Lomozano, la rue est son terrain de jeu depuis les années ’60 !

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LOMOZANO, « papi du street-art » selon ses propres mots, est un artiste complet. De la photographie, en passant par les collages et son expérience de comédien, la rue est son terrain de jeu depuis la fin des années ’60. Avec son oeil aiguisé et son imagination débordante, il dessine avec la lumière et interprète la matière. De ses abstractions des sujets font surface, nous invitant à laisser libre cours à notre propre imagination...
Rencontre avec un artiste et ses oeuvres d’une grande richesse et diversité…

 

Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours… Ta « rencontre » et tes premiers pas dans le monde artistique…

C’est une longue histoire. J’ai fait ma première photo quand j’avais 5 ans avec un vieux Voigtländer folding que mon père avait rapporté de la guerre en Allemagne. Ma mère me l'avait prêté et j’ai fait ma première photo.
Puis, vers l’âge de 13 ans on m’a offert un super appareil photo. C’était le début des années 60. J’étais heureux !
Je suis ensuite entré à la Maison des Jeunes de St Germain-en-Laye, faisant mon 1er stage photo à l’âge de 14-15 ans. J’ai appris à développer, à faire des montages… et à partir de là c’était parti pour les Photo Clubs, jusqu’à l’âge de 25 ans.
De stage en stage j’ai aussi enseigné le travail de la photographie en qualité d’animateur de Photo Clubs.

Les premières bombes, c’est aussi toute une histoire.
C’était en en ’67 et on ne savait pas qu’on faisait du street-art, le terme n’existait pas encore.
Une bombe, c’était une expression pour désigner l’utilisation de la bombe à des fins de transmission d'un message politique. On achetait des bombes pour carrosserie de voiture. Elles coutaient très cher : 40 Francs/pièce - avec le Smic qui était à 400 Francs.
Il y avait aussi des marqueurs de 20cm avec un réservoir en verre. Ils sentaient très fort et étaient de couleurs vives.
On allait ensuite bomber les murs avec des slogans politiques.

C’est comme ça que les gens ont fait les premiers graffitis un peu partout.
J’étais à la Fac à Nanterre, on avait commencé à marquer sur les murs, à écrire des messages politiques du côté de l’amphi B2. De temps en temps, certains faisaient un petit dessin, un poème ou en écriture automatique… Je me souviendrai toujours, quelqu’un avait écrit au marqueur sur le mur : « Il faut créer un monde où la naissance donne droit à la vie. » Ca m’avait bouleversé.

En parallèle, j’ai continué à faire de la photographie…


LOMOZANO - Abstractions Urbaines

LOMOZANO - Abstractions Urbaines

LOMOZANO - Abstractions Urbaines

LOMOZANO - Abstractions Urbaines

En photographie, plus que de la macro, tu saisis des parcelles de matières et d’objets. Grâce à un œil aiguisé et à une imagination incroyablement riche, des « sujets » : animaux, têtes… prennent vie. Selon tes propres mots « l’artiste ne créé pas, il interprète ».

Peux-tu nous parler ces photographies et de la place de l’interprétation ?

Les présocratiques et plus précisément HERACLITE disait qu’à la naissance nous avons tout, seulement nous l’avons oublié. Dans le monde dans lequel nous vivons, tout existe et c’est notre mémoire qui revient à la surface.
En partant de ce principe là, je ne créé pas, il suffit de regarder la matière.

Quand j’étais petit, j’avais un jeu : dans la propriété de mes grand-parents je fixais des carreaux de faïence et au bout de quelques secondes, un personnage, un visage, un animal apparaissait. Certains font cela avec les nuages, moi c’était avec les carreaux de faïence et à chaque fois je trouvais quelque chose.

J’avais envie et j’ai essayé de concrétiser mes trouvailles, mais ce que l’on voit ne correspond pas à l’image qui apparaît sur la photo. En effet, l’imagination nous permet d’interpréter un sujet, alors que la photo, comme son nom l’indique « je dessine avec la lumière » - c’est tangible et matériel. C’est en cela que le rendu photographique ne correspond pas à ce que nous voyons. 

Par ailleurs, il m’est arrivé de prendre en photo une abstraction qui me plaisait et d’avoir un retour disant « Tu as l’oeil !». En revenant sur la photo je constatais avec stupéfaction qu’en effet, un personnage était là ! Je pense que mon inconscient qui a du voir le personnage, sans que cela ne monte à la surface. Il a fallu que l’on me le fasse remarquer.

LOMOZANO - Abstractions Urbaines
LOMOZANO - Abstractions Végétales
LOMOZANO - Abstractions Végétales
LOMOZANO - Abstractions Urbaines

Avec les collages, tu exprimes tes idées sur les murs.
Pourquoi avoir choisi la rue comme espace de recherche et d’expression artistique ? 

A l’époque des photo clubs on était un groupe de 4 photographes. Chacun avait une spécialité, moi j’avais un oeil très aiguisé. C’était la scène de genre qui me plaisait, le cliché dans la rue, ses personnages, la vie qui s’en dégage. Mes photos sont vivantes, elles sont là. J’emprisonne les personnages comme le génie dans sa lampe.. il suffit de pas grand chose pour qu’ils en sortent !
La rue est mon terrain de jeu et par mes photographies j’ai l’impression de voler du temps, un bout de vie. 

