A découvrir «LE TOUR DE VALSE» : BD-concert, à l'appui d'un récit exceptionnel...

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Le Geste, oui le Geste, voilà ce qui concrétise le début de toute aventure artistique longtemps rêvée. Pour un auteur, un dessinateur, un sculpteur, un peintre, un compositeur, un acteur, un comédien, un musicien, le Geste est l’action à partir de laquelle tout prend forme souvent après de longs mois de Gestation. D’une page blanche, d’un silence, d’un espace inhabité, la nature du Geste donne une couleur, une forme singulière à l’œuvre. Une infinité de gestes pour créer une bande dessinée, une infinité de gestes pour écrire une histoire, une infinité de gestes qui construisent l’Histoire. Musicien passionné de géopolitique contemporaine, j’avais un rêve, réunir autour d’un spectacle, la BD, la musique, l’image et le son. J’ai décidé d’orienter mes recherches autour de l’après-guerre. La découverte de LE TOUR DE VALSE a comblé toutes mes espérances. L’URSS, le goulag, la cruauté, la manipulation, l’amour, la compassion... autant de thèmes que Denis Lapière et Ruben Pellejero nous dévoilent d’un Geste très émouvant.

Tony Canton. 

 

--- Propos recueillis de Tony Canton, Jean-Pierre Caporossi et Jean Sébastien Esnault

  

Tony Canton et Jean-Pierre Caporossi, quels ont été vos parcours artistiques respectifs ? 

Tony Canton : après une quinzaines d'années d'études classiques au conservatoire de Lyon, je m'oriente rapidement vers les musiques dites actuelles, chanson, jazz, musiques traditionnelles, du monde...

Jean-Pierre Caporossi : J'ai débuté par le piano classique, puis des études de jazz au conservatoire de Lyon.  Ma pratique s'est orientée vers les musiques actuelles et les projets mêlant plusieurs esthétiques.

Tony & Jean-Pierre  : Ce qui ressort de nos parcours respectifs, c’est un aspect un peut « tout terrain », pluri-instrumental, avec la capacité de travailler au service de projets très diversifiés et, surtout, la recherche perpétuelle de l’exigence artistique. Elle est le seul préalable à un processus et projet de création artistique qui puisse tout à la fois faire sens et in fine rencontrer son public.

 Tony Canton © JCB Subjectif

Jean-Pierre Caporossi © JCB Subjectif

Hybride et inclassable dans sa forme, comment le BD-concert est-t-il né ?

Tony Canton : De nombreux musiciens autour de moi jouaient des ciné-concerts. Ce travail de musique à l’image m'attirait, mais j'aspirais à un concept plus original. C'est pourquoi je me suis orienté vers la bande dessinée pour créer un Bd-concert.

Ensuite, ma sensibilité pour la littérature BD, pour l’histoire contemporaine et mon travail de recherche d’œuvres m’ont orientés vers différents albums de renom. On a travaillé avec les éditeurs, les auteurs et dessinateurs afin d’étudier les possibilités, les aspects afférant à la production aussi et le Tour de Valse est arrivé parmi une sélection restreinte en tête de gondole avec l’accord des Editions Dupuis.

Le travail pouvait commencer avec l’objectif de donner à la musique performée en duo quelque chose d’orchestral, de monumental, de très élaboré. Steve Reich dans la tête d’un côté, Wagner et son leitmotiv de l’autre et j’en passe, on commence à réfléchir. Puis d’autres phases bien connues de tout artiste en création. 
Avaler, disséquer, digérer, la BD notamment. La rendre vivante en vidéo. Imaginer, concevoir, expérimenter des thèmes musicaux. Les jouer, les essayer, en mettre à la corbeille et puis après de longues heures, enfin, fixer sur le papier et dans la tête une heure et quatorze minutes ou presque de musique, d’environnement sonore et de respirations. 

Désireux de donner à ce BD Concert la forme d’un spectacle total, est venu ensuite le temps de la recherche scénographique, de la mise en espace et en lumières. Et voilà, au final c’est presque une dizaine de corps de métiers réunis où sont réunis deux artistes sur scène.


Qu'est-ce qui vous a plu/motivé dans l'idée de croiser plusieurs médias ?

Tony Canton : D’abord, il faut le dire ! Nous n’avons pas du tout d’approche qui relèverait du challenge technique ou de la performance pas plus que d’être précurseur du genre bien que le format commence semble t’il – et tant mieux – à faire des petits… 

Nous sommes plutôt de l’école de pensée qui consiste à concevoir que notre musique doit faire sens avec le propos/texte du spectacle, en veillant à ce que ni l’un ni l’autre ne domine l’autre. Aussi le choix du BD Concert fait sens partant d’une intention artistique et pas d’une volonté de mélanger X avec Y ou avec Z. 

