Paris - Moscou côté coulisses en compagnie de Gérard Uféras...!

PARTENAIRES

Vous désirez communiquer
sur Artist Up ?

Etablir un partenariat
pour votre évènement ?

Contactez nous !

Chercher une news

Publicité



Photojournaliste et portraitiste, Gérard Uféras nous fait à la fois rêver et voyager, à travers des photographies renversantes. 
"Touche à tout", cet artiste côtoie le domaine de la presse, de la pub et de la mode à travers de nombreuses collaborations. Après un travail soutenu avec le quotidien "Libération", Gérard Uféras a également participé en 1986, aux côtés de Christian Caujolle, à la création de l'agence VU'.
Passionné de musique et de théâtre, en 1988 il effectue une première immersion dans l'univers de l’Opéra à l'occasion d’une carte blanche sur le Palais Garnier aux côtés de huit autres photographes. Cette aventure artistique et humaine qui a débuté à Paris, se terminera à Moscou en 2001...
Interview coup de coeur d'un artiste exceptionnel qui nous fait visiter les coulisses de lieux grandioses, tout en dévoilant d'autres projets majeurs de son parcours.



© Gérard Uféras
© Gérard Uféras


Pouvez-vous nous parler de votre parcours ? D’où vient votre intérêt pour la photographie ?
A l’époque j’habitais Montreuil et vers 12 ans, avec deux copains, j’ai eu comme idée de visiter tous les musées parisiens pendant 2 ans. J’ai donc découvert Paris par les musées... Je dirai que cela a été l’origine de mon intérêt pour l’art. Mon père était un amateur de tout ce qui était technique. Il collectionnait les appareils photos, les caméras, etc. et c’est moi qui les utilisais.
Pour la petite anecdote, mon père était résistant pendant la guerre et il avait récupéré un Leica qui servait à faire de fausses cartes d’identité. J’en ai hérité et c’est le premier appareil que j’ai manipulé.
Je pense que c’est la combinaison des deux qui m’a orienté vers la photographie. J’ai commencé à m’intéresser vraiment à la photo vers mes 15 ans, et vers 18-20 ans j’ai commencé à faire des photos que je considère encore aujourd’hui comme étant les meilleures que j’ai faites.
J’étais très intéressé par le médium photographique, mais à l’époque je ne pensais pas à en faire mon métier. J’ai fait d’ailleurs un autre métier pendant une dizaine d’années avant de devenir photographe. Mais je m’ennuyais beaucoup et c’est là que j’ai fait de ma passion mon métier.


© Gérard Uféras
© Gérard Uféras
© Gérard Uféras


Dans vos travaux vous créez une passerelle entre le spectacle vivant et la photographie, notamment dans vos séries « Un Fantôme à l’Opéra » et « Bolshoi théâtre ».
Comment est née l’idée de réaliser un périple à travers l’Europe, afin de découvrir les coulisses des théâtres et des opéras ?
J’ai beaucoup travaillé pour « Libération ». Quand Christian Caujolle, chef du service photo de « Libération » a créé l’agence VU, j’ai fait partie de l’aventure. Une des premières commandes, qui était une commande collective, fût une carte blanche pour travailler sur le Palais Garnier. Ce sujet m’a tout de suite passionné.  Il y a eu par la suite une exposition au Palais Garnier... Une fois la commande achevée, j’ai eu envie de continuer l’aventure et de faire un livre sur le Palais Garnier mais je suis tombé malade et je n’ai pas pu le faire. Finalement, j’ai mis ce projet de côté car quand j’ai pu travailler de nouveau, le plus important était de pouvoir gagner ma vie.
Deux ou trois ans plus tard j’ai eu une commande pour travailler à nouveau sur les opéras de Paris, et je me suis retrouvé à nouveau émerveillé par les coulisses. C’est là que j’ai eu l’idée de faire un grand projet européen. J’ai réalisé la série « Un fantôme à l’Opéra » pendant une douzaine d’années, dans la plupart des plus grands théâtres d’Europe.



© Gérard Uféras

© Gérard Uféras


Dans quel contexte avez-vous été amené à travailler avec le ballet de l’Opéra de Paris pendant une année ? Comment avez-vous vécu cette expérience ?
Pendant mon travail sur les Opéras d’Europe, j’ai pu faire la connaissance de Gérard Mortier (directeur festival de Salzbourg). J’ai travaillé pour le festival de Salzbourg avec une exposition exclusivement consacrée au festival.
Un jour, j’ai eu une commande du journal « l’Express » pour faire un sujet sur le ballet de l’Opéra de Paris. Je pensais avoir terminé mon travail sur l’Opéra après toutes ces années en Europe…
C’était un reportage de trois jours où j’ai fait quelques photos. En les voyant, je n’ai pas voulu les laisser « orphelines », je voulais en faire d’autres. Je suis donc allé voir Gérard Mortier, qui était devenu le directeur de l’Opéra de Paris, en lui expliquant que j’avais travaillé pour « l’Express », et que j’aimerais passer plus de temps pour pouvoir faire un livre sur le ballet de L’Opéra de Paris. Gérard Mortier m’a donc présenté Brigitte Lefèvre (directrice du ballet de l’Opéra), qui a tout de suite été partante. J’ai donc travaillé pendant un an avec le ballet de l’Opéra de Paris. A la fin de ce projet j’ai sorti le livre « Un pas vers les Etoiles », et j’ai également réalisé une exposition.


