JBC : un héritier de la "culture pop", entre réalisme et exotisme!

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JBC est un artiste urbain. Il a décidé de se consacrer à sa pratique artistique depuis 2008 et c'est en 2009 qu'il est descendu pour la première fois dans la rue. Depuis 2013, il vit à Montreuil et dispose d'un atelier.
Son "style graphique est un héritier direct du Pop Art et de la bande dessinée, en un mot de la culture "pop"". A cela, il applique le "style JBC", "fait de contours d'aplats et de trames à petits points" mais également teinté d'exotisme, fruit de ses nombreux voyages, particulièrement en Amérique Latine.
A travers "son fourre tout iconographique" et ses multiples médiums, JBC présente sa vison du monde et de ses problématiques car pour lui "l'art urbain rime avec engagement par sa nature même".



Alice, c'est une exposition d'art urbain qui aura lieu du 14 octobre au 30 novembre 2016 à la galerie Made in Montreuil
Trois artistes issus de la scène street art, Gilbert Mazout, JBC et Olivia de Bona (INTERVIEW SUR ARTIST UP), explorent la puissance imaginaire de l'oeuvre de Lewis Caroll. Autour des diverses personnalités et allégories d’Alice, chacun des 3 artistes propose des images reflétant ses propres obsessions, sa propre interprétation du monde des « merveilles ».
LA RESERVE MALAKOFF PRESENTE… LE GRAND 8 DE L’ART URBAIN 
UN LIEU EPHEMERE  & UN PARCOURS URBAIN




Le Grand 8, une structure monumentale la Réserve vous invite à un voyage sensoriel au cœur d’une installation collective !
Avant la destruction annoncée du hangar, sur 2000m2 ouverts au public pendant 5 mois, la Réserve Malakoff devient un espace éphémère d’exposition, de création et de jeux où tout est possible.
30 INSTALLATIONS, 40 ARTISTES URBAINS… des tempéraments artistiques bien trempés s’unissent pour former qu’une seule et même œuvre gigantesque (50m de long  x 20m de large sur 1000 m2). 
Chaque artiste dispose d'un volume de 50 à 100m3 qu'il sculpte, habille, décore. De manière continue et infinie le spectateur pourra naviguer d’un univers à l’autre ressentant l'incroyable énergie de participants et performeurs en tous genres : graffeurs, breaker, open mic, dj’s, concert, table ronde, maker, block party... y en aura pour tous les goûts ! 
Savant mix entre friche industrielle, street-art et guinguette - La Réserve Malakoff deviendra sans doute un haut lieu de l’underground francilien... Sans oublier le parcours urbain d’une trentaine de spots qui accompagnera cette aventure et qui s’étoffera au fil des années aux quatre coins de la ville Malakoff !

ARTISTES PARTICIPANTS :
Shaka, Mosko, Jana & Js, Jerôme Mesnager, Mr. Lolo, Seize Happywallmaker, No rules corp, FKDL, JBC, 36.15, ANIS, Beplus, Snez, Swar, Collectif ONOFF (Kanos, Limo, Olson), Vinie, Anti, Iza Zaro, Mademoiselle Maurice, Nosbé, Yann Muller, Corona, Pablo Lloveras, Mart-Aire, Bault, Popay, Tétar, le collectif 2AC (Djalouz, Pesca, Caligr, Doudou style, Alex Photograph), Levalet, Philippe Hérard, Les Frères Coulures (Odeg, Rooble), Dem Dillon, KATRE & Seth-One, M. Chat, 9e Concept… 


LA RESERVE MALAKOFF : 7 rue Paul Bert 92240 Malakoff 

OUVERTURE AU PUBLIC du 1er JUIN au 30 OCTOBRE 2016 


© JBC


Comment s’est construit votre parcours et comment s’est opérée votre entrée dans le monde de l’art ?
Comment avez-vous été amené à vous exprimer dans la rue ?
Ma pratique artistique remonte à mon enfance. À l'adolescence, je souhaitais débuter des études d'art mais le destin en a voulu autrement. De 18 à 28 ans, j'ai suivi de longues études en droit et sciences politiques, exercé mes premiers emplois. Pendant cette période, la peinture était alors reléguée au rang de hobby.
Ce n'est qu'en 2008 que j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes et me dédier à la création à plein temps. Si c'était à refaire, je ne le referais pas une, mais mille fois.
La « descente » dans la rue s'est produite pour la première fois en 2009, dans le nord-est parisien. C'était une démarche spontanée, viscérale et militante, graphiquement sommaire, mais qui posait les jalons de ce qui allait être ma démarche artistique.

 
© JBC - Déco de bar


Pouvez-vous nous décrire votre univers artistique ?
Mon univers artistique est une sorte de fourre-tout iconographique teinté de réalisme magique (au sens Garcia Marquez du terme).