LOMOZANO - Collages
LOMOZANO - Collages
LOMOZANO - Collages

Par rapport aux collages …
Après une longue absence, je suis revenu à Paris en 1999. J’ai rencontré des photographes, des artistes et nous avons commencé à travailler ensemble. Je me suis alors mis à « chasser le graff ». Il y a eu la période rue Desnoyer et rue Pyrénées qui a duré 3 ans. Nous étions une 20ne de photographes à mitrailler jour et nuit. On connaissait tous les graffeurs… jusqu’au jour où 2 amis, Noël Perez et JPM Graffiti, m’ont encouragés à mettre en pratique mes propres idées.


LOMOZANO - Collages

LOMOZANO - Collages

La bombe et le dessin n’étant pas ma spécialité, je me suis tourné vers la photographie et la retouche par l’infographie. J’ai commencé par les petits collages gentils, puis sont arrivés les textes. J’ai commencé à utiliser l’humour, puis ont eu lieu les élections… de fil en aiguille j’ai commencé à faire du collage de presse sur le principe de la planche de presse.
Avec JPM Graffiti à Pyrénées nous avons créé la revue de presse : chacun avait son coin, face à face. L’un collait, le lendemain l’autre répondait et ainsi de suite.
Puis mes Parisiennes ont vues le jour…

LOMOZANO - La Parisienne
LOMOZANO - La Parisienne - crédit photo Anne Provignon
LOMOZANO - La Parisienne - crédit photo Anne Provignon

Peux-tu nous parler de tes portraits de parisiennes et de la nouvelle parisienne ? 
Quand ta 1ère parisienne est-t-elle née ? Dans quel coin pouvait-t-on les croiser ?

La première Parisienne est née à Pyrénées en 2007.
On pouvait les voir à Pyrénées et rue Desnoyer, rue Pierre au Lard, du côté de Baubourg… c’était leur fief… Puis elles sont arrivées dans la rue de la Forge Royale vers le Cabinet d’Amateur. C’était ma cour de récréation.
La matrice de travail est celle d’une photographie que je retravaille en infographie.


LOMOZANO - La Parisienne - crédit photo Jpm Graffiti
LOMOZANO - La Parisienne - crédit photo Jpm Graffiti


Comme toutes les parisiennes, mes parisiennes sont : belles, rebelles, pleines de vie… elles se fâchent, elles rient,… elles aiment la vie, les hommes…

Une nouvelle série va apparaitre sur la même base mais avec des techniques différentes et avec un rendu « peinture » beaucoup plus flou. Elles seront désormais en couleur sur un fond coloré, avec le texte qui ne sera plus réalisé en infographie mais à la main.

LOMOZANO - La Parisienne

LOMOZANO - La Parisienne - crédit photo Marie Eddo

Peux-tu nous présenter ton fidèle ami DIABLOMO et ses innombrables aventures ?

J’ai rencontré DIABLOMO il y a 3-4 ans dans un marché aux puces à la Rochelle. Le chien qui était avec moi aux puces est tombé nez a nez avec DIABLOMO et l’a saisi. J’ai racheté une autre peluche au chien et j’ai gardé le diablotin. Ca a été la révélation.
DIABLOMO c’est mon petit lutin, c’est mon double, c’est moi avec un coté espiègle.
Je suis assez réservé, alors c’est DIABLOMO qui rencontre les artistes, qui les fait rire…
Les photographies existent en numérique et en polaroid - environ 140 env. polas pièces uniques qui seront amenés à être exposés.


DIABLOMO

Pouvons-nous dire que tu es un artiste complet ?

J’ai véritablement plusieurs cordes à mon arc :)
Je peux vous dire quelques mots sur mon expérience en théâtre, en animation de rue en reconstitution historique et en danse médiévale…
En tant que comédien j’ai eu le bonheur de faire 3 grands spectacles en Son et Lumière. Pour le dernier en date, en 2012, j’ai été sous la direction de Ivan Morane qui fait un travail absolument fabuleux. Ce Son et Lumière raconte l'histoire de Saint-Germain-en-Laye « Les ailes du temps ». Du Moyen-âge au Second Empire sous la direction d'Ivan Morane, quatre représentations d'1h40 ont été programmées devant un public de 3000 personnes devant la façade du Château, côté parc.
Nous étions 450 pers sur scène et j’étais le référent, le meneur de spectacle.

Cela reste de l’art de rue comme la photographie et les collages. Oui, je suis un artiste complet, il me reste plus que la musique, mais là, c’est ma fille qui s’en charge. Rires !


Mot de la fin ? Projets en cours-à venir ?

J’ai postulé pour le festival d’art contemporain à St Germain en Laye. J’ai proposé de réaliser un projet avec des artistes issus du street art.
Dans la catégorie peintures/gravures JPM Graffiti fera du pochoir/illustration et je me suis présenté dans la 3eme catégorie qu’est la photo plasticienne (plus simplement de la photo retravaillée). Nous attendons les délibérations du jury. 

Comme je vous disais, l’exposition avec DIABLOMO est en cours de travail, de même pour mes Parisiennes.

A suivre… !


LOMOZANO - par Kevin Shadee (Page Facebook)

 

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  • Artist UP
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    • 2015-02-06 18:08:40
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  • Tags - #photo #urbain #photographie #street-art #pionnier #Lomozano #abstractions #parisienne
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