Evidemment, une fois le processus engagé, vient le temps de l’enchantement de ce qui peut se passer grâce aux éléments que nous avons choisis de mettre en présence : des images – que dis-je des images fixes ! - et de la musique, le tout dans un rapport étroit, soigné, précis. Mais la liberté que ce choix permet est au moins aussi importante que les contraintes qu’elle induit !

En tout cas, ce type de travail nous a fortement stimulé pour développer de nouvelles formes, trouver plusieurs types de rapports à l'image et de ce fait enrichir notre pratique artistique.

Tour de valse © Avec l'aimable autorisation des Editions Dupuis 

Tour de valse © Avec l'aimable autorisation des Editions Dupuis 

Qu'est ce qui vous a captivé dans cette BD - "LE TOUR DE VALSE" (dessins et scénario réalisés par Ruben Pellejero et Denis Lapière) ?

Tony Canton : En théâtre, on dit souvent qu’à l’origine du spectacle et de la mise en scène, il y a un texte. Le verbe. Je crois que le BD Concert « Le Tour de Valse » relève un peu de cette idée. L’album est un chef d’œuvre du 9ème Art, reconnu par ses pairs et par les amateurs de la bulle, édité dans une collection exigeante, restreinte en termes de diffusion. Issu du fruit de la collaboration de deux monstres de la Bande Dessinée, l’album révèle intrinsèquement une force rare, une charge émotionnelle exceptionnelle dans le texte et un coup de crayon qui peut-être difficilement plus juste en référence au texte et à la thématique : une histoire d’amour certes, mais sur fond de goulag de déportation, d’arrestation arbitraire et in fine, le dessin d’un pan entier de notre histoire contemporaine. 

Et puis il y a ce combat, cette épopée, cette folie peut-être si l’on voulait translater cette histoire dans notre époque d’aujourd’hui de cette femme qui par amour affronte des épreuves dans un climat de dictature stalinienne pour retrouver son mari au fin fond de la Sibérie. 

A chaque représentation, de nouvelles lectures, questions auxquelles nous n’avions ni pensé ni réfléchi émanent des spectateurs. Et ça, c’est un bon signe. Le signe que ce spectacle - comme à mon sens tout bon spectacle qui se respecte peut – laisse à chacun la possibilité d’être lu, regardé, écouté, réfléchi, pensé, ressenti, interprété à travers différents filtres, y compris ceux qui ne sont pas pré mâchés par les concepteurs. C’est sans doute même d’ailleurs sain, surtout en ces périodes troubles...

 


Le projet BD Concert est un montage vidéo de la bande dessinée en intégralité, accompagnée en direct par 2 musiciens. Comment cette Bande Dessinée et notamment son intrigue, ont-t-elles influencées votre exploration créative ?

Tony Canton : Notre travail de digestion de la BD nous a permis de travailler la composition en ayant les scènes de la BD en tête. Ce qui importait surtout, c’était la couleur, les orchestrations qui nous semblaient pertinentes, celles de grands compositeurs russes du XXème siècle notamment, avec le souci d'y apporter notre touche personnelle aider par les outils d'aujourd'hui, sampler, synthétiser, sons electro... 

Une fois de plus, le travail a été grandement facilité par la façon dont l’album est construit, élaboré. Foule de détails ne nous viennent pas à l’esprit à la première lecture, en lecteur lambda. Mais plusieurs lectures sélectives permettent de voir comment le dessinateur s’est joué des couleurs – le bleu, le orange, le grand blanc dans le Tour de Valse - comment certaines idées reviennent de façon incessante « la feuille morte » par exemple, comment il a utilisé les aspects purement image voire cinématographique de plongée / contreplongée, champs / hors champs, plan large / focus, et j'en passe… Tous ces éléments qui constituent les véritables motifs qui permettent de donner du liant, de la cohérence, du corps à la musique et au spectacle.
 

Tour de valse © Avec l'aimable autorisation des Editions Dupuis 

Tour de valse © Avec l'aimable autorisation des Editions Dupuis 


Les compositions et les improvisations qui accompagnent la vidéo, sont marquées par l'empreinte de la musique russe du XXe siècle, mais également par la technique du « leitmotiv » . 

Comment s'est construit votre processus de travail : de votre recherche, en passant par vos sources d'inspirations, pour arriver au résultat final ?

Tony Canton : La création d'un montage vidéo est un préalable. Puis la composition de courtes ambiances musicales associées aux différentes scènes du scénario. Puis le développement des idées musicales et le rapport à l'image pour finaliser le tout. Cela résume assez bien les différentes phases de près de 2 ans de travail. 


Tour de valse © JCB Subjectif

Pourquoi avez-vous choisis d'utiliser la musique répétitive contemporaine ? Que permet-t-elle de souligner ?

Tony Canton : Cette technique par le biais du tuilage des parties musicales permet à la musique d'acquérir  une dimension plus orchestrale (bouclage) à l'image de grandes symphonies russes.

