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Née au Japon, Mami KIYOSHI vit et travaille à Paris. 
En souhaitant témoigner de son époque, l'artiste exprime ses idées à travers le médium photographique et a déjà reçu de nombreux prix (prix Arte - L'art et la ville, Bourse du talent, prix SFR Jeunes Talents...). 
Débuté en 2003 au Japon, c'est le projet «New Reading portraits» qui a amené l'artiste en France sept ans plus tard. 
Dans cette série de portraitsMami KIYOSHI déploie une écriture singulière en mettant en scène les modèles chez eux ou sur leur lieu de travail entourés d'objets qui les caractérisent, tout en saturant les couleurs et en revendiquant une certaine artificialité
. Les objets dépassent alors leur aspect d'accessoire et de décor, fonctionnant comme des éléments signifiants de la personnalité et de l'identité de leurs possesseurs.
Dans «New Reading portraits» Mami KIYOSHI cherche à montrer "les vies dans leur multitude, les gens de notre époque dans leur pluralité et leur singularité" et l'artiste ne compte pas en rester là! Elle souhaite développer cette série dans le monde entier : "pour qu'avec le temps, ce travail devienne un ensemble de photos représentatif de la vie et de la diversité humaine de notre temps".
Conjointement à ce projet, à travers sa série TROPICAL FAMILY, l'artiste présente sa famille, sa maison et son enfance au Japon... au milieu du jardin d'Eden...
 



du mercredi 28 au samedi 31 janvier
Institut des Idées Actives présente :

sélection d’oeuvres photographiques
issues de la série NEW READING PORTRAITS de Mami  Kiyoshi

VITRINE - 65
65 RUE NOTRE-DAME DE NAZARETH
75003 PARIS 

 

Comment est née votre passion pour la photographie ? Quel a été votre parcours photographique ?

J’ai fait mes études à l’Université des Beaux Arts de Tokyo. J’y ai étudié le cinéma, l’installation vidéo, la production d’émissions de télévision, l’animation, la peinture, un peu de graphisme et bien sûr, la photo.
Je ne pensais pas du tout devenir photographe après mes études. Mais il faut avoir un métier pour gagner sa vie, et un ami m’a proposé de travailler dans un studio photographique. Ce n'était pas mon objectif initial, mais ce fut une très bonne expérience qui m'a permis de mûrir, d'apprendre.
Après avoir quitté le studio, j'ai réalisé mes premiers projets artistiques au travers du medium photographique, parce ce que je maîtrisais cette technique et qu'elle me permettait de réaliser les images que j'avais en tête.

J'ai fait beaucoup d'exposition au Japon, en Chine et en Serbie, puis je me suis installée en France il y a 4 ans.

La photographie n'est donc pas un choix en soi, mais pour l'instant, c'est le meilleur moyen dont je dispose pour exprimer mes idées. Même si à l'avenir je décidais d'utiliser d'autres médiums, elle serait toujours là.
Je crois que de toutes les pratiques artistiques, la photographie est celle qui présente le plus de contraintes. Notre matériel de base est la réalité visible. Pour autant nous ne savons pas si nos photographies transmettent la vérité ou pas, car la photo est toujours soumise au regard du photographe. Cette ambiguïté est toujours là, et c'est aussi pour ça que la photographie m'intéresse. J'aime les choses qui échappent à mon contrôle.


  © Mami KIYOSHI - « New Reading Portraits/ 新釈肖像写真 » series (Europe) - FRANCE


Née au Japon, vous vivez et travaillez à Paris.
 Comment votre double-culture influence-t-elle, ou se traduit-t-elle dans vos photographies ?

