Défi Baikal, découvrez l’expédition inédite au festival Grand Bivouac

PARTENAIRES

Chercher une news

Publicité




Le Défi Baikal - une expérience humaine, sensorielle et scientifique - est un projet lancé par l'association Vue (d') ensemble. Une expédition en binômes entre déficients visuels, sourds, malentendants et personnes valides. Son objectif : faire changer le regard sur le handicap, ainsi que le regard des malvoyants et malentendants sur leurs capacités personnelles.
Défi Baikal, c'est une expédition en autonomie complète en ski de randonnée, une traversée dans la région du mythique lac Sibérien - large de 80 km. Une région au climat particulièrement rude, que 7 binômes devront traverser au cœur de l’hiver glacial de la Sibérie.
Le « Défi Baïkal » est l’expédition parrainée cette année par le festival du Grand Bivouac à Albertville. Cette expédition inédite a fait l'objet d’un témoignage filmé « Au-delà de la lumière », qui sera présenté pour la première fois au festival le 21 octobre à 20H30. 
Olivier Weber – réalisateur et parrain de l’expédition, et Thibaut Graillot – producteur du film de 2caps production - nous ont parlé de cette expérience hors du commun.


Le Défi Baikal au Festival Le GRAND BIVOUAC


Quelle est la genèse de ce projet ?
Thibaut Graillot :
Le Défi Baïkal c’est une expédition mais aussi un film, un témoignage de ce « défi » et de cette aventure humaine. C’est Gérard Muller de l’association Yvoir qui nous a proposé ce projet seulement 3 mois avant l’expédition en Sibérie, soit à peine le temps d’organiser et de réunir une équipe technique. 
C’est donc également un véritable « défi » pour notre petite société de production.




Comment « Défi Baikal » a-t-il vu le jour ? 
Olivier Weber :
C’est une idée de différents amis, surtout de la part de non-voyants et de malvoyants, qui voulaient mettre sur pied une aventure à la fois physique et humaine. On m’a contacté et j’ai dit oui tout de suite pour les accompagner en tant que parrain de l’expédition. A la fin, on a décidé d’en faire un film, Au-delà de la lumière. 
Pour moi le plus important dans ce projet c’est l’aventure humaine qu’il représente. L’idée c’était d’aller au-delà de ses limites et de montrer qu’on pouvait faire quelque chose de positif dans le handicap, et même au-delà du handicap ! On est tous plus ou moins sujet à des souffrances, des douleurs, des isolements dans un moment de notre vie mais, on a pu voir pendant le séjour et en amont, que si on se fixe un objectif commun, on peut partager et être dans l’enthousiasme. Pour moi c’est une vraie leçon d’espérance. 
Au départ, c’est Pierre Muller (un des guides de montagne de l’expédition), avec qui j’étais partie plusieurs fois en Irak, qui m’a parlé de son père devenu aveugle. Il m’a raconté son histoire, j’ai été très touché par cela et c’est comme ça que j’ai intégré l’équipe et rejoint l’aventure. 



Défi Baïkal © Tous droits réservés

 
Pouvez-vous nous en dire plus sur les associations Vue (d’)ensemble et Y Voir ? 
Olivier Weber :
Ce sont des associations qui regroupent des malvoyants et des non-voyants pour leur permettre de sortir de l’isolement et partager. 
Thibaut Graillot :
Concernant Vue d’(ensemble), de véritables liens amicaux se sont créés avec Yves Wansi (le président) et Nicolas Linder (vice-président). Leur soutien et leur solidarité dans ce projet ont été très importants. Nous avons une réelle admiration pour les membres de l’association qui font de leur handicap un atout, et ce n’est pas un slogan ! Ce sont de belles personnes qui repoussent leurs limites, au point d’entreprendre des aventures extraordinaires dont le Défi Baïkal en est l’illustration parfaite.



Défi Baïkal © Tous droits réservés

 
Quels ont été les objectifs du projet « Défi Baikal » ?
Olivier Weber :
Je n’ai pas voulu que le film reste au niveau de l’expédition elle-même, c’est vraiment une leçon de vie en quelque sorte, pour énormément de monde, avec une leçon de vie, une espérance, et une porte ouverte sur la résilience, sur la rédemption même. Quand on voit ce genre d’aventure, ce genre d’action de la part de jeunes et moins jeunes malvoyants ou aveugles, on se dit qu’on ne peut pas se plaindre, il faut y aller aussi ! 
Thibaut Graillot :
Pour 2 Caps Production, l’objectif est de produire un film qui soit à la hauteur du caractère exceptionnel de l’événement et ce malgré les contraintes financières et d’organisation dues au manque de temps pour préparer ce projet ambitieux. L’objectif du film et de l’association, est de démontrer que les malvoyants peuvent aller au bout de leurs limites, partager une expérience inédite et plaider pour la cause des aveugles.



