Poignant... "Réversible" des 7 Doigts de la Main

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Réversible, dernière création de la troupe des 7 Doigts de la Main, est présentée sur la scène du Bataclan jusqu'au 1er avril. Ce spectacle, dirigé et mis en scène par Gypsy Snider est un petit bijou du genre. A chaque création de la compagnie son lot d'émotions et 
Réversible ne fait pas exception. Une troupe de 8 circassiens triés sur le volet enchainent les performances avec légèreté et émotion. 

Réversible est "une célébration du vintage et du rétro". Il s'incrit dans "une époque proche dans laquelle on ne se place plus." Basé sur les recherches généalogiques de chaque artiste présent sur scène, Gypsy a mis un peu de l'histoire de chacun dans cette épatante création. La résonnance est d'autant plus singulière que le spectacle se joue dans cette salle chargée d'histoire. "C’est ici que nous devions planter des fleurs… Nous avons mis notre humanité dans ce spectacle."

Venez assister à Réversible de la Compagnie des 7 doigts de la Main du 28 février au 1er avril au Bataclan. 

Artist'Up est parti à la rencontre de la passionnante Gypsy Snider... INTERVIEW !




 ►►► Réversible◄◄◄
Spectacle de la Compagnie des 7 doigts de la main

du 28 février au 1er avril

au Bataclan
50 Bd Voltaire
75011 PARIS 

► VOS BILLETS ICI 






Gypsy Snider vous faites partie de la direction artistique de la compagnie des 7 doigts de la main… Parlez-nous de votre rencontre avec la compagnie ? 
Je suis une des fondatrices, nous sommes en réalité 7 co-fondateurs, anciens circassiens. Pour ma part, depuis très jeune je souhaitais faire de la mise en scène et de l’écriture de spectacles. Je me suis aussi intéressée au théâtre et à la danse. A 18 ans, je me suis expatriée en Suisse pour étudier le théâtre physique à l’école Dimitri pendant 3 ans. Je faisais partie de sa compagnie.
J’avais vraiment envie d’avoir une place et de m’exprimer avec le théâtre corporel mais le cirque est resté la base de mon vocabulaire.
Puis quelques temps après, j’ai travaillé avec le Cirque du Soleil et j’ai rencontré 6 autres passionnés par l’expression, la danse, la parole, la musique et le clown. Ces 6 autres amis sont en fait les 6 autres doigts de la main.
En 2002 nous avons décidé de fonder la compagnie à Montréal. Nous sommes nous-mêmes montés sur scène pour le premier spectacle, mais le but était d’être une compagnie de création et d’expérimentation et tout cela avec d’autres artistes.



© Tous droits réservés 


Comment organisez-vous le travail de création entre vous et les 6 autres doigts de la main (les 6 autres directeurs artistiques) ?
Il n’y a pas une méthode. Cela peut parfois représenter un défi. Nous sommes constamment à la recherche de complémentarité, et avons la volonté de se lancer des challenges.
Pour chaque projet de la compagnie, nous collaborons beaucoup, nous nous assistons les uns les autres.
Toutes les décisions au sein de la direction artistique sont prises par consensus. Nous avons 2 réponses possibles : GO ou NO GO !
C’est très rare que l’on dise non à quelque chose.
Le seul veto qui a été mis récemment c’était lorsqu’il nous a été proposé de faire la cérémonie d’investiture de Trump.



© Tous droits réservés 


La troupe des 7 doigts de la main évolue avec chaque création… Comment choisissez-vous les artistes ? Quels sont vos critères de recrutement ?
Quand nous montons les spectacles-signature 7 doigts de la main (tous les 2 ans), nous faisons un casting à chaque fois.
Nous cherchons des artistes de très haut niveau acrobatique et circassiens. Ils doivent aussi avoir beaucoup d’outils chorégraphiques, et être à l’aise dans le mouvement dansé.
Il est important qu’ils aient également la capacité de parler au public et d’être à l’aise avec la gestuelle théâtrale.
Une des choses très importante dans la compagnie est que l’artiste engagé ne fera pas seulement son propre numéro. Il faut donc qu’il puisse assurer sur plusieurs disciplines.
Finalement nous cherchons avant tout des artistes prêts à prendre le risque, qui s’intéressent au monde, et qui n’ont pas peur de sauter dans l’inconnu avec nous.

Le projet précède-t-il le casting ou l’inverse ?
Là encore ça dépend. Pour Réversible j’ai eu d’abord l’idée et après nous avons fait le casting. Pour Traces c’était l’inverse.



© Tous droits réservés 


Réversible est un spectacle qui revient sur l’héritage personnel de chaque artiste présent sur scène. Quelle est la genèse de ce projet ?
Nous avons amorcé le projet fin 2015. Ce n’est pas seulement basé sur leurs recherches généalogiques.
Pour moi c’était l’idée de cette recherche qui m’intéressait.
J’ai eu, moi-même, une expérience dans une maison qui appartient à ma famille depuis plusieurs générations. J’étendais les draps de coton pur dans un grand champ. Toute la famille était partie, j’étais seule à 3 km à la ronde ! Il n’y avait rien autour de moi juste le champ à perte de vue. J’ai alors réalisé que je ne me souvenais pas de la dernière fois dans ma vie où je me suis retrouvée tant isolée. Je me suis rendue compte à quel point ce genre de situation ne nous arrive plus, nous sommes toujours entourés, sollicités…
J’ai eu un peu peur au début mais j’ai quand même continué à étendre ces draps. Et tout d’un coup j’ai vu ma mère, puis ma grand-mère faire la même chose. Cela m’a en réalité réconfortée, nous avons tous un passé qui s’encre sur la durée.
Les expériences peuvent être brutales, l’existence peut être exigeante, solitaire, le travail physique était beaucoup plus intense mais tout se faisait plus doucement. J’ai pris conscience que j’avais besoin de ça dans ma vie. Nous en avons, en réalité, tous besoin. La vitesse, les écrans, font partie de notre vie quotidienne, le temps n’est jamais suspendu.
Avec ce spectacle j’avais envie de créer une sorte de célébration du vintage, du rétro, une époque proche mais dans laquelle on ne se place plus. J’ai l’impression qu’il faut apprendre de ce passé pour mieux continuer.
J’ai donc crée des questions que les artistes posaient à leur famille. Ces questions étaient basées sur des évènements qui ont changé le parcours d’un parent ou d’un grand parent. Les artistes revenaient avec des informations avec lesquelles je créais ensuite des scènes.




