Les clichés troublants de Laurent Henrion

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Laurent Henrion, jeune photographe belge, lauréat Picto de la jeune photographie de mode en 2016, présente un travail à la croisée de la mode et de la photographie d'auteur... Son univers complexe et éclectique est tantôt onirique, tantôt féerique, tantôt inquiétant. Le mystère qui émane de ses clichés prend aux tripes et nous emmène hors des sentiers battus.
"En règle générale je cherche toujours à offrir un moment de réflexion et d'évasion au spectateur."

Inspiré aussi bien par la mode, le dessin, la sculpture ou encore la peinture, cet artiste possède de nombreuses influences qui lui permettent de mélanger les styles tout en créant un univers singulier d'une haute sensibilité.



Laurent Henrion © Tous droits réservés

Laurent Henrion © Tous droits réservés


Comment votre intérêt pour la photographie a-t-il vu le jour et comment s’est-il développé ?
La photographie est arrivée dans ma vie il y a quelques années de cela. Je suis d’abord tombé amoureux du dessin, que j’ai pratiqué avec passion jusqu’à mes 16 ans environ. Ensuite disons que j’ai perdu le goût du dessin car je ne m’y retrouvais plus. Mais par contre avec du recul je réalise que ne dessinais déjà presque exclusivement que des portraits féminins.
C’est en école d’art secondaire que j’ai eu le choix de m’engager dans l’option photographie. J’ai tenté le coup et j’ai très vite attrapé le virus. Depuis, je n’ai plus jamais arrêté.
Ce médium me convient parfaitement. J’ai l’occasion de toucher à toutes les pratiques en même temps. Par exemple, il m’arrive souvent de peindre ou de bricoler afin de préparer une mise en scène. Il s’agit réellement d’un art pluridisciplinaire. J’ai donc l’impression de ne jamais m’ennuyer de mes idées.


Laurent Henrion © Tous droits réservés


Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans ce moyen d’expression ? Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Je m’inspire de beaucoup de domaines différents. Autant de la photo, que de la peinture, de l’illustration, de l’estampe japonaise ou encore de la sculpture. Pour ce qui est de la photo je cherche dans tous les « domaines » : autant du côté de la photo « d’auteur » que de la photo dites de mode. La première photographe dont le travail m’a passionné est Sally Mann. Pour ce qui est de la peinture mes goûts sont très éclectiques ! Disons que j’apprécie autant du Fragonard que du Francis Bacon. Et dans les contemporains, j’aime beaucoup le travail de Elly Smallwood. En ce qui concerne l’illustration, cela fait longtemps que je m’intéresse aux travaux d’artistes tel que Jiwoon Pak. Et enfin, concernant l’estampe et la sculpture, je dirais que c’est vraiment le domaine dans sa globalité qui m’inspire.  


Laurent Henrion © Tous droits réservés
Laurent Henrion © Tous droits réservés
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Comment choisissez-vous vos modèles ?
Tout d’abord, j’aimerais préciser que je ne résume pas mon travail à la photo de modèle même si elle en fait grandement partie. Je sais que c’est pour ce type d’images que l’on commence à me connaître, mais je préfère rappeler que je vois mon travail comme un tout. Mes images de natures mortes, plus abstraites ou simplement d’ambiance ne sont pas moins importantes que celle de modèles. Elles sont simplement complémentaires.
Mais pour en venir au choix de mes modèles, je n’ai pas réellement de critères. Ou alors je ne les connais pas moi-même. Ce sont juste des femmes autour de moi qui m’inspire de par le charisme et l’aura qu’elles dégagent. J’aime les voir comme mes muses. Oui, rien que ça.  Et, soit dit en passant, je suis encore un peu frileux pour parler de ce sujet, mais je trouve cela intéressant de me dire que je suis un photographe masculin féministe qui ne photographie que des femmes. Je ne sais pas si mes convictions rentrent en ligne de compte dans la production de mes images, mais j’aime à penser que cela a sûrement une incidence.  



Laurent Henrion © Tous droits réservés
Laurent Henrion © Tous droits réservés
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Pouvez-vous nous en dire plus sur votre double approche : entre modèles photos et autoportraits ?
Je vous renvoie à ma réponse précédente, mais vais approfondir ma pensée. Je vous dirai simplement que je ne marche pas par catégorie. Même si notre société, et donc le domaine de la photo, aime ranger les choses dans des cases, je cherche délibérément à ne pas me considérer comme photographe d’un domaine en particulier. Je me vois avant tout comme un « faiseur d’images ». Cela me permet de ne pas me mettre de barrières.
J’ai donc des idées qui peuvent s’apparenter à différents domaines au sein d’une même série. Je sais d’ailleurs que j’ai réellement compris le sens de ma démarche lorsque j’ai réalisé que je trouvais les moodboards d’artistes sublimes. Il est d’ailleurs arrivé très souvent que je préfère le moodboard d’un artiste à son travail en lui-même. J’aime beaucoup que des images qui n’ont « rien à voir » ensemble à la base se répondent et raconte une histoire ou implante tout simplement une ambiance.


