Plaisir coupable : "Elephant in the room" par le Cirque Le Roux

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Plongés au cœur d'un salon art déco à l'ambiance sombre et feutrée, 4 artistes talentueux, membres du Cirque Le Roux, présentent leur premier spectacle : Elephant in the Room. Ils n’ont plus à faire leurs preuves, le spectacle a séduit le public du monde entier et arrive à Bobino !
Mis en scène par l’excellente Charlotte Saliou, experte du jeu clownesque et burlesque, ce spectacle est une sorte d’ovni circassien… Elle nous confie qu’il a été très "important pour (eux) de ne pas se cantonner à une technique purement cirque". 
Soyez témoins directs d'une intrigue aussi passionnante qu'esthétique en gagnant 2 places pour Elephant in the Room à Bobino le 4 janvier 2017 ! De quoi bien commencer l'année… INTERVIEW !


►►► 2 x 2 PLACES A GAGNER ◄◄◄

Pour Elephant in the Room
du Cirque Le Roux

► Le Mercredi 4 janvier 2017 
à BOBINO (14-20 rue de la Gaité 75014 PARIS) 

Envoyez Nom + Prénom à : artistup@gmail.com
avant mercredi 28 décembre à 15H
Les gagnants seront prévenus par mail après tirage au sort. 


© Francesca Torracchi


Charlotte Saliou, comédienne de profession vous vous consacrez depuis quelques années à la recherche sur le jeu clownesque et burlesque. Vous avez mis en scène de nombreux projets cabaret, circassiens ou pièces de théâtre. Parlez-nous en quelques mots de votre parcours…
J’ai pris deux grands virages.
J’ai d'abord pratiqué le piano classique en intégrant un lycée avec des horaires aménagées. Puis, à 17 ans, une envie m'a prise de faire du chant lyrique. Je suis allée rencontrer un professeur de conservatoire, Guy Chauvet, et lui ai chanté un air. Je voulais absolument faire du chant. J’ai passé le concours d’entrée et il m’a prise dans sa classe. J’ai travaillé comme une acharnée et j’ai été prise sur des productions d’opérette et d’opéra bouffe dès l’âge de 25 ans. L’opérette se distingue par la présence d’un livret parlé, c’est du jeu comique et cela m’intéressait énormément. Cependant par rapport à ma tessiture vocale, (je suis soprano colorature), et mon physique, (blonde aux cheveux longs), on ne me proposait que les rôles de jeune première. Je ne pouvais pas faire les rôles purement comiques de fantaisistes. J’étais assez frustrée.
Arrivée à 27 ans, j’ai donc eu envie de faire du théâtre. Vu mon âge à l’époque je ne me suis pas tournée vers un conservatoire de théâtre classique. Un ami m’a parlé d’une école de clown, le Samovar, je me suis dit pourquoi pas ! Je suis allée voir les présentations de fin d’année, et je tombe sur la sortie de promo des Chiche Capon. Cela a sonné comme une évidence : je voulais faire ça. 
L’année suivante je suis donc entrée en formation, pendant 2 ans. Après la première année j’ai sorti mon solo : Jackie Star, l’élégance de la beauté. J’avais déjà tout en tête, j’ai trouvé ce personnage d’hôtesse de l’air étriquée dans un uniforme qui s’expose et s’éclate sur scène. Il y avait ce contrario entre un corps tenu, coincé et ce lâché prise, cette liberté que je souhaitais totale. J’ai mis dans ce spectacle tout ce que j’avais à dire à 30 ans.


© Tous droits réservés 


« L’Acteur » est au centre de vos recherches, quel lien entretenez-vous avec celui-ci ? Quelles sont vos méthodes de travail ?
Le jeu d’acteur est pour moi une notion très large.
Je me suis particulièrement attachée au jeu clownesque et burlesque c’est à dire qui part de l’organique et des élans du corps : la marche, la démarche, la silhouette. Tous les états qui se construisent à partir du corps. Ce travail est proche du clown et des acrobates. Je pense à James Thierrée, Buffo, Colette Gomette, Raymond Raymondson. Tous ces clowns que l’on appelle clowns contemporains ou clowns de théâtre qui sont apparus il y a quelques années maintenant après qu’on ait dit que le clown traditionnel se soit « cassé la gueule ». Il y a eu une sorte renaissance.
Ce qui me touche et ce qui est important c’est le corporel, l’émotion et la gestuelle. Le jeu burlesque est sous tendu d'un parcours émotionnel, il faut être incarné sinon cela meurt. 




Quels thèmes aimez-vous aborder dans vos créations ?
J’aime beaucoup l’idée du double. D’ailleurs dans mon solo je travaille sur un personnage féminin violent avec une espèce de perte de contrôle, de folie et à un moment donné un double apparaît. J’aime les personnages démolis mais qui à travers une fracture du féminin et de l’être réapparaissent en grande beauté et en pureté. Dans le parcours de mon solo, Jackie Star renait de ses cendres à travers un air d’opéra, là où on ne s’y attend par car un clown n’est pas sensé chanter de l’opéra.


