Lumière sur Kim Hyun-Mi, citoyenne du monde...

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Lorsqu’on pénètre dans l’univers de Kim, on se sent chez soi, on se sent confortable, humble et imperméable à toutes mauvaises ondes provenant de l’extérieur. De racine coréenne, de nationalité Belge, des parents aux Etats-Unis, Kim Hyun-Mi n’a pas de « maison-mère » à proprement parler. Après avoir vécu en Arabie Saoudite et en Allemagne, l’artiste expose maintenant à Lyon et nous fait partager un univers particulier et fraternel dont l’odeur générale nous a conquis dès les premiers instants.

 

Pouvez-vous me dire qui est Kim Hyun-Mi en quelques mots et me parler de votre parcours ?

« J’ai commencé à travailler comme hôtesse de l’air et j’ai donc beaucoup voyagé. Je me considère comme « nomade ». Les gens me demandent d’où je viens et je ne sais pas quoi leur répondre. Mes racines sont coréennes et américaines, mais j’ai vécu en Allemagne, en Arabie Saoudite et en Belgique. C’est d’ailleurs en Belgique que je suis allée à l’académie des Beaux-Arts où j’ai étudié pendant 5 ans. J’étais une élève très détachée et globalement pas assez concentrée sur le travail à effectuer mais ils m’ont admise à l’académie et c’est là qu’ils m’ont dit que j’avais quelque chose en moi de fort et que mon envie de partager était une grande qualité, ça m’a beaucoup encouragée. Après les cinq années je suis directement venue à Lyon et j’ai commencé à exposer mon travail. »

 

 

Comment décririez-vous votre univers artistique ? Votre style ?

« Ça me gêne de parler de ce que je fais car je donne tout ce que j’ai et j’ai du mal à l’évoquer par la suite. J’essaie de partager un message par le biais de la peinture, comme l’espoir par exemple. La vie c’est quelque chose de lourd, il y a des flash de joie mais c’est un voyage continu. C’est difficile de dire où l’on va alors, je partage par l’image, des sentiments et des émotions qui, je le souhaite, prouvent aux gens qu’ils ne sont pas seuls. On ne se parle pas, nous ne sommes pas proches, mais « je suis là ». Lorsqu’on a des mauvais moments dans la vie, c’est encore plus difficile si l’on est seul. 

Lorsque je peins, je comprends mieux la vie car il y a tant de choses de la société moderne que je ne saisis pas. Je me dis qu’il y a des gens qui souffrent de solitude alors que nous sommes plus de 6 milliards sur terre, que si j’ouvre ma fenêtre il y a plein de monde dans la rue. C’est pour cela que, si je peux le faire, je partage ces sentiments de soutien et de confort. 

J’utilise beaucoup la perspective car ça représente bien le fait que nous allons tous dans la même direction : faire grandir l’humanité. Mais pour être sincère en peinture il faut composer avec l’instant présent et les sentiments qui vous traversent, parfois je regarde mes tableaux et je les trouve « faux » alors je repeins par-dessus et ainsi de suite. Ce qui est compliqué c’est que je commence à travailler sur un tableau et du jour au lendemain ou même pendant que je travaille, mes émotions changent et cela vient tout chambouler. »

 

 

Quelles sont vos influences, vos sources d’inspiration ?

« En fait je me demande où est-ce que je peux aller puiser cette inspiration, ces idées. Et je me suis rendue compte que l’espoir, lui, est éternel contrairement à la majorité des éléments de la vie. C’est une question qui me vient donc souvent à l’esprit « Est-ce que j’ai toujours l’espoir ? Être meilleure ? Est-ce que je suis arrivée à être cette artiste que je voulais être ? Est-ce que j’arrive à partager ces émotions que je ressens ? J’en ai conclu qu’on ne peut pas s’arrêter de croire en l’espoir surtout lorsque plus rien ne va. C’est toujours celui qui continuera à y croire qui pourra se dire un jour « C’était dur, mais je l’ai fait ».

 

 

Quelles sont vos premières impressions sur le vernissage du 25 novembre ?