Quelle est la place du corps dans la transmission et dans quelle mesure le cirque est un outil ?
Le cirque pour moi est une forme d’expression.
Dans Réversible, il y a ce numéro avec la jongleuse et de ses balles rouges. Elle est en réalité en train de contrôler et essayer de manipuler des souvenirs. Elle essaye de les attraper, de les mettre dans les airs et de voir quel effet cela a sur elle, quel chemin elle devra prendre. Le jonglage permet cette interprétation.
Chaque discipline nous permet de nous plonger dans un état, une interprétation et de délivrer des messages.
Le mat chinois par exemple, symbolise pour nous le mariage. Dans le temps, le mariage était une fin en soi. C’était un état et un acte que l’on devait tous accomplir. Cet acte devait être stable et fort mais il ne faut pas oublier l’effort physique et émotionnel que cela demandait. Les deux artistes sur le mat chinois symbolisent cet état et cet effort.




Quelle est la dynamique, ambiance au sein de la troupe… après que les artistes aient tant dévoilés d’eux-mêmes ? 
Toute l’énergie que nous mettons dans nos projets nous l’exigeons de notre casting. Les artistes doivent être dévoués. Ils doivent comprendre comment créer une entité sacrée.
Même avec toutes les influences extérieures, ils doivent toujours en tirer le meilleur. C’est comme ça que la troupe doit évoluer et c’est cette ambiance qui règne dans la troupe de Réversible.

Concernant la scénographie de Réversible… Pouvez-vous nous parler de la symbolique du mur ?
C’est presque trop simple. Pour moi, les murs représentent une barrière qu’il faut dépasser mais aussi une protection. Il y a également l’idée d’une façade et d’un intérieur comme une carapace avec une âme à l’intérieur. On peut voir aussi la construction de la société, l’idée qu’on crée des mondes autour de nous, des espaces confinés. Quand on dépasse ces espaces confinés, on montre la capacité de l’homme de dépasser sa vie.
Les portes : je claque la porte, je ferme, je m’enferme, j’ouvre, je passe à autre chose, je fais le choix d’aller ici, passer à travers pour aller ailleurs. Il y a aussi l’idée d’invitation : inviter le monde à venir.
Les fenêtres : le voyeurisme, la lumière qui rentre, la protection tout en voyant l’extérieur qu’on ne peut pas toucher.
Pour moi, tous ces symboles sont forts, humains et théâtraux.


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Toutes les musiques de Réversible sont disponibles grâce à une playlist sur votre site… comment opérez-vous le choix de la bande son ? 
Pour Réversible, toute la musique est originale à part deux chansons qui ont été remixées. Cela a été un travail énorme et dont je suis aujourd’hui très fière. Les musiques sont originales et indépendantes.

Beaucoup de textes des chansons sont en français… comment allez-vous adapter cela en tournée ? 
La bande son restera la même. Pour moi la musique est internationale et les paroles sont reliées au spectacle mais nous n’avons pas besoin de tout comprendre pour comprendre Réversible.




Vous amorcez la tournée de Réversible en France et commencez par un mois (jusqu’au 1er avril) dans la salle du Bataclan… Qu’est-ce que cette salle représente pour vous ?
Chaque spectacle de la compagnie a été présenté en France.
Pour Réversible, quand on nous a présenté la liste des salles à Paris, j’ai immédiatement pointé du doigt Le Bataclan. Ils nous ont dit que la fiche technique ne remplissait pas les critères et que cela serait compliqué. J’ai répondu « je m’en fous, on va changer la scène, c’est ici que nous jouerons ».
Tout cela a généré un gros stress pour la compagnie, non pas à cause de l’histoire du lieu mais plutôt à cause du montage.
Nous avons aussi eu des doutes sur la fréquentation de la salle… Peut être que les gens ne viendraient pas… J’ai dit qu’en fait je m’en moquais, s’il y a un inconfort c’est là que ce spectacle devait être joué. Ce spectacle se prête très bien à cette salle et son histoire. C’est ici que nous devions planter des fleurs…
Ici il y a besoin d’amour alors let’s go !!!! Nous avons mis notre humanité dedans. Cette salle doit être vivante !



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Avez-vous d’autres projets en cours avec la compagnie des 7 doigts de la main ?
Nous n’arrêtons jamais ! Il n’y aura pas de création en 2017 car nous créons un spectacle tous les 2 ans. Nous avons aussi un partenaire en Russie avec qui nous avons pas mal de projets.
Les idées ne manquent jamais car nous sommes 7 mais je ne préfère pas en parler tout de suite… Surprise.





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Spectacle de la Compagnie des 7 doigts de la main

du 28 février au 1er avril

au Bataclan
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    • 2017-04-12 12:20:07
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  • Tags - #contemporain #cirque #Montréal #Chorégraphie #emotions #sensibilité #recherches #Québec #la bataclan #7 doigts de la main #généalogie #Gypsy Sander #dévotion
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