Vous avez été contactée par les artistes de la compagnie du Cirque Le Roux pour la mise en scène de leur premier spectacle « Elephant in the Roo». Pouvez-vous nous parler de votre rencontre artistique avec la troupe ? Comment vous ont-ils convaincue et surtout ont-ils eu besoin de le faire ? 
Nous nous sommes rencontrés en 2011, grâce à Vague de Cirque, une compagnie québécoise. Nous avons tourné deux saisons au Canada. Ce sont Philip Rosenberg, Gregory Arsenal et Yannick Thomas, qui se sont rassemblés pour construire leur premier spectacle et mettre en place le support de leur compagnie : le Cirque Le Roux. Ils ont ensuite intégré Lolita Costet, voltigeuse.
Nous avons attaqué les premières répétitions il y a maintenant 4 ans.
Ils n’ont pas eu besoin de me convaincre, nous avions une proximité comique et joyeuse. Je me suis énormément rapprochée des 3 garçons lors de notre tournée au Canada avec Vague de Cirque (Lolita ne faisait pas partie de cette compagnie, elle est arrivée ensuite).
Il y a une perméabilité au niveau de l’humour et de la tendresse. Leur sensibilité en tant qu’acrobates m’a énormément touchée. Ils ont une grâce singulière. Ils sont vraiment pluridisciplinaires et c’est assez prodigieux de voir tous les acquis qu’ils possèdent. 
Quand ils m’ont fait la proposition, je n’ai pas hésité. Lors de nos premières répétitions à 5, j’ai été subjuguée par leurs capacités de jeu, capacités que je n’avais pas soupçonnées.


© Francesca Torracchi


Comment s’est déroulé le travail de création à 5 ? Quelle était la place de chacun ?
Après un petit travail amorcé par les 3 garçons, nous sommes finalement repartis de zéro tous ensemble. Je leur ai proposé des thèmes d’improvisation et de situations totalement libres en enlevant toute la technique de cirque pour ne garder que le jeu « pur » et les états de personnage. Cela a vraiment été un labo, une boîte de Pandore.
Nous avons pu dégager les personnalités comiques de chacun, notamment avec Gregory Arsenal qui a développé la technique du slapstick autrement dit toutes les chutes et les cascades. Philip Rosenberg, lui, a une espèce de logorrhée, il parle, il parle, il a ce truc de l’acteur américain qui est assez drôle. Et puis Yannick Thomas avec sa moustache recourbée à la Dali et cette autorité qui émane de lui. Enfin Lolita Costet est un tout petit gabarit avec cette force incroyable et sa grande bouche carnassière. Tout cela s’est construit au fur et à mesure, ils ont aussi beaucoup proposé.


© Francesca Torracchi


Comment avez-vous alors construit l’intrigue de ce spectacle ?
Nous avons fait un va et vient entre leur temps de répétition, de résidence, où ils se sont creusés la tête à trouver le fil rouge et moi qui venais régulièrement pour cogiter avec eux. Ils ont eu envie de créer une empoisonneuse chez Lolita pour donner une amorce. Nous avons pas mal débattu pour créer une chose cohérente. Je me suis rendue compte qu’il était compliqué de ramener du théâtre dans un spectacle de cirque. A partir du moment où les gens viennent voir du cirque, ils attendent de la performance, des acrobaties. Nous avons même coupé un peu de jeu car nous avons senti que les gens étaient déroutés.
Ce n’est pas parce que nous faisons du cirque que nous sommes capables de ne faire que cela. Ce sont de très bons acteurs, surprenants, avec une belle fantaisie. J’avais envie de mettre l’outil technique de cirque au service d’une histoire qui s’écrit comme un film.




« Elephant in the room » est un spectacle étonnant, l’ambiance y est feutrée intrigante et très esthétique. Nous sommes projetés dans une autre époque. Parlez-nous de cette scénographie magnifique…
C’est principalement Philip Rosenberg qui est à l’origine de la scénographie et de la lumière. Il a fait des études d’art et de dessin. Il est très doué. Les costumes, les décors ont entièrement été pensés par la troupe. 



© Francesca Torracchi


Entre cirque et théâtre physique comment avez-vous "jonglé" entre les différentes disciplines pour qu’elles cohabitent avec autant de justesse ?
C’était tellement important pour nous de ne pas se cantonner à une technique purement cirque pour un spectacle de cirque. Nous ne voulions pas être esclaves de cela. C’est beau de dérouter les gens pour au final leur donner ce qu’ils veulent. Cependant l’inconscient collectif est en attente et nous ne pouvons pas décevoir le public, nous ne pouvons pas trop laisser trainer l’arrivée de cirque. 


