Kobra : des visages et des combats !

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KOBRA : des visages et des combats...!

Kobra, de son vrai nom Eduardo Kobra, est un street artiste brésilien connu pour ses fresques aux dimensions impressionnantes. D’origine modeste, son seul passe-temps était le dessin. C'est ainsi que, très tôt, il se lance dans l’art urbain, influencé par le groupe « Zone 1 », jeunes graffeurs de Sao Paulo. 
D'abord inspiré par le lettrage de la culture hip-hop, ses œuvres sont aujourd’hui d’un grand réalisme. Elles rendent hommage à divers personnages mythiques de notre culture et histoire, qui se sont battus pour la tolérance et la paix.
Pour Kobra, son acte artistique est clairement porté par ses valeurs engagées. L’artiste a également été reconnu pour sa monumentale fresque des Jeux Olympiques, intitulée Nous sommes tous un, fondée en 2016.



Mont Rushmore Eduardo Kobra © Tous droits réservés
Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Petit garçon, grandes aspirations artistiques...

Né en 1976 dans le quartier pauvre de Campo Lindo de Sao Paulo, Eduardo Kobra s’intéresse très jeune à l’art. L’histoire court que ce serait sa mère, qui aurait déclenché son amour pour l’art, en lui offrant des crayons. Une passion qu’il pratique surtout à l’école, lieu qu’il n’affectionne pas particulièrement. 
Alors âgé de onze ans, Kobra s'intéresse se tourne vers la rue, qui devient son lieu de création. Sa famille étant modeste et l’accès à la culture lui étant difficile, la rue est pour lui un « moyen de se sociabiliser, de se distraire mais aussi de protester contre l’exclusion ». De plus, le fait de faire naître l’art dans la cette galerie à ciel ouvert est pour lui moyen de rendre l’art accessible à tous.


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Tokyo Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Cincinati Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Et c’est à l’âge de quinze ans que l’artiste s’initie au graffiti, influencé par la musique hip-hop fraîchement exportée des Etats-Unis, ainsi que par un petit gang artistique nommé « Zone 1 ». Il se met donc, en 1987, à pratiquer le « pichaçāo », technique de graffiti par laquelle le graffeur signe son blaze ou le nom du groupe auquel il appartient sur les murs de Sao Paulo.
Il fait donc du « pichaçāo » pendant dix ans, pour finalement se tourner vers la culture hip-hop dans les années '90, qui l’inspire par son lettrage et ses caractères spécifiques.


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Un art encore considéré comme "hors-la-loi"...

Alors que le jeune Kobra inscrit ses « tags » à même les murs, il se fait arrêter trois fois pour vandalisme, le street art étant strictement illégal. Heureusement pour Kobra, il est encore mineur et ne passe pas par la case « cellule » et il est très vite relâché. 
Il enchaîne les travaux d’intérêt général, et se fera remarquer par un juge qui, impressionné, lui donnera la tâche de repeindre un mur du commissariat local avec une de ses créations. Pour la première fois, son art est reconnu, ce qui va déterminer le jeune homme à faire du street art. Néanmoins, sa famille craint qu’il n’aille en prison une fois majeur, et désapprouve son activité...

 


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Kobra doit déposer ses bombes aérosol pour un temps, et fait à contrecœur des études dans l’économie, pour ensuite se trouver un petit job à la banque. Cela ne l’empêche pas pour autant de continuer à se documenter sur l’art, la peinture et le graffiti. 
L'univers bancaire ne l’épanouit pas et il va donc très rapidement quitter son poste, poussé par un « ras-le-bol de la bureaucratie » et un désir de créer dans la rue.


Eduardo Kobra © Tous droits réservés

Eduardo Kobra © Tous droits réservés
Eduardo Kobra © Tous droits réservés


La rue et le studio : véritables lieux d’expression

Il quitte donc son poste pour fonder son propre studio, le Studio Kobra, crée à Vila Madalena en 1995. Autodidacte, il esquisse ses œuvres murales, et potasse ses techniques en peintures, en 3D et en graphisme. Le côté 3D de ses œuvres permettent une interaction entre le public et l’œuvre. 

Il en vient à mêler le tag et le graffiti avec la peinture réaliste et le graphisme, par ses différentes influences du graffiti américain, du muralisme mexicain et du graphisme géométrique. Gustav Klimt, Diego Rivera ou encore Andy Warhol et Basquiat sont les principales sources d’inspiration de Kobra pour son travail.

Du côté de l’art urbain, ce sont les œuvres de Banksy voire de Shepard Fairey qui plaisent à l’artiste. À chaque voyage effectué, Kobra visite des musées, afin d’en apprendre toujours plus des grands maîtres, et de compléter sa propre aspiration créative.


 

Eduardo Kobra © Tous droits réservés

Eduardo Kobra © Tous droits réservés

Le Penseur de Rodin Eduardo Kobra © Tous droits réservés


En fonction du niveau de difficulté de réalisation et du type de surface, Kobra est amené à user de diverses techniques et matériaux. C’est comme cela qu’il reprend les œuvres du Penseur de Rodin et du Rêve de Le Douanier Rousseau. Cependant, cette utilisation des couleurs lumineuses et des formes géométriques lui reste indispensables pour se démarquer. 

