ANIS et son jeu de regard entre la rue et l'atelier

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De la rue, en passant par les chemins de fer, ANIS a rapidement découvert aux côtés du LF crew le plaisir de dessiner au coeur de grands terrains vagues : "Dans ces espaces, on est apaisé intérieurement, on se sent hors du monde!".
Pour ANIS, la rue et la toile se renvoient l'un à l'autre, se parlent, car "ce qui naît dans la rue se retrouve sur toile et inversement".
Son style est végétal, habité de personnages de vie : "Mon univers artistique est vivant, poétique, fantastique… un univers simplement joyeux !". 
Ouvert et généreux, ANIS nous a reçus dans son atelier livrant de vive voix sa démarche et son univers artistique.



LA RESERVE MALAKOFF PRESENTE… LE GRAND 8 DE L’ART URBAIN 

UN LIEU EPHEMERE  & UN PARCOURS URBAIN


Le Grand 8, une structure monumentale la Réserve vous invite à un voyage sensoriel au cœur d’une installation collective !
Avant la destruction annoncée du hangar, sur 2000m2 ouverts au public pendant 5 mois, la Réserve Malakoff devient un espace éphémère d’exposition, de création et de jeux où tout est possible.
30 INSTALLATIONS, 40 ARTISTES URBAINS… des tempéraments artistiques bien trempés s’unissent pour former qu’une seule et même œuvre gigantesque (50m de long  x 20m de large sur 1000 m2). 
Chaque artiste dispose d'un volume de 50 à 100m3 qu'il sculpte, habille, décore. De manière continue et infinie le spectateur pourra naviguer d’un univers à l’autre ressentant l'incroyable énergie de participants et performeurs en tous genres : graffeurs, breaker, open mic, dj’s, concert, table ronde, maker, block party... y en aura pour tous les goûts ! 
Savant mix entre friche industrielle, street-art et guinguette - La Réserve Malakoff deviendra sans doute un haut lieu de l’underground francilien... Sans oublier le parcours urbain d’une trentaine de spots qui accompagnera cette aventure et qui s’étoffera au fil des années aux quatre coins de la ville Malakoff !

ARTISTES PARTICIPANTS :
Shaka, Mosko, Jana & Js, Jerôme Mesnager, Mr. Lolo, Seize Happywallmaker, No rules corp, FKDL, JBC, 36.15, ANIS, Beplus, Snez, Swar, Collectif ONOFF (Kanos, Limo, Olson), Vinie, Anti, Iza Zaro, Mademoiselle Maurice, Nosbé, Yann Muller, Corona, Pablo Lloveras, Mart-Aire, Bault, Popay, Tétar, le collectif 2AC (Djalouz, Pesca, Caligr, Doudou style, Alex Photograph), Levalet, Philippe Hérard, Les frères Coulures (Odeg, Rooble), Dem Dillon, KATRE & Seth-One, M. Chat, 9e Concept… 

LA RESERVE MALAKOFF : 7 rue Paul Bert 92240 Malakoff 
OUVERTURE AU PUBLIC du 1er JUIN au 31 OCTOBRE 2016 

 © ANIS

Comment as-tu découvert le street-art et quand t’es-tu lancé ?

J'ai découvert le graffiti quand je faisais du roller. 
J'allais dans un magasin et il y avait des graffeurs du 92 qui s'appelaient les AJT, qui rapportaient leurs photos. C'est ce qui m'a donné envie de graffer… 
Le skateshop vendait des bombes, j'en ai acheté et je me suis  alors lancé, tout seul. 


© ANIS

Tes premières fresques…

En '99, j'ai rapidement arrêté le roller pour me consacrer au graffiti. Au début c'était que de la rue et du chemin de fer. Ensuite nous avons cherchés des endroits un peu cachés, pour faire des fresques plus élaborées. 
J'avais compris qu'il y avait des grands terrains vagues où l'on pouvait se poser toute l'après midi et faire des fresques. 



© ANIS

Peux-tu décrire ton style…?

Mon style est axé sur le végétal (les fleurs, lés éléments...).
J'aime également peindre des personnages assez naïfs. Je crée des amoureux, des petits personnages sur des balançoires… dans un environnement toujours très végétal.
Il s'agit de personnages de vie : des petites filles, des femmes, des femmes enceintes… des hommes qui dansent, qui trinquent, qui se parlent… 
En général je vais être sur une terrasse de café, je vais observer des personnages et je vais le croquer de manière très naïve. 
Pour résumer, mon univers artistique est vivant, poétique, fantastique… un univers simplement joyeux !

