L'esthétisme french pop et psyché de CLARA LUCIANI

PARTENAIRES

Vous désirez communiquer
sur Artist Up ?

Etablir un partenariat
pour votre évènement ?

Contactez nous !

Chercher une news

Publicité



Armée de sa Fender Jazzmaster, c'est à Villefranche pour le festival les Nouvelles en Beaujolais que Clara Luciani et son band nous ont fait le plaisir d'ouvrir cette soirée teintée "french pop". Son premier EP "Monstre d'Amour" marque un premier pas vers une pop version française aux accents psychédéliques subtiles et parfaitement intégrés. Produit par Benjamin Lebeau de the Shoes et Sage, cet opus est annonciateur d'un premier album qui verra le jour début 2018.

Rencontre avec la fantastique et charismatique Clara Luciani dans les coulisses du festival Les Nouvelles Voix en Beaujolais.   



"Monstre d'Amour" disponible

 
© Fabrice Buffart - Nouvelles Voix en Beaujolais

 

Il y a une vraie scène french pop depuis quelques années, le plateau de ce soir le représente bien (Juliette Armanet, toi, Eddy de Pretto...), que penses-tu de cet engouement pour le retour de la langue française ?

Je pense que c'est formidable. Moi ça me va très bien comme ça parce que je ne serai pas capable d'écrire en anglais. J'ai eu un groupe en anglais et ce n'était vraiment pas aussi naturel pour moi, je devais vraiment réfléchir aux paroles, ce n'est pas la langue dans laquelle je pense, dans laquelle je rêve donc c'était hyper dur de transcrire mes émotions.
La question ne s'est presque pas posée, en plus de ça, j'ai commencé la musique avec La Femme, qui chantait en français donc ça m'est tout de suite apparu comme une évidence. Je trouve qu'en plus de ça, quand on utilise l'anglais, il y a cette forme de pudeur, il y a une sorte de masque qui s'installe automatiquement et moi, au plus proche je suis du public, au mieux c'est pour moi.

Interview de Eddy de Pretto
Interview de Juliette Armanet

 

 

Pourquoi chantais-tu en anglais dans ton ancien groupe ?

Encore une fois je pense que c'était plus une forme de pudeur, je ne me sentais pas légitime de raconter des choses en fait. Je me demandais ce que j'allais bien pouvoir dire à tous ces gens. Je manquais cruellement de confiance en moi et je me disais que si je leur parlais en anglais, j'avais le droit de dire des choses moins personnelles, moins cruciales, moins directes. Pour moi c'était vraiment un masque et j'ai eu besoin de cette transition là.

 


© Claudia Revidat

 

Quelles sont les choses dont tu te nourris... importantes pour ton inspiration ?

Je crois que ce qui m'a inspirée ces derniers mois, ce sont surtout des livres, au delà de la musique. Je suis vraiment tombée amoureuse tardivement de Annie Ernaux, je l'ai découverte assez tard. Là, je suis en train de lire l'intégrale de ses écrits et j'adore ce qu'elle fait, j'adore ce qu'elle dit et comment elle le dit. Je lis actuellement un ouvrage où elle raconte un peu tout et n'importe quoi, des gens qu'elle croise dans le métro, des caissières qu'elle voit au super-marché etc. Il en ressort des questionnements sociaux, phsychologiques et philosophiques extrêmement forts de ces scènes hyper banales.
Le fait de lire cela m'a fait trouver de l'intérêt et de la poésie dans les trucs autour de moi que je regardais à peine. A la base, je n'écrivais que sur les chagrins d'amour donc ça m'a ouvert des portes en disant que je pouvais trouver des sujets n'importe où. Tout est beau, tout est intéressant, tout est touchant. Des fois j'essaye d'imaginer la vie des gens et j'en fais une chanson...

 

 

Tu chantais dans La Femme au début, tu as également fait une collaboration avec Nouvelle Vague, que retiens-tu de ces expériences pour ton projet aujourd'hui ?

C'est plus quelque-chose que je garde en fait... J'adore les gens, j'adore rencontrer des gens, je trouve que la musique c'est vraiment comme le bon vin, c'est encore meilleur quand on partage ça avec des gens qu'on admire et qu'on aime. Du coup je suis en permanence en recherche de musiciens, de personnes avec qui créer, échanger, et ça va de La Femme à Nouvelle Vague comme des expériences encore plus inattendues comme le duo que j'ai fait avec Nekfeu. Là tout le monde s'est demandé ce que je faisais alors que c'était génial pour moi.
J'apprends à chaque fois des gens avec qui je collabore et j'ai vraiment envie de continuer ça tout au long de ma carrière. Je mettrai un point d'honneur à continuer ces expériences là parce que je crois qu'il faut être ouvert à tous les genres et toutes les musiques et supprimer les barrières pré-établies entre des styles qui s'opposent aussi fortement que le rap et le rock par exemple. Je me suis rendue compte que c'était deux styles assez proches dans leurs revendications, dans leur côté à fleur de peau... Ce sont des styles que l'on va écouter encore plus lorsque l'on va rentrer dans des périodes aussi difficiles que l'adolescence. Généralement on commence à avoir des quêtes d'identité, des crises existentielles, on commence à se tourner vers ces styles là qui sont très incarnés. C'est assez naturel de créer des ponts entre ces styles finalement.

