L'electro exotique et sauvage de FAKEAR

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Pour un troisième passage au Printemps de Bourges, Fakear a vu les choses en grand. Un show lumière XXL et une dizaine de musiciens sur scène. De quoi ravir les spectateurs du W qui étaient présents en masse le 21 avril dernier. Un nouvel album de Fakear, c'est comme un cadeau qu'on ouvre délicatement. Le dernier en date, "Animal" lui a permis de faire le tour du monde, il est en ce moment en tournée avec Odesza et Bonobo aux Etats Unis.

Rencontre avec Théo Le Vigoureux quelques heures avant son show magistral...

 


"Animal" disponible sur iTunes 

 

Content d'être de retour à Bourges ?

Oui, carrément, c'est une belle date de rentrée ! Franchement c'est chan-mé. Un peu de pression et aussi pas mal de kiffe. Je commence à être un peu à la maison ici, c'est la troisième fois que je viens, je vois qu'il y a beaucoup de potes dans le line-up. Franchement c'est juste ultra cool.

 

C'est un concert un peu spécial en terme de scéno ce soir ?

Oui, on sort d'une semaine de répète à Caen. Et pour le coup, c'est vrai que c'est un show que l'on va pas re-donner jusqu'à fin août. Il est très lourd logistiquement parlant. On est beaucoup sur scène, il y a beaucoup de moyens. C'est super bien de le faire ici et de passer aussi à autre chose parce qu'il est temps que j'avance musicalement. C'est super bien de se retrouver tous à Bourges, c'est une belle occasion de le faire…!

 

 

En dehors de ton album "Animal", tu as sorti pas mal d'EP. Tu aimes bien ce format là, un peu plus court… ?

Finalement oui, j'aimais bien le format EP mais aujourd'hui je ressens vraiment le besoin de faire des albums. J'ai l'impression d'être un peu plus bavard qu'avant, finalement un EP c'est une démonstration de ce qu'on sait faire, c'est la vitrine. Alors qu'un album, on peut raconter une vraie histoire dedans. Il y a un propos que l'on peut tenir cohérent du début à la fin. C'est quelque chose qui me plaît de plus en plus, donc je vais de moins en moins aller vers les formats courts.

 

 

Qu'est-ce que tu cherches à raconter dans tes morceaux ?

Un peu toujours la même chose « cassez-vous, barrez-vous de vos carcans, il y en a marre de la société, ça fait chier, il faut redevenir des animaux sauvages ». C'est grossièrement raconté mais en gros, j'essaye toujours de poser ce décor d'un ailleurs un peu fantasmé, imaginaire, dans lequel on peut aller se réfugier quand le quotidien est un peu lourd à porter.

 

Comment créé-tu tes samples ?

Au niveau des samples, c'est un peu toujours la même chose. C'est toujours dans l'illégalité, complètement à l'arrache, à prendre des trucs sur Youtube que j'ai pas le droit d'utiliser et après je me débrouille avec ma maison d'édition qui s'arrache les cheveux, mais c'est un peu toujours le même processus créatif. Je vais être influencé par une émotion, par un imaginaire, par plein de trucs de la vie quotidienne et je vais essayer de créer quelque chose de cohérent et qui me correspond le plus possible quoi.

 

Réalises-tu tes propres samples parfois … ?

Oui carrément. Je le fais déjà le plus possible, dès que je peux. C'est des samples que je vais créer. Ma copine a aussi beaucoup participé, je sample des trucs dans ma maison, dans la nature… Je me balade et si j'entends quelque chose ou même pas d'ailleurs, des fois je me balade, j'allume mon mirco et je vois ce qui se passe. C'est cool, généralement j'utilise pas mal de textures comme ça.

 

© Droits Réservés

 

Il y a un voyage que tu aimerais faire avec ton micro ?

Finalement, la jungle c'est un espèce d'environnement qui m'inspire énormément et sur lequel j'aurai vachement de plaisir à sampler. Est-ce que la jungle réelle de la planète terre c'est cool ? Je ne sais pas. J'ai tendance à créer mes propres univers imaginaires et à combiner plusieurs ambiances pour créer une ambiance qui ne pas être retrouvable dans la nature comme ça quoi…

 

Tu as beaucoup voyagé ces derniers temps, que retiens-tu de ces voyages ?

C'est surtout des grandes respirations, finalement, les voyages tu coupes avec tes prises de tête quotidiennes, avec les enjeux de la vie, avec ton mental, la volonté de mettre une image en avant qui n'est pas forcément honnête.
Le voyage c'est vraiment un retour à soi-même, c'est là que tu te confrontes réellement à toi, c'est là que tu dois vraiment avoir du courage etc… c'est une énorme respiration et à chaque fois j'en reviens complètement rempli et à ce moment là je peux vraiment raconter quelque chose. Je ne vais pas raconter mon voyage mais je vais avoir une inspiration qui va devenir beaucoup plus pure. Je vais pouvoir raconter quelque chose de beaucoup plus honnête que si je reviens d'un mois de tournée où je vais avoir le live dans la tête et puis l'égo bien nourri, du coup c'est bien de revenir à ces bases avant de reposer de la musique.

