Le voyage spirituel unique de FLECHE LOVE

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Amina est unique, hors-norme, c'est un OVNI. La jeune artiste suisso-algérienne a d'abord officié au sein du projet Kadebostany pendant 4 ans, avant de créer son projet solo Flèche Love. Toujours en quête de spiritualité, cette aventure est pour elle une façon d'extérioriser ce qu'elle a au plus profond de son être. Racisme, féminisme et liberté sont autant de sujets abordés dans ces morceaux aux allures de prières chamaniques. Aujourd'hui cette auteure compositrice prépare un album en deux parties, dont la sortie est prévue pour 2019...
Rencontre avec une artiste multifacette quelques minutes avant de monter sur scène des Nouvelles Voix en Beaujolais 2018... 



© Roberto Greco 

 

Sur scène ou dans tes clips, l’esthétique visuelle est fondamentale. En quoi la mise en image de ta musique est importante pour toi ?

Pour moi, l'aspect visuel participe à l’expérience. Elle passe par tous les sens. Pour l’instant, je n’ai pas encore exploré l’odorat et le goût en concert, mais j’aimerais beaucoup. D'ailleurs, au quotidien, je suis habillée de façon assez théâtrale.

 

C’est pour incarner une sorte de personnage ou c’est juste très naturel ?

Je pense que c’est un mélange des deux. Pour moi, c’est beaucoup plus immersif d’aller voir un concert avec une proposition esthétique. J’aime beaucoup les lives de métal pour ça. Il y a une vraie proposition d’univers et de monde. La musique m’intéresse aussi pour m’échapper du quotidien, ou pour mettre en avant des problématiques, de parler de la spiritualité etc.

 

Tu as une interprétation très marquée de tes titres. Tu as également une formation théâtrale ?

Oui, j’ai fait du théâtre en amateur et je suis quelqu’un d’assez intense. Quand je suis sur scène, je suis complètement prise par ce que je chante. Je danse aussi beaucoup, mais rien n’est chorégraphié. Ça me touche tellement qu’il y a un effet schizophrénique en quelque sorte, et quand la musique s’arrête... ça disparaît.

 

 

Tu as beaucoup tourné avec Kadebostany avant de créer Flèche Love. Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté pour aujourd'hui développer le projet actuel ?

Tout d'abord, ça m’a apporté une expérience du live. J’ai tourné 4 ans et je me suis rendue compte que c’est la partie que je préfère. Il y a une fragilité, tu es toujours sur le fil du rasoir. Tu ne sais jamais comment va être accueillie la performance. Parfois tu as trouvé ça génial alors que le public est passé à côté et inversement.
De plus, cela m’a appris que c’est comme une micro société - pour le meilleur comme pour le pire. Tu passes parfois plus de temps avec les musicien.nes, les technicien.nes que ta famille ou tes proches. Il y a en plus des dynamiques qui se retrouvent comme dans toutes les sociétés.
Enfin, cela m’a aussi appris que c’est un vrai métier. Certaines personnes fantasment sur le fait d’être musicien, mais c’est aussi des heures de route, la fatigue etc. Il faut donc vraiment le faire avec passion et c’est un des rares métiers qui permette d’exprimer ce qu’on a à l’intérieur de soi…

 

Tu viens de Suisse, c’est important dans le développement de passer par la France, d’avoir des partenaires comme Horizon ?

Oui, je vis encore entre la Suisse et la France et je suis d’origine algérienne, d’où les tatouages berbères. Je trouvais intéressant de couper avec ce que j’avais déjà fait en Suisse et j’aime beaucoup voyager. J’ai étudié à l’université l'ethnologie - science histoire des religions et cultures. Je ne suis pas en Afrique ou en Brésil donc ce n’est pas complètement différent de ma réalité, mais tout de même. Les gens fonctionnent très différemment en France et en Suisse.  

 

© Roberto Greco

 

Tu viens de quelle région en Suisse ?

Je viens de Genève. C’est un endroit particulier dans le monde où le calvinisme a laissé des traces et ça passe par le fait de " ne pas être trop visible " - donc ça a pu être problématique pour moi… (rires). Le succès en Suisse, c’est gagner beaucoup d’argent mais être inconnu.e. Tu ne dois pas déranger ton voisin, tu ne dois pas parler trop fort, rester dans ton cadre bien précis etc. J’ai donc pensé que ce n’était pas le bon endroit pour accueillir mon projet, en tous cas dans un premier temps. En France, vous êtes un peu plus révolutionnaires et on s’excuse un peu moins d’exister. Pour l’être humain que je suis, c’est plus facile.

 

Je voulais revenir sur le clip “Sisters”. Je sais que tu es beaucoup engagée pour les femmes. Ce clip était une façon d’en parler aussi…? Qu’est-ce qu'il raconte précisément ?

L’idée, c’est que je me plains souvent du manque de représentation des femmes dans le milieu de la musique. Donc c’est facile d’en parler, mais comment le faire… J’ai donc décidé de faire un clip avec uniquement des femmes. Des actrices, en passant par l’étalonneuse. Je voulais réaliser ce clip avec ma grande soeur également. Je voulais recréer un rite de sororité parce que ce sont vraiment des femmes avec lesquelles je partage mon quotidien. Aussi, dans ce clip je voulais montrer publiquement un rituel.

