Les images de l’inconscient par Brooke DiDonato

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Les images de l’inconscient par Brooke DiDonato

Originaire d’Ohio, cette photographe new-yorkaise se spécialise dans la photographie conceptuelle et expérimentale, afin de représenter ses rêves et ses émotions d’une manière assez surréaliste.
Surprenant et surréaliste, elle décrit son travail comme « une gourmandise étrange pour les yeux ».



© Brooke DiDonato 


Des sujets dans des postures inhabituelles, des objets quotidiens soudainement devenus étranges et les fleurs, très présentes dans l’œuvre de l’artiste… Brooke DiDonato fascine comme sème le trouble dans la pensée du public. Au premier abord "banale", la scène trouble finalement lorsque l’on y décèle une incohérence, plus ou moins dissimulée dans la composition.



© Brooke DiDonato


« Médecin, tu seras ! »

Brooke DiDonato est une jeune photographe de l’Ohio, qui vit et travaille actuellement à New York. Aspirant à devenir artiste en 5ème année, sa mère ne l’entend pas de cette oreille. « Elle m’a dit que les artistes ne gagnent pas d’argent jusqu’à ce qu’ils soient morts, » avoue Brooke lors d’une interview avec Yatzer « elle a dit que je devrais être médecin, mais cela ne m’a pas séduit ».



© Brooke DiDonato

 
Brooke se tourne alors vers le journalisme, faute de pouvoir étudier l’art et d’aimer la biologie. Elle obtient alors son diplôme en photojournalisme à l’Université du Kent et travaille pour un journal durant son année junior.



© Brooke DiDonato

© Brooke DiDonato


Malgré le manque d’épanouissement professionnel, elle finit ce qu’elle a commencé pour ses heures de crédit. C'est ainsi que Brooke DiDonato se lance dans la série d'autoportraits. Entretemps, elle prend des cours d’arts plastiques en fin d’années de lycée. Son professeur David Labelle la pousse à immortaliser les moments les plus durs de sa vie, ce qui la marque dans son travail actuel.

 
© Brooke DiDonato


Brooke DiDonato suit également des études de sociologie. Cette formation, une fois mêlée au photojournalisme, lui fait prendre conscience de la possibilité de narration à travers les photos et de rendre les moments difficiles de notre vie visuellement attrayants.



© Brooke DiDonato


Peut-être évident pour certains, Brooke pensait alors que la photographie capturait un moment simplement pour le préserver. Elle découvre donc que le médium photographique peut lui servir d’outil narratif, et l’utilise pour créer des histoires où le public semble débarquer en plein milieu de la scène, sans en connaître le début ni la fin.



© Brooke DiDonato


Brooke DiDonato se plaît aussi à créer un dialogue entre le public et les personnages, par la perception des émotions des sujets des clichés, qui pousse le public à l’empathie. L'artiste privilégie l’émotion dans ses œuvres, pour raconter des histoires au public, sans barrière culturelles et linguistiques.


 
© Brooke DiDonato


Si Brooke DiDonato a sa propre interprétation sur chacune de ses images, elle laisse néanmoins libre cours aux idées du public, par un point de vue universel de ses œuvres, que sont les émotions des individus.



© Brooke DiDonato

 

La technique de l’artiste…


Tout d’abord, Brooke DiDonato commence son travail avec un lieu ou un accessoire. Il y a alors tout une spontanéité qui naît en matière de représentation du sujet dans l’image finale. Il faut également savoir que la plupart de ses modèles sont des amis.



© Brooke DiDonato

 
En fonction du sujet, elle commence ou non par des dessins préparatoires, et multiplie les essais pour finalement obtenir l’image désirée. Brooke DiDonato est aussi apte à travailler à l’instinct, notamment avec sa série Next Door.



© Brooke DiDonato

 
Dans ce projet qu’est la série Next Door, alors qu’elle se baladait dans le jardin de son père, Brooke DiDonato tomba sur une ombre portée des branches sur sa maison. Elle a alors imaginé le scénario en dix minutes, puis s’est mise au travail. 

 
© Brooke DiDonato


Elle les fait poser dans des postures plus ou moins abracadabrantes, habillés ou nus, et peut parfois s’y reprendre à cinquante reprises pour avoir un résultat qui lui correspond. La scène se doit de représenter un récit sans début ni fin pour que le spectateur soit déboussolé par la scène. Puis, Brooke essaie de conserver cette idée en composant chacune de ses images.
Usant ou non de Photoshop pour un résultat des plus oniriques, l’artiste dévoile un travail où rêve et inconscient se retrouvent. Sans Photoshop, elle tente donc d’élaborer ce même effet surréaliste, passant alors plus de temps derrière l’objectif que derrière l’écran de son ordinateur.



