Les portraits sensibles et authentiques de Jeremy Dionn

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" Je vois la mélancolie comme étant «l’amour de la tristesse». C’est un univers dans lequel j’adore planer et m’évader. " 
Jeremy Dionn est un jeune photographe originaire de Montréal.
Il réalise avec beaucoup de sensibilité, des séries de photographies à la fois cinématographiques et d'une certaine manière élégiaques. Spécialiste des portraits et du noir et blanc, Jeremy Dionn parvient à créer des ambiances uniques et fait parler ses images avec une immense poésie...



Jeremy Dionn © Tous droits réservés



Comment est née ta passion pour la photographie?

C’est mon père qui m’a tout d’abord exposé à la photographie dès l’âge de douze ans.
Il faisait de la macro à l’époque, j’ai donc eu la chance d’apprendre assez jeune quelques techniques. Ce n’est cependant qu’à vingt ans qu’est venue ma première expérience comme photographe. J’ai eu un projet d’art dans lequel je devais faire un portrait en noir et blanc et j’ai tout de suite eu la piqure. J’ai par la suite hérité de l’équipement de mon grand-père et de mon père, chose qui m’a grandement motivé à continuer.



© Jeremy Dionn


Photographe autodidacte, quelles ont été  les étapes clés dans ton apprentissage ?

Les étapes clés furent d’assister et d’écrire à des photographes/directeurs photos.
De cette manière j’ai pu apprendre autant d’un point de vue technique que pratique et ce avec des gens qui artistiquement m’inspirent. Je crois qu’en tant qu’autodidacte, nous nous devons d’être constamment curieux et entrepreneur.
Prendre la décision de ne pas faire partie du cadre scolaire pour apprendre demande une grande débrouillardise, mais je le recommande fortement.


© Jeremy Dionn


Des rencontres, artistes qui t’ont inspiré, permis d’avancer dans ta pratique photographique ?

Alors que je venais tout juste de débuter, j’ai écrit au photographe montréalais «le Pigeon», car j’aime beaucoup son approche artistique et la sensibilité que dégagent ses œuvres. J’ai eu la chance d’avoir quelques «masterclass» de sa part, ce qui a beaucoup influencé mon travail au tout début.
Une autre rencontre serait celle du réalisateur/directeur photo Kristof Brandl. J’ai eu la chance d’assister à quelques uns de ses plateaux et de faire quelques séances de portraits expérimentales où l’on testait de nouvelles techniques directement sur les pellicules films. Ce que je retiens surtout de cette rencontre est la découverte de mon intérêt pour la direction photo, ce qui explique pourquoi mes images sont souvent étiquetées comme étant «cinématographiques». Aussi artiste autodidacte, Kristof est une grande inspiration pour mon travail en général.
Autre rencontre qui m’a énormément influencé est celle du peintre Adam Markovic. J’ai honnêtement appris plus sur les ambiances et lumières à travers ses toiles qu’à travers beaucoup de photographies. Il crée un univers mélancolique, poétique et humain qui m’inspire encore beaucoup à ce jour. Lui et sa femme (Sharon Okun) sont deux artistes et amis que j’admire beaucoup.


© Jeremy Dionn


D’où vient ton intérêt pour le portrait ?
J’ai étrangement toujours eu une fascination pour les visages.
Avant la photographie, je faisais du portrait au fusain.  Je pouvais passer des jours voire des semaines à peaufiner mes ombres et lumières afin que le dessin ressemble le plus possible à une photo. Ce qui est marrant, c’est qu’aujourd’hui j’essaye de donner un look fusain à mes photos.
J’ai aussi un énorme intérêt pour la psychologie/philosophie, chose que je peux exploiter et apprendre à travers une séance de portraits.



© Jeremy Dionn


Tes œuvres semblent être empreintes de mélancolie "intense"... est-ce le cas à tes yeux ?

