SNEZ : les terrains vierges sont ses royaumes !

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Par un soir d'automne, à la sortie de la galerie ligne 13 nous avons fait la rencontre de SNEZ, artiste de la nouvelle scène du graffiti français. Fasciné par l'espace, les murs et les terrains vierges qu'il qualifie de ses "petits royaumes", SNEZ est aussi discret qu'inspiré par les lieux et ses très nombreuses rencontres. Spontané, généreux et ouvert sur le monde qui l'entoure, la transmission est son moteur "Pour moi le graffiti, c’est avant tout « offrir », donner (…) faire découvrir…"

Soutenu par "sa famille très soudée"  le crew LF, rejoint en 2006, SNEZ a parcouru des kilomètres en France et à l'étranger.
Le voyage en Argentine a autant marqué l'homme que l'artiste. Depuis, il n'a qu'une seule idée en tête : repartir à l'aventure, à la conquête de nouveaux terrains vierges. Un nouveau départ pour l'Argentine se prépare pour le début de l'année, avec toujours ce besoin de peindre, d'apporter de la vie, de la couleur dans la vie des gens d'ici et d'ailleurs.

SNEZ donne des cours de peinture à une classe de jeunes enfants handicapés. Le 8 décembre exposition organisée avec ses élèves à la piscine d’Aubervilliers.
 



Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours…
Comment/ Quand as-tu commencé à t’exprimer avec le Graffiti ? Te souviens-tu de ta première pièce ?

J’ai commencé à peindre « graffitiquement » parlant, sérieusement et très activement à partir de 2002. Avant, je faisais pas mal de tags.
D'abord avec la bombe, petit a petit j’ai peint avec des rouleaux.
J’ai commencé avec des amis du lycée : AR Crew. On a appris ensemble, on a partagé les techniques, nos découvertes… on observait beaucoup ce qui se passait sur les lignes du train et du RER. Puis mes potes du AR Crew ont plus au moins arrêté et j'ai rencontré Anis, qui m’a présenté les LF et j’ai continué avec eux.
Je me souviens de ma première pièce. Je l'ai faiteen 2002 dans le 92 derrière des garages… j'étais trop fier.  12 ans plus tard elle est encore là ! Ca fait plaisir !




Pourquoi avoir choisi de créer sur les murs ?

J’ai toujours dessiné, peint sur des feuilles, toiles, planches… ce qui m’a le plus plu au début dans la rue, c’est la sensation d'absence de bords.
C’est très gestuel, on peut se permettre de grands mouvements.

Et puis il y a l’esprit de l'aventure. Tu te ballades, tu cherches un spot, tu repères une usine… tu trouves l’accès, tu arrives à rentrer… tu vois des murs vierges, tu peins… t’es trop content !

A mon époque il y avait déjà pas mal de graffitis autour de nous et la liberté de pouvoir s’approprier l’espace ça m’a tout de suite fasciné. 
Cette énergie colorée qui vient à toi… ça m'a donné envie de faire la même chose, tout simplement. 
 



Des rencontres qui t’ont encouragées à te lancer ?

La rencontre avec Anis et les membres de LF crew m’a beaucoup motivée et m’a permis aussi de rencontrer beaucoup d’autres artistes.
C’est un peu comme une petite société secrète qui agit tout en restant discrète avec ses propres codes.
Le fait d’appartenir à cette petite communauté m’a aussi donné envie de continuer.



Comment as-tu découvert et appris à "maîtriser" ces codes ?

Quand j'ai commencé, ça faisait plus de 20 ans que le graffiti existait avec les codes des anciens. Au fur et à mesure j’ai compris qu’il était aussi intéressant de transgresser et à déjouer ces codes.
Une nouvelle liberté s’offrait alors à moi.
Néanmoins je pense qu’il y a une base à tout. Quand je suis arrivé, j’ai fait du wild style comme beaucoup. Progressivement mon style a évolué vers des trucs plus rigolos et plus personnels.
 


Friches, lieux abandonnés, murs vierges… Comment choisis-tu tes spots, sont-ils une source d’inspiration en soi ?

C’est un gros travail de recherche.
Avec LF on cherche des lieux où on serait les premiers à arriver : des lieux vierges, intactes, que nous allons déflorer. C’est aussi pour la préciosité, l’aspect unique et surtout les ambiances qu’il y a dans ce genre de lieux.
Je me ballade jamais avec un dessin que je vais faire. Je travaille sur le moment, essayant de répondre au lieu qui a sa propre histoire. Oui, mon inspiration vient carrément du lieu !



Peux-tu nous parler de tes voyages et plus particulièrement de celui en Argentine. 
Comment ces périples-découvertes ont-t-ils influencés ton style et ta vision de l’art en général ?

J’aime beaucoup voyager grâce au graffiti. Je suis allé en Roumanie, en Australie ou dans des pays plus proches comme l’Espagne… l'Allemagne.

