JULIE MICHELIN : aventure et bande dessinée

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"Je m'affirme dans ce rôle de dessinatrice de bande dessinée car tout part de là, des aventures que je crée sur le papier. Je veux faire voyager les gens dans mes univers, autant physiquement que par l'imagination. Les faire participer en rendant mon espace accessible et malléable."
Julie Michelin est passionnante et passionnée... de BD depuis son enfance : quand je serai grande, je serai dessinatrice de bande dessinée. Dès les premières secondes, l'univers de Julie s'impose comme une évidence. On a envie de prendre son sac à dos et de partir à l'aventure. Découvrir un monde où les méchants ne sont jamais vraiment méchants, où des aventures folles et des découvertes incroyables nous attendent... Merci Julie pour ce tour du monde en quatre vingt minutes !

 

© Julie Michelin © Julie Michelin 


Parlez-nous de votre parcours...

J'ai passé un bac STI Arts Appliqués à Bordeaux.

Je suis ensuite rentrée à l'Ecole Européenne Supérieure de l'Image d'Angoulême, qui est l'équivalent des beaux-arts, pour y découvrir plusieurs médiums, la bande dessinée en particulier. J'ai obtenu mon Diplôme National des Arts Plastiques Art/Bande dessinée.

Suite à cela je suis rentrée aux Arts Décoratifs de Strasbourg pour y obtenir un second DNAP en Communication/Illustration. J'ai continué mon cursus à Strasbourg en illustration et je suis allée aux beaux arts de Varsovie  pendant quatre mois durant ma quatrième année (Erasmus). J'ai commencé là bas à réfléchir sur l'un de mes plus gros projets du moment, une bande dessinée de science fiction.

Je suis maintenant fraichement diplômée depuis juin 2014, et je sors du milieu de l'école pour me lancer en free-lance dans la bande dessinée, l'illustration et d'autres projets à Paris.

© Julie Michelin © Julie Michelin 


Comment s’est développée votre passion pour le dessin ?

Je crois que je ne me suis jamais arrêtée de dessiner et depuis petite je veux être dessinatrice de bande dessinées.

© Julie Michelin comedie© Julie Michelin- COMEDIE 2013

 

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Durant mes premières années de beaux arts, j'ai beaucoup été influencée par les dessins de Christophe Blain, Blutch, Julie Doucet. J'aime beaucoup les peintures d'Henry Darger, le travail des couleurs m'impressionne. Il y en a beaucoup d'autres : Olivier Schrauwen, Fletcher Hanks, Jesse Moynihan...

Les films de science fiction des années 50/60 aussi, pour leurs décors en carton pâte et les couleurs incroyables, comme dans Forbidden planet. Pour les histoires je m'en remets beaucoup à mes lectures d'enfance comme les aventures de Picsou de Don rosa. Des auteurs comme Jules Verne, Roy Lewis ou encore Luis Sépulveda m'ont influencé.

© Julie Michelin © Julie Michelin -Paysage


Vous avez à la fois un univers enfantin et adulte. Pouvez-vous nous en dire plus.. ?

J'ai l'envie de faire des histoires pour et seulement les adultes mais la dimension d'aventure que j'apporte dans mes histoires est fortement inspirée par mes lectures enfantines comme je le dis plus haut. L'idée que mes récits puissent être lus en double lecture me plait. Il est vrai que je mets en place des adultes dans des rôles de joueurs, d'explorateurs à qui il n'arrive jamais vraiment malheur. Mes méchants ne sont jamais vraiment méchants. Je veux travailler sur les ressentis, sur les jugements premiers qui ne sont pas révélateurs de la personne qui se cache derrière un masque.

© Julie Michelin © Julie Michelin 


Parlez-nous de votre technique...

Je fais beaucoup de sérigraphie pour réaliser de grands posters, le travaille la couleur avec cette technique d'impression me plait énormément. Sinon, je travaille à l'encre et à la plume, au colorex, au crayon et aussi au bic.

 

© Julie Michelin- Rayon© Julie Michelin- Rayon


Certaines de vos illustrations de 2012 ont été réalisées avec un stylo bic. Qu’est ce qui vous plait dans cet outil ?