À ses débuts dans un style plus photo-réaliste, le graffeur se base sur de vieilles photographies. Kobra reproduit les clichés de manière fidèle sur des murs dépassant les 1000 mètres carrés. Son œuvre se fait au fil du temps plus énergique par les couleurs et les formes géométriques qu’il ajoute par-dessus la représentation.



Monet Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Le rêve de Le Douanier Rousseau Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Peu à peu, il se perfectionne dans la production de fresques monumentales, d’une esthétique et d’un réalisme épatants. Réalisant tout d’abord des œuvres en noir et blanc, il incorpore au fur et à mesure des couleurs plus pimpantes, voire psychédéliques. Le tout dynamisé par un traitement très kaléidoscopique de la forme, propre à l’artiste brésilien.  
C’est en 2005 qu’il est officiellement remarqué à l’international, par une fresque effectuée à Lyon. Les dimensions hors-norme, les lignes audacieuses et le dynamisme de l’œuvre plaisent aux passants et depuis, Kobra conquiert les villes de la Russie, du Japon, de l’Europe voire des Émirats Arabes.



Les Mères du Monde Eduardo Kobra © Tous droits réservés

Tokyo Eduardo Kobra © Tous droits réservés 
Tokyo Eduardo Kobra © Tous droits réservés 


Nous sommes tous "UN"… 

Son travail réaliste mais contrasté par le choix des motifs et des couleurs est très apprécié, si bien que l’on demande à Kobra de confectionner une fresque à l’occasion des Jeux Olympiques de 2016 à Rio de Janeiro.
Kobra décide donc de représenter les cinq continents avec cinq visages de tribus typiques du continent en question.


 

 Nous sommes tous Un Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Cinq visages qui démontrent d’une Humanité aux cultures diverses, appartenant malgré tout à une même espèce animale qu’est l’Humain. Une fresque immense que Kobra réalise non sans un message de tolérance entre les peuples.

Même dans d’aussi grands projets, Kobra reste fidèle à lui-même, mettant en avant le meilleur de l’être humain… comme le pire.


 Nous sommes tous Un Eduardo Kobra © Tous droits réservés


 Nous sommes tous Un Eduardo Kobra © Tous droits réservés

 Nous sommes tous Un Eduardo Kobra © Tous droits réservés


 Nous sommes tous Un Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Des couleurs et des valeurs...
 

Les sujets de prédilection de Kobra sont nombreux. La photographie continue à marquer l’artiste, qui collectionne les vieux livres et les photos historiques.
En effet, si l’on regarde bien les sujets de certaines œuvres, on peut observer que Kobra reprend de célèbres portraits de l’histoire de la photographie. C’est le cas notamment pour la Jeune Afghane aux yeux verts, de Steve Mc Curry.



L'afghane au yeux verts Eduardo Kobra © Tous droits réservés

Anne Frank Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Manhattan Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Il conçoit aussi toute une série nommée les Murs de la Mémoire, mettant en avant l’histoire de ses lieux de création, s’inspirant alors du passé des rues. Par le biais de vieilles photographies, il reproduit sur les murs des villes d’anciennes scènes ayant eu lieu plusieurs décennies auparavant, en ces mêmes endroits. Une sorte de saut dans le temps, afin de « transformer le paysage urbain à travers l’art et de raviver les souvenirs de la ville » (Kobra).


David Bowie Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Yoko Ono et John Lennon Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Murs de la Mémoire Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Kobra reste particulièrement connu pour son projet d’hommage à de nombreuses figures symboliques, à travers cette même série des Murs de la Mémoire. Ici, les modèles de Kobra ne sont autres que les fameuses icônes de la pop-culture : de David Bowie à Salvador Dali, en passant par d’autres célébrités, plus politiques cette fois, comme Nelson Mandela ou encore Malala Yousafzai…



Statue Abraham Lincoln Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Malala Yousafzai Eduardo Kobra © Tous droits réservés

Nelson Mandela Eduardo Kobra © Tous droits réservés



Tant de visages si différents, et pourtant un combat semblable : la volonté de paix et de tolérance. Une mentalité humaniste que Kobra affectionne et imite à travers la représentation de ces personnalités si fortes. Par ces personnes et ces moments historiques, les Murs de la Mémoire évoque des souvenirs historiques qui font encore écho aux générations d’aujourd’hui.


 Mère Thérésa Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Martin Luther King Eduardo Kobra © Tous droits réservés


L’artiste aborde également ses propres combats à travers son travail. Contre la tauromachie, la pollution, la guerre ou encore la surpêche, il réalise une série nommée Green Pincel, véritable avertissement sur le devenir de la planète et de l’Humanité, constamment menacés par l’Homme lui-même. Par ce projet artistique, il s’engage contre des politiques qui vont à l’encontre de ses idéaux.


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


De manière colorée et accessible, l’artiste dépeint ses valeurs dans toutes les villes du monde, aspirant à un peu de beauté dans ces rues citadines si sales…


Eduardo Kobra © Tous droits réservés

Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


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Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


Eduardo Kobra © Tous droits réservés


  • Alice Nicolas
    (hôte)
    • 2018-02-07 13:50:42
    • 3 877 views
  • Tags - #street art #dessin #graff #3D #tag #Artist up #formes géométriques #art urbain #urban art #icônes #Kobra #kaléidoscope #couleurs vives #artiste brésilien #Sao Paulo #Murs de la Mémoire #Green Pincel #art engagé #photorgraphie
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