Interview du portraitiste pochoiriste : Guaté Mao

PARTENAIRES

Chercher une news

Publicité



Nous avons reconrté Guaté Mao, artiste urbain connu pour ses oeuvres réalisées à l'aide des pochoirs. Le street artiste a choisi cette technique pour son réalisme et se capacité à mettre en lumière son sens de l'observation. En effent, au coeur de sa démarche créative : ses portraits sont naissent de photographies qu’il prend au cours de ses nombreux voyages.
Après Montepellier, Guaté Mao vit et créé à Sant-Denis. Ajourd'hui, le street artiste continue à interpeller les passants avec le regard et l'émotion intense qui se dégadent de ses protraits...




© Tous droits réservés



Comment t’es venue l’envie de créer dans la rue ? Quel est ton parcours ?

Au début, j’ai voulu être graphiste, mais en réalité je ne me voyais pas rester toute la journée devant un ordinateur.
C’est en arrivant à Montpellier que j’ai vu pour la première fois des créations sur les murs et j’ai eu envie de faire pareil. C’est ainsi que j’ai commencé à faire des pochoirs et à peindre dans la rue.
J’ai choisi la technique du pochoir qui me permet de travailler tranquillement chez moi, puis de les poser rapidement dans la rue. Le principe est assez cool… et c’est ce qui m’a plu.



© Tous droits réservés



Tu es un artiste très mystérieux, pourquoi ce besoin d’anonymat ? Est-ce pour créer librement dans la rue ou pour d’autres raisons ?

Sortir de cette forme d’anonymat ne me permettrait pas de créer davantage.
En réalité, j’ai simplement envie de partager certaines choses de Guaté Mao. Je ne veux pas mêler mon art à ma personne, à mon visage, ni à mon nom…


© Tous droits réservés



Tu as commencé le street art à Montpellier, puis tu es arrivé en banlieue de Paris.
Ce déménagement a-t’il influencé ta manière de créer, si oui de quelle manière ?

J’ai commencé à Montpellier, mais j’avais envie de toucher plus de monde, que plus de gens voient ce que je fais. C’est ainsi que j’ai décidé d’aller à Paris. Finalement, je suis arrivé en banlieue, à Saint-Denis.
J’ai remarqué qu’à Paris il y avait déjà beaucoup de choses sur les murs, contrairement à Saint Denis. Au début je suis allé un mois ou deux peindre à Paris, à côté des œuvres existantes. Puis, je me suis dit « Pourquoi peindre à Paris ? Je peux le faire aussi à Saint Denis c’est cool comme ville ». C’est ainsi que j’ai commencé à peindre là-bas...


© Tous droits réservés



As-tu fait de nouvelles rencontres ?

Oui, j’ai rencontré pas mal d’artistes ici, et grâce à eux j’ai rejoint une association. Maintenant je préside une association d’artistes avec une salle associative, où je peux créer ce que je veux : de la scénographie en passant par les expos… Cela me permet de voir les choses différemment, que du seul point de vue que la rue. C’est intéressant de « meubler » un espace intérieur, j’aime beaucoup cette nouvelle approche.
Si je dois faire une expo, ce serait important pour moi de pouvoir transporter les visiteurs dans un univers, je ne suis pas adepte de tableaux sur un mur blanc, ça me ne fait pas d’effet.


© Tous droits réservés



Tu as donc opté pour la technique du pochoir.
Pourquoi ce choix ? Avant ça, tu avais déjà essayé d’autres techniques ?

Avant les pochoirs, je dessinais des portraits quand je m’embêtais… pendant l’année BAC.
Je suis rapidement passé aux pochoirs, car cette technique me paraissait facile avec mes compétences en informatique. C’était assez simple avec cette approche, mais je me suis rendu compte qu’il y avait un risque de similitude avec les autres créations aux pochoirs réalisées avec cette technique. Je m’en suis donc peu à peu éloigné.


© Tous droits réservés


Quelles sont les étapes créatives pour réaliser une fresque ?
De combien de pochoirs aurais-tu besoin ? Comment procèdes-tu ?