Je ne dirais pas intense, mais mélancolique sans aucun doute. C’est l’émotion avec laquelle j’aime créer, avec laquelle je n’ai pas le choix de créer et ce peu importe le médium.
Je vois la mélancolie comme étant «l’amour de la tristesse». C’est un univers dans lequel j’adore planer et m’évader.



© Jeremy Dionn



Que cherches tu a exprimer à travers tes portraits?

Ma poésie.


© Jeremy Dionn


Tu travailles en argentique, pourquoi ce choix ?

Parce que la relation avec ton sujet et ton médium est incomparable. Je prône énormément la qualité avant la quantité ainsi que la patience et c’est exactement ce que procure la pellicule film.
Armé seulement de 36 clichés à la fois, aucun écran pour visionner, un calcul de lumière chirurgical ; il est primordial d’être dans le moment présent et de là, j’y trouve mon bonheur. Le lien entre le photographe et le sujet est beaucoup plus fort, plus intime, et il est, à mon avis, quasi impossible de répliquer un résultat aussi organique en digital.


© Jeremy Dionn


Qu’est-ce que le noir et blanc te permet de mettre en lumière ? Et qu’en est-il de la couleur ?

Honnêtement, je choisis d’abord et avant tout le noir et blanc par goût personnel. Je trouve ça intemporel tout en étant moderne et ça met l’emphase sur le sujet et le travail de lumière. De plus, je trouve qu’il y a plus de place à l’interprétation. C’est en direction photo que j’aime explorer la couleur et son apport narratif à l’histoire.


© Jeremy Dionn


Lors des shootings, comment se passe l’interaction avec tes modèles ?

J’accorde beaucoup d’importance à la discussion, peu importe le sujet. Pendant que j’installe et prépare mon équipement, je prends le temps d’en apprendre davantage sur mon sujet dans le but de lui créer une expérience vraiment unique.
Par exemple, lors de ma dernière séance avec l’actrice montréalaise Mylène Mackay, nous avons beaucoup parlé d’astrologie, sujet pour lequel elle à un grand intérêt. Après m’avoir dit que son signe était de type «eau», j’ai eu l’idée de faire passer mes lumières à travers des bocaux d’eau, créant ainsi des ombres et lumières uniques.
Ce sont ces petits détails qui peuvent tout changer, autant pour le résultat que pour l’expérience.



© Jeremy Dionn


Quels sont les artistes qui t’influencent, t’inspirent ?

Comme je me lance dans un projet musical à l’instant même tout en faisant de la photographie/direction photo, j’ai plusieurs inspirations.
Niveau carrière, l’artiste Woodkid accomplit ce que j’aimerais accomplir, en mélangeant ses médiums.
Ensuite, il est clair que l’artiste qui m’a le plus influencé est de loin Bon Iver. J’ai intitulé mon duo musical «Re Stacks» en l’honneur d’une de ses chansons.
Pour ce qui est de la photographie, Sebastiao Salgado et Peter Lindbergh sont mes deux héros.
Tous deux maîtres du noir et blanc, c’est à ce niveau que j’aspire.  


© Jeremy Dionn


Quels sont tes projets à venir ?

Pour les projets à venir, une grosse année s’annonce pour moi.
J’ai mon duo musical sous le nom de «Re Stacks» qui voit jour le 1er Mars 2019 avec sa première chanson intitulée «Kissing Bullet».  J’ai co-réalisé, produit et fait la direction photo en plus de composer, écrire et interpréter la chanson.
Je lance donc mon projet dans lequel je me met entièrement vulnérable et ce en mélangeant tous les médiums qui me passionnent.

Pour suivre ce que je fais et ferai : @jeremydionn




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© Jeremy Dionn

    • 2019-03-13 10:56:54
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  • Tags - #photo #photographe #cinema #portrait #noir et blanc #photography #argentique #focus #artistup #mélancolie #jeremy dionn #potrait #melancholy #cinematographique #photographie cinematograohique
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