 

 

C'est vrai qu'au début tu as parlé du Japon sans y être allé, ça a conforté un peu ce que tu imaginais ?

Carrément oui, le voyage au Japon ça a remis en question pas mal de choses, là je reviens de 3 mois en Asie du Sud Est, qui m'ont également fait beaucoup beaucoup de bien et qui ont nourri mon inspiration pour le futur, je ne sais pas vraiment ce que ça va donner mais je sens que ça bouillonne et qu'il ne va pas falloir que je tarde à me poser en studio.
Pour l'instant il y a des idées, j'ai lancé 2 ou 3 trucs, mais c'est vrai que là je me concentre vraiment sur le live et puis comment bien gérer cette année. Il y a beaucoup beaucoup de dates, le mois prochain, il y a la tournée américaine avec Bonobo et Odesza, ça va être super à faire. Du coup je mets une grosse partie de mon énergie dans construire un set super cohérent et à la hauteur de ce qu'on me demande et je prendrai un vrai temps pour être en studio. J'évite de composer quand je suis en tournée. Je faisais beaucoup ça et finalement j'ai réalisé que je perdais en minutie. Maintenant je fais très attention aux détails, si je vais faire un morceau, je vais passer une semaine dessus, fignoler chaque petit truc et en tournée je couchais un truc quand j'avais 3h devant moi... et j'ai réalisé que ce n'était pas forcément la meilleure méthode pour rester honnête.

 


© Boris Allin

 

Aux Etats-Unis tu fais le même show que ce soir ?

Non non, aux Etas-Unis je suis tout seul avec une machine. Le show de ce soir on va le faire 2 fois, à Bourges et à Rock en Seine. Sur scène on a basse clavier, batterie, harpe et 3 cuivres en plus. Adapter les morceaux avec des cuivres c'est beaucoup de boulot, c'est vachement de technique en plus. C'est vrai qu'au niveau de l'installation lumière, c'est beaucoup plus de matos, c'est beaucoup plus cher à produire. On le fait un peu plus en one-shot. On a plein de configurations cette année, dans l'agenda on a « Fakear DJ set », « Fakear Live », « Fakear Solo » et « Fakear extended » avec le band. On s'y retrouve pas ! (rires).

 

Ça t'intéresserait de faire des bandes originales de films ?

Oui, carrément, après c'est pareil, ça dépend du film et du cadre qu'ils veulent poser. Je t'avoue que je vais avoir du mal à être inspiré par une comédie française... pour le coup des BO de documentaire ça peut être hyper classe ou des films qui parlent vraiment un peu de ce dont je veux parler dans mes albums, le voyage, la coupure avec la société etc… là pour le coup je suis complètement friand de ce genre de choses. Appel d'offre ?

 

Boris Allin

 

Des remix en cours pour d'autres artistes ?

Il va se passer quelque chose avec Snake… Fakear… Snake

 

Beaucoup de jeunes artistes utilisent le pad comme toi, peut-être grâce à toi, quel regard tu as sur cette nouvelle scène ?

Quand j'ai commencé à jouer sur le pad, il y avait déjà une scène, plus indépendante, plus underground qui l'utilisait déjà vachement. Je ne me considère absolument pas comme un pionnier du genre et toute la nouvelle génération de producteurs qui utilise cet instrument, c'est juste des gars qui utilisent le même instrument que moi mais au même titre que si je faisait de la batterie tu vois. Chacun fait son truc et poursuit sa route. Quand ils me citent comme influence c'est hyper flatteur, mais j'ai pas l'impression d'avoir été copié, c'est juste cool… 

 

Tu es autodidacte dans l'apprentissage du pad ?

Autodidacte ce serait un peu prétentieux, mais j'ai pas pris de cours disons. Le premier qui m'a mis un pad dans la main, c'est Superpoze. Lui il a vraiment appris en autodidacte. Il m'a montré comment je pouvais l'utiliser, après c'est moi en bidouillant que je l'ai maîtrisé de plus en plus. J'ai appris collectivement en fait. Après mes parents sont profs de musique tous les deux. Ils m'ont mis dedans quand j'étais petit, donc j'ai été très aidé. J'ai aussi fait des études de musicologie donc il y a tout un passé théorique.

 

Est-ce que tu aimerais changer d'outil pour bosser ?

A la fois oui, et en même temps je commence à vraiment maîtriser mes outils du coup pour l'instant, je n'ai pas vraiment envie de changer et d'un seul coup me lancer là dedans. C'est une énorme prise de risque, c'est comme si je faisais de la gratte et qu'on me disait, « tiens, j'ai fabriqué un super violon, est-ce que t'en veux ? ». Pour l'instant je suis à l'aise dans mes pompes et j'ai envie de rester un peu comme ça.

 

© Boris Allin

 

Tu préfères jouer en groupe ou seul ?