J'avais depuis longtemps envie de prolonger ma série « New Reading portraits » en Europe, et en 2010, j'ai obtenu une bourse du gouvernement japonais qui me permettait de m'installer en France pour un an. Quand je suis arrivée, je ne m'imaginais pas rester si longtemps ! Mais j'ai finalement décidé de vivre ici.
La France m'a offert beaucoup d'opportunités; des prix (prix Arte / L'art et la ville ; Bourse du talent ; prix SFR Jeunes Talents), des expositions, des rencontres, etc… Je pense que c'est un pays où l'on respecte les artistes. Et puis Paris est cosmopolite, c'est un bon stimulant pour moi. J'ai vécu et travaillé à la Cité internationale des Arts, une résidence pour artistes. J'y ai rencontré des artistes du monde entier.
Le Japon est une petite île d'Asie, qui est encore assez fermée culturellement et mentalement. C'est sa grande particularité. Après avoir vécu « à l'extérieur », mon regard a changé. Il s'est élargi, il est devenu plus objectif, et j'ai paradoxalement commencé à mieux comprendre mon propre pays.
Il y a aussi le fait qu'en France, je suis une étrangère. C'est quelque chose que j'apprécie. J'ai l'esprit plus libre, mes choix artistiques sont le fruit d'une réflexion plus profonde et plus personnelle.


  © Mami KIYOSHI - « New Reading Portraits/ 新釈肖像写真 » series (Europe) - FRANCE

 © Mami KIYOSHI - « New Reading Portraits/ 新釈肖像写真 » series (Europe) - FRANCE


 © Mami KIYOSHI - « New Reading Portraits/ 新釈肖像写真 » series (Europe) - FRANCE

© Mami KIYOSHI - « New Reading Portraits/ 新釈肖像写真 » series (Europe) - FRANCE

 

Pouvez-vous nous parler de votre série NEW READING PORTRAITS qui se décline en 2 séries : série Europe et série Japon.

- Quelle est la genèse de cette double série ?

- Avez-vous voyagé pour réaliser cette série, ou l'avez-vous réalisée dans un seul lieu ?

- Quel message voulez-vous transmettre ?

J'ai commencé cette série de portraits en 2003. Je photographie les gens qui répondent à mon annonce, chez eux ou sur leur lieu de travail. Ce que je cherche à montrer, ce sont les vies dans leur multitude, les gens de notre époque dans leur pluralité et leur singularité.

Chaque portrait représente deux jours de travail. Le premier jour, je rends visite à mon modèle chez lui ou chez elle, je l'écoute me raconter sa vie. Cela nous permet de faire connaissance et de nous sentir à l'aise ensemble. Le deuxième jour, c'est la prise de vue. Je construits le décor à partir des meubles et des objets que je déplace et arrange au gré de mon imagination, inspirée par les histoires que j'ai entendues.

Je choisis donc en principe la manière dont les éléments seront disposés. Mais ce projet possède une dimension collaborative et je tiens compte de l'avis ou des propositions de mon modèle. Je souhaite que les personnes qui posent pour moi soient heureuses de le faire, soient heureuse de me recevoir chez elles. Je ne les choisis jamais. Ce sont elles qui me contactent pour que je réalise leur portrait, il n'y a aucune sélection.


© Mami KIYOSHI -  « New Reading Portraits / 新釈肖像写真 » series (Japan)


© Mami KIYOSHI -  « New Reading Portraits / 新釈肖像写真 » series (Japan)


© Mami KIYOSHI -  « New Reading Portraits / 新釈肖像写真 » series (Japan)


© Mami KIYOSHI -  « New Reading Portraits / 新釈肖像写真 » series (Japan)


© Mami KIYOSHI -  « New Reading Portraits / 新釈肖像写真 » series (Japan)


Pour ce projet, j'ai visité plusieurs pays, là où on voulait bien m'accueillir. La série ne se limite pas à la France et au Japon : j'ai réalisé des portraits ailleurs en Europe et en Chine.
C'est un projet en cours, que j'espère continuer dans d'autres pays, en Amérique du Sud ou en Afrique, par exemple.
Je souhaite développer "New Reading Portraits" le plus longtemps possible, dans le monde entier, pour qu'avec le temps, ce travail devienne un ensemble de photos représentatif de la vie et de la diversité humaine de notre temps.
 


© Mami KIYOSHI -  « New Reading Portraits / 新釈肖像写真 » series - CHINE


© Mami KIYOSHI -  « New Reading Portraits / 新釈肖像写真 » series - GRECE


© Mami KIYOSHI -  « New Reading Portraits / 新釈肖像写真 » series - ITALIE 


Votre travail se distingue par un aspect très coloré. 
Pourquoi ce choix ? Qu'est ce que la couleur représente pour vous ?