Défi Baïkal © Tous droits réservés

 
Qui sont les binômes participants à l’aventure ? 
Olivier Weber :
Les 7 binômes sont constitués d’un déficient visuel et un accompagnant (guide de montagne, amis et moi-même). D’ailleurs à la fin de l’expédition je leur ai dit : « Je croyais vous accompagner mais finalement c’est vous qui m’avait accompagné ! ». 
Thibaut Graillot :
Ce sont 12 personnes, dont neuf malvoyants et/ou sourds qui ont participé à l’expédition sibérienne et ayant différentes déficiences : rétinite pigmentaire, spina bifida, syndrome d’Usher, lymphome intra oculaire, décollement de rétine, surdité́ profonde... Un véritable défi qu’ils se sont lancés dans des conditions extrêmes! Ensemble, ils ont constitué une équipe solide et se sont apportés mutuellement : une belle aventure humaine remplie d’échanges. 
Ils ont été accompagnés par 2 guides français de très haut niveau (dont Pierre, le fils du chef de l’expédition, Gérard Muller) et 3 guides russes locaux. Enfin, ce sont 3 associations représentées dans cette expédition par leurs présidents respectifs : Daniel Buffard pour « Les Montagnes du Silence », Yves Wansi pour « Vue (d’)Ensemble » et Gérard Muller pour « Yvoir ». 
Ce dernier est un ancien pharmacien qui a perdu la vue vers l’âge de 50 ans. Refusant la sédentarisation dans la bulle du handicap, il est connu pour ses nombreux exploits sportifs comme Paris-Pékin et Pékin-Londres en tandem et le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, seul, uniquement guidé par un GPS prototype. 
Quant à Jean Nerva, il a pratiqué le snowboard à très haut niveau (vainqueur de la coupe du monde de bosses en 1988, slalom en 1990, multiple champion de France), puis a été producteur de films sportifs et rédacteur en chef d’un magazine sur le snowboard. Depuis 2011, il est atteint par un rare lymphome intra oculaire à l’origine de sa lourde déficience visuelle. 
Autre personnage marquant, Alice Lapujade, jeune diplômée d’un master en sciences politiques et sociales, d’une maîtrise en sociologie et d’une licence en communication et lettres modernes. Elle est atteinte du syndrome d’Usher, maladie génétique qui lui fait perdre progressivement la vue et l’audition depuis l’enfance. Des profils et des parcours très différents parmi ces douze personnalités à découvrir, mais toutes motivées par le même défi : dépasser leurs limites, partager une aventure humaine exceptionnelle, mais aussi pouvoir la porter aux « yeux de tous », grâce à ce film-documentaire ! 
Afin d’être totalement complet, vous trouverez le profil et parcours des participants sur : www.defibaikal-vde.com/accueil/les-aventuriers 



Défi Baïkal © Tous droits réservés


Thibaut Graillot, vous êtes producteur du film « Défi Baikal ». Pouvez-vous nous en dire plus sur vous et votre parcours ?
J’ai adhéré immédiatement à cette aventure qui porte des valeurs qui me sont chères. Comme le dépassement de soi et la cohésion de groupe que je retrouve dans ma vie professionnelle d’entrepreneur et dans ma vie sportive en tant que boxeur : c’est l’image que je me fais de la vie.
J’ai débuté mon parcours professionnel dans l’audiovisuel tout en bas de l’échelle, il a fallu travailler des jours, des nuits, des week-ends, des mois d’arrache-pied, pour construire pierre après pierre mon projet d’entreprenariat qui s’est concrétisé par la création de 2 Caps Production. Ce fut, et c’est encore, un combat de tous les jours pour défendre des projets comme le Défi Baïkal, qui ne se font pas dans la facilité. 
L’activité de production de films et de grands reportages me permet de partir à la rencontre de paysages, de visages et de cultures différentes. Notamment l’année dernière en Afrique au Burkina Faso où j’ai fait la rencontre de Gérard Muller, nous avons produit et réalisé un grand reportage pour Arte en Centrafrique. 


Défi Baïkal © Tous droits réservés


Thibaut Graillot, comment avez-vous été amené à rejoindre cette belle aventure ?
J’ai fait la connaissance de Gérard Muller de l’association « Yvoir » sur qui j’avais tourné un long métrage documentaire au Burkina Faso. Nous nous sommes très vite lié d’amitié avec la promesse de retravailler ensemble sur l’une de ses futures aventures. C’est Gérard Muller qui m’a contacté 3 mois avant son départ en Sibérie et m’a proposé de relever le « défi » de produire un film sur cette expédition. La proximité de l’échéance représentait un défi énorme pour 2 Caps Production, mais avec une petite dose de trac pour le jeune producteur que je suis, j’ai rapidement accepté et contacté le réalisateur. À peine quelques semaines plus tard, nous étions sur le pont pour accompagner toute l'équipe lors d'un week-end entrainement dans les Alpes. Le Défi Baïkal est d’ores et déjà̀ une aventure humaine et professionnelle hors norme.
 
Comment s’est faite la production du film et notamment comment avez-vous récolté les fonds pour le projet ?
Thibaut Graillot :
France 3 Bourgogne-Franche-Comté est co-poducteur et diffuseur du film. Nous avons également récolté 20 000€ de dons, via une plateforme de financement participatif. Nous sommes actuellement encore en recherche active de soutiens et de financements afin de boucler le budget de ce film ambitieux.