« C’était une exposition très spéciale qui est organisée dans beaucoup de villes en France et les bénéfices de l’exposition sont reversés aux enfants malades dans les hôpitaux. Le plus étonnant sur cette exposition c’est la sincérité des gens. Ils étaient réellement touchés par mes travaux et c’est important pour moi. C’est souvent dans les moments les plus instables de la vie que l’on peut se retrouver dans l’art. On m’a toujours dit « la crise économique arrive, comment tu vas faire pour t’en sortir ? » mais une amie à moi m’a dit un jour « Pendant les deux guerres mondiales, le montant des ventes des travaux artistiques augmentait sans cesse » parce que justement, les gens avaient besoin de cette beauté et de cet esthétisme pour pallier toute la difficulté présente à l’extérieur.

Je pense que la psychologie moderne a définitivement changé ces codes. Il est très facile d’aller sur internet et de taper le nom d’un tableau et de le contempler. Mais ce n’est pas comparable. La plupart du temps, les gens voient la peinture comme un luxe, comme un accomplissement. Oui, c’est peut-être de la luxure mais si c’est bon pour votre cœur et votre âme alors c’est nécessaire. »

 

 

Si vous n’aviez pas été artiste peintre, vers quoi vous seriez-vous orientée ?

« Ça me fait rire cette question, car je pense que beaucoup de personne répondrait « une personne riche », « une célébrité » ou « un sénateur ». Vous savez quand les gens regardent mes peintures ils me disent « vous avez beaucoup de choses à faire sortir de vous on dirait » alors si je ne faisais pas ce métier-là, je ne ferai rien sortir de moi et je deviendrais probablement folle ! Pour vous répondre plus franchement, une proche m’a dit un jour « tu aurais dû travailler avec les enfants parce que tu les aimes beaucoup » et c’est vrai, je les aime particulièrement parce que la vie ne les a pas encore atteints, ils ont encore toutes les possibilités en eux. On voit beaucoup dans mon travail l’urbanisme, la mécanique, le dynamisme de la vie mais il y a toujours une touche d’infantilité dans laquelle on peut tous se retrouver (nous avons tous été enfant). Vous ne devriez pas vous sentir offensé si on vous dit « tu es vraiment puéril » mais au contraire vous dire « Yes, super ça veut dire que mon esprit n’est pas encore totalement fermé ».

 

 

Quels sont vos projets, ambitions et envies pour l’avenir ?

« Je voudrais devenir une meilleure artiste, plus courageuse parce que je me mets réellement à nu devant les gens lorsque j’expose et j’ai besoin de ça pour continuer à sortir ces choses de moi. Je voudrais satisfaire les gens avec mon travail mais nous vivons dans un monde moderne alors je suis obligée de dire que je fais ça pour payer mes factures aussi ! Mais plus sincèrement, je veux rester moi-même. On m’a souvent dit « Pourquoi ne peins-tu pas des paysages ? Pourquoi ne pas faire un travail plus sensuel ou sexuel ? Les gens paieraient cher pour ça » et je leur réponds que ça ne serait pas moi. Même si j’échoue, au moins j’aurais partagé ce que j’avais dans mon cœur, c’est impossible de faire autrement pour moi. Pour la suite, je n’ai qu’une chose à dire : Let’s see what’s going to happen ! »

 

 

Comment vous voyez-vous en 2033 ?

« Waow, je serai décédée c’est certain ! Je pense que je pourrais être une personne contente et fière de ce que je suis. En tant que personne,  je pense que j’aurais fait face à tous mes combats et que je serais arrivée à devenir ce que je suis. Je pense que nous ne faisons rien pour rien dans la vie. C’est notre parcours personnel qui profile notre futur et qui justifie ce que l’on fait sur le moment présent. En tout cas je ne veux pas être une artiste qui fait 30 tableaux en un mois et rentrer dans un circuit de production de masse. Pour moi ce n’est pas ça le métier d’artiste, le plus important c’est de rester sincère. »

 

 

Le mot de la fin ?

 « Let’s fight our battles ! »

Retrouvez l'univers de Kim sur

www.kimhm.com

 

— Kim Hyun-Mi —

    • 2015-05-04 18:45:31
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  • Tags - #dessin #peinture #arts graphiques #Kim Hyun-Mi
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