Quel(s) message(s), émotions, souhaitez-vous faire passer à travers ce spectacle ?
Qu'il est possible de mélanger les arts ! Il faut arrêter juger car à ce moment-là nous nous positionnons et nous filtrons automatiquement. Nous ne sommes plus dans un état de pleine réception, nous ne sommes plus complètement libres de se faire retourner. Il faut se laisser emmener par le spectacle. Mon message c’est : soyez ouverts à recevoir des choses différentes.   



© Francesca Torracchi


Le spectacle a été présenté dans plus de 10 pays et dans plusieurs festivals notamment le Fringe à Edinburgh où vous recevez la palme du Guichet Fermé. Comment le spectacle a-t-il été accueilli dans différents pays ? Parlez-nous de votre public… Adaptez-vous le spectacle selon les pays ?
Il y a très peu de texte parlé, le seul personnage qui parle de façon récurrente c’est Philip, en anglais. Il y a ce texte qu’il débite à une vitesse impressionnante, qui donne une allure au personnage mais qu’on ne cherche pas forcément à comprendre. Cependant certaines répliques clés sont traduites dans toutes les langues. Ces 4 artistes font vraiment un bel effort car apprendre du hongrois ou du chinois c’est compliqué. Le spectacle est dans l’ensemble très bien reçu. Au niveau de la proposition du jeu il n’y a aucun problème à l’étranger. Bizarrement c’est à Bobino que cela a été un peu plus compliqué. Je pense que c’est tout d’abord le public parisien qui est assez exigent mais aussi noyé sous l’offre de spectacles. Par ailleurs Bobino qui est une salle familiale et populaire au regard de son historique et de sa programmation. Il y a une forte demande de cirque, les gens sont très en attente. Le public parisien me semble parfois un peu blasé.
Il nous a fallu un peu de temps pour trouver la bonne formule qui correspond à la salle de Bobino et au public parisien. Nous avons donc coupé du jeu car il y a une attente de cirque. Cela m’énerve un peu, j’aimerais bien que les gens soient capables de recevoir une chose sans vraiment savoir où cela va. 


© Francesca Torracchi


La culture cirque mais aussi burlesque n’est pas aussi présente en France qu’au Québec, qu’en pensez-vous ?
En effet, la culture cirque n’a pas pris sa place en France, car je pense qu’il y a un effet de mode et surtout car nous nous faisons écraser par le rouleau compresseur du one man show, du café-théâtre et du théâtre de boulevard. De qualité ou pas d’ailleurs. Je pense qu’il faut marteler la chose, il faut l’amener et le proposer. Il faut revenir à la charge et ça finira bien par rentrer dans les mœurs. C’est un art magnifique.


« Elephant in the Room » sera joué à Bobino jusqu’en janvier 2017. Qu’en est-il pour la suite ?
Ils partent en tournée en France et à l’étranger. Ils ont aussi prévu 9 mois à Berlin. Ils ont un avenir très prometteur, cela va tourner quelques années je pense.



©   Francesca Torracchi


Avez-vous d’autres projets en cours ou à venir avec le cirque Leroux ?
C’est encore tu mais oui. Surprise ! Cela va venir car ils sont plein d’envie et je les pousse énormément. Ils sont ambitieux et audacieux.


Quelles sont vos actualités personnelles ?
Je joue mon spectacle Eliane S tous les lundis à 20H jusqu’au 19 décembre 2016 au théâtre de Dix Heures (vos billets ICI). Et puis surement un Avignon à venir et 3 mois à la rentrée mais nous ne savons pas encore dans quelle salle. Je travaille aussi avec une compagnie qui s’appelle la Rive Ultérieure sur un nouveau spectacle qui s’appelle Funny Birds mis en scène par Lucie Vallon (sortie fin mars au théâtre de la Cité Internationale). Je travaille aussi dans les arts de la rue avec une compagnie qui s’appelle Numéro 8 c’est un spectacle visuel pour l’instant principalement à l’étranger. Nous abordons le thème de la bourgeoise décadente qui ne sait pas quoi faire pour s’occuper.



© Francesca Torracchi


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Pour Elephant in the Room 
du Cirque Le Roux 

► Le Mercredi 4 janvier 
à BOBINO 

(14-20 rue de la Gaité 75014 PARIS) 

Envoyez Nom + Prénom à : artistup@gmail.com
avant mercredi 28 décembre à 15H
Les gagnants seront prévenus par mail après tirage au sort. 


 
Elephant in the Room du Cirque Le Roux du 28 septembre 2016 au 14 janvier 2017

VOS BILLETS ICI 
 

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    • 2016-12-15 10:28:32
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  • Tags - #paris #cabaret #théâtre #clown #burlesque #cirque #voltige #mélange #acrobaties #poison #bobino #Leroux #Charlotte saliou #elephantintheroom
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