C'est une question intéressante même si c'est difficile de comparer. En groupe il y a beaucoup de contraintes, le show est beaucoup plus figé mais la contrepartie de ça, c'est qu'on joue à plein sur scène et qu'il y a vraiment un jeu humain qui fait que finalement les chansons sont fixes, on respecte tous nos partitions mais on partage un truc hyper fort, au feeling.
Je compense ça quand je suis tout seul et quand je me laisse beaucoup de liberté. Je vais vraiment pouvoir bidouiller mes sons, bidouiller mes trucs, ça compense un peu le côté humain et le feeling. J'aime pas faire deux soirs de suite exactement le même set, mais il faut qu'il y ait une certaine marge de liberté.

 

Comment gères-tu ton stress d'avant concert ?

C'est pareil, il y a deux stress. Le stress en groupe on le gère en faisant des haka et en buvant du whisky. Le stress tout seul, j'ai plus tendance à me mettre dans une espèce de bulle étanche au monde extérieur avant de jouer, presque un état méditatif, je rentre dans ma bulle et je vais transporter ma bulle sur scène et essayer de faire rentrer les gens dedans. Alors qu'en groupe, on a ce truc, cette énergie. Même si on est stressé avant le concert, on va tous se serrer les coudes et puis se taper dans le dos, et une fois qu'on est sur scène, on libère tout ça. C'est ce qu'on va faire ce soir, ce soir il y a pas mal de stress et il va falloir boire pas mal de whisky... (rires)

 

 

C'est la 3ème fois que tu viens à Bourges, est-ce que tu as le temps de te promener dans la ville ?

Non, pas du tout ! Je t'avoue que c'est déjà tellement prise de tête que d'arriver jusqu'au parking du festival avec le van que du coup j'ose plus en sortir. Il paraît qu'il y a une super cathédrale…

 

© Boris Allin

 

Quand tu joues dans des villes tu essayes de découvrir un peu, les spécialités culinaires etc… ?

Ça dépend du coin. Mais des fois ça arrive ouais. Par exemple le mois prochain, au milieu de cette tournée avec Bonobo et Odesza, j'ai une date à Los Angeles et j'ai pris un jour off histoire de me balader là bas parce que c'est Los Angeles… Donc oui ça dépend des coins, quand on a un festival un peu bien, avec un beau site au bord de l'eau, on prend la journée, on prend le temps de visiter, de faire des trucs...

 

 

Il existe un guide secret des meilleures villes dans lesquelles jouer entre musiciens ? Un groupe Facebook privé ?

Si, carrément. C'est une secte, un truc encore plus secret. Tout le monde sait que le Bikini à Toulouse, c'est le meilleur catering de France, du coup à chaque fois qu'on dit qu'on passe par le Bikini, tout le monde sait ce que ça veut dire.

 

Récemment tu as joué sur une montagne enneigée, tu penses quoi de ce genre de format ?

C'est tellement unique que je ne sais pas si je le referai un jour. Mais c'était incroyable d'avoir un cadre comme ça autour de moi. J'avais l'impression d'être vraiment au service de la nature et de pouvoir construire une bulle beaucoup plus vaste que d'habitude. J'avais pas besoin de faire d'effort au niveau de l'attitude, le décor jouait pour moi et c'était hallucinant. J'aimerais beaucoup le refaire. Mais là il y a 10% d'oxygène en moins. Là le whisky faut pas, c'est hyper dangereux !

 

 

Comment vis-tu ta vie en tournée ?

C'est un équilibre à trouver. À 25 ans, tu commences à te connaître un peu, au niveau de tes besoins, au niveau de ce dont t'as envie etc… avant, je prenais toutes les dates qu'il y avait à prendre et puis ça faisait des trucs style, je partais 2 jours, je revenais 3 jours chez moi, je partais 4 jours etc… c'est hyper épuisant.
Cette année j'ai tout regroupé par groupe de deux semaines. Là je fais 2 semaines de boulot où je vais vraiment bosser, et deux semaines de blanc avant la tournée des Etats-Unis, puis 2 deux semaines de blanc en rentrant. Cette alternance permet de garder un équilibre dans sa vie et de pas se perdre dans les méandres de la tournée… 

 

"Animal" disponible sur iTunes

 

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FAKEAR EN CONCERT :

 24 & 25.05 • The Casbah San Diego USA
26.05 • Lightning in a Bottle Festival Bradley USA
27.05 • Red Rocks Amphitheatre Morrison USA 
28.05 • World Island Leeds UK
09.06 • Caribana Festival Crans Pres Celigny FR
21.06 • Baby's All Right Brooklyn USA
22.06 • U Street Washington USA
25.06 • Glastonbury Festival UK
28.06 • Fairmount Montréal CAN
01.07 • Ondes Messines Metz FR
08.07 • Festidreuz Fouesnant FR
09.07 • Maison des Sports Autrans FR
06.08 • Festival Chiens à Plumes Villeguisen Le Lac FR
10.08 • Les Plages Electroniques Cannes FR
18.08 • Pukkelpop Klewit Hasselt BE
27.08 • Lost Village London UK
07.09 • Darwin Caserne Niel Bordeaux FR
09.09 • Parc Palmer Cenon FR

 

  • Saam WB
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    • 2017-05-25 12:12:26
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  • Tags - #animal #printemps de bourges #INTERVIEW #Artist up #nouvel album #Fakear #nouveau live #USA tour
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