Kesa : du vinyle au Street Art

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PREFACE

Je pense qu’il est important de commencer par exposer la différence entre le Street Art et le Graffiti. L’amalgame est encore trop répandu pour laisser cette question sans réponse. Le Graffiti correspond au fait d’inscrire ou de peindre quelque chose sur une structure située dans l’espace public. Encore considérée comme du vandalisme, donc illégale, cette pratique vise souvent à communiquer un message politique ou social. Le Street Art regroupe toutes les formes d’art (pochoir, stickers, mosaïque, collage etc.) réalisées dans la rue, y compris le Graffiti. 

 

 

Aujourd’hui, je vous propose de faire connaissance avec Kesa, un artiste à l’activité unique et au grand talent. Sans pochoirs, ni bombes de peinture, Kesa exerce une forme d’art très peu généralisée. En effet, il a appris à maitriser l’art du collage urbain et l’a personnalisé avec ces vinyles. Une griffe singulière et inégalable qui l’a conduit à vagabonder jusqu’en Corse et dans une flopée d’espaces urbains de l’hexagone. Ressortons nos tourne-disques et écoutons la symphonie artistique de Kesa !

 

 

Comme beaucoup de Street Artists, Kesa a fait ses premiers pas dans l’univers artistique urbain armé d’une bombe à peinture à la main, conditionné par une adolescence nourrie de culture Hip-hop et par l’envie de laisser sa trace dans un marasme mondain déjà beaucoup sollicité par les graffeurs. C’est donc en 1995, à Grenoble que notre artiste à commencer à déambuler et à repérer toutes les surfaces susceptibles d’être gravées : « À la base, je viens du graffiti. J’étais très imprégné de la culture Hip-hop et c’est en 1995 que j’ai commencé le graffiti. J’habitais Grenoble et comme je disais la culture Hip-hop était omniprésente dans ma vie d’adolescent. Je faisais surtout du vandalisme urbain, quelques pièces en usines désaffectées etc. Le plus gros de mon activité se trouvait dans la rue, sur les trains, les autoroutes, les voies de chemins de fer etc. Je signais déjà KESA. »

 

 

Près de 15 années plus tard, l’artiste a effectué un voyage qui lui a fait comprendre certaines choses en matière d’art urbain et c’est dans cette lointaine contrée que Kesa a eu le déclic : « Je suis passé du graffiti au Street Art en 2011, après un voyage au Brésil où j’ai pu découvrir Sao Paulo. C’est précisément la bas que j’ai vraiment compris ce que signifiait les termes « Street Art » !  Je suis un passionné de vinyle depuis longtemps, j’avais quelques disques de variété sans grand intérêt qui trainaient dans ma collection et puis un jour j’ai fait le choix de les détourner façon Street Art. »

 

 

« Et puis un jour, j’ai fait le choix de les détourner façon Street Art », une phrase qui nécessite des explications. Soyons honnête, c’est une pratique plutôt atypique et drôlement bien adaptée, pourrions-nous avoir des précisions ?

 

« Un soir, un peu éméché j’avais fait un pochoir sur un vinyle. Pour sécher plus vite la peinture sur le disque j’ai utilisé un sèche-cheveux. Au bout d’une ou deux minutes j’ai remarqué que le disque se déformait et devenait malléable et assez mou. Ainsi, de fil en aiguille j’ai exploité ma découverte pour en arriver à ce que je suis aujourd’hui. Par contre, depuis le temps, j’ai abandonné le sèche-cheveux pour passer à quelque chose de plus sérieux et de plus efficace. »

 

 

Avant l’avènement des disques lasers, le disque vinyle, également appelé microsillon, était l’un des premiers type de support pour écouter de la musique. Il prendra le nom de 45 tours du fait de sa rotation de 45 tours par minute. Grâce à cette invention, qui permet d'écouter 8 minutes de musique sur chaque face, les artistes vont se lancer sur un nouveau marché, la vente de "single". En matière d’inspiration, c’est également dans une réflexion musicale que se place l’artiste féru de musique depuis toujours : « Mon univers artistique est très lié à la musique, j’en écoute beaucoup. C’est une grande source d’inspiration pour moi. Je passe beaucoup de temps à déambuler dans la rue, du son dans les oreilles et le nez en l’air, prêt à chercher l’inspiration, à dénicher des spots pour mes futurs collages. »

 

 