J'ai découvert cet attrait pour le bic en faisant des dessins automatiques, puis j'ai commencé à raturer de plus en plus pour finalement me rendre compte qu'avec ce stylo si commun je pouvais arriver à quelque chose d’intéressant. J'aime le fait de raturer le papier jusqu'à créer une masse colorée. J’ai tendance à dessiner avec un cerné bien marqué qui des fois m’empêche de voir la couleur, avec le bic je faisais les deux en osant me débarrasser du cerné. Les illustrations que j'ai pu réaliser à cette période sont de pures expérimentations. Cette technique, bien qu'elle soit encore en cours d'évolution, m'a apportée de nouvelles directions. Comme celle de vouloir explorer des paysages fantastiques ; à ce moment je parlais de paysages oniriques et essayais de travailler autour de cette fine frontière entre le rêve et la réalité.

J'ai aussi découvert les grands formats au bic de Dominique Goblet qui m'ont laissés sans voix. Cela m'a donné envie de faire des grands formats. Pourtant avec un outil pareil et un format de cette taille ma première réaction a été de me dire « quel travail de fou ». Et justement peut être était-ce là l’intérêt du matériau, de petits traits en résultait une masse, quelque chose de plus gros, de plus imposant. 

© Julie Michelin © Julie Michelin 


Vous vous affirmez dans le style bande dessinée. Pourquoi ce choix ?

Je crois que je traine ça depuis très longtemps. Comme je l'ai dit, être dessinatrice de bande dessinée c'était le métier que je disais vouloir faire quand j’étais petite. Mais je ne pense pas être que ça. J'ai découvert beaucoup de médiums différents durant mes années en écoles d'arts et me suis passionnée pour beaucoup de choses. La sérigraphie en est une, comme la gravure et la lithographie. J'ai toujours beaucoup aimé la vidéo et la projection mais je manque de patience dans ce domaine. Je m'essaye de plus en plus à l'installation, je souhaite travailler dans l'espace en plus de la feuille. Créer des univers au delà des pages, et immerger le spectateur dedans, qu'il s'y introduise comme on peut le faire en lisant une histoire. Cette année, dans cette idée, j'ai réalisé des sculptures en porcelaine à l'image d'un élément récurrent de mon imaginaire. Je l'ai rendu lumineux, vivant. Je voulais que mon lecteur endosse un nouveau rôle, celui de spectateur, d'acteur de son espace. Je m'affirme dans ce rôle de dessinatrice de bande dessinée car tout part de là, des aventures que je crée sur le papier. Je veux faire voyager les gens dans mes univers, autant physiquement que par l'imagination. Les faire participer en rendant mon espace accessible et malléable.

© Julie Michelin © Julie Michelin 


Avez-vous une collaboration qui vous a marquée et dont vous souhaiteriez nous parler ?

Justement cette année j'ai travaillé en collaboration avec un collectif de micro édition, Le Mégot. Nous avons imaginé ensemble un livre un peu expérimental. C'était pour moi une première expérience dans cette dynamique de travail. J'ai pensé l'histoire, je leur en ai parlé, ils m'ont dit ce qu'ils avaient apprécié, ce qu'ils imaginaient comme objet autour de cette histoire. C'est à ce moment que nous avons parlé de reliure en spirale, ce qui m'a donné envie de faire une histoire infinie, à lire en boucle. Ce que j'ai apprécié, c'est de devoir repenser l'objet, sa lecture et sa manipulation en suivant les idées de chacun. Et surtout d'arriver à rendre une contrainte un point fort du livre, crucial. Nous avons donc fait ensemble L'obsidienne Magnétite, une histoire d'exploration, inspirée du roman de Jules Verne « Voyage au centre de la terre ». J'ai imaginé la descente dans le cœur d'un volcan, de trois personnages à la recherche d'une pierre mystérieuse. Les couleurs du papier sont pensées en fonction du rythme et de l'intensité du récit.

© Julie Michelin - space channel© Julie Michelin- Space Channel 


Vous avez exposé pour Space Channel 2. Comment s’est déroulée l’exposition... ?

