Le coup de pixel délirant de Jérémie Périn

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Jérémie Périn est un petit génie dans le monde de l'animation, dont les diverses réalisations témoignent de sa créativité surprenante et éclectique.
Ce réalisateur et metteur en scène à notamment travaillé sur plusieurs séries d’animations et vidéo-clips dans lesquels il déploie un style graphique polymorphe et original. ''J’aime me confronter à des styles graphique différents et, pourquoi pas, opposés au mien si tant est que j'y sente une certaine vision ou une névrose marrante. C'est toujours instructif'' nous explique Jérémie... Interview !


 
© Jérémie Périn '' Richard Mafia Saoul ''


Réalisateur, metteur en scène… vous avez aussi travaillé sur diverses séries d’animation pour petits et grands. Comment votre intérêt pour le monde de l’animation est-il apparu ? 
Enfant, j'aimais dessiner. Il y a un certain plaisir autiste dans cette activité. C'est parfait pour les timides qui ont besoin d'exprimer leurs émotions en dessinant des gros types hyper musclés ou des mémés démoniaques avec des réacteurs dans le dos. Contrairement à la musique on n'ennuie personne en s'exerçant et je crois que ça faisait des vacances à mes parents. Par ailleurs j'ai toujours aimé le cinéma. J'ai pensé me lancer là dedans comme réalisateur mais j'ai vite compris qu'un parisien sur deux partageait le même désir. Alors pour augmenter mes chances j'ai décidé de fusionner mes deux intérêts en un. Le résultat, vous allez être surpris, c'est le dessin animé. 



© Jérémie Périn

© Jérémie Périn

© Jérémie Périn


Pouvez-vous nous parler de votre parcours artistique ? Où puisez-vous votre énergie créatrice ?
Mon parcours est extrêmement simple : j'ai dessiné toute ma vie sans doute pour de multiples raisons qui me sont au fond inconnues. Un mélange d'intérêts de mes parents et des autres pour moi, divers chocs visuels répétés qui m'ont profondément marqués, des influences sociales, etc... Mais quand on a dit ça on n'a pas dit grand chose.
L'énergie créatrice... C'est pareil, je ne sais pas ce que c'est sinon peut-être le sentiment que si on ne fait pas ça, alors on a plus qu'à mourrir en enfer. Enfin bref, tout ça c'était à la maison jusqu'à l'obtention d'un bac scientifique. J'ai ensuite fait les Gobelins en section animation.


Gainsbourg, Vie Héroïque de Joann Sfar - Générique 


Vous avez participé au film ''Le chat du Rabin'' et à la réalisation du générique de ''Gainsbourg, vie héroïque'', deux longs métrages du réalisateur et dessinateur Joann Sfar.
Comment cette collaboration a-t-elle vu le jour ?
Il se trouve que Joann et moi avons un très bon ami en commun. C'est par lui que je l'ai connu.
 
De quelle manière ces projets s’inscrivent-ils dans votre parcours ? 
Ils s'inscrivent essentiellement dans mon parcours de chômeur. Je cherchais du boulot pour pouvoir acheter des choses telles que le droit  de vivre dans un appartement minuscule ou manger de la nourriture. Artistiquement parlant je dirai que l'idée d'animer des personnages déstructurés et irréguliers comme les siens m'a séduit. J'aime me confronter à des styles graphique différents et, pourquoi pas, opposés au mien si tant est que j'y sente une certaine vision ou une névrose marrante. C'est toujours instructif.


''Truckers Delight'' de Flairs from 3rd Side Records on Vimeo.

© Jérémie Périn ''Truckers Delight'' de Flairs


En 2009, vous vous lancez dans l’univers de clips d’animation en réalisant ''Truckers Delight'' pour le groupe Flairs… 
Quelle est la genèse de ce projet ? 
Comment avez-vous été amené à travailler avec des artistes du secteur musical ?
Tout ça m'est tombé dessus un peu par hasard. Je ne me suis pas dit un jour "bon ok, là j'entre dans ma période clips". En vérité à cette époque je passais mes soirées et mes week end à faire des pilotes de séries télé ou de films que j'avais écrit. L'idée de faire un court métrage m'intéressait mais je ne savais pas trop comment m'y prendre. De plus j'avais le sentiment que si je voulais me faire remarquer, un court métrage ce n'était pas une si bonne idée. Avec de la chance seuls 3 nerds comme moi le verraient en festival et hop oublié.
Quoiqu'il en soit à cette époque j'avais de plus en plus d'amis dans la musique. C'est à ce moment que j'ai rencontré Lionel Rault alias Flairs. Au hasard d'une projection durant laquelle il présentait son dernier clip (''Better Than Prince'' par Jonas et François) et moi un pilote de série télé pixelisé, il m'a proposé de faire un clip dans cette esthétique pour son morceau ''Truckers Delight''. J'avais carte blanche. Tout est donc partie du titre et de l'envie de décrire en roue libre les aventures d'un personnage infecte.


