? Diffusé dans de nombreux théâtres en France et à l’international, j’ai aussi présenté cette pièce en maison d’arrêt.


fabrice hernandez, têtes d'affiche, compagnie malka
© Fabrice Hernandez-Compagnie Malka, Têtes d'affiche


Création  2011

« Têtes d’affiche », est une pièce qui questionne à nouveau l’humanité, une pièce plus proche de ce que je porte en moi. Elle aborde le besoin parfois maladif de tout faire dans la vie pour être le premier, même s’il faut écraser l’autre.  Et si on ne sait jamais trop quelles sont les parts de hasard et de destin qui font que les êtres se rencontrent et forment une communauté, il en est souvent ainsi : les êtres se croisent, se rencontrent, s’apprivoisent, s’apprécient, s’unissent et se déchirent. Et ne semblent s’unir que pour mieux se déchirer. « Têtes d’affiche », est un petit opéra sur la course au désir.


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© Laurence Fragnol-Compagnie Malka, Un casse-noisette


Création 2012

« Un casse-noisette », adaptation du célèbre conte d’Hoffmann sur la musique de Tchaïkovski, est une pièce très différente dans mon parcours, c’est presque un ovni. Toutes mes précédentes pièces sont issues de mon imagination, contrairement à celle-ci. Si j’ai choisi la version d’Hoffmann et non celle de Dumas, c’est parce qu’elle me laissait davantage d’espace pour dire ma conception des choses de la vie – comme le fait qu’une apparence avantageuse ne recouvre pas forcément l’incarnation du bien. L’idée directrice était de transporter la fable dans notre temps, avec une dimension plus rugueuse et des personnages plus ambigus, toujours avec la volonté de rassembler plusieurs visions de la danse, toutes ces expressions qui ont traversé mon parcours : danse hip hop, capoeira, danse contemporaine.


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© Camille Triadou-Compagnie Malka, La preuve par l'autre


Création 2014

« La preuve par l’autre », est un défi que je me suis lancé en invitant deux autres chorégraphes de la scène hip hop, Anne Nguyen et Farid Berki. Avec eux, j’ai souhaité engager un nouveau dialogue sur scène, une nouvelle aventure artistique en imaginant un dispositif un peu particulier : chacun des chorégraphes avait à choisir deux interprètes puis créer avec "sa" danse et l’ensemble des six danseurs un acte chorégraphique, autour d’un thème commun, l’altérité. En résulte une pièce en trois actes pour six danseurs où chaque tableau singulier  se veut une ode à la découverte de l’insaisissable et de l’unique, l’autre.

INTERVIEW DE ANNE NGUYEN SUR ARTIST'UP

26minutes LA PREUVE PAR L AUTRE from ciemalka on Vimeo.

 

Est-ce que selon vous le Hip-Hop est un style de danse à l'unisson ou plutôt individuel ? 

Même si elle génère de la rencontre, du partage et de la générosité, à l’origine, la danse hip hop est une danse de défi, de « soliste ». Ce qui me touche dans ce mouvement, c’est justement sa capacité à rassembler des générations, des communautés autour de l’énergie, du geste. La question de la danse, à l’unisson ou individuelle, se pose aujourd’hui en des termes autres. Il existe des chorégraphies mises en scène pour un ou pour plusieurs danseurs, par exemple, la pièce « Un Casse-noisette », ballet hip hop d’après le conte d’Hoffmann, sur la musique de Tchaikovsky. Aujourd’hui, la danse hip hop a ses danseurs-interprètes, ses chorégraphes, ses auteurs, transportant dans leurs projets artistiques des visions singulières, partageant leurs regards sur le monde.


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© Laurence Fragnol-Compagnie Malka, Un casse-noisette

 

Comment réussissez-vous ce fabuleux mix des genres chorégraphiques? Quel est votre secret ?

Comme pour beaucoup de danseurs hip-hop, mon apprentissage de la danse a démarré de manière autodidacte. Cette danse m’a permis de me trouver, de  témoigner, de mettre ma vie en mouvement !

 En 1993, je fais pour la première fois un stage de capoeira à Marseille où je rencontre un maître qui trouve quelque chose de très naturel dans mon jeu de débutant. Il me dit que si je vais au Brésil, il s’occupera de moi. Du coup, je pars au Brésil, à Salvador de Bahia, où je vais rester finalement deux ans. Et quand je reviens, c’est un gros changement, parce que tout d’un coup je trouve des similitudes entre la capoeira et le break dance que je faisais au départ, dans les appuis notamment. Cela a transformé ma manière de concevoir la danse hip-hop au même titre que la danse contemporaine.


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© Guy Delahaye- Compagnie Malka, malandragem

 

J’ai eu la chance de travailler avec le chorégraphe Jean-Claude Gallotta et de rencontrer des artistes comme le chorégraphe belge Alain Platel lesquels ont fait évoluer ma danse. Je suis sorti en pleurant de son spectacle « Lets op Bach » en 1998. A partir de là, je n’ai plus eu peur de prendre de nouvelles directions. A l’époque, je ne savais pas trop ce que c’était, mais je savais que quelque chose m’intéressait, sans arriver à dire ce que c’était. J’ai donc commencé à prendre des cours de danse contemporaine « juste pour voir », par curiosité, pour trouver ce qui me touchait là-dedans. Je n’ai pas réussi à trouver la réponse mais mon intérêt s’est confirmé : j’étais ému par les pièces que je voyais, j’avais l’impression qu’elles me racontaient une histoire, quelque chose que je percevais avec mes yeux, avec mon cœur, avec mon parcours de vie, et c’est là que mon travail de danseur hip-hop et chorégraphe a continué à se transformer. 