© ANIS - Printemps

© ANIS - Printemps toile

Quel rapport établis-tu entre la création dans la rue et en atelier ?

La rue et l'atelier/la toile se renvoient l'un à l'autre, se correspondent. Les supports se parlent.
Des éléments présents sur toile, se retrouvent sur fresques de rue et ce qui naît dans la rue se retrouve sur toile… 
La différence réside essentiellement dans le temps de création : à l'atelier je travaille sur un temps long, ce qui n'est pas le cas dans la rue. 

© ANIS 


Prépares-tu ce que tu vas peindre dans la rue ou dans les friches industrielles ?

Il m'arrive d'avoir l'idée que je croque parfois sur un coin de papier à l'avance… mais il m'arrive souvent d'oublier le papier ou de ne pas avoir d'idée.
La même production peut se répéter plusieurs fois dans le temps : il s'agit de reprises de peintures déjà faites sur toile ou sur mur, que je vais agrémenter, améliorer…
Par exemple en ce moment je peins beaucoup d'arbres et j'ai déjà fait 3-4 arbres avec une petite fille sur balançoire. C'est une série de la même production, mais que je vais placer différemment sur chaque réalisation.
J'en ai fait tout seul, j'en ai aussi créé un avec Mosko (nous avons rajouté des panthères…), avec Jérôme Mesnager (son personnage s'est substitué à la petite fille  qui a disparu)...

INTERVIEW DE MOSKO SUR ARTIST'UP

Pourquoi la nature ? Est-ce un sujet qui te touche ou son esthétique ?

J'aime l'esthétique. J'adore l'art nouveau, toutes les volutes qui tournent sur elles-mêmes. 
Les pochettes de vinyls des années '70 qui ont des pétales de fleurs dan les lettres etc. attirent aussi mon attention.
J'adore toutes ces mouvances, que je réadapte avec des lettres graffiti. 

Comment créés-tu un ensemble cohérent entre les personnages, les éléments naturels et le lettrage ?

Je joins tout ensemble car je pense que tout est un ensemble vivant. 
Par exemple on peut voir un couple qui s'embrasse au pied d'un immeuble avec un arbre devant, une porte cochère … à un moment donné tout va correspondre d'une manière très esthétique et harmonieuse. 
Dans mes tableaux j'essaie de faire en sorte qu'une lettre parle au personnage, passe par lui, forme de nouveaux yeux, une nouvelle bouche… et que tout fasse une ensemble communiquant. 

© ANIS 


Tes voyages ont-t-ils influencés ton style et tous ces mélanges ?

J'ai fait 2 voyages, respectivement de 4 et de 5 mois à deux ans d'intervalle, en Amérique du Sud. 
Là bas ils peignent beaucoup de motifs nouveaux, ils se prennent moins la tête, les fresques sont beaucoup plus extravagantes.
Ca m'a donné ce côté fantaisiste que je n'osais pas exprimer en France. Maintenant je peins aussi en couleurs pastels qui viennent de là-bas. 
 

Au niveau des techniques et des supports ?

Sur mur que ce soit en friche ou dans la rue j'utilise toujours l'acrylique en rouleau parce que c'est pas cher, qu'on en trouve tout le temps et qu'on peut faire de grands formats très facilement. J'aime bien peindre sur des toiles ou sur du bois. 
Mais dans une friche industrielle on peut trouver tout type de support : un mur en brique, un mur décrépi avec du lierre devant du métal…
Là c'est intéressant d'incorporer la peinture graffiti aux différents supports, qu'elle s'intègre à l'environnement comme si elle était là avant qu'on arrive. En ce cas je vais me servir de différents supports. 
 

© ANIS


Quand tu es dans une friche, est-ce que tu vas essayer de recréer l'existant ou vas-tu peindre en t'appuyant sur tes propres idées ?

En effet, je ne re-créé pas, je continue.
Par exemple si une branche de lierre dépasse, je vais la continuer avec ma peinture jusqu'à son incorporation intégrale. 
En friche industrielleIle il s'agit vraiment de l'incorporation au décor, à la surface, à la pièce sur laquelle je peins.

