Les clichés énigmatiques et envoûtants d'Alyz Tale

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"L'humain à tête d'animal et le masque sont des thèmes récurrents dans mon travail, j'aime photographier des personnages impossibles." 
Alyz Tale est une artiste photographe basée à Paris. Adepte des images oniriques, cette artiste nous emmène dans son univers intime et intemporel, loin de la réalité...
En utilisant différentes techniques, Alyz Tale joue avec les couleurs, les formes et les lumières, donnant vie aux oeuvres fascinantes, proches de la peinture et de l'illustration.
Rencontre coup de coeur avec une artiste sensible et rêveuse, créatrice d'images ensorcelantes...



© Alyz Tale


Vous réussissez à jongler avec les multiples possibilités qu’offre le médium photographique…
Pendant longtemps je suis restée obnubilée par la technique. J'étais frustrée et triste de ne pas avoir pu faire d'école de photographie, je pensais qu'on ne pouvait pas être un "vrai" photographe sans bonne école à son actif. J'ai donc voulu apprendre la technique, toutes les techniques : le studio, le numérique, l'argentique, le portrait, la nature morte,…
J'ai assisté des photographes, fait des stages, lu de nombreux manuels, regardé beaucoup de films pour y étudier la lumière, j'ingurgitais tout ce que je pouvais dans ce domaine. Et c'est d'ailleurs toujours un peu le cas aujourd'hui, j'apprends dès que j'en ai l'occasion et je pense toujours qu'il faut de bonnes connaissances de bases pour parvenir à ses fins.
Mais j’ai compris aujourd’hui que la technique n'est certainement pas une fin en soi, elle ne suffit pas, elle ne devient utile qu'une fois associée à un univers personnel, et c'est cet univers que je fais en sorte de développer et nourrir aujourd'hui. La technique est devenue secondaire, elle sert à concrétiser une idée, je choisis simplement le médium qui sera le mieux adapté à l'émotion que je veux faire passer.


© Alyz Tale


Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre style ? Votre univers artistique ? Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Au fil du temps je me suis aperçue que je revenais toujours au même type de photos, des images oniriques, souvent proches de la peinture et de l'illustration. Les photographes qui m'ont d'emblée fascinés et m'ont donné envie de me mettre à la photo, comme Sarah Moon ou les pictorialistes, sont dans cette veine. Et même si j'aime aussi beaucoup d'autres styles, je reviens toujours à ce type d'univers, loin de la réalité.


Klara © Alyz Tale


Dans votre série « Pigalle Circus », vous mettez en scène des personnes à tête d’animal…
Il s'agit en fait d'un homme, Charly Voodoo, qui porte la tête de taureau, et d'une femme, Kiki Beguin, qui porte la tête de lion. Ce sont deux artistes de cabaret qui se produisent entre autres sur la scène du Madame Arthur, cabaret historique de Pigalle où a été réalisée cette série.
Je connais Kiki depuis plusieurs années, nous sommes devenues amies et collaborons très régulièrement. Elle est également costumière et c'est elle qui a réalisé ces costumes. Nos univers sont proches, on se connaît bien, on échange des idées, des envies, les photos que nous faisons ensemble naissent toujours assez naturellement. Cette série fait partie de celles que j'ai eu le plus de plaisir à faire ces derniers mois.


Pigalle Circus © Alyz Tale
Pigalle Circus © Alyz Tale

Pigalle Circus © Alyz Tale


Plus largement, pouvez-vous nous en dire plus sur votre book 4 travaillé en noir et blanc… des portraits de femmes au milieu des paysages bucoliques ?
Le noir et blanc permet de véhiculer une émotion intemporelle et intime, je le perçois un peu comme une île perdue loin de tout sur laquelle j'ai régulièrement besoin de me rendre. La photo argentique, le polaroid et les techniques de tirage anciennes appuient encore davantage cette émotion.
Plusieurs des images de ce book sont des tirages bromoil par exemple, une technique qui était utilisée par les pictorialistes. C'est un procédé assez long et fastidieux mais qui retranscrit parfaitement ce que je recherche dans le noir et blanc, là encore on est plus proche de l'illustration ou de la peinture que de la photo.



Bromoil © Alyz Tale
Bromoil © Alyz Tale


Vous avez également réalisé la série « Hôtel Iris »… pourquoi ce choix de titre ?
Je vois à quelles images vous faites allusion mais cette série n'a en fait pas encore de titre, elle est toujours en cours. J'avais nommé "Hôtel Iris" l'une des images en référence à un roman de Yoko Ogawa, auteur japonais que j'aime énormément. La littérature est de loin ma plus grande source d'inspiration, de Lewis Carroll à Boris Vian en passant par Haruki Murakami, Ogawa ou encore Céline, pour ne citer qu'eux, c'est en lisant que j'ai le plus d'idées pour créer des images.