Défi Baïkal © Tous droits réservés


Quels ont été les temps forts du projet ? Les souvenirs les plus marquants ?
Olivier Weber :
Ce sont les rencontres faites tout au long de notre expédition, dans un paysage extraordinaire avec le lac Baikal gelé et les montagnes aux alentours. La nuit aussi, quand nous dormions en bivouac sur le lac : 60 cm de glace et en dessous 1700 mètres d’eau. C’est le lac le plus profond et qui a  la plus grande réserve d’eau douce au monde. Et puis on savait que là où nous nous trouvions, c’était un endroit éphémère car la glace allait fondre et tout allait disparaître. 
Mais surtout c’est la découverte de cette volonté de la part de toutes ces personnes malvoyantes et aveugles, leur énergie positive, leur enthousiasme qui m’ont marqué. 




Défi Baïkal © Tous droits réservés


Comment s’est déroulée la réalisation du film, dans ce climat particulièrement rude ? 
Olivier Weber :
L’hiver a été la première difficulté bien sûr ! Par -20°, on a dû faire extrêmement attention au matériel, il faut se préparer physiquement et techniquement avec un très bon équipement vestimentaire (5 couches en haut et 4 couches en bas). 
Après c’était un film difficile à tourner car on était entouré de blanc, et puis ce n’était pas évident de représenter la cécité visuelle des personnes présentes. Enfin, il y avait toute la logistique qui nous demandait beaucoup de temps, car nous étions en autonomie sur tout le trek.  


Défi Baïkal © Tous droits réservés


Olivier Weber, vous êtes le parrain du projet et le réalisateur du film « Défi Baikal » … Ecrivain, réalisateur et grand reporter, pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours et comment vous êtes venu à l’écriture ? 
Après des études d’économie et de doctorat en droit international à Paris, Nice et San Francisco, j’ai été correspondant de guerre en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient pour The Sunday Times, The Guardian, Libération et Le Point.
Je suis devenu écrivain après avoir été longtemps grand reporter et reporter de guerre. J’ai couvert une vingtaine de conflits et vécu avec une quinzaine de mouvements de guérilla, souvent en montagne, de l’Afghanistan à l’Erythrée, de l’Amérique Latine à l’Irak et au Kurdistan. 
J’ai toujours écrit, depuis mon plus jeune âge, mais, après une expérience d’ambassadeur de France durant cinq ans, principalement auprès des Nations Unies, j’ai décidé de reprendre ma liberté pour me consacrer pleinement à l’écriture. Je continue de voyager, de tourner des films, de me rendre dans des zones de guerre, non seulement pour continuer de témoigner mais aussi pour trouver l’inspiration nécessaire au roman. Je rentre d’Irak, pour une mission humanitaire cette fois-ci, mais la prochaine étape consiste à finir mon livre. 


Défi Baïkal © Tous droits réservés


Thibaut Graillot, que ressentez-vous à la vue de la projection du film « Défi Baikal » au Festival Le Grand Bivouac ? 
Le Grand Bivouac est une référence incontournable du film du voyage et des découvertes partagées, c’est donc une fierté et un privilège que le Défi Baïkal ait été sélectionné et que le festival soit aux couleurs de notre film. Cela lui offre une belle exposition et représente une chance d’être vu par le public averti du festival.



Défi Baïkal © Tous droits réservés


Quels sont vos projets pour la suite ? 
Olivier Weber :
Là je vais repartir en Irak, peut être en Afghanistan,puis en Scandinavie et dans l’Himalaya. Ce sont soit des projets de livre, soit des projets documentaires. Le point commun sera bien évidemment l’aventure physique et humaine. 
Thibaut Graillot :
Il y a actuellement 2 films documentaires sur des thématiques fortes pour lesquels 2 Caps Production est très engagé :
« Vivre A En Mourir » qui est en cours de réalisation sur le droit de mourir dans la dignité. Illustré en Belgique, en France et en Suisse à travers 2 portraits de jeunes trentenaires en réflexion sur le suicide assisté (Florian vivant en France et Marieke la célèbre quadruple championne paralympique vivant en Belgique). L’objectif est de donner aux téléspectateurs toutes les clefs afin qu’ils puissent se faire une idée sur le sujet.
« Un Piano Sur Le Toit Du Monde » projet très ambitieux puisqu’il retracera le voyage atypique de la « Caravane Amoureuse », de son pianiste nomade Marc Vella et de son inséparable et encombrant piano à queue. Cette aventure qui traversera plusieurs pays dont l’Inde, le Népal et nous emmènera jusqu’au Tibet, sera captée par l’œil empreint d’humanité du célèbre photographe Reza Deghati.


SUIVEZ LES ACTUALITES :
  • Artist UP
    (Owner)
    • 2017-09-07 08:05:01
    • 1,624 views
  • Tags - #film #Voyage #albertville #handicap #projection #Défi Baikal #expédition #Le Grand Bivouac #Olivier Weber #Thibaut Graillot #déficients visuels #sourds #malentendants
  • Ajouter aux favoris

Photos

PLUS D'ARTICLES ICI