 

 

Pourquoi avoir tourné dans un hammam ?

Pendant la guerre d’Algérie, le hammam était un lieu où les femmes se retrouvaient entre elles. Il y avait des stratèges politiques qui étaient élaborées etc. C’est donc aussi un lieu de lâcher prise et de vulnérabilité. Je suis aussi une grande fan de Miyazaki. Je crois que c’est l’être humain que je préfère le plus… Son génie, c’est de parler à ton enfant intérieur. Il touche directement ce point très précis, qu’on a tendance à mettre de côté. Le film "Le Voyage de Chihiro", c’est le film que j’ai vu le plus au monde, avec "Totoro". J’avais donc envie de travailler sur ces références.

 

J’ai lu que tu avais pas mal souffert de racisme à l’école, comment penses-tu que les choses peuvent changer aujourd’hui ? Ta musique est multiculturelle, chantée en 3 langues, j’imagine que c’est un des moyens…

Je pense qu’il y a plusieurs niveaux... Il y a la représentation dans les médias qui ne dépend pas de moi. Aujourd’hui, c’est bien car il y a Tracy de Sà et moi-même qui sommes métissées, mais c’est vrai que l’an passé, aux victoires de la musique en Rap, tu n’avais que des blancs…
Je pense que ça passe aussi par l’école. Dans les grands épisodes de racisme que j’ai vécu, le lendemain du 11 septembre 2001 a été particulièrement marquant. Les mêmes personnes qui étaient mes ami.es m’ont traîtée de sale terroriste et m'ont dit que je devais repartir dans mon pays, alors que je suis née en Suisse. Mais un des moyens d'y remédier à ces réactions aurait été d'en parler en classe le lendemain, tout simplement.
Il y a tellement de couches sur lesquelles il faut travailler et je pense que la représentation est nécessaire. Je n’ai pas la prétention d’avoir trouvé la solution, sinon j’aurais déjà écrit un livre…

 

© Roberto Greco

 

J’ai l’impression que ta nourriture c’est les multiples cultures du monde et la spiritualité, j’entendais parler de chamanisme tout à l’heure…

L’ethnologie m’a toujours fascinée. La problématique est que c’est une science humaine qui a aussi une dynamique raciste. Elle se remet gentiment en question, mais c’est toujours l’Homme blanc qui étudie l'autochtone et c’est très rarement le contraire… Le post-colonialisme a tenté de déconstruire ces idées là... En effet, ça me passionne. Oui pour le métissage, oui pour le brassage culturel, mais avec conscience !

 

Musicalement, les textures sonores sont très travaillées. Peux-tu m’expliquer comment tu travailles en studio et comment tu passes du studio à la scène ?

Sur les deux morceaux que j’ai partagés, il y en a un de Rone et un autre de moi. Les prochains qui arrivent sont entièrement composés par moi.
Au début, je suis seule chez moi et je me mets à improviser avec mon clavier. A partir de là je construis des sons et l’idée est de faire des mélanges. J’adore mélanger un son de flûte analogique avec un son organique par exemple. Il y a des sons assez "sales" de Garange Band que j’adore et que je vais garder par exemple. Ensuite, je vais en studio, on enregistre, après je retourne chez moi et je re-travaille. Pour terminer, on mixe et on masterise.

 

 

Quels sont tes projets aujourd’hui ? Peut-être la sortie d’un album / EP ?

Je sors un album en deux parties. J’aime bien questionner le fait que tout le monde sort des albums et pourquoi il faut faire des morceaux de 3min30 etc.
Mon idée est de sortir un projet en deux parties. La première partie sort en février avec 9 morceaux et la deuxième sortira en septembre/octobre. On comprendra le sens de la première partie avec la deuxième. Autant dans l’artwork que dans certains morceaux… Aujourd’hui si mes morceaux font 7 minutes, ce n’est pas grave !

 

Instant Portrait chinois, si Flèche Love était…

Un bijou :
Une boucle d’oreille

Un film d’animation :
" Totoro " de Miyazaki

Un(e) personnage historique :
C'est sans conteste Camille Claudel ! Les 30 dernières années de sa vie ont été un peu difficiles, ellle était internée en hôpital psychiatrique. Ou encore Frida Kahlo : ce sont des souffrances physiques atroces, entre polio et accident de voiture, où elle se fait transpercer par une barre en fer…
Leur travail me transcende !

 


© Nouvelles Voix en Beaujolais

 

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  • Saam WB
    (hôte)
    • 2018-12-05 13:35:52
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  • Tags - #pop #musique #artiste musique #théâtre #chant #villefranche #INTERVIEW #Artist up #performance #spiritualité #nouvelles voix en beaujolais #théâtre de villefranche #Tracy De Sá #Flèche love #sorcellerie #Amina Cadelli #interview artist up #Kadebostany
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