En 2007, pendant 3 mois je suis parti en Argentine avec Anis et SNIL (de LF). On a découvert une liberté d’expression complètement folle.
En Argentine les gens ont un rapport très différent avec la peinture. Pour les habitants, c’est de la décoration, de l’art à part entière. Ils aiment que des artistes puissent peintre leurs murs et leurs maisons. Tu as l’impression d’apporter de la vie, de la couleur dans le quartier.
Tu te balades, tu vois un mur qui te plait, tu toques à la porte. On t’ouvre, tu demandes si tu peux peindre leur mur. On te dit oui.  Après, on t'offre des gâteaux et des bières pour te récompenser… et t’es heureux ! Comme c’est autorisé, tu peux faire des grands formats en prenant ton temps… sans stress. 
Ca fait plaisir et ça donne envie de revenir !
On a rencontré des artistes de rue qui nous ont présentés d’autres artistes et nous ont montrés leurs spots. L'appartenance à un groupe est encore plus forte quand tu voyages.  Il y a une entraide et une volonté des personnes à te faire découvrir son pays.

L’Argentine m’a marquée. Mon style s'est énormément enrichi et a évolué.
Par exemple la peinture est chère, tu peins aux rouleaux et avec des pinceaux. C’est une autre manière de travailler. La scène est aussi très différente. 
En France Il y a beaucoup de créations autour de lettrages. En Argentine on remarque de nombreuses représentations de personnages, appuyées par un côté très coloré et une grande liberté dans les tracés.

Tout cela m’a donné une très grande ouverture d’esprit !



Peux-tu nous présenter le crew LF … et vos projets ?

LF (La Firme) est un crew, et en parallèle nous avons une association qui fait des actions solidaires dans les maisons de quartiers, avec des enfants… autour de créations collectives.
Dans LF il y a ANIS, SUAR, BEPLUS, SNIL, SOKO, SPOALE, SOEZ, DENISE, SOBRE, RAYOZ, ACASH pour la partie française, et aussi CORONA (Argentine), ELODIO (Chili) et KOAM (Canada)…
Je suis rentré dans le crew alors qu’il était déjà créé. C’était sur un terrain dans le 78.
On est avant tout des potes, une famille très soudée. On s’entraide les uns les autres, on s’est déjà sauvés la vie… on a des liens super forts.
Pour moi le graffiti, c’est avant tout « offrir », donner aux gens qui n'ont pas accès à l'art, leur faire découvrir, leur apprendre aussi.

De mon côté je travaille aussi dans le social. Je donne des cours à des enfants handicapés pour leur apprendre la peinture.
Avec notre association a fait des actions dans la Cité "des mouchoirs" (MCZ) à Poissy. On est venus pendant 3 ans pour peindre avec les enfants du quartier et redécorer leur cadre de vie.
On a fait des fresques participatives avec les enfants des quartiers par exemple à l’occasion des Assises de la Jeunesse, Sidaction…

  


Avec LF vous avez sorti le livre « C’était vierge ».
Quels artistes, réalisations… lieux sont présentés dans ce livre ? Comment cet ouvrage a-t-il été accueilli ?

Pour fêter notre 10ème anniversaire, on a fait une exposition photo à Confluences. A cette occasion on a réalisé une carte avec tous les terrains qu’on a tapé aux alentours de Paris.

Autour de cette expo on a sorti un bouquin qui s’appelle « C’était vierge ».
Un livre en 100 ex, qui n'avait pas une vocation commerciale. C'était un cadeau, un souvenir qu’on s’est offert. Plus de 250 pages sur nous, nos expéditions, les terrains vierges…  Evoluant en friche, on est un groupe discret. Le livre a permis aux gens de découvrir notre travail. Tous les ouvrages sont partis le soir même.

On a fait des double-pages par artiste, avec des pages ciblées sur desterrains et lieux particuliers, nos « petits » royaumes.
Notre collection de résidences secondaires est en perpétuel mouvement. Il y en a énormément, mais ils se font détruire régulièrement. Nos zones vont de la proche banlieue… à la province… et plein d’autres coins. On a pas peur de bouger ! On part 2 jours, on dort sur le terrain…

 


Mot de la fin ? Des projets en cours, à venir pour 2015 ? 

Je donne des cours à une classe de 12 enfants handicapés. Le 8 décembre une exposition est organisée à la piscine d’Aubervilliers.

On travaille avec 36.15 sur un grand projet de livre.
Une sorte de livre scientifique qui regroupera de tous les écrits retrouvés sur la théorie des anciens astronautes.
On fait des enluminures et de l’écriture calligraphique (style moyenâgeuse) en écrivant de l’extraterrestre. C’est comme si on était des messagers et que nous arrivions à retranscrire les textes, guidés par les extraterrestres. Ceci vient continuer sur ce sujet que nous avions aborder avec Anis lors d'une exposition à La Friche intitulée "ils reviennent". C’est le projet en cours… !

Je continue aussi de travailler avec la galerie ligne 13.

Pour terminer, je ne cesse de peindre. J'ai fait une expo sur la mythologie grecque, puis la mythologie égyptienne. Elles m’ont permises de bien me documenter et ainsi créer ma propre mythologie, des personnages chimériques mélangés avec des lettres graffiti. On retrouve régulièrement des chimères, la chienne-sirène ou le poisson-perroquet... Ce travail actuel découlera certainement sur une exposition.

 

EVENEMENT :

8 décembre exposition à la piscine d’Aubervilliers  

 

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  • Artist UP
    (hôte)
    • 2014-12-08 13:04:10
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  • Tags - #paris #street art #graffiti #Voyage #couleur #art urbain #SNEZ
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