 

Vous avez réussi le pari d'un projet artistique interdisciplinaire, permettant au spectateur de profiter du spectacle entre lecture, projection et écoute. Quel est votre secret ?

Tony Canton : Il n'y a pas de secret. C'est une quête  permanente d'équilibre et surtout de sens entre une histoire et un discours musicale. Et évidemment, le travail, la capacité à prendre de la distance avec son travail. 

 


Tour de valse © JCB Subjectif 

Quel ressenti/sensation/message souhaitez-vous transmettre au public ?

Tony Canton : Ce qui nous tient à cœur en premier lieu, c’est d’aborder un pan méconnu de l'histoire contemporaine, nous en tant qu’artistes et hommes. Bien évidemment, chaque spectateur à travers son parcours personnel peut être ému et touché par telle ou telle autre scène. Ces émotions lui appartiennent. 

Il semble cependant qu’il soit difficile - prenant appui sur les précédentes représentations - de sortir du spectacle de façon indifférente voire indemne… Ce n’est pas un but en soi mais la richesse des thèmes abordés, leur entrelacement et leur résolution cohérente permet sans doute au plus grand nombre – en plus de la surprise régulière de découvrir un nouveau format de spectacle « Le BD Concert » - de ramener à la maison un brin d’émotions, une pointe de romantisme, de mélancolie peut-être, de révolte ou d’effarement, de soif d’en savoir plus peut-être… 

 


Tour de Valse © Athos Productions

De nombreuses dates sont à venir dans toute la France. D'autres temps forts sont-t-ils prévus (sortie d'un DVD, ou autre... ) ? 

Tony Canton : La précision du spectacle et son degré d’exigence dans l’interprétation nous obligent à considérer chaque représentation comme un temps fort, et c’est tant mieux eu égard aux spectateurs qui viennent voir le spectacle. D’autres actions culturelles tout aussi importantes de sensibilisation à la dialectique musique / image ont lieu autour du spectacle – tellement omniprésent dans nos sociétés qu’on oublie parfois et de les dissocier et d’en penser le rapport ! - notamment en lycées, écoles de musiques, centre de détentions,… C’est là quelque chose qui nous paraît fondamental dans le projet culturel qui doit inonder nos générations. 

Sur les grandes perspectives toutefois, un projet d'enregistrement des musiques du spectacle est en cours pour un disque qui sortira aussi rapidement que possible… ! Puis, dans la continuité de notre belle saison 2014/2015, nous serons cet été au Off d'Avignon pendant 21 jours de suite non stop. Ce sera l'occasion d'une belle aventure humaine, professionnelle et nous en sommes convaincus de rencontre avec le public. 

 

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! PROCHAINES DATES !

10/02/2015 - Espace Athic – OBERNAI (67)
27/02/2015 - Service Culturel – ST ETIENNE DE ST GEOIRS (38)
03/03/2015 - Théâtre de la Maison du Peuple – MILLAU (12)
03/03/2015 - MJC – RODEZ (12)
06/03/2015 - Centre Culturel de Ramonville – RAMONVILLE (31)
13/03/2015 - Théâtre le Comoedia – AUBAGNE (13)
14/03/2015 - Service Culturel – LAMBESC (13)
19/03/2015 - Service Culturel – DIGNES LES BAINS (04)
27/03/2015 - Office Culturel du Pays de Mauron – MAURON (56)
28/03/2015 - Le Sémaphore – TREBEURDEN (22)
31/03/2015 - Centre Culturel – VAL DE REUIL (27)
02/04/2015 - L’Eclat – PONT-AUDEMER (27)
03/04/2015 - Jardin de Verre – CHOLET (49)
10/04/2015 - Foyer de la Culture – DANNEMARIE (68)
11/04/2015 - Espace Rhenan – KEMBS (68)
14/04/2015 - La Grange – RIEDISHEIM (68)
16/04/2015 - Relais Culturel – THANN (68)
17/04/2015 - Le Cercle – BISCHHEIM (67)
18/04/2015 - Le Cheval Blanc – SCHILTIGEIM (67)
24/04/2015 - 25/04/2015 - Relais Culturel – HAGUENAU (67)
28/04/2015 - La Cité de la Musique – ROMANS (26)
29/04/2015 - Théâtre du Parc – ANDREZIEUX BOUTHEON (42)
05/05/2015 - L’Opsis – ROCHE LA MOLIERE (42)
20/05/2015 - CHAMBLY (60)
22/05/2015 - Centre Socioculturel – Roye (60)
22/05/2015 - PERONNE (80)

  • Artist UP
    (hôte)
    • 2015-02-12 17:47:21
    • 1 882 vues
  • Tags - #contemporain #Concert #musique #video #piano #violon #bd #prod #Spectacle #histoire #bande dessinée #vivant #TONY CANTON #Jean Pierre CAPOROSSI #Athos #editions #Dupuis
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