Delphine BURTIN joue sur l’ambiguïté de la perception...

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Après des études et un parcours professionnel en graphisme, Delphine Burtin a suivi la formation supérieure de photographie à Vevey. Son travail Disparition a été rapidement remarqué et la série Encouble a rencontré un grand succès.
Aujourd'hui encore, sa pratique photographique est influencée et intimement liée au graphisme "je construis mes images comme j’agencerais des éléments sur une page blanche, cherchant à faire se répondre les lignes et les surfaces, les blancs et les noirs, les pleins et les vides." 
Les notions de l’illusion et de la disparition sont au coeur du travail de Delphine Burtin. Dans ses photographies, l'artiste joue sur l’ambiguïté de la perception "J'aime les accidents de la vue. (...) J’aime lorsque notre cerveau nous joue des tours et qu’il agit comme un trompe l’oeil".
Laissez-vous envahir par le doute qui s’immisce et se dégage de chaque image. Approchez-vous de la question que vous suggère l'artiste
 "comment faire confiance à nos sens, est-ce que je crois voir est la réalité, ou juste ma réalité ?"...

 

Quel a été votre parcours… entre graphisme et photographie ?

Je vis et je travaille à Lausanne en Suisse.
Après des études de graphisme, j’ai exercé cette profession pendant quelques années au sein d’agences de communication, puis en tant qu’indépendante. 
En 2011, j’ai entrepris de reprendre des études et j’ai suivi la Formation Supérieure de photographie à Vevey (CEPV) en Suisse.
L’année suivante, mon travail Disparition a été présenté notamment au Photoforum Pasquart (Bienne) et aux Boutographies de Montpellier.
Puis, en 2013 mon travail de diplôme Encouble a rencontré un grand succès : J’ai été sélectionné au prix Aperture du livre Paris Photo 2013, Catégorie premier livre, j’ai eu le 1er prix du Photoforum Pasquart à Bienne se qui m’a permis d’exposer pour la première fois cette série puis, bien sûr j’ai été une des deux lauréates du prix HSBC. La série a déjà été montrée à Berlin, Paris, Strasbourg (Festival Oblik) et Montpellier.

Le graphisme et la photographie sont intimement liés pour moi. J’ai toujours aimé utiliser la photographie dans mes mises en page. Et inversement, je crois que ma pratique de la photographie est influencée par le graphisme.
En effet, je construis mes images comme j’agencerais des éléments sur une page blanche. Cherchant à faire se répondre les lignes et les surfaces, les blancs et les noirs, les pleins et les vides. Je cherche également à transmettre une émotion et une idée.


disparition # 51-#52 - série Disparition - Delphine Burtin (2012)
  

Pouvez-vous nous parler de votre démarche artistique ?

Dans mon travail on retrouve les notions de l’illusion, de la disparition au travers de natures mortes ou de rébus visuels jouant sur l’ambiguïté de la perception. J’aime aussi m’attacher aux objets du quotidien, aux choses que nous voyons tous les jours sans les voir.

La série qui a été récompensée par le prix HSB pour la photographie s’appelle Encouble. Encouble est un mot suisse romand, s’écoubler signifiant trébucher. J’ai choisi d’appeler cette série ainsi, car j’aime m’encoubler dans les images du quotidien. J’aime ce que j’appelle des accidents de la vue ; lorsque l’on imagine voir quelque chose et qu’en réalité c’est autre chose. Avec ce travail, je cherche à capturer ou recomposer des copies d’une réalité à (re)mettre en doute. Pour ce faire je procède de deux manières : certaines images sont des photographies d’objets, qui une fois imprimées, sont découpées et pliées, puis à nouveau rephotographiées. Les autres sont des photographies sans intervention de ma part. Toutefois par l’éclairage (lumière naturelle ou lumière studio), je cherche à faire perdre nos repères et donc notre rapport à la réalité "visible". 

Dans ce travail j’aspire à troubler le spectateur, je recherche des cadrages et des objets qui nous interrogent sur ce que nous voyions. En déroutant le spectateur, je crée en effet des énigmes.

Comme je mélange du vrai et du faux, il s’insinue un doute dans chaque image : est-elle vraie ou pas ? Il y a-t-il intervention de ma part ou non ? Par ce fait, je peux m’approcher de la question, de l’énigme qui m’intéresse : comment faire confiance à nos sens, est-ce que je crois voir est la réalité, ou juste ma réalité ?

« sans titre » - série encouble - Delphine Burtin (2013)

« sans titre » - série encouble - Delphine Burtin (2013)
« sans titre » - série encouble - Delphine Burtin (2013)
  

Votre travail est à mi-chemin entre la photographie et la sculpture...

Quels médias utilisez-vous ?
 Comment parvenez-vous à conjuguer les différents supports, objets et traitements au sein de votre pratique artistique ?

Beaucoup de personnes voient dans ma photographie un lien avec la sculpture. J’avoue ne pas l’aborder exactement comme cela. Je crée des natures mortes qui une fois photographiées peuvent être vues comme de la sculpture. Cependant pour moi, la finalité n’est pas une sculpture, mais bien une photographie. En effet, je ne garde pas les objets que j’ai créé une fois la prise de vue finie. Les découpages ou les compositions en papier ont pour moi le même statut que les objets tridimensionnels.