© JBC - Changueta Septembre 2013


Quel est votre style graphique ?
Mon style graphique est un héritier direct du Pop Art et de la bande dessinée, en un mot de la culture « pop ». Je pars toujours d'images issues d'internet ou de mon propre répertoire. J'aime les images insolites et j'essaie de trouver des associations sémantiques entre elles. J'y applique ensuite le « style JBC », fait de contours, d'aplats et de trames à petits points. J'aime le décalage entre ce style graphique propre (proche de la ligne claire en bande dessinée) et la dimension intrinsèquement « sale » de certaines images proposées.
 

© JBC - Opéra Garnier Février 2013


Sur quels types de supports travaillez-vous... quels médias utilisez-vous ?
Je travaille toujours à partir d'un fichier photoshop en haute définition. Il m'arrive de peindre mes formes entièrement à l'aquarelle ou à la bombe aérosol, mais ce que je préfère, c'est imprimer en noir et blanc en grande taille, puis repeindre par dessus, soit par couches opaques, soit par lavis. Puis j'applique le motif à une grande variété de supports : toile (de moins en moins), plaque en bois découpées à la forme de mes personnages, objets divers, murs, mobilier urbain.


© JBC - Piano Maya Aout 2013


Comment choisissez-vous vos lieux de création ?
J'essaie autant que possible d'avoir des créations reliées aux endroits sur lesquelles elles sont « posées ». Par exemple parler de « fric » sur les Champs Elysées, ou de tissus et de belle époque dans la rue du Temple. D'autre critères entrent en jeu, comme la visibilité. En effet une œuvre d'art urbain, comme n'importe quelle autre œuvre d'art, ne vit que par le regard des autres. Choisir un endroit isolé n'aurait aucun sens.



© JBC - Goldman Sucks Septembre 2012


Vous avez beaucoup voyagé en Amérique latine... Votre style a-t-il évolué/ a-t-il été influencé par ces découvertes et/ou rencontres à l’occasion de ces multiples voyages ?
Mes voyages en Amérique du Sud ont été, sont et seront toujours une source d'inspiration fondamentale. C'est avant tout une affaire de couleurs. Les tropiques offrent au voyageur de nouvelles possibilités colorimétriques, des crépuscules où les végétaux, les hommes, les vêtements, les tôles ondulées semblent s'embraser sous l'impact des rayons du soleil finissant. Le ciel y est mouvant, je n'y ai jamais vu de chape plomb grise comme celle que nous subissons lors de nos mois d'hiver.
L'Amérique Latine, c'est aussi une empreinte culturelle, une pratique humaine où le magique affleure, où la pensée médiévale côtoie les smartphones. C'est le réalisme magique dans son meilleur (joie de vivre, sensualité) et dans son pire (inégalités, violence). C'est extrêmement stimulant pour l'imaginaire et la création.


© JBC - Savage garden Mai 2014


Avez-vous eu l’occasion de créer directement dans ces pays ?
En 2004 suite à un stage dans une mairie d'une grande ville d'Équateur, j'ai décidé d'aller en Colombie en empruntant les transports en commun terrestres. J'ai acheté peu avant mon départ un pinceau, des tubes d'aquarelle et un carnet. Puis pendant 3 semaines, au gré de mes pérégrinations, j'ai créé de toutes pièces un petit carnet de voyage, sur le trottoir, à la merci des commentaires des uns et des autres. C'était ma première expérience d'art en public, fondamentale pour la suite de mon parcours.
En 2012, j'ai réalisé un grand collage à Barranquilla, Colombie, en hommage à un personnage emblématique de ce pays, Camilo Torres (curé, universitaire, puis à la fin de sa vie guérillero). Les gens du quartier dans lequel l'oeuvre a été collée m'ont apporté leur soutien moral et logistique très appréciable. Un grand moment dans ma vie.



© JBC - Bazaar latino rue stick 5 avec No Rules Corp et Suriani 2013


La culture de l’Amérique latine est-elle votre plus grande source d’inspiration ?
La plus grande, mais pas l'exclusive. En ce moment je m'intéresse beaucoup, époque oblige, au Moyen Orient (j'ai voyagé en 2007 au Yémen). Je suis d'ailleurs très chagriné de constater que cette région du monde est devenue objectivement dangereuse à parcourir. D'ailleurs mon collage sur le MUR Oberkampf du 14 février concerne cette région du globe.


JBC colle au MUR - 14 fev 15 - from Laux laurence on Vimeo.


© JBC - le MUR Oberkampf - 14 février 2015


On peut également voir diverses représentations de « divinités hindoues », la culture indienne est-elle importante pour vous ? Avez-vous déjà voyagé en Inde ?
Je n'ai jamais eu la chance de m'y rendre mais c'est une anomalie que je compte bien réparer ! Les photos suffisent à éveiller la fascination. Là encore c'est une affaire de couleurs. Il n'existe pas de retenue dans l'emploi de ces fuchsias, de ces oranges et roses si vifs. Comme en Amérique Latine, je soupçonne que ma magie s'y terre à chaque recoin. Et que dire de l'exubérance assumée de leur représentations ? Du baroque que ne dit pas son nom. Du kitsch systémique et dévorateur.