© Brooke DiDonato


Quelques inspirations de Brooke DiDonato…


Alors au départ influencée par des espaces ouverts tels que les champs, Brooke DiDonato se tourne finalement vers le paysage de la ville, en s’installant à New-York, pour de nouvelles perspectives. Même si la nature l’inspire toujours, la vue des gratte-ciels l’influencent aussi beaucoup !
Autre inspiration : le subconscient et sa relation avec les émotions et les perceptions. L’œuvre de l’artiste brouille les frontières entre fiction et réalité, par le biais d’éléments surréalistes intégrés dans le quotidien.
Entre monde réel et imaginaire, les photographies oniriques de Brooke DiDonato fascinent par leur esthétique, leur poésie et leur surréalisme.


 
© Brooke DiDonato


Son univers pastel et vintage semble d’un autre temps, et fait décalage avec notre monde actuel. Une certaine nostalgie se dégage chez Brooke DiDonato, peut-être du fait que ses maisons d’enfance datent d’après-guerre, et qu'elles l’ont plus ou moins inspirées pour donner une atmosphère si particulière à son œuvre.


© Brooke DiDonato


Les fleurs, réelles, artificielles ou bien imprimées, sont récurrentes dans son œuvre. Pour Brooke, les fleurs représentent une multitude de symboles : l’amour, le deuil, la pureté… leur signification change en fonction du contexte de la scène, et peut aussi être réinterprétées par le public.
Par ce motif, la photographe aime trouver de nouvelles façons d’incorporer les fleurs dans ses clichés.



© Brooke DiDonato


Pour ce qui est de la rose en particulier, Brooke a l’air d'y attacher une importance particulière.
Dans sa série Roses, l’artiste fait fondre des bougies en forme de roses achetées sur eBay. Dans des couverts, les bougies semblent « prêtes à êtres consommées ». 



© Brooke DiDonato

© Brooke DiDonato
© Brooke DiDonato

 
Disposées dégoulinantes sur des corps nus, les bougies peuvent, selon le point de vue, représenter le sang qui coule. Elles peuvent aussi avoir un effet tout simplement esthétique, une fois fondues dans une tasse ou une assiette à soupe. Par cette série, l’artiste explore la dissociation et l’adversité.



© Brooke DiDonato


Des individus absorbés par leurs émotions…

Dans la plupart du travail de DiDonato, les sujets sont vus dans un état catatonique, sans enthousiasme, semblant impuissant, vulnérable. Cet être engourdi semble plongé dans ses pensées, et son environnement peut éventuellement nous faire comprendre ce que ressent l’individu.



© Brooke DiDonato


Par cette fusion entre le mental de l’individu et l’endroit où il se trouve, c’est tout une impression de rêve qui se fait dans notre esprit, en voyant le travail de Brooke. Une telle harmonie entre l’état émotionnel du sujet et son environnement extérieur semble impossible, surréaliste.



© Brooke DiDonato


Une certaine violence se dégage également du travail de Brooke. Les personnages semblent fragiles et mal en point. Ses images défient la perception humaine, en explorant les récits sur la vulnérabilité, l’instabilité et l’autodestruction.
Dans ses scènes domestiques de sa série Une maison n’est pas une maison, Brooke DiDonato fusionne surréalisme et banalité par une mise en scène quelque peu mystérieuse : des femmes cachées dans les pièces de la maison, derrière un pot de fleurs ou un sofa, le visage nous étant toujours inconnu.


© Brooke DiDonato


Il s’agit en vérité d’autoportraits de la photographe, qui remet en question la notion de féminité, ainsi que le concept archaïque de l’ « hystérie féminine ».
Brooke DiDonato réalise ces clichés dans la banlieue de son enfance, en Ohio, afin de pointer du doigt ce « diagnostic » attribué aux femmes qui luttaient contre les conventions sociales. 

 
© Brooke DiDonato


Pour ce qui est de l’identité des personnages, leurs visages sont cachés ou hors de notre champ de vision. Brooke a en effet commencé à cacher les visages de ses protagonistes quand elle débuta les autoportraits, n’aimant pas se voir en images...
Cependant, se prendre en modèle est pratique pour elle et, tout en dissimulant son visage, elle se plaît à expérimenter librement de nouvelles mises en scène. En cachant les visages de ses modèles, Brooke invite le public  non pas à identifier les sujets, mais à trouver une histoire à l’image.



© Brooke DiDonato


C’est toute une intrigue qui se forme alors, pas seulement pour le fait qu’on ne reconnaisse pas l’identité des modèles, mais aussi par la désorientation du public face à ces éléments incohérents introduits dans un monde à peu près normal… aux spectateurs, donc, de fonder leur propre histoire en fonction de ce qu’ils voient, en mêlant la fiction à la réalité.


Pour en savoir plus sur Brooke DiDonato :

© Brooke DiDonato


  • Alice Nicolas
    (hôte)
    • 2018-11-27 09:03:19
    • 1 824 views
  • Tags - #photographe #photographie #artiste #ville #émotion #image #new york #vintage #nature #étrange #Rêve #rose #Pastel #inconscient #champs #onirique #bizarre #Maison #fleur #cliché #Brooke DiDonato #Ohio #subconscient #incohérence #photojournalisme #Roses #Next Door #scène d'intérieur
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