L’humanité court à sa perte... les fresques évolutives de Nemo’s

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Nemo’s et ses fresques évolutives

Si le nom de Nemo’s ne vous évoque rien… c’est qu’il a gagné son défi ! Nemo’s, du latin « personne » ne se fait pas bavard sur son identité, mais est en revanche bien connu par ses fresques aux personnages atypiques voire torturés.


 

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Par son œuvre, Nemo’s souhaite dénoncer les travers de l’ère moderne, tels que l’aliénation des humains face aux médias, l’esclavage moderne, l’abus de pouvoir, etc. Le tout évoqué sur des fresques à grande échelle, peintes à la baguette et au rouleau, recouvertes de journaux, afin que le temps les effrite, comme la décomposition d’un corps après trépas...
Chez Nemo’s, l’homme semble s’être pris tout seul dans son propre jeu. L’artiste l’alerte avant qu’il ne soit trop tard, par ses peintures murales préventives.


 


Un enfant, une feuille et des crayons

Nous ne savons pas grand-chose sur l’identité de Nemo’s. Après que son père l’ait emmené à l’âge de trois ans dans une exposition d’un illustrateur local, il s’est senti pousser des ailes et a commencé à dessiner.
Très jeune, il se consacre au dessin. Son père, scientifique d’esprit, lui apprend des notions sur l’anatomie et le corps humain, tandiq que sa mère, imaginative, l’inspire dans en jouant avec lui à des jeux de fantasy. D’où le côté artistique mais aussi anthropologique de Nemo’s, qui allie le figuratif aux métaphores visuelles.


 

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À la fin de ses études en secondaire, il décide d’aller au lycée artistique de sa ville, le Liceo Artistico. Là-bas, il étudie la meilleure façon de communiquer autour d'un concept pour atteindre le plus grand nombre. Il y apprend à combiner les formes et les couleurs, ainsi que de supprimer les éléments inutiles de sa « narration picturale ».
Entretemps, alors qu’il avait pour habitude de dessiner sur des petits bouts de papier, de bois ou de carton trouvés de-ci, de-là, il découvre le travail de la calligraphie, ou encore les installations, ainsi que l’art de la rue...


 

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Il apprend aussi à insérer dans ses oeuvres des objets du quotidien ou à recycler des matériaux, notamment le papier journal. 
Peu à peu, il est amené à se produire dans la rue. Il choisit le nom de « Nemo’s » pour rester anonyme (il s’agit en effet d’une référence au latin, nemo voulant dire « personne »). Il ajoute malgré tout à la fin un « 's », afin de déterminer que l’œuvre appartient bien à quelqu’un, comme le « 's » de possession en anglais.


 

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Par le côté « anonymat » agrémenté du terme d’appartenance « 's », c’est tout un paradoxe qui se fait dans la façon d’identifier l’artiste, qui en joue dans son art.
Mais comment passer à côté d’une telle référence de Nemo sans parler du fameux livre de Vingt Mille Lieues sous les Mers ? Le capitaine Nemo, aventurier et justicier, fascine l’artiste, qui consacre aussi une partie de ses influences à Winsor McKay, auteur du Petit Nemo à Slumberland.


 

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Il commence donc à écrire son nom d’artiste sur les murs de sa ville, comme les autres, et élabore de son côté ses dessins. Malgré tout, Nemo’s ne se contente pas du tag et abandonne la calligraphie pour reproduire ses dessins  à grande échelle, de feuille de papier à mur de béton.
Aujourd’hui basé à Milan, l’artiste voyage beaucoup, que ce soit à Madrid comme en Inde ou au Mexique.


 

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Le journal comme deuxième peau

Nemo’s commence donc avec la bombe aérosol et la peinture acrylique, typiques du street art.
Cependant, dans sa célèbre série Before/After, Nemo’s use de deux techniques bien distinctes : la peinture et le collage. Il illustre tout d’abord en amont son personnage difforme sur papier. Mais la première étape consiste, une fois devant le mur, à représenter le corps interne du protagoniste (son squelette) à la peinture acrylique.

