Les images de Billie Thomassin : entre idéalisation et désacralisation

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"Ce qui m’intéresse dans le passé c’est la façon dont nous l’interprétons, comment nous le fantasmons."
Bienvenue dans l‘univers coloré de Billie Thomassin ! Plongez dans une atmosphère qui fleure bon les époques passées et notamment les années 80’s et leur fantaisie, qu'elle s'approprie et réinterprète dans ses oeuvres. 
C’est donc avec un humour décalé mais non sans nostalgie, que Billie dévoile sa vision de ces années légères et joyeuses.

Billie parvient à créer un espace guidé ses propres textures et couleurs, avec des compositions antonymiques qui valsent entre le familier et l’étranger, l’idéalisation et la désacralisation....
Portée par un gôut prononcé pour l'esthétique et le monde de la couture, dans son parcours créatif la jeune photographe a déjà collaboré avec diverses marques, labels de musique et magazines de mode...
La photographe se lance à présent dans des projets personnels, avec en tête cette fameuse phrase de Jankélévitch : “Non seulement le passé demande à être recherché, mais il demande à être complété”. 
Portrait d'une artiste photographie en liste du Festival Circulation(s) 2018 au Centquatre  de Paris.




Festival Circulation(s) 2018 
au Centquatre-Paris du 17 Mars au 6 Mai 
EN SAVOIR+



Capture Nostalgie © Billie Thomassin


Quel a été votre parcours ?

J’ai fait une année de prépa aux ateliers de Sèvres puis j’ai intégré l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris où j’ai été diplômée en 2016 dans la section photo/vidéo. Je travaille maintenant à mon compte pour des magazines de mode, des marques, des labels de musique ou sur des projets perso.

 

La photographie a-t-elle été une évidence… un moyen de vous exprimer ?

La création au sens large du terme à été une évidence! Depuis que je suis petite, j’utilise pour m’exprimer différentes techniques comme le dessin,  la sculpture, les collages et autres... J’ai finalement choisie la photo, non pour son medium en soi mais pour ce qu’il peut être et produire.
Lorsque je photographie, je ne cherche pas à capturer une réalité objective mais plutôt à créer un espace que je peux modeler et remodeler indéfiniment. C’est un medium qui me permet de naviguer parmi tous les autres et de composer avec des éléments proches: l’architecture, l’objet, les textures, l’humain, la lumière. Son utilisation incite au pluridisciplinaire et c’est ce que j’aime.

 

Recens© Billie Thomassin


Votre univers est coloré, entre « kitsch » et « années 80’s »… Quel rapport entretenez-vous entre le passé et le présent ?

Ce qui m’intéresse dans le passé c’est la façon dont nous l’interprétons, comment nous le fantasmons. A force de l'idéaliser nous le modifions, il devient alors un étrange mélange entre fiction et réalité. J’ai décidé d’utiliser cette forme de nostalgie et de la considérer comme une boite à outils.
Beaucoup d’époques me fascinent notamment celle des années 80' par sa légèreté, sa joie et sa fantaisie que je m’approprie et réinterprète au sein de mon travail.
“Non seulement le passé demande à être recherché, mais il demande à être complété”: j’adore cette phrase de Jankélévitch qui est un peu devenue le fil conducteur de ma démarche.


© Billie Thomassin


En dehors de la photographie, vous créez aussi des GIFS. Que vous apportent-ils en plus du médium photographique ?

J’ai toujours fait de la vidéo parallèlement à la photo, pour moi l’un ne va pas sans l’autre. Certaines idées demandent d’être figées pour instaurer une forme de contemplation. D’autres font appel à la vidéo pour s’installer dans une durée.


Jalouse © Billie Thomassin

Jalouse © Billie Thomassin

 

Vous avez travaillé avec divers magazines de mode (Jalouse Magazine ou encore Eres…). Quel rapport entretenez-vous avec l’univers de la « fashion » ?

Je travaille de plus en plus dans le milieu de la mode qui me plaît et me correspond par sa légèreté et sa rapidité. C’est à mes yeux un terrain de jeu formidable pour expérimenter et s’amuser.

 

Et dans la vraie vie, est-ce un sujet qui vous intéresse (looks, blogs, mode, etc.) ?