 

© Claudia Revidat

 

Je trouve qu'il y a une vraie bienveillance entre artistes en ce moment...

Oui, et c'est même pas de l'hypocrisie, il y a un vrai côté « Salut les copains ! » quoi... C'est trop bien, j'ai toujours fonctionné comme ça moi. Ça fait un peu bisounours dit comme ça, mais j'ai toujours été heureuse de rencontrer des gens qui font de la musique aussi, de voir comment ils la font, de voir comment on peut créer des passerelles. On ne peut en ressortir qu'enrichis.

 

J'ai lu que tu faisais du tricot dans les loges avant les concerts... Est-ce que tu as d'autres rituels ?

Il faut savoir que je suis une très grande angoissée, notamment de la scène, c'est aussi pour ça que j'ai commencé à chanter en anglais. Je n'ai pas énormément confiance en moi et monter sur scène était pour moi comme aller sur le ring.
J'ai fait les premières parties de Benjamin Biolay et j'étais en guitare/voix, seule au monde... Avant de monter sur scène, j'étais terrorisée, vraiment. Comme je ne suis pas adepte de tout ce qui est drogue, alcool etc, je me suis dit qu'il allait falloir que je trouve quelque chose de plus sage et de moins destructeur, et du coup je me suis mise au tricot.
Je me suis aussi mise à la lecture, à la médiation... J'en ai un peu moins besoin maintenant qu'il y a les garçons avec moi, maintenant on se fait des blagues et on joue au UNO. J'ai la chance d'avoir des musiciens incroyables et avec qui on s'entend trop bien. Donc j'ai un peu moins besoin de ces stratagèmes mais ça m'a beaucoup aidée ! C'est pas très sexe, drogue & rock'n roll mais c'est ma petite technique à moi.

 

© Claudia Revidat

 

Justement, j'ai trouvé que tes musiciens et notamment ton guitariste faisaient un gros travail sur les textures sonores, toi même guitariste. Quelle importance accordes-tu à cette recherche de son dans ton processus de création ?

C'est très important parce que quand on fait de la chanson, on a toujours cette espèce d'appréhension de sonner soit très variété soit très pastiche des 60's. Moi c'est la crainte que j'avais, en ayant une frange, en faisant de la guitare... En plus ça n'a pas manqué, on me dit quand même que je ressemble à Françoise Hardy etc. Ça reste bien sûr un compliment mais j'avait pas du tout envie de faire un projet vintage.
Je voulais trouver des sons à ce qui correspondaient à ce que j'écoute, du rock, du shoegaze etc. et à la fois qui pouvaient quand même s'intégrer harmonieusement avec le chant en français. Benjamin Porraz, le guitariste, est très soucieux de son son, il me donne plein de conseils sur les pédales etc. Il est très fort et c'est pareil pour tous les garçons qui jouent avec moi. Ce sont de vrais musiciens inspirés, inspirants et qui font toute la différence, comme les gens avec qui je travaille en studio.

 

 

Tu as presque un groupe de rock psyché derrière toi finalement...?

C'est un énorme compliment ! Je n'écoute que ça et je sais que Benjamin et Alban aussi. On va souvent aux concerts ensemble, notre dernier coup de cœur c'est Pond. On est allé les voir 3 fois. Tous les trucs genre Black Angels, on adore, dans le van on écoute que ça à fond et c'est trop bien !

 


© Claudia Revidat

 

Pour ton EP, tu t'es entourée de Benjamin Lebeau de The Shoes et de Sage, comment se sont passées ces collaborations ?

Très bien, tellement bien que c'est la même équipe qui va travailler sur l'album qu'on termine d'enregistrer. Pour schématiser, j'ai tendance à les comparer Sage à Paul Mc Cartney pour le côté hyper harmonique, mélodieux, génie, multi-instrumentiste incroyable. Mais aussi Benjamin Lebau à un punk génie, qui a une espèce de truc à fleur de peau, rugueux, très dur à trouver parmis les producteurs.
En travaillant tous les deux ensemble, c'était vraiment une osmose parfaite et j'avais les deux côtés de ma personnalité qui étaient incarnés par l'un et par l'autre. C'était génial !

 


© Fabrice Buffart - Nouvelles Voix en Beaujolais

 

Tu bossais avec eux au quotidien ?

Soit on bossait tous les trois au studio, soit j'allais avec Ambroise (Sage ndlr), on l'envoyait à Benjamin et lui disait que c'était peut-être mieux si on rajoutait ci et ça etc... On faisait un peu laboratoire séparé parfois et parfois on travaillait ensemble.

 

Quels sont tes projets ?

L'album qui sortira en février/mars et la tournée qui suivra autour de ça.

 

"Monstre d'Amour" disponible

 

RETROUVEZ CLARA LUCIANI SUR :

Facebook
Instagram
YouTube
Twitter


CLARA LUCIANI EN CONCERT :

27.03 • La Gaîté Lyrique Paris
Tournée à venir....

 

  • Saam WB
    (Owner)
    • 2017-11-29 10:03:39
    • 1,323 views
  • Tags - #pop #festival #psyché #INTERVIEW #Artist up #nouvelles voix en beaujolais #Clara Luciani #chason française
  • Ajouter aux favoris

Photos

PLUS D'ARTICLES ICI