Interview du vidéaste "inspirational" : Vincent Castant

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Voici Vincent Castant, co-réalisateur de la websérie "Ouai j'vois ouai" et talentueux réalisateur de clips (Polo & Pan, Jacques et Voyou). 
Après avoir débuté avec des vidéos Youtube, empreintes du côté décalé qu'on aime tant, Vincent n'a pas tardé à se faire connaître dans la réalisation de clips musicaux. Il a imposé son style et sa patte artistique, en créaant une passerelle ultime entre l’absurde et le poétique.
Rencontre avec un des plus coolissimes réals du moment !

 
Vincent Castant © Tous droits réservés



Quel a été ton parcours ? Qu'est-ce qui t'a donné envie de réaliser des vidéos ?

J’ai fait des études en commerce international et en mandarin, jusqu’au Master. 
Quand j’ai eu mon diplôme, mon père - qui habite en Inde - m’a proposé de travailler avec lui sur un projet d’école de néo-chamanisme. Nous avons tenté l’expérience mais je n’ai pas trouvé ma place. A ce moment là, je faisais des photomontages d’architecture pour m’amuser. 
Quand je suis rentré en France, j’ai décidé de pousser un peu plus ces photomontages pour en faire des videos d’animation. J’avais les idées mais pas la technique, alors j’ai regardé plein de tutoriels pour apprendre l’animation.  Et c’est ainsi que j’ai réalisé ma premiere video, une video de « porno architectural ». 
Quand j’ai ressenti la satisfaction que me procurait cet exercice, j’ai décidé de ne plus faire que ça. J’ai intégré le milieu professionnel artistique et de fil en aiguille, j’y ai fait ma place.




Tu as réalisé des clips pour Voyou, Polo & Pan, ou encore Jacques.
Peux-tu nous parler de ces collaborations ? Vous vous connaissiez avant, ou c'est une rencontre dans le cadre pro ?

J’ai rencontré ces artistes dans des cadres professionnels, notamment grâce à LinkedIn. Au grès des conférences, des congrès et des conf-calls, nous avons signé des contrats prévisionnels pour envisager des collaborations dès que nos agendas se synchroniseraient. Je me souviens… 
J’étais à l’hotel Mercure en train de donner un speech sur les techniques de crédits d’assurance dans le milieu artistique des pays de l’ASEAN, lorsque qu’en pleine diatribe, j’ai senti mon portable vibrer dans la poche de mon blaser. C’était une alerte automatique pour me notifier que le lendemain (un mardi en semaine 36), nous avions un créneau disponible, Jacques et moi. Avec les membres des différentes productions et toute l’équipe de tournage nous nous sommes rejoints à Mumbai et c’est ainsi que notre collaboration a commencé. 
La réalité, c’est que j’ai travaillé avec Jacques grâce à une suite de coincidences, bien loin de quelque cadre professionnel que ce soit, qu’on s’était à peine rencontrés avant de bosser ensemble, qu’on était en Inde en même temps par hasard et que quand je suis arrivé à Mumbai pour tourner son clip, je n’avais rien préparé, je n’avais même pas d’appareil photo... On a tout tourné avec l’Iphone d’un ami qui était avec nous et j’ai méga bidouillé ces images pour arriver au résultat final. 




Peux-tu nous parler des tournages et de ta manière de travailler ?

C’est un peu la manière dont je travaille en tournage, sans aucune préparation, sans savoir ce que je fais exactement, en total amateurisme. Une fois que j’ai suffisamment d’images, je geek à mort en post-prod pour leur donner un peu de consistance et de dynamisme.
Je remarque que c’est la même chose pour chaque projet. 
C’est à la fois une force, car cela laisse beaucoup de place à la spontanéité et aux hasards, et un handicap car cela nécessite une grande confiance préalable des gens avec qui je vais travailler, notamment celle des productions, qui ne fonctionnent pas ainsi. 




Comment choisis-tu les projets sur lesquels tu décides de travailler ?

Vu que j’ai décidé de faire de la création sur le tard, j’ai aussi décidé de ne bosser qu’exclusivement sur des projets que j’aime et/ou avec des gens que j’aime. Si je faisais ça pour l’argent, je serai en train de faire des pubs. Or, je considère que faire des pubs, c’est une perte de temps par rapport à mes projets personnels et c’est aussi participer à un système que je ne cautionne pas. Ok, ca paye, mais je préfère gagner moins pour kiffer plus. 
On a peu de temps sur cette planète, alors je ne vois pas pourquoi je le gâcherai. 
Donc, je passe le plus clair de mon temps à faire ce qui me passe par la tête, ce qui m’amuse. 
Parfois c’est un peu angoissant car je n’ai aucune sécurité pour l’avenir, mais maintenant, je serai bien incapable de faire autrement. 



© Vincent Castant - Tous droits réservés


© Vincent Castant - Tous droits réservés



Tes clips créent une atmosphère à la fois surréaliste et rêveuse. Comment te viennent les idées, de quoi t'inspires-tu ?