 © ANIS

As-tu pris des cours ?

J'ai toujours eu beaucoup d'imagination et j'avais dessiné étant petit. Je n'ai plus dessiné pendant mon adolescence de 14 à 18 ans. Puis, pendant 3 ans j'ai pris des cours avec une dame des Beaux-arts de Paris à la retraite.
Mon dessin est alors revenu d'un coup… je n'avais pas perdu mon dessin, je m'étais perdu !

Les terrains vierges… sur quels lieux abandonnés, terrains, as-tu fait tes armes ?

Nous avons commencé à faire de grandes fresques à Guyancourt, sur le terrain appelé Boulevard. Puis, on a trouvé un terrain vierge à Meudon. C'est là que nous avons fait les premières productions qui soit clashaient, soit s'incorporaient au terrain vague. 

Tu dis "ON", c'était avec le LF crew ?

Oui, c'était avec le LF crew (La Firme) qu'on a formé en 2003 et dont j'étais à l'origine de la création.
On s'est rencontrés sur le terrain de Guyancourt dans les Yvelines. On continue à faire énormément de friches industrielles, de peindre tous les week-ends en dehors de Paris… 


© ANIS et BEPLUS

Qu'est-ce qui te plait dans le fait de créer dans ces espaces ?

Dans ces espaces, on est apaisé intérieurement, on se sent hors du monde!
Aujourd'hui la société va très vite, nos cadres de vie sont normés. Dans les friches industrielles le temps a passé, c'est comme des strates de la société hors du temps. C'est comme si tu étais seul au monde, pouvant t'exprimer comme tu veux. 
C'est aussi de très grandes surfaces pour faire les photos.

Au-delà de l'espace - l'univers un peu apocalyptique donne beaucoup de charme à la photo avec souvent de grandes voutes en métal… des verrières etc. On va trouver toutes sortes de murs (mur décrépi, les plantes où tu vas pouvoir t'incorporer… des murs aux couleurs incroyables vielles de 40 ans).
Il existe mille possibilités pour s'exprimer et c'est très agréable. C'est très motivant pour l'imagination et l'expression artistique.
 

© ANIS


Les terrains sont voués à être détruits, rasés… à disparaitre : comment perçois-tu cet aspect éphémère pendant ton processus créatif ?

L'aspect éphémère fait partie de la création. L'obsolescence de la friche industrielle ne nous gène vraiment. De notre création il nous reste une photo... d'où l'importance d'avoir un cadre unique pour réaliser une très belle photo.

© ANIS


Est-ce que ce côté éphémère t'a donné justement envie de peindre sur toile ?

Je aiguisé les pinceaux pour pouvoir conserver les pièces. 
Tout s'effaçait, tout partait et la toile était un moyen de garder mes pièces, de pouvoir les offrir… puis des gens ont commencé à me demander des tableaux. 
J'ai d'abord commencé par la bombe, mais je suis rapidement passé aux pinceaux. Le changement detechnique n'est pas si important entre les 2. 
Petit à petit et à force de faire les tableaux, j'avais eu envie de les exposer et après on a fait les 1ères expositions à la Galerie Ligne 13. Les tableaux se sont bien vendus et on a continué.
J'ai fait d'autres expositions dans le Marais chez Oblique Galerie, etc.
Aujourd'hui je conjugue friche, mur, rue et atelier, avec des collaborations qui  sont aussi une source d'inspiration en soi. C'est aussi ça l'art de rue : c'est un art de collaboration !

 
© ANIS


Comment as-tu rencontré les artistes avec qui tu as collaboré ? 

On s'est rencontrés en 2010, à la galerie ligne 13 à l'occasion du salon "Street-art Paris". Notre 1ere collaboration s'est organisée autour de la création du carton d'invitation. 
D'une part je me suis très bien entendu avec Mosko parce que lui peint des animaux et moi des fleurs et de la végétation.
D'autre part Jérome Mesnager avait inventé son personnage en janvier '83 - mon année de naissance, cela a créé une petite histoire rigolote. 
Nous avons continué nos collaborations.
J'ai aussi déjà collaboré avec Nosbé, et il y'a aussi Chrixcel qui prend des photos… 
 


Mosko et Anis - Paris 20e par Laurence Laux

Autres artistes avec qui tu aimerais collaborer ou qui t'inspirent ?