On me pose souvent cette question, mais je n'ai pas vraiment la réponse. Je fais simplement selon ce qui me semble beau, et mon travail est le résultat de cette recherche de la beauté.

Mon travail est certainement influencé par ce que je suis, japonaise, et donc par l'Asie, et par ce que j'aime, les peintres du Moyen-Âge, comme Van Eyck ou encore les tableaux religieux peints par des anonymes.

© Mami KIYOSHI - « Tropical Family / 熱帯家族 » series 

Il se dégage de vos photographies une ambiance onirique, digne d'un conte.
 Comment parvenez-vous à créer ce ressenti ?
 Quel est l'effet recherché ? 

Comme je l'ai expliqué, j'essaie toujours d'établir un lien avec les personnes que je prends en photo. Je les découvre au travers de ce qu'ils me racontent de leur vie, au travers de leur histoire personnelle. Mon imagination envisage cette histoire sous la forme d'un conte ou d'un mythe, et c'est à partir de cette matière que je construit la mise en scène du portrait. C'est ce qui défini mon style, et c'est aussi un moyen de raconter les histoires qui sont dans ma tête.

Plutôt que de travailler avec des mannequins, je travaille avec des personnes ordinaires. J’en fais des personnages semblables à des dieux primitifs, des héros, des bouddhas.
Dans cette approche il y a donc un double aspect, documentaire et imaginaire.

Je ne cherche pas à montrer la vérité de mes modèles. Mes portraits étant composés à partir de ce que la personne m'a raconté d'elle-même, ils ne peuvent qu'être un reflet partiel. On ne sait pas si ce qu'ils montrent correspondent à une vérité ou pas, et pour moi ce n'est pas nécessaire. Ce que je souhaite faire c'est un portrait idéal, mythique.


© Mami KIYOSHI - « Tropical Family / 熱帯家族 » series
  

© Mami KIYOSHI - « Tropical Family / 熱帯家族 » series 

Vous semblez accorder une place importante à l'univers traditionnel, à l'homme, à son histoire et à la famille… tout en jouant avec les lumières, les matières. Pouvez-vous nous parler de votre série TROPICAL FAMILY ? 


Il s'agit de portraits de membres de ma famille, une série commencée en 2003.

Mon père est un prêtre bouddhiste (au Japon, les prêtres ont le droit de se marier), j'ai donc passé mon enfance en immersion dans un environnement religieux. Je vivais et je jouais dans le temple. Notre jardin, c'était le cimetière.

Dans la série de portraits, la mise en scène envahie par les végétaux est une représentation du paradis. La maison où je suis née est une sorte de paradis dont les habitants seraient ma famille et mes parents Adam et Eve. Quand je suis là-bas, je suis comme en vacances sur une île tropicale. Je sens mon esprit vagabonder et se laisser absorber, dans ce climat presque étouffant.

J'ai réalisé le premier portrait à l'occasion de l'anniversaire de mariage de ma sœur cadette. Mon frère s'est marié trois ans plus tard et ils ont eu respectivement deux et trois enfants. Je continue de les photographier et d'enregistrer toutes ces évolutions.


© Mami KIYOSHI - « Tropical Family / 熱帯家族 » series 


© Mami KIYOSHI - « Tropical Family / 熱帯家族 » series 

© Mami KIYOSHI - « Tropical Family / 熱帯家族 » series 

Le mot de la fin ? 

Je veux continuer à créer toute ma vie. Je vis et je crée : j'espère que je parviendrai toujours à conjuguer ces deux aspects de mon existence.
J'enregistre l'histoire des gens et ces images-même deviendront une trace de ma vie et de mes rencontres.

 
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  • Artist UP
    (hôte)
    • 2015-01-28 14:39:25
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  • Tags - #paris #photographe #photographie #portraits #Voyage #décor #objets #japon #photoreporter #Mami KIYOSHI #epoque
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