Merci des compliments, ca fait toujours plaisir. 
Pour avoir des idées, il suffit que je me dise, « ok, maintenant il faut avoir des idées ». Parfois ça arrive de suite, parfois ca prend quelques heures. Même si mes idées ne sont pas toujours bonnes, je les fais quand même. Il y a toujours moyen de se rattraper ensuite, de les retravailler. Toujours. 
Finalement, je considère que toutes les idées sont bonnes et améliorables. Pour les clips, souvent elles viennent des images que j’ai ou d’une technique. Parfois en amont, parfois en aval. Les idées n’ont pas une seule source, elles sortent du chaos. Le seul truc qui compte pour moi, c’est qu’elles soient exprimées clairement et de manière originale. 
Pour ce qui est de l’inspiration, et bien c’est vrai que j’ai une tendance à aimer tout ce qui est absurde, illogique, drôle, poétique, libre. Que ce soit en video, en littérature, en peinture, ou des situations de la vie quotidienne. 
Tout est « inspirational » à condition de prendre le temps de s’y intéresser. C’est des phrases bateau, mais c’est vrai. 




Quels artistes t'influencent, t'inspirent...?

Dans le désordre, toutes disciplines confondues : Robert Benchley, Magritte, Max Escher, Louie CK, Quentin Dupieux, Les frères Grimm, Chris Esquerre... tout un tas d’artistes contemporains dont je ne connais pas les noms, des comptes instagram de memes, Richard Brautigan, Mirò, certains maitres Haiku, certains de mes amis qui ne sont pas artistes mais qui devraient l’être, Orson Welles, Milan Kundera, Ionesco, Edouard Baer, Henry Michel, Jesus-Raphael Soto, et tout un tas de gens comme ça. 



© Vincent Castant - Tous droits réservés


En plus des clips musicaux, tu a co-réalisé la websérie "Ouai j'vois ouai".
Qu'est-ce qui t'a amené à faire ce projet ? Avec qui tu as travaillé dessus ?

La web-série Ouai j’vois Ouai, est liée à un journal intime/publique que j’avais entamé peu après mes études.
Je venais de m’installer à Paris, et je me moquais gentiment des parisiens parisianistes. Une amie, Solène Azoulay, m’a proposé d’adapter ces dessins à l’écran. On a bossé ensemble pendant deux ans, on a fait 15 épisodes. On a écrit, tourné, monté, animé ces épisodes à deux sans aucun moyen.
On s’est beaucoup amusé, puis on a arrêté. 
J’ai continué Ouai j’vois Ouai seul, sous forme de bande dessinée, de podcasts et de vidéos : un documentaire de voyage, un clip avec Clément Métayer et ….




On a vu notamment un épisode de télé-réalité sur des grenouilles. Peux-tu nous en parler ?

Voila. Alors. Il y a deux ans, je passais comme chaque année du temps chez mon père en Inde. Quand je suis arrivé, la saison de a mousson était passée, mais il n’avait pas plu une seule goutte. Dans le bassin qu’il y a dans le jardin, il y avait des grenouilles. Vu que le niveau de l’eau était trop bas, elles ne pouvaient pas en sortir. Les têtards naissaient sans espoir de sortir de ce bassin. Ils se transformaient en grenouilles et pour survivre, mangeaient leurs parents. 
En bon saint-maritain, j’ai décidé de leur donner une chance et de les intégrer à une émission de télé-réalité qui leur seraient consacrée. Avec Gaillard de Navailles, un ami qui me rendait visite, on a construit un loft à leur taille, et on a mis les grenouilles dedans. On a tout filmé pendant trois jours. On voulaient qu’elles s’engueulent pour la télécommande, qu’elles aillent se cracher dessus au confessionnal, etc.



© Vincent Castant - Tous droits réservés


Ce que je n’avais pas prévu, c’est que les grenouilles n’interagissent pas du tout comme nous. Elles bougent très peu, ne se regardent pas, ne sont pas expressives et très difficile à diriger. Donc le montage allait demander beaucoup de travail. J’ai tenté de rendre ça drôle, mais j’ai eu beaucoup de mal, alors j’ai fait une « video d’art ». 
Pour moi, le principe de la vidéo d’art, celles qu’on voit dans les musées, est le suivant : il faut une idée forte et faire des séquences beaucoup trop longues avec une musique bizarre par dessus. Ca donne une impression étrange au spectateur, et bingo! Mais même comme ça, je n’étais pas satisfait. Il y a un mois, j’ai donc recommencé, mais entre temps, j’ai perdu tous les rush. Je n’avais plus que le montage de cette « vidéo d’art ». J’ai remanié, remonté, habillé, ré-musicalisé pour arriver à un épisode que se rapproche d’une vraie télé-réalité. L’histoire n’a aucun intérêt, comme dans la télé-réalité. Banjo est amoureux de Linda, mais Linda préfère Sonny. Banjo se vexe et prend des mesures de retorsion. Maintenant disponible sur Youtube, allez juger par vous même. 




As-tu d’autres projets en cours ou à venir ?

Bien sûr! 
Je suis en train de faire un roman graphique, qui fera 200-300 pages. Une série de bronzes donc. 
Un documentaire sur Pondicherry et Goa. 
Et des stories instagram, que je considère comme une vraie pratique créatrice.
J'aimerai beaucoup refaire des podcasts aussi. Voilà déjà ca va me prendre l’année, ensuite on verra où ça me mènera. Je ne m’en fais pas. 



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Vincent Castant © Tous droits réservés

    • 2019-03-07 09:29:23
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  • Tags - #clip #musique #video #realisateur #jacques #audiovisuel #INTERVIEW #Websérie #music video #clips #VIDEO CLIPS #artistup #voyou #vincent castant #Ouai j'vois ouai #Polo & Pan #creation clips
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