© Gérard Uféras
© Gérard Uféras


Suite à tout mon travail sur les opéras en Europe et mon année à l’Opéra de Paris, le « Bolshoi » m’a contacté pour faire une carte blanche sur eux.
L’Opéra c’est un milieu hors du temps, un univers à part, entre le monde réel et l’imaginaire. Il y a aussi tous ces métiers, réunis au même endroit, avec des gens passionnés par ce qu’ils font.
Aussi, c’est un lieu clos mais il y a toujours pleins de choses qui se passent dans un théâtre/opéra. Il y a aussi les lumières des coulisses, qui sont un peu tamisées et qui donnent donc un côté féérique au lieu... Ce sont toutes ces choses qui m’ont plu.



© Gérard Uféras

© Gérard Uféras


Vous avez également photographié de nombreux mannequins, notamment dans les coulisses des défilés.
Quelle relation établissez-vous avec les coulisses de l’Opéra ?
Une fois que mon projet sur les Opéras et théâtre en Europe fût terminé, je me suis demandé ce que j’allais pouvoir faire. J’ai toujours été passionné par les coulisses et j’ai eu l’idée de faire un travail sur les coulisses des défilés. Je travaillais beaucoup pour « Libération », qui avait été le premier journal à donner des cartes blanches aux photographes pendant les défilés de mode, et donc j’ai eu l’occasion de pouvoir photographier les coulisses des défilés.
Les coulisses des défilés sont un peu comme ceux d’un opéra car on voit toute la préparation des mannequins et il y a beaucoup de gens qui y travaillent, tous passionnés par ce qu’ils font. Finalement les défilés de mode sont aussi des spectacles...



© Gérard Uféras
© Gérard Uféras
© Gérard Uféras


Travaillez-vous en argentique ou en numérique ? Pourquoi ce choix ?
Je ne travaille qu’avec du numérique, devenu aujourd’hui aussi bon, voir meilleur que l’argentique. On peut travailler avec des lumières très basses et moi je travaille beaucoup avec ce genre de lumières. Ce qui est plaisant avec le numérique, c’est que l’on peut voir son travail. Quand vous avez fait une belle photo, vous le voyez tout de suite et ça vous met en joie pour le reste de la journée. Alors qu’avec l’argentique, il faut attendre le développement pour le voir. Je pense qu’un jour je reviendrai faire des photos en argentique, mais pour le moment je n’ai pas le temps.



© Gérard Uféras


Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre série « Paris d’amour »… ? Comment le projet est-il né ? 
J’avais terminé mes grands projets sur le ballet, l’Opéra et la mode et donc je me demandais ce que j’allais pouvoir faire.
On était dans une époque où on voyait de plus en plus la montée du Front National, la montée de la peur d’autrui. Je suis fils d’immigrés, mes grands-parents sont venus en France parce que c’était une terre de liberté. J’ai donc eu envie de traiter un peu de ça, et de traiter de la laïcité en France également.
Je voulais montrer qu’à Paris, il y avait des gens venants du monde entier, avec des coutumes, des religions et des cultures différentes et qu’on arrivait à vivre ensemble justement grâce à ce cadre laïque.
J’ai donc trouvé amusant de traiter ce sujet-là avec un point de vu positif plutôt que de garder un aspect négatif sur cette mixité culturelle, la peur des autres, la peur des émigrés, etc.
Comme le mariage est un « rite de passage » qui existe dans toutes les communautés du monde, j’ai décidé de me balader dans Paris et sa banlieue, et de montrer comment chacun le célèbre. C’est comme ça que j’ai photographié pendant deux ans, 70 mariages et pacs.



© Gérard Uféras

© Gérard Uféras


 Qu’aviez-vous envie d’explorer, de capturer ? Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?
Je suis intéressé par tous les sujets dans les mariages : j’ai photographié les enterrements de vie de garçons, de jeunes filles, les préparatifs, etc. Pour moi, une bonne photo est une photo qui véhicule une émotion et cette émotion on l’a généralement quand c’est quelque chose d’inattendu, que ce n’est pas quelque chose qui a été déjà vu 100 fois. J’ai donc tout intérêt à aller n’importe où pour pouvoir trouver quelque chose qui va nous émouvoir, qui va donner une image qui a du sens, qui est belle et qui va véhiculer une émotion.
Après les mariages, j’ai retrouvé tous les mariés, j’ai fait un portrait d’eux en civil et je leur ai demandé de me raconter leur histoire.



© Gérard Uféras


Quels sont vos projets pour la suite ?
J’ai terminé un projet sur le sport et je vais certainement le montrer. Je suis aussi sur un nouveau grand projet, mais je ne vais pas vous en parler… !
A suivre…

SUIVEZ LES ACTUALITES DE GERARD UFERAS :
  • Chloé Guyot
    (hôte)
    • 2017-06-22 11:03:28
    • 1 597 views
  • Tags - #opera #mannequins #mariages #Bolshoi #défilés
  • Ajouter aux favoris

Photos

PLUS D'ARTICLES ICI