Ma démarche, c’est avant tout de chercher à rencontrer les gens par la danse, de me servir de la danse pour provoquer des émotions, me servir de mon énergie pour aller vers l’autre, et tenter de dire les choses qui m’interpellent, me questionnent, même si je n’ai jamais la réponse. Ensuite, ce qui va changer, ce sont les gens que je rencontre. Je me nourris de ce qu’ils sont, de ce qu’ils peuvent m’apporter pour construire ensemble une histoire, une aventure artistique commune.



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© Fabrice Hernandez-Compagnie Malka, Murmures


Comment s'est passé votre tournée "La Preuve par l'autre"? Quel est votre meilleur souvenir ?

Ce spectacle vient tout juste d’être créé. La première a eu lieu le 25 février à Château Rouge à Annemasse.  Depuis, il a été présenté à Avignon dans le cadre du festival des Hivernales, à La Rampe à Echirolles, au Théâtre de Vénissieux et nous venons de le présenter au Théâtre National Dramatique de Vilnius en Lituanie, dans le cadre du New Baltic Dance Festival. Ce spectacle est bien accueilli par le public et par les professionnels. « La Preuve Par l’Autre » est une expérience singulière pour moi et la compagnie Malka. J’ai fait appel à deux autres chorégraphes, Anne Nguyen et Farid Berki, deux artistes de la scène hip hop, pour ensemble, élaborer une toile dansée, inventer une fable sensible puisant dans les imaginaires des êtres, de ces "autres", célèbres ou inconnus, exceptionnels humains. Avec « La Preuve Par l’Autre », les artistes partagent, avec les danseurs et le public, leur recherche de sens, celle de l’être soi avec l’autre.


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© Fabrice Hernandez-Compagnie Malka, Regarde-moi

 

Je dois reconnaître que la dernière ligne droite de cette pièce a été très particulière pour toute l’équipe. Les danseurs alternaient chaque jour les répétitions des partitions écrites par chaque chorégraphe. Autant de passages, de changements de qualités et d’états de corps pour les interprètes, une expérience à la lisière de la schizophrénie vue de l’extérieur… et pourtant quelle belle aventure, que de découvertes, l’autre et son histoire… C’est un beau souvenir…


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© Fabrice Hernandez-Compagnie Malka, Têtes d'affiche

 

Que vous a apporté votre séjour à la résidence Château Rouge ?

Une résidence artistique comme celle de Château Rouge à Annemasse a été essentielle pour développer mon travail chorégraphique. Frédéric Tovany, son directeur, confiant dans les projets que je développe au sein de Malka, m’apporte un véritable soutien, à tous points de vue, financier, technique, mise à disposition de salles de répétition et du personnel. Ce partenariat, qui a débuté en 2011, me permet d’envisager plus sereinement mes projets artistiques.

extraits un casse-noisette from ciemalka on Vimeo.
 

D’autre part, la transmission est une dimension tout aussi essentielle dans mon travail. Ainsi, en lien étroit avec mes créations chorégraphiques, j’interviens régulièrement auprès du public et danseurs de Haute-Savoie. Je propose régulièrement des ateliers et stages autour de la recherche chorégraphique. Actuellement, avec Château Rouge et ses partenaires du Grand Genève, j’écris une nouvelle fresque chorégraphique intitulée « A opera do povo » (un opéra du peuple en portugais), dans le cadre du défilé de la Biennale de la danse 2014. Plus de 400 participants, danseurs, musiciens, acrobates, jongleurs, chanteurs… prennent part à ce spectacle déambulatoire qui se veut un espace de croisement, un carrefour, un espace mouvementé, un espace public où les groupes, les individus viennent pour se raconter et échanger avec les autres, en chantant, en dansant, à tue-tête, à la face des mondes ! 


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© camille triadou- Compagnie Malka, La preuvre par l'autre

 

Quels sont vos objectifs à venir ? 

Je souhaite, continuer à rencontrer « l’autre » avec le plaisir et l’énergie stimulante de la danse hip hop. Questionner le monde, générer des émotions avec cet art que j’affûte un peu plus chaque jour… la danse. C’est ma vie.



la preuve par l'autre  Compagnie Malka triadou
© camille triadou- Compagnie Malka, La preuvre par l'autre

 

Quels sont les projets à venir de la compagnie ? Vos actualités ?

Je travaille actuellement sur un duo pour un danseur et un musicien. Intitulée « Skin », cette pièce expose le parcours d’un homme en mal être lequel, au fur et à mesure qu’il avance, fouille dans sa tête, dans sa mémoire, dans son corps, dans sa chair, à la recherche d’une lueur d’espoir… 

Pour cette pièce je vais collaborer avec le musicien belge Guy Van Nueten, compositeur et pianiste, qui a notamment travaillé pour les ballets C de la B. Ce duo sera créé en février 2015 à Château Rouge avant d’être accueilli à la Maison de la Culture de Grenoble et entamer une tournée en France.

 

© Compagnie Malka

 

Retrouvez la compagnie MALKA : 

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    (hôte)
    • 2014-09-03 14:12:06
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  • Tags - #danse #danse contemporaine #danse hip hop #capoeira
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