En marge du gratin des soi-disant « star » du Street Art, Kesa n’est pas soumis à la moindre influence graphique ou artistique : « Je n’ai pas particulièrement été influencé par d’autres artistes. Disons que lorsque je vois le travail de certains, ça me motive et me donne envie de continuer et de progresser. »

 

 

L’artiste aux vinyles se manage tout seul et n’est pas du tout désireux de célébrité et de démarche commerciale et c'est tout à son honneur. Certes, aujourd’hui son identité est bien définie et entérinée par tous les amateurs de l’art urbain mais les nombreuses sollicitations auxquelles doit répondre l’artiste le pousse à décupler sa vigilance sur les choix à effectuer : « Oui c’est vrai que le phénomène à bien et vite décollé. Pour l’instant j’arrive encore à bien gérer mon image, je pense avoir l’entier contrôle de ce que je fais même si pendant une période je me suis un peu laissé débordé en répondant trop aux sollicitations des galeries et aux commandes des particuliers. Aujourd’hui j’ai beaucoup nuancé ce type de demande. Je souhaite à présent me concentrer sur le collage dans le rue, c’est vraiment ce qui me procure le plus de plaisir. Mais d’un point de vue général je suis satisfait de mon image ou de la représentation que j’en ai. Je n’ai pas mangé à tous les râteliers, je sous-pèse toutes les propositions et j’en refuse beaucoup. Je préfère rester rare. »

 

 

C’est avec la même vigilance que Kesa a découvert le point de vue de certains artistes de Street Art : « Aujourd’hui, quand je vois d’autres Street artistes prêts à tout pour trois fois rien et qui se laissent déborder par le phénomène de mode c’est assez flippant. Ils n’ont pas réellement de parcours artistique et font du collage depuis seulement 1 an mais ils veulent déjà exposer et vendre. C’est se servir de la rue, non pas comme moyen d’expression mais comme support pour se faire un nom, puis générer des ventes. J’ai rencontré des Street artistes lyonnais qui m’ont directement parlé de cette manière « Mes collages de rue c’est pour me faire connaître, pour pouvoir vendre en galerie, le collage en lui-même je m’en fou, le plus important c’est la photo que je vais mettre sur le net, internet c’est là que ça se joue maintenant ». Je ne citerai aucun nom mais ce genre de gamberge me donne la nausée. Je suis aux antipodes de ces gens là, je ne me considère pas comme étant dans le star system, le show biz du Street Art lyonnais ou français, je suis en marge. »

 

 

L’avis des gens, la météo, les erreurs de collage, tant d’obstacles et contraintes qui font partie du métier d’artiste urbain mais lorsqu’on a ça dans le sang et qu’on l’on prend du plaisir à le faire, ça fait « chaud au cœur » nous dit Kesa : « Ce qui me plaît le plus c’est de sortir avec mon échelle, et ce que je ressens pendant toute la phase de collage. J’adore ça ! Puis dans un second temps j’apprécie beaucoup passer devant le collage, parce que c’est sur mon trajet ou autre et de voir les gens qui s’arrêtent, commentent, prennent des photos, ça fait chaud au cœur.

Ce que j’aime moins, c’est quand je me trompe de sens dans le collage, ça m’arrive régulièrement de mettre la colle du mauvais côté de la pièce et de la coller. À ce moment précis, c’est vraiment la galère, il faut que je m’adapte. Du coup, souvent, le collage final ne correspond pas du tout à ce que j’avais en tête au départ (le sens de l’oiseau, la position du chat etc.) mais je m’en sors toujours. Le plus chiant c’est lorsqu’il se met à pleuvoir pendant que je colle, ça m’est arrivé deux fois sur Paris et c’est vraiment pénible ! »

 

 

Pour l’avenir, Kesa souhaite aller au delà des frontières françaises et exercer son art à l’international : « Je n’ai pas vraiment de projet futur, mes ambitions pour l’instant c’est de faire du collage dans la rue et de m’étendre sur d’autre pays européens. »

 

 

Kesa, en 2033 ?

« En 2033 ?!  Oula ! Je ne vois pas jusque là, mais disons que j’espère que je serai toujours dans une démarche artistique, peu importe laquelle. »

 



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Kesa

  

— Propos recueillis de Kevin (Kesa) —

    • 2015-05-04 19:01:16
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  • Tags - #musique #Lyon #street art #kesa #vinyles #45 tours #33 tours #art urbain #urban art
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