Laurent Henrion © Tous droits réservés
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Comment décririez-vous votre univers artistique ?
Je pense qu’on peut le percevoir comme onirique, tantôt féerique, tantôt inquiétant. Vu la manière dont je procède, il est forcément empreint de toutes les références qui me nourrissent. J’ai même réalisé il y a peu que le fait que j’ai été passionné de mangas étant plus jeune, a sûrement influencé l’esthétique de mon travail de près ou de loin.
Et je terminerai en disant que plus j’avance, plus je me rends compte que la confrontation entre l’éros et le thanatos est très présente dans l’ensemble de mon travail. On me l’a fait remarquer un jour, et maintenant je m’en rends compte de plus en plus par moi-même.



Laurent Henrion © Tous droits réservés

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Quel est votre état d’esprit avant la réalisation d’un shooting ? Se reflète-t-il dans vos photos ?
C’est une bonne question. Je vous dirais que je suis un éternel angoissé, abonné aux nuits blanches. Il m’arrive donc, presque automatiquement, quelques jours avant un shoot, de « ne pas dormir » et de ne plus penser qu’à ça. Et même si c’est très fatigant et usant, je pense que j’affectionne tout de même cette partie de moi. J’ai l’impression que de réagir de cette façon m’aide à tout prévoir au détail près et que cela rend chaque shoot important. Chaque prise de vue devient un événement et chaque photo, un petit miracle.


Laurent Henrion © Tous droits réservés


Quels sont les techniques / matériel que vous utilisez ?
J’utilise en majeur partie mon reflex numérique mais j’aime beaucoup utiliser, ainsi que le scanner et l’appareil photo jetable. J’ai même fait des essais avec un microscope électronique. Et, étant donné que le matériel que j’utilise varie en fonction des idées qui m’arrive, je ne peux pas faire de généralités au niveau des choses que je mets en place.
Je peux par contre dire que depuis quelques mois, je suis tombé amoureux de la photo de nuit, et que ce type d’images sera très présente dans ma prochaine série.


Laurent Henrion © Tous droits réservés
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Comment naissent vos idées de mise en scène ? Avez-vous un moteur créatif ?
Au début, mes idées me venaient le plus souvent de mes inspirations. Cela partait souvent d’un détail d’une œuvre qui m’apportait une idée à développer. Mais depuis quelque temps, et je pense que cela va avec le fait que je prends de plus en plus confiance et que je commence tout doucement à prendre conscience de ma légitimité, mes idées me viennent naturellement de moi-même. Souvent de nulle part d’ailleurs.  Il m’arrive souvent de me perdre longuement dans mes pensées, et qu’une idée fasse son apparition inopinément. Je pense d’ailleurs que je ne suis jamais aussi fier d’une image que lorsqu’elle résulte à « 100 % » de mes tripes.
Je précise quand même que je me mets 100 % entre parenthèses car je démarre chaque série par une période de recherches et de réflexions en passant des heures sur internet. Mais c’est plus pour orienter et saisir la direction que prendra la série.
Je préciserai également que depuis l’an dernier, j’ai réellement pris conscience que j’étais capable de produire des images sur le vif, sans interventions de ma part… et surtout d’y croire ! Au même titre que mes images « faites ». Cela a marqué un tournant de la manière dont j’appréhende mes séries.


Laurent Henrion © Tous droits réservés


Vous avez remporté le prix du lauréat Picto de la jeune photographie de mode en 2016.
Quelle a été votre réaction ? Pouvez-vous nous parler des travaux que vous avez présentés au jury ?
Il s’agissait d’une sélection globale d’images toutes séries confondues. De mémoire, j’ai dû présenter une bonne vingtaine d’images. Ma sélection comportait certaines images de ma série « Luo », d’autres de ma série « Les murmures d’Icare », et enfin, quelques images de ma série encore en cours de production appelée momentanément « Monolithe ».


Laurent Henrion © Tous droits réservés
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  • Chloé Guyot
    (hôte)
    • 2017-05-18 15:50:25
    • 2 814 views
  • Tags - #photo #LaurentHenrion #PrixPicto #Luo #Lesmurmuresd'icare #Monolithe
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