 



La deuxième étape est le collage de vieilles feuilles du quotidien économique italien Il Sole 24 Ore qui, une fois assemblées et collées sur le mur, serviront de peau éphémère au personnage.
La troisième étape sera ensuite de peindre les feuilles de journal, pour former le « corps externe » du sujet, qui se décomposera en une  dizaine de jours…


 


Le principe réside dans la création d’une œuvre en « double-couches » à la limite du vivant, qui évolue avec le temps et d’autres facteurs (la météo, les gens dans la rue, le service de nettoyage des rues…). Par ces éléments extérieurs, les œuvres vieillissent et meurent, comme des êtres vivants, et laissent découvrir aux passants via leur décomposition un message viscéral de l’artiste.
L’artiste se plaît aussi à se concentrer sur son spot de création, en faisant attention aux détails du mur.
Il intègre les éléments architecturaux du lieu en transformant les fenêtres en bouche ou en œil, par exemple, tout en les faisant prendre vie et part à la fresque.


 


La grande révélation

Curieux, Nemo’s aime faire des recherches sur les êtres humains, leur diversité et leur histoire. Son parcours artistique est influencé par cet intérêt, le poussant à exprimer son ressenti sur la société qui l’entoure, en fonction du pays dans lequel il peint, sa culture, son passé…
Ses œuvres spontanées lui permettent d'exprimer une idée, un message, une émotion, concernant le lieu où il créé.


 

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Un jour, Nemo’s montre une œuvre à un ami. Intrigué, ce dernier lui dit : " Tu ne dessines pas avec un crayon, tu n'écris pas avec un stylo ou tu joues de la musique avec un instrument, mais tout ce que tu montres vient de ton esprit et la beauté de tout ce que nous montrons est construction de nos pensées."
Par cette déclaration, Nemo’s comprend alors que l’expression et la transmission des idées peuvent aussi venir du dessin. Dessiner est universel : le dessin peut donc être compris de tous, sans barrière de la langue.


 

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Anxieux de nature sur son devenir et de celui des autres, c’est tout naturellement qu’il se plaît, par son œuvre, à délivrer un message quant à une fatalité imminente qui s’abattrait sur l’espèce humaine et ses vices.
Cupidité, addiction aux écrans, risques de l’immigration clandestine, esclavagisme moderne et abus de pouvoir : tant de sujets qu’aborde l’artiste qui, par la dégradation de son art, démontre l’évolution d’une Humanité qui court à sa perte.


 

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Un message qui laisse deviner l’état émotionnel de l’artiste, inquiet pour l’avenir de l’Humanité, de l’erreur et de la peur de ne pas être compris.
L'art agit sur Nemo’s comme une thérapie, la propre extériorisation de ses maux, puis ceux de la société.
Ressentant le besoin de parler de lui et de ses angoisses, Nemo’s use de son art pour libérer des idées spirituelles qu’il traduit en quelque chose de visuel, faute de ne pas pouvoir les décrire sous forme de mots.


 

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Mais plus que la transmission d’un message social, c’est le partage d’une émotion en voyant son œuvre poétique qui le pousse à créer, ainsi que la quête de nouvelles techniques, notamment par le papier recyclé, plus « vivant » selon lui.
Son concept de « camouflage du corps interne » attise la curiosité des passants, qui en viennent parfois à interagir avec l’œuvre, en grattant des bouts de papier journal, afin de découvrir ce qui se cache en-dessous…


 

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Par cette recherche de techniques et de volonté de dégradation de l’œuvre, l’artiste explore la nature éphémère de l’art urbain, tout en y intégrant un message social, véritable alerte sur le devenir de l’espèce humaine…





Pour en savoir plus sur Nemo’s:

 

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  • Alice Nicolas
    (Owner)
    • 2018-06-14 11:10:07
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  • Tags - #street art #dessin #italien #angoisse #art de rue #personnages #art de la rue #fresques #peintures murales #art urbain #murs #peinture acrylique #urban art #décomposition #message social #Nemo's #Who is Nemo's #fatalité humaine #papier journal #Before/After
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