TERRENOIRE : pop musique sombre et jolis mots...

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Alors que la brise printanière soufflait encore dans les confins berruyers, nous sommes allés à la rencontre d’un duo tout frais répondant au doux nom de Terrenoire.
Sélectionnés pour les iNouïs du Printemps de Bourges, ces deux frangins à la capillarité exceptionnelle nous ont séduit par leur attitude, leur dark pop en français et la finesse de leur verbe.
Rencontre avec Théo et Raphaël qui se sont confiés sur leur projet multifacette.

 


©
Zoé Joubert

 

Faire de la musique entre frères, c'est un plus ?

Théo : C'est trop bien, c'est la meilleure chose qui puisse nous arriver ! Moi j'ai 21 ans, Raphaël en a 28. On commence à développer des mini facultés gémelaires où on finit les phrases de l'autre. On se comprend sans se parler, ce qui n'arrivait pas il y a deux ans. Aujourd'hui, on a un champ lexical commun.

Raphaël : Ce qui est facile pour nous, c'est qu'on a baigné dans les mêmes musiques depuis toujours. On a des goûts et des intuitions qui sont très proches. Pendant la création, c'est super beau, parce qu'on a tout un vocabulaire qu'on comprend sur l'émotion d'un synthé ou celle d'une batterie. Même si Théo est plus sur les machines, on fait de la prod tous les deux quand on créé donc c'est presque un peu télépsychique. Ça dépasse les mots. On se connecte de plus en plus à nos sensations.

 

La rencontre musicale s'est faite assez naturellement ?

Théo : Quand Raphaël a commencé la musique j'étais tout minot. Il a bien évidemment fallu que Raphaël construise de son côté et moi aussi. Je me suis mis à bosser quand j'avais 14 ans seul dans mon coin et dès que Raphaël s'est senti bien droit dans ses bottes à Paris et qu'il avait un peu le pied à l'étrier, il m'a demandé de le rejoindre.

 

© Zoé Joubert

 

On dirait que vous êtes sorti du bois il y a 2 semaines alors que vous travaillez depuis longtemps sur ce projet ?

Théo : Oui, ça fait deux ans.

Raphaël : On a vraiment eu envie de sortir nos chansons et de les faire écouter aux gens après avoir tout préparé. Il fallait que ça nous paraisse très précis, très abouti, et que l'imaginaire soit très présent, au delà des chansons. On a une vraie réflexion sur les images, la vidéo ou le récit.

Théo : Oui, le récit est vraiment un axe narratif qui est intrinsèque au projet.

 

Votre imaginaire visuel est très impactant en effet...

Raphaël : Oui on a exploré un chant inconnu avec la vidéo. J'ai toujours eu envie de faire de l'image quand j'étais petit, je voulais être réalisateur de films, c'était mon rêve. La musique est tombée très vite et à un moment donné, on s'est dit qu'il allait falloir qu'on fasse des clips pour ce projet. On a essayé des choses avec des gens. Ce n'était pas exactement ce qu'on voyait, donc on s'est dits, " viens, on se lance, on achète une petite caméra ". On s'est mis à les créer. Ce qui nous plaisait aussi, c'est l'imperfection de nos vidéos, le fait que ce soit très proche de notre symbolique, de notre imaginaire. Maintenant qu'on a posé les pierres et maintenant que l'imaginaire existe, on a hyper envie de collaborer avec des gens. On a envie que d'autres gens viennent s'approprier tout ça.

 

 

On a l'impression d'avoir accès à un point de vue intérieur du projet... 

Théo : Oui, c'est de l'ordre de l'intime. C'est moi qui filme quand Raphaël chante et inversement. 

Raphaël : Ça fait partie des mots clef. On aime travailler par mots clef, par grands concepts. L'intimité par exemple. 

Théo : L'enfance aussi... On se rend compte que les procédés qu'on utilise, comme filmer ses propres films en plan séquence, comme on a fait sur le premier clip, c'est exactement ce qu'on faisait quand on était enfants. C'est toujours se réaproprier l'enfance.

 

" Tu me feras vivre un enfer et un paradis " c'est la définition de la passion selon Terrenoire ? 

Raphaël : Oui, c'est extrait de la chanson "Silence". Cette chanson est de prime abord une chanson d'amour pour une personne. Elle est un tout petit peu plus complexe parce qu'elle pourrait tout à fait être une adresse directe au Black Paradiso. C'est l'eldorado poétique de Terrenoire, la présence divine d'une certaine manière. Ça s'adresse aussi à la musique elle-même, à la muse. Comme le "Silence" est le premier acte du projet, cette phrase c'est un peu ce qu'on se dit avant le lancement d'un bateau, avant le lancement d'une carrière musicale si petite qu'elle soit aujourd'hui. Est-ce qu'on va réussir à trouver du bon, du bien, est-ce que ça va nous cramer cette histoire. Pourquoi on crée ? Pourquoi on veut faire de la musique ? Pourquoi on veut vivre de la musique... ?

Théo : Quels sont les risques également... ? 

 

© Zoé Joubert

 

Vous avez vous-même une croyance en quelque-chose ?

Raphaël : Pas de religion pour moi.

Théo : Pour moi non plus.

Raphaël : Je ne suis pas religieux, mais la mystique, ça fait aussi partie de la dimension du sacré.

Théo : On écoute énormément de chants sacrés, de chants chorales, on visitait beaucoup les églises quand on allait se balader avec nos parents. 

Raphaël : Ce rapport au sacré est très important pour nous. On comprend la poignance qu'il en découle en terme d'émotion pure.
Théo : Comme quand on voit un film de Terrence Malik et qu'on voit une entité supérieure autour de nous. Simplement quand il filme des arbres. C'est le même genre de sublime qu'on peut trouver.

Raphaël : La beauté du monde presque terrifiante, impressionnante quoi.

 

 

Quel a été l'impact des Inouïs pour votre projet ?

Raphaël : On y est allé sans attendre quoique ce soit. 

Théo : Au début les Inouïs, on l'a vu comme une manière de se dire qu'il fallait qu'on ait un set de 30 min dont on serait hyper fiers, quelque chose de très abouti. Ça faisait 2 ans qu'on faisait de la production et on était pas passé sur scène. L'idée était vraiment de réussir cette conversion, de réussir à tout intégrer. Tous les concepts du Black Paradiso à l'intérieur d'un moment de concert et ça c'était très intéressant. Pour moi, c'était un accelerateur de live, d'écosysteme pro, et une façon de s'épargner 2 ans de café concert.

 

© Zoé Joubert

 

Quels sont vos projets ?

Raphaël : Une tournée, un premier EP à l'automne, on aimerait bien sortir un album dans 1 an. On a déjà quelques dates cet été, une belle tournée le printemps prochain. On aimerait bien monter un festival à Terrenoire chez nous. On a aussi ce label / boîte d'édition qu'on a créé tous les deux. Travailler avec des artistes qui entourent le Black Paradiso. J'aimerais bien qu'on avance un film autour de Terrenoire.

 

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TERRENOIRE EN CONCERT :

 26.05 • festival Changez d'Air Saint Genis les Ollières
01.07 • festival Paroles & Musiques Saint Etienne
6.07 •  Oh Plateau ! Festival Saint Agrève
4.08 • Foreztival Trelin
10.11 • Le Silex Auxerre

  • Saam WB
    (Owner)
    • 2018-05-15 07:07:19
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  • Tags - #printemps de bourges #transbordeur #INTERVIEW #Artist up #inouis #dark pop #Bataclan #Juliette Armanet #Terrenoire #feu chatterton
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