Palette créative haute en couleur de la chorégraphe Vania Vaneau

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Née en 1982 à São Paulo, Brésil, Vania Vaneau est chorégraphe et interprète qui se forme à la danse d’abord au Brésil puis à l’école P.A.R.T.S à Bruxelles. En tant qu’interprète, elle participe aux créations et reprises de Wim Vandekeybus, Yoann Bourgeois,  Maguy Marin ou encore Anne Collod et Christian Rizzo .
En 2014, Vania Vaneau créé son premier long solo "Blanc" accompagnée du guitariste Simon Dijoud : "Je me suis confrontée à la question de l’identité comme quelque chose d’ouvert et multiple." Entre chorégraphie, concert et performance, "Blanc" invite à une réflexion sur l'identité dont la construciton repose sur la mixité, ses différentes facettes et ses mutations... Puis, en 2016 elle co-crée "Ornement" avec Anna Massoni. 

Aujourd’hui, Vania Vaneau s'épanouit et s'exprime à travers la Compagnie « Arrangement Provisoire », dont elle partage la direction artistique avec Jordi Galí. 


Vania Vaneau © Tous droits réservés


Parlez-nous un peu de vous Vania - d’où venez-vous, votre parcours, votre rencontre avec la danse … ?
Je suis née à Sao Paulo en 1982, d’une mère brésilienne chorégraphe et d’un père belge metteur en scène. J’ai commencé petite avec eux, les suivants dans les répétitions et puis sur scène. Adolescente je suis venue en France où j’ai été au conservatoire de danse contemporaine, puis à l’école P.A.R.T.S à Bruxelles.
J’ai commencé à travailler en tant qu’interprète à Bruxelles avec Wim Vandekeybus, puis j’ai été artiste permanente de la Cie Maguy Marin au CCN de Rillieux-la-Pape pendant 6 ans. Actuellement je participe aussi à des créations de Yoann Bourgeois et Christian Rizzo.

Vos pièces s’intéressent aux différentes strates physiques et subjectives du corps comme continuité de son environnement. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
J’ai commencé à faire mon travail en 2014 avec le solo « Blanc », accompagnée du guitariste Simon Dijoud. Je me suis alors intéressée aux différentes strates qui nous composent et nous entourent : strates du corps, de la conscience, du paysage, du temps… dans une sorte de recherche archéologique du corps en continuité avec son environnement. Je me suis confrontée à la question de l’identité comme quelque chose d’ouvert et multiple. L’individu étant fait d’histoires, de cultures, et aussi d’animalités et d’éléments de la nature.
Dans « Blanc » le singulier est multiple, l’individu est une foule, une multitude de facettes, de visages et de masques, intérieurs et extérieurs comme le spectre de la lumière blanche.
Dans « Ornement », duo cocréé avec Anna Massoni en 2016, nous avons aussi travaillé sur les différentes couches matérielles et imaginaires du corps et du paysage duquel il fait partie.



Vania Vaneau - "Blanc" © Tous droits réservés


Vous avez créé votre premier long solo en 2014, intitulé « Blanc » et tout au long de votre performance, vous vous vêtissez de draps de couleurs, jusqu’à en être recouverte entièrement… quelle en est la symbolique ?
Les costumes dans Blanc se superposent comme des multiples peaux-paysages qui recouvrent et transforment le corps petit à petit, le cachant quelque part mais en faisant surgir d’autres corps, d’autres êtres, d’autres lieux, d’autres temps…

Vania Vaneau - "Blanc" © Tous droits réservés


Quels sont Les thèmes que vous abordez ?
Je pars de l’idée de l’interprète non pas comme acteur mais comme vecteur des forces qui le traversent. Le corps n’étant pas un centre mais un filtre, poreux, qui créé une continuité entre l’intérieur et l’extérieur, entre le matériel et l’imaginaire, le réel et le fictif, le visible et l’invisible. La peau est ainsi devenue un thème central : enveloppe, membrane ou passage ; nue, habillée ou peinte… le Blanc comme couleur de ma peau mais aussi comme condition sociale.
Les bases de la recherche de « Blanc » ont été l’idée du corps périssable et utopique de M. Foucault, la cérémonie, le chamanisme, la transe et la transformation, l‘exploration de différents états de corps et de conscience, dans un dialogue entre le rituel et le théâtre, la culture « blanche » et pas « blanche ».



Vania Vaneau - "Blanc" © Tous droits réservés


Quelles ont été vos sources d’inspiration ?
Dans mon travail de création je m’inspire d’images, de textes, de films ou de peintures. Je porte un intérêt particulier pour la plasticité autant que par l’organicité. C’est dans l’expérience réelle du corps autant que dans des sources théoriques de psychologie, anthropologie, physique… que je vais chercher des sens et une cohérence plus profonde qui sert de base à la dramaturgie.