Il s'agissait en fait d'une exposition entre étudiants des Arts décoratifs durant l'évènement « Avant Première » de l'école. Il s'agit d'un événement qui se déroule sur un weekend, l'école entière se transforme en une grande exposition et est ouverte au public. La mise en place du projet est intéressante : des étudiants se proposent à devenir les commissaires d'une salle et donc d'une exposition. En tant qu'exposante j'ai répondu à l'appel à participation qui m'avait beaucoup attiré. L'idée était de travailler sur le display, d'imaginer un dispositif particulier afin de montrer et d'en faire partie prenante une de nos œuvres. C'était en plein dans ma période bic et je me suis donc attelée à la réalisation d'un grand dessin mêlant paysage fantastique et science fiction, et des plus petits gravitants autour comme des saynètes. J'ai aussi fait un papier peint pour faire entrer mon dispositif dans un univers particulier et personnel. Cette exposition reste un très bon souvenir car il y avait une super ambiance dans l'équipe. Les réalisations s'en sont ressenties et nous avons eu de bons retours sur notre salle. Nous nous sommes entraidés sur nos projets, pour l'installation surtout et avons entrepris de retapisser la pièce, ce qui ne fut pas une mince affaire avec la hauteur de plafond. Un ami musicien a ensuite fait une performance musicale au vernissage.

© Julie Michelin © Julie Michelin


Certaines de vos réalisations à l’encre sont marquées par un corps "multi-corporel". Quelle est l’histoire de leur création. Qu'est ce qui vous a inspiré pour créer ces personnages ?

Comme vous avez pu le voir le mouvement est très important dans mes dessins. La décomposition du mouvement aussi. Quand j'imagine une narration en bande dessinée j'ai tendance et décomposer énormément le mouvement ce qui peut donner des scènes plus longues. J'aime poser cette attente car il fait comprendre le mouvement, l'action qui se déroule. Dans mes personnages à plusieurs corps je pense que c'est un peu la même idée, ou alors j'ai décidé de faire vivre plusieurs moments en même temps. Ils sont la déconstruction de plusieurs états et étapes. Ils sont aussi à l'image de notre double communication, je parle du langage du corps et du langage verbal. Le fait que nous adoptons des comportements et des gestes différents en toutes situations et que parfois nous faisons l'inverse de ce que nous voulons laisser paraître. Je me suis beaucoup intéressée à cette attitude que l'on adopte et ces distances de communication durant l'année de mon premier DNAP. J'ai lu « La dimension cachée » d'Edward T.Hall et « La mise en scène de la vie quotidienne » d'Erving Goffman, cela m'a vraiment intéressée et j'essaye de mettre en images mes questionnements sur le sujet. Sur ce qu'on laisse apparaître et ce que l'on préfère cacher.

© Julie Michelin © Julie Michelin 


Avez-vous des projets en cours ou à venir dont vous souhaiteriez nous faire part ?

Comme je l'ai évoqué plus haut, je travaille sur un projet de bande dessinée assez conséquent. Il s'agit d'une épopée de science fiction dans laquelle nous suivons le parcours d'une jeune biologiste botaniste. Elle est à la recherche d'une plante rare qui lui permettrait de créer une chose incroyable, et se déplace de planète en planète pour la trouver. Notre histoire commence lorsqu'elle atterrit sur une planète qui serait propice à la présence de cette plante. Elle fera alors différentes rencontres qui la mettront en danger et lui feront prendre des décisions et des chemins différents. Cela s'appelle Eksploracja et je suis en plein dans la réalisation du tome 1 qui fera une centaine de pages. En parallèle, je continue de penser à des installations dans la même idée que mes porcelaines lumineuses. Ces installations qui seront en rapport avec mes posters sérigraphiés à compléter avec des stickers. Je souhaite continuer à travailler sur des projets à caractère participatif tout en m'attelant à la bande dessinée.

© Julie Michelin © Julie Michelin  

 

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    • 2014-10-08 14:47:03
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  • Tags - #paris #dessin #edition #Voyage #bd #bandes dessinées #aventure #illsutration #stylo #installaiton
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