Sur un grand mur il n’y a pas de règles concernant le nombre de pochoirs… Il faut compter environ une centaine de pochoirs.
Pour des pochoirs basiques dans la rue, sur des poubelles ou autre, j’utilise 3 couches de pochoirs pour un portrait. Je passe entre 5 et 15mn à les peindre, et entre 10h et 60h à les couper.


© Tous droits réservés


Quelle place occupe la couleur dans tes œuvres ?

J’ai commencé à travailler en noir et blanc, notamment parce que c’était simple en pochoir.
Puis, progressivement, j’ai appris à travailler avec d’autres couleurs. J’ai travaillé avec le turquoise et le rose et pendant une période je mélangeais avec le noir et blanc.
Ensuite j’ai trouvé une teinte pour la peau et j’ai donc ajouté de la couleur aux visages.
Puis, j’ai appris à travailler avec d’autres couleurs comme le vert par exemple… c’est venu progressivement.
Aujourd’hui, j’ai envie de changer, d’essayer différentes choses et sortir du réalisme, ainsi que des couleurs basiques.




© Tous droits réservés



À travers tes œuvres, on retrouve une majorité de portraits de visages.
Qui sont ces personnages ? Sortent t’ils de ton imaginaire ? Comment les choisis-tu ?

Aucune personne ne sort de mon imaginaire, je les choisis car je les rencontre.
De plus, je suis aussi photographe et je voyage énormément. Je prends beaucoup de photos et parfois je me dis tout simplement que j’ai envie d’en faire une peinture.


© Tous droits réservés


Que souhaites-tu faire ressentir avec ces portraits auprès des passants ?

Cette question est assez compliquée car, lorsque j’ai commencé, je ne savais pas moi-même pourquoi je peignais des personnages un peu tristes.
Avec du recul, je pense que c’est pour questionner le passant dans sa vie de tous les jours. J’aimerais que mes créations permettent aux personnes de voyager et d’imaginer des choses.
De plus, à Saint-Denis, il n’a pas de peintures à tous les coins de rue. Ainsi, un passant qui voit une de mes peintures ne s’y attend pas… et cet effet de surprise permet au portrait de l’attraper littéralement dans son parcours.


© Tous droits réservés



Qui sont les artistes qui t’inspirent ?

Je ne sais pas trop… je regarde assez peu les créations d’autres artistes.
J’aime bien Jace et ses petits personnages jaunes.
De plus, j’aime bien Jaune  et Os Gemeos qui font des personnages jaunes aussi…
Je crois que j’aime bien les personnages jaunes en fait.
Sinon pour les portraits j’aime bien Vhils et les projets de JR, ou encore Banksy…


© Tous droits réservés


On peut admirer tes œuvres dans les rues de Saint-Denis, et dans le quartier de l’écusson à Montpellier. Dans quels autres coins de Paris et ailleurs peut-on découvrir tes créations ?

À Paris, j’en fais peu, j’essaye surtout d’attirer les gens vers Saint-Denis.
En France j’ai peint à Toulouse, Lyon, Montpellier, Limoges, Lille, Cannes, Nice et Perpignan...
Ailleurs… j’en ai fait à Barcelone, à Istanbul, à Téhéran, à Dakar, en Lituanie, en Roumanie… j’ai pas mal bougé avec mes pochoirs.


© Tous droits réservés



Quels sont tes projets en vue pour la suite ?

Actuellement je suis particulièrement concentré sur la scénographie
Je vais également faire un grand mur de 54m de long en mars.
Ensuite je vais organiser une exposition collective avec des artistes iraniens avec mon association.
Enfin, j’aimerais organiser en septembre une exposition avec une galerie d’Istanbul sur des portraits de pêcheurs que j’ai pris là-bas en photo, et que j’aimerais exposer là-bas dans la rue.


© Tous droits réservés


Suivez Guaté Mao :

Facebook
Site

    • 2019-03-21 17:03:39
    • 1,041 views
  • Tags - #graphisme #street art #artistup #guaté mao
  • Ajouter aux favoris

Photos

PLUS D'ARTICLES ICI