''Hi Life'' de Syd Matters

© Jérémie Périn - oiseau du clip ''Hi Life'' de Syd Matters

© Jérémie Périn - Fleur du clip ''Hi Life'' de Syd Matters


En 2010, l’animation abstraite du clip ''Hi Life'' pour Syd Matters s’éloigne des pixels déjantés de Truckers Delight, laissant place à une animation minimaliste et moléculaire.

Pouvez-vous nous en dire plus sur la réalisation de ce vidéo clip ?
Quel a été l’impact de ce projet sur votre expression artistique ?
J'ai fait ce clip tout seul. Le dessinateur de bd Vince m'a filé un coup de main sur un décor pour que je termine à temps mais grosso modo j'ai tout fait tout seul. Je travaillais chez moi et à force d'être enfermé et vissé à mon bureau sans voir personne je suis devenu cinglé.
Quand j'ai terminé et que j'ai vu comme le clip fut mal diffusé par le label qui n'en avait rien à foutre et que son succès était très relatif, je me suis dit qu'au moins il fallait un minimum s'amuser en faisant un boulot d'esclave comme celui là et que je ne m'y prendrai plus jamais de cette façon.


''Fantasy'' de DyE 

 
Vous réalisez ensuite "Fantasy" pour le groupe DyE - qui nous plonge au coeur de l’univers manga…
Quelle démarche avez-vous adopté pour la réalisation de ce clip ?
Pour faire suite à ce que je disais au sujet du contexte de fabrication de Truckers Delight, après mes deux premiers clips en animation je suis revenu sur mon idée de faire un court métrage. J'avais envie de m'essayer à l'horreur. Nous avons lancé plusieurs idées en l'air avec Laurent Sarfati, scénariste avec qui je travaille depuis un moment maintenant. Et puis on a compris que jamais le cnc ou qui que ce soit n'investirait dans l'horreur animé. du coup on a laissé dormir tout ça jusqu'à ce que Juan de Guillebon alias DyE, me contacte avec un morceau à illustrer.



© Jérémie Périn ''Fantasy'' de DyE
 © Jérémie Périn ''Fantasy'' de DyE 


Pouvez-vous nous expliquer votre choix de la 2D traditionnelle ?
Quel a été votre mode opératoire ?
Pouvez-vous nous parler de votre rapport avec l’animation japonaise et vos influences ?
J'aime l'esthétique du dessin animé industriel. L'esthétique du cellulo, des personnages peints en aplats et des décors plus détaillés que le reste. Et jusque là je n'en avais pas tellement fait. Du moins pas d'une façon satisfaisante. J'avais à coeur de tenter une rupture de ton à la moitié de l'histoire à l'image de Psycho. Sachant que tout cela finirait sur youtube, qu'un clip n'a pas de bande annonce ni d'affiche pour spoiler quoi que ce soit du contenu, j'ai pensé que l'effet (bien que classique maintenant) avait toutes les chances de surprendre.

L'autre difficulté était de trouver le meilleur graphisme possible pour notre histoire en deux parties.
Il fallait qu'il s'accorde avec les deux tonalités. Un graphisme intentionnellement noir ou torturé aurait vendu la mèche de la deuxième partie. Un graphisme mignon ou naïf voir disneyen ou rigolo aurait rendu la deuxième partie cynique.
J'ai donc choisi l'approche du dessin réaliste relativement neutre. "Mangas" si vous voulez. Il est vrai que j'ai été très impressionné par la vague photo réaliste de l'animation japonaise issue de Katsuhiro Otomo et dont Mamoru Oshii a longtemps été pour moi l'utilisateur le plus intéressant. Alors je comprends bien l'emploi du terme "mangas" mais je le trouve aussi un peu générique et imprécis. On oublie que cette école de l'animation photo réaliste japonaise vient également de Metal Hurlant en général et de Moebius en particulier. Je revendique tout ça à la fois mais aussi le cinema de David Cronenberg, Lucio Fulci et John Carpenter.




Quels sont vos projets en cours ou à venir ?
Petit mots de la fin ?
Je suis en train de travailler sur Lastman, un feuilleton d'action d'après la bande dessinée de Bastien Vivès, Mikael Sanlaville et Balak. Cette fois j'ai avec moi une grosse équipe et c'est bizarre de se dire qu'ils me font confiance.


© Jérémie Périn

 
Mot de la fin ?
Anticonstitutionnellement.


 © Jérémie Périn ''Truckers Delight'' de Flairs
 

RETROUVEZ JEREMIE PERIN : 

 Lastman  - feuilleton d'action d'après la BD de Bastien Vivès

    • 2016-08-16 08:44:39
    • 1 754 vues
  • Tags - #animation #2d #horreur #dessin animé #Syd Matters #Jérémie Périn #Le chat du Rabin #Gainsbourg vie héroïque #Flairs #clip Truckers Delight #clip Hi Life #clip Fantasy #DyE
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