En graffiti il y a un artiste que j'aime beaucoup c'est MIST. Son travail est vraiment superbe. 


De quelle manière ton style a-t-il évolué depuis tes débuts ?

Au début je faisais beaucoup de 3D organique, je m'appliquais à faire des choses très propres. Une fois que j'ai maîtrisé la technique, je me suis libéré de la technique - devenant plus libre, plus intuitif dans ma peinture.
Je suis venu au trait plus brut, mais toujours dans un univers végétal. 

 
© ANIS


Tu peux nous en dire quelques mots sur ton expérience, lorsque tu as peint sur les trains ?

Je n'ai pas peint beaucoup de trains, une 30-ne dans de différents pays : république Tchèque, Roumanie, France, Belgique, Hollande…
C'était une sorte de un trip de collection et d'adrénaline : les trains changent de couleur selon chaque pays, en France ce sont le modèles qui différent. 
 

Avec LF, comment effectuez-vous le repérage des lieux, avant d'y aller ?

Il s'agit d'un repérage virtuel et réel à la fois.
Soit en cherchant sur les sites de la CGT, en s'appuyant sur la dernière manifestation, soit grâce aux alertes google sur les fermetures de friches industrielles. 
En allant voire une friche, on en repère souvent  d'autres sur le chemin.

Vous prenez votre temps pour peindre dans une friche ?

Les peintures sont assez rapides. 
Trouver une friche peut prendre du temps. Comme on a fait de la route, il peut nous rester 3 heures avant la tombée de la nuit. Il faut donc peindre rapidement pour réussir à prendre notre photo unique dans cet univers unique.

Comment faites-vous pour composer à plusieurs ?

Soit on parle de l'idée dans la voiture, soit en arrivant sur place - un d'entre nous a une idée et on se greffe tous sur ce thème.

 
© ANIS


Qu'est ce le fait de faire partie du crew t'a apporté en tant qu'artiste ?

C'est un peu comme une famille, on est tous soudés. On se raconte tout et on se  comprend : c'est notre manière de respirer en allant dans des endroits comme ça.

 

© ANIS 


As-tu des artistes/univers d'artistes - hors du dessin qui t'inspire ?

Quand je vois les films de Jean Genet par exemple. Il met des filtres de couleur, des personnages associés au son ou à la lumière... Cela donne un côté assez fantasque et poétique qui m'inspire beaucoup.



© ANIS

La scène street-art. Comment vis-tu en tant qu'artiste ses mutations, ses évolutions ?

Le phénomène s'est amplifié. Le street-art s'est institutionnalisé via notamment de nombreuses expositions dans des fondations et musées (Cartier, Grand Palais, les ventes aux enchères @ Artcurial… la Tour 13).
C'est aussi très accessible et populaire parce que c'est très figuratif. 
Les gens en ont peut être marre de l'art abstrait. Revenir à des choses figuratives, qu'elles soient joyeuses ou tristes, ça leur parle !
Je pense que c'est une bonne chose que l'on sorte de la peinture abstraite, que ce soit moins élitiste.
On revient à des fondamentaux, à la peinture figurative de l'avant guerre - qui puisse parler au plus grand nombre.
 

© ANIS


Les street-artistes ont-t-ils un message à faire passer au public ?

Oui, il y'a un message d'ouverture vers l'art et de partage!
Quand je fais une peinture de rue, c'est un message de gratuité, de retour aux fondamentaux de solidarité et de partage.
Il y'a une volonté d'échange de la part de personnes que je ne connais pas. 


© ANIS 
 

As-tu des projets ?

Je sors de 5 mois d'expos : au BHV, à Confluence (rétrospective les 10 ans de LF et de nos réalisations dans les friches industrielles avec la sortie du livre), ligne 13, 2x le salon du Carrousel du Louvre, ArtCité à Fontenay-sous-Bois… etc.

Comment aimerais-tu être dans 5 ans ou dans 10 ans ?

La vie telle que je l'ai là, j'en suis content. Rires...

© ANIS

 

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    (hôte)
    • 2016-04-11 08:53:26
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  • Tags - #paris #dessin #graffiti #peinture #atelier #nature #POETIQUE #fantastique #crew #Mosko et associés #metro #SNEZ #terrains vierges #LF #street-art #Anis #végétal #vivant
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