© JBC - Eve Juin 2014


Dans votre présentation on peut lire que l’on « retrouve partout (…) la notion d'icône. ». Pouvez-vous nous en dire plus ?
Les icônes sont omniprésentes dans le folklore chrétien. Je ne suis pas croyant, mais je suis malgré moi, en tant que méditerranéen, imprégné de culture catholique. Rien d'étonnant qu'en artiste « pop », j'ai vu la corrélation entre la culture religieuse populaire et la culture profane de l'icône : le joueur de football déifié, le leader charismatique sanctifié, le musicien légendaire. L'icône, c'est le cœur de la représentation des pulsions populaires, c'est la canalisation de tous les excès, c'est la transcendance des quotidiens entravés par l'oppression. L'icône permet de regarder vers le ciel.


© JBC - Hugo Chiva Juin 2013

© JBC - Vive le foot Janvier 2014


Vous réalisez également des performances. Laquelle de vos performances vous a-t-elle plus marquée & pourquoi ?
La performance qui m'a le plus marquée été celle que j'ai réalisé dans le cadre du festival rue des Arts à Aulnay-sous-Bois en 2014. J'ai eu l'idée saugrenue de représenter une immense odalisque révolutionnaire reluquée par une assemblée de maoïstes au milieu d'une cité réputée sensible de Seine-Saint-Denis. Autant le nu n'attire plus guère l'attention dans un Paris intra-muros criblé de représentations publicitaires. Dans un quartier à écrasante majorité musulmane, c'est une autre affaire ! Les habitants, des hommes désoeuvrés dans la force de l'âge pour la plupart, ont exprimé des commentaires de plus en plus sceptiques quant au choix de ce sujet – c'est un euphémisme. Je pouvais sentir la tension monter au fil des jours. Le dernier matin du festival, alors que je m'apprêtais à terminer ma fresque, « ils » avaient commis l'irréparable : un gros coup de rouleau de peinture blanche sur les fesses de la dame... Plutôt que de persister dans l'affrontement, j'ai laissé les choses telles quelles. Et c'est peut être mieux ainsi, car depuis, elle n'a plus été dégradée. Elle s'est intégrée dans la vie des habitants. Belle leçon.



 

© JBC - Festival 3 Rue des Arts - Odalisque Rouge


Votre performance aux Champs Elysées a beaucoup fait parler d’elle. Vous avez disposé des collages dans des cabines téléphoniques. Sur certains de ces collages été noté « Vive le fric ».
Pouvez-vous nous en dire plus et à qui s’adresse-t-il ?
Écrire « Vive le fric » à l'infini, c'était simplement prendre acte que nous vivons dans une société ou l'argent est devenue de manière décomplexée une valeur centrale. L'évolution des Champs Elysées en centre commercial à ciel ouvert en est un symbole fort. Toute la magie romantique du lieu a été écrasée depuis belle lurette. On ne va plus aux Champs pour voir, mais pour acheter et se faire voir. Je ne cherchais pas à changer les mentalité, je voulais juste « faire chier le monde ».


© JBC - "Vive le fric" - février 2012 - Av. des Champs Elysées - Paris


JBC emballe les Champs from OAOFB on Vimeo

 

Êtes-vous dans une démarche artistique engagée (sociale, politique, autre…) ?

Parfaitement. Pour moi l'art urbain rime avec engagement par sa nature même. A partir du moment où un art a une vocation publique, c'est tout légitimement qu'il peut investir des thématique publiques, citoyennes, voire militantes. La frontière entre l'affiche partisane et certaines formes de street art est parfois mince. Ce qui la fait relever du monde l'art de non de celui du partisan, c'est sa possibilité d'y apporter une lumière esthétique, sa possibilité de d'exister en tant que telle sans soutien organisationnel ni but précis.


© JBC - Bombing


Pensez-vous que l’art peut changer les choses ?
A l'échelle qui est la mienne, hélas non. Il faudrait fonder des « brigades artistiques » !



© JBC - Piliers de la rue St Julien, Artaq Angers 2013


Si vous n’aviez pas été artiste, qu’auriez-vous voulu faire ?
Musicien. Dans l'art dit « plastique », il me semble que les possibilités de communier avec le public sont insuffisantes. Je ne ressentirai jamais ce que ressent un musicien en concert devant des milliers de personnes, jouant le morceau le plus apprécié de son public. Ce sera toujours un regret au fond de mon cœur.
 

Avez-vous des projets ou des envies particulières pour la suite ?
Continuer à travailler...


© JBC - Derrick Expo Under The Wave


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  • Léa Rekouane
    (hôte)
    • 2016-10-12 12:13:48
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  • Tags - #art #street art #urbain #collage #illustrations #peinture #Rue #affiche #Acrylique #performance #Collages #installations #objets #aérosol #urban art #JBC #poster
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