Non, pas particulièrement.

 

Vous avez aussi élaboré la pochette pour l’album de Slowciety, Figures : quel rapport avez-vous avec l’univers de la musique ?

Lorsque l’on adapte une musique à l’image que ce soit en photo ou en vidéo, il ne faut pas l’illustrer, il faut l’évoquer, la compléter et la continuer: c'est ce qui me passionne! Il faut trouver le juste équilibre pour lui donner un univers visuel sans limiter l’imagination de celui qui l’écoutera et au contraire de l’aiguiser et la pousser là ou il ne serait pas forcément allé.

 





Avez-vous d’autres envies, idées de collabs pour la suite ?

Justement je viens de réaliser un clip en collaboration avec Tristan Lhomme pour Jean Tonique. C’est une expérience que j’ai adoré et que je souhaiterais vraiment renouveler autant que possible! Sinon continuer à travailler avec des magazines, des marques et des artistes remarquables car la collaboration et l’échange m’importent plus que tout.


Jalouse © Billie Thomassin


Vos photographies révèlent votre sens de l’humour aiguisé et sont accompagnées d’une touche assez sexy… Pourquoi ce choix ? Souhaitez-vous interpeler le public sur un point en particulier ou passer un message ?

Je n’ai absolument aucun message à délivrer. Ma démarche est assez instinctive, les idées et les images me viennent à l’esprit, je les retravaille puis je les réalise. L’humour fait partie de mon travail car j’ai besoin de créer en m’amusant, il est primordial que ce soit joyeux et que je prenne du plaisir à faire ce que je fais. C’est finalement assez égoïste... Après si ça parle aux gens j’en suis ravie!


Please © Billie Thomassin


Dans ¼ d’H américain, vos sujets s’embrassent dans divers lieux plus ou moins publics… les visages cachés. Qu’avez-vous souhaité mettre en lumière ?
Je voulais représenter deux corps enlacés comme une sculpture, que cette étreinte deviennent alors une composition abstraite crée pour être contemplée. Je recherche ici à exprimer le rapprochement de deux personnes par la forme extérieure qu’il produit. Un visage est parlant, en montrer auraient exprimé trop de choses pour cette série, je préfère que l’on projette la vision de son choix au cœur de cet enlacement.


 
Un Quart d'Heure Américain © Billie Thomassin

 
Un Quart d'Heure Américain © Billie Thomassin


La série "Le Plastique ne fane pas" est construite autour d’un jeu de matières, qui donne à cette vision 2D qu’est la photographie une matérialité, un rendu 3D. Qu’avez-vous cherché à expérimenter et à exprimer à travers cette ambivalence ?

« Le Plastique ne fane pas » est une série de natures mortes mettant en scène des objets délaissés trouvés dans des vides greniers.
A travers mes compositions, j’ai tenté de les réanimer en leur offrant un nouvel espace au sein d’une mise en scène. J’essaie de leur redonner l’éclat qu’ils ont perdu en lustrant chaque image pour en faire des objets rutilants ou les couleurs sont vives, les matières soyeuses et étincelantes.



Le plastique ne fane pas © Billie Thomassin 


 Le plastique ne fane pas © Billie Thomassin


 Le plastique ne fane pas © Billie Thomassin


Vous avez été sélectionné pour participer au festival des Circulations 2018 au Centquatre. Nous avons hâte de découvrir vos photographies dans le cadre de l’exposition !
Comment avez-vous accueilli la nouvelle ?
Avez-vous des attentes/espoirs en particulier par rapport à cet événement ? D’autres projets en tête pour la suite ?

J’étais enchantée de cette nouvelle et de participer à ce festival, j’espère que ce sera une expérience florissante! Sinon j’ai pas mal de projets en cours... Je viens de finir une série s’inspirant de l’univers de Pedro Almodovar et la je recrée une plage en intérieur pour une série à venir, c'est un peu la galère mais ça va être très funky!


Please © Billie Thomassin 
 

Pour en (sa)voir plus sur l’artiste :

SITE OFFICIEL

INSTAGRAM

SITE FESTIVAL CIRCULATION(S) 2018


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