Blanc © Tous droits réservés


En 2016, vous avez réalisé avec Anna Massoni « Ornement »… Quelle est la genèse de cette création ?
« Ornement » c’est une rencontre, une création co-écrite avec Anna Massoni. Nous avons travaillé pour cette pièce sur une palette physique et visuelle qui va de l’abstrait au symbolique. Cherchant à moduler nos corps avec différents degrés d’intensité dramatique : du geste fonctionnel à l’expressivité burlesque, ainsi que du liquide à la pierre, faisant surgir des potentiels narratifs dans les mouvements.
Dans un jeu de cacher et révéler, hotter ou ajouter de l’intention, de la tonicité, de l’imaginaire, nous cherchons à troubler et faire trembler l’image dans sa polysémie. L’ornement comme une couche que l’on enlève ou que l’on rajoute.

Que représente le duo ? Quelle est son importance dans l’interprétation de la performance ?
Le duo était pour nous la possibilité d’explorer la fusion ou la division, comme les premières cellules. Il nous a permis d’approfondir et affiner l’expérience d’empathie et de porosité que j’avais entamé dans « Blanc ».



Ornement © Tous droits réservés


En quoi ce duo se place dans le prolongement de votre solo « Blanc » ?
Dans "Ornement" nous avons poussez plus loin la question de l’écriture et de la composition, le dialogue aidait à ça. Ce qui est commun est la recherche de décentralisation et de ‘désihérarchisation’ du corps et des différents éléments qui le composent, et en tant que partie d’un tout : moléculaire, musculaire, émotionnel, historique, animal, végétal, cosmique,…
Il y a un questionnement qui se poursuit sur un dialogue entre nature/culture, matière/image et sur un rapport actif/passif avec l’environnement, de l’animisme à l’anthropocène…


Marie-Eve Heer  - "Blanc" © Tous droits réservés


Comment abordez-vous la notion de l’espace scénique dans vos créations ?
Dans les deux pièces le corps est encadré ou contraint par l’espace scénique. Il dialogue avec des matières en tant que dispositif : avec les costumes dans « Blanc » et avec la scénographie dans « Ornement » ; dans les deux cas il est manipulé et transformé par nous sur scène et devient partenaire à part entière.
La musique et la lumière sont aussi très importantes dans l’idée de l’espace scénique comme un tout mais où chaque élément a sa propre vie. Dans « Blanc » la musique est jouée en live par Simon Dijoud qui ponctue et créé un contrepoint avec les transformations du corps dans l’espace ; la lumière participe aussi à la métamorphose du corps à un moment de la pièce. Dans « Ornement », la musique de Denis Mariotte et les lumières d’Angela Massoni créent un environnement vivant et plein de reliefs dans lequel on évolue et avec lequel on dialogue en permanence.


Ornement © Tous droits réservés

Ornement © Tous droits réservés


Du noir et blanc initial, vous passez à une vaste palette de couleurs. Pouvez-vous nous en dire plus sur la signification de cette évolution ?
Le travail avec la couleur est quelque chose qui me plait beaucoup ainsi que celui sur les émotions. Dans « Blanc » on passe de la couleur au noir pour revenir à la couleur et dans « Ornement », du blanc et noir à la couleur pour revenir au noir. J’aime jouer avec des intensités et des contrastes, du noir au blanc en passant par toutes les couleurs, ainsi que de l’indifférence à la tragédie en passant par toutes les émotions, mais toujours en métamorphose, comme des paysages en transformation.



Vania Vaneau © Tous droits réservés



Comment s’est faite votre rencontre avec la « Compagnie Arrangement Provisoire » ? Comment s’organise votre travail avec le chorégraphe Jordi Gali ?
Mon travail se construit au sein de l’association Arrangement Provisoire, que je co-dirige avec Jordi Gali. L’association a été créé au départ par Jordi en 2007 avec qui je vis et collabore depuis plusieurs années. La compagnie se structure autour de nos deux projets qui restent indépendants.
Nous collaborons de différentes façons dans les projets de l’un et de l’autre, en tant qu’assistant, interprète, création des costumes, aide à la technique etc. Nous formons une équipe avec Anne-Lise Chrétien, administratrice, et les différents collaborateurs des deux projets. Nous sommes tous les deux, depuis 2016, artistes associés au CDC Le Pacifique à Grenoble pour une durée de trois ans, ce qui nous permet d’avoir une base de travail et de réflexion pour le développement des différents projets.

Avez-vous d’autres créations en cours ou à venir ?
Actuellement j’entame un nouveau projet de pièce sur le passage du temps, sur l’activité et la passivité, le repos et l’action, le rêve et la machine, toujours dans l’idée d’une continuité entre l’organique le psychique et le matériel.



Marie-Eve Heer / Blanc © Tous droits réservés


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  • Chloé Guyot
    (hôte)
    • 2017-07-06 17:15:55
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  • Tags - #duo #danse #solo #blanc #Arrangementsprovisoire #Ornements
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