« sans titre » - série encouble - Delphine Burtin (2013) « sans titre » - série encouble - Delphine Burtin (2013)

« sans titre » - série encouble - Delphine Burtin (2013)


Quel est, à votre avis, le potentiel physique de la photographie en tant qu'objet dans le monde réel ? Pouvez-vous nous en dire plus sur vos expérimentations visuelles ?

La mise en espace est pour moi la continuité du projet. Dans le sens que j’applique la même réflexion à la manière dont je vais présenter la série que lorsque que je compose une photo.
En effet, je cherche également à ce qu’entre les tirages au mur des lignes se créent, que des dialogues s’installent, que les images se répondent entre elles.
L’espace entre les photographies, leurs tailles ainsi que la manière dont elles sont encadrées doivent contribuer à ce que le spectateur puisse considérer cet ensemble comme un tout.
Du coup, la pièce devient un élément à part entier. J’utilise le sol et les angles pour instaurer cet échange entre les photographies et le lieu.

 disparition #93-#103-#105 - série Disparition - Delphine Burtin (2012)
disparition #112 - série Disparition - Delphine Burtin (2012)


Au sujet de la série "disparition" vous dites :
 "De la nécessité de l’inutile, de l’essentialité de la beauté, de la futilité du consumérisme et de la fugacité de la possession."


Pouvez-vous nous expliquer comment cette série est-t-elle née ?
 Quelle place/rôle souhaitez-vous accorder aux déchets au sein de ce travail photographique ? 


Cette série a commencé avec quelque chose qui me fascinait : à côté de chez moi, il y avait un endroit où une fois par mois les gens mettaient les objets encombrants qu’ils voulaient jeter. Le camion poubelle venant le lundi durant tout le week-end un énorme tas se créait. Cet amoncellement d’objets hétéroclites changeait au fil des heures et au grès de ce que les gens amenaient ou (re)prenaient. Le tas grandissait, s’effondrait, s’étalait, se métamorphosait. Puis le lundi tout disparaissait et la place redevenait propre comme si rien n’avait jamais existé, sans laisser de trace comme si rien n’avait existé.

C’est à partir de cette disparition que j’ai voulu faire un projet autour de nos déchets. J’ai toujours été impressionnée par la quantité de déchets inutiles que nous jetons, principalement par les em­ballages. Mais plus que de la quantité de déchets je cherche à explorer la disparition des choses. Dans notre société, il y a peu de place pour ce qui n’est pas considéré comme utile ou beau. Tout ce qui pourrait déranger notre regard est volontairement écarté.

Je voulais sortir les déchets de leur contexte afin de leur redonner une place indépendamment de leur qualité de rebuts. D’un déchet — chose que l’on ne veut plus voir — je cherche à lui restituer une position distinctement de son origine : c’est son nouveau statut qui m’intéresse.

disparition #162 - série Disparition - Delphine Burtin (2012)


Quelles sont vos sources d'inspirations ?

Les constructivistes et leurs recherches autour de la (re)construction du réel en opposition à la simple saisie de cette réalité font partie de mon univers de référence. Le Bauhaus, en terme de règles de construction de l’image graphique, ainsi que l’art du découpage d’artistes de l’avant-garde sont également présents, et ceci autant dans le graphisme que dans la photographie. Dans les photographes contemporains, je me retrouve dans les constructions géométriques affûtées de Shirana Shahbazi et dans le travail de Jessica Eaton, quand elle joue avec l’espace et le principe de la synthèse additive des couleurs. Je pourrai également citer, comme photographes dont le travail m’inspire, Michel Belhomme, Laura Letinsky ou Alfredo Jaar.


disparition #134 - série Disparition - Delphine Burtin (2012)
 

Quelles sont vos actualités-projets en cours-à venir ? 


Je suis actuellement en résidence au Musée Bernard Boesch au Poulinguen en Bretagne. Cette résidence me permet de poursuivre sur les nouveaux projets que suis en train de travailler.

Jusqu’au 20 décembre ma série Encouble est exposée à la Galerie Arrêt sur l’image à Bordeaux.

En mai, je vais participer au Mois de la photographie de Lyon qui devrait avoir lieu en avril.

 

RETROUVEZ DELPHINE BURTIN sur :

 SITE OFFICIEL

 
PUBLICATION : 
Encouble
Actes Sud, Arles, France
Collection de la Fondation HSBC pour la photographie
108 pages, 28 X 22 cm, français/anglais
Sorti le 03/09/2014
 
 
ACTUS : 

VERNISSAGE  - LE POULIGUEN (FRANCE)

Vernissage Exposition du Musée Bernard Boesch - suite à la résidence de 3 mois.
Mercredi 10 décembre à 18h30
35, Rue François Bougouin - 44510 Le Pouliguen - France


Exposition visible dans l'atelier d'artiste du 11 au 23 décembre
(du jeudi au dimanche 15h à 18h)

  • Artist UP
    (hôte)
    • 2015-01-06 19:12:52
    • 1 733 views
  • Tags - #graphisme #photo #photographie #arts graphiques #illusion #realité #Delphine BURTIN #disparition #vevey #HSBC #ambiguïte #doute #photoforum
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