Vous jouez avec les couleurs et la superposition des images. Quelle est la place de la retouche photo dans ces clichés ?
La plupart des images de cette série sont des photos argentiques qui sont scannées puis retouchées, mais il n'y a pas vraiment de règle établie. Je fonctionne surtout à l'instinct, j'expérimente beaucoup et il y a pas mal de ratés avant d'arriver à l'image qui me plaira.


© Alyz Tale
© Alyz Tale


Cette série fait partie de votre book 1. Quels liens établissez-vous avec les autres séries présentes dans ce book ?
Les "books" sur mon site servent uniquement à présenter mon travail de manière globale, ils ne constituent pas des séries en soi, mais je vois ce que vous voulez dire et il peut paraître effectivement étrange d'avoir mis côte à côte des portraits et des flacons de parfum par exemple.
Pour moi, toutes ces images font partie de mon univers, je gagne ma vie en faisant de la photo de nature morte, notamment dans l'industrie du luxe et du parfum, et c'est un travail qui me plaît, je ne place pas ces images "au-dessous" des autres, elles forment un tout qui correspond à mon univers.


Burning Bridges © Alyz Tale
Burning Bridges © Alyz Tale


Dans votre book 2, on bascule dans un univers plus doux avec des couleurs pastel et des hybrides mi-homme, mi-animal…  Qu’est-ce qui vous a inspiré ces nouveaux travaux ? Que vous permettent-ils de mettre en lumière ?
La première photo du book 2 fait partie d'une série qui s'appelle "Burning Bridges", des portraits de femmes au Polaroid dans des miroirs déformants. Je voulais faire une série sur l'image que l'on a de soi et celle que l'on pense renvoyer aux autres.
Quant au portrait à tête de lapin, ils font partie de la série "Bestiaire", une galerie de personnages hybrides, comme sortis d'un conte. Cette série est d'ailleurs toujours en cours. L'humain à tête d'animal et le masque sont des thèmes récurrents dans mon travail, j'aime photographier des personnages impossibles.


Burning Bridges © Alyz Tale
Burning Bridges © Alyz Tale


Vous avez réalisé de nombreux portraits… Comment trouvez-vous vos modèles photo ? Que recherchez-vous chez eux ?
Ce sont souvent des amis. Dans le cadre de mon travail personnel j'ai besoin de connaître un minimum la personne pour réussir à sortir en image l'émotion que je recherche ou, plutôt, l’émotion que le modèle veut bien m'offrir.
Pour reprendre l'exemple de l'image appelée "Hôtel Iris", j'ai fait appel à Amélie, amie et modèle avec qui je partage une fascination pour les romans de Yoko Ogawa, dont nous discutons souvent. Nous voulions depuis longtemps faire des photos hommages au travail de cette écrivaine japonaise, "Hôtel Iris" est l'une de ces photos, il y en a d'autres, et il y en aura très certainement de nouvelles.
Il m’arrive aussi de travailler avec des modèles que je connais peu ou pas et il se trouve qu'ils deviennent également souvent des amis. L'univers qui naît lors d'une séance photo tisse des liens et permet au modèle et au photographe de se comprendre sans parler.


© Alyz Tale

© Alyz Tale


Adaptez-vous votre façon de travailler en fonction de la personne ?
Oui bien sûr. Cela fonctionne aussi dans l'autre sens : je choisis la personne qui correspondra le mieux à mon idée, celle qui s'y sentira le plus à l'aise. La photo doit rester un partage. Une séance photo dans laquelle le modèle ne se sent pas bien ne donnera pas de bonnes images, c'est une perte de temps pour tout le monde.

Réalisez-vous des autoportraits ?
J'en faisais beaucoup lorsque j'ai commencé la photo, principalement parce que je ne voulais pas faire subir aux autres mes tâtonnements. Aujourd'hui j'en vois moins l'utilité, mais pourquoi pas en refaire un jour, je ne ferme aucune porte.

Quels sont vos projets à venir ?
J’ai beaucoup de projets en cours ou en tête, dont une expo, mais je préfère ne pas en parler tant que ce n’est pas fait !


Klara © Alyz Tale



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  • Chloé Guyot
    (hôte)
    • 2017-06-09 10:46:43
    • 2 496 views
  • Tags - #photographe #photographie #AlyzTale #PigalleCircus #HôtelIris
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