Suivez la folie de la Cie La Folie Nous Suit !

PARTENAIRES

Chercher une news

Publicité

Bonjour Marielle. Vous êtes une jeune metteur en scène avec un parcours très riche rythmé par des voyages, des expériences et de nombreuses rencontres.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?

Mon parcours débute par une femme et un théâtre. Elle, c’est Pascale Lemée, auteur et metteure en scène et le théâtre, c’est le Centre dramatique national de Sartrouville.  Plus tard à 20 ans, j’ai monté ma première compagnie à l’université, puis je suis partie travailler à Oxford où j’ai passé mon temps libre auprès des théâtres étudiants si riches de cette ville. De retour en France j’ai collaboré avec une compagnie à Paris, des festivals puis je suis arrivée à Lyon.


Comment la Cie « La folie nous suit » a-t-elle vue le jour ?

En rentrant en France je n'avais plus de "maison" n'ayant plus de compagnie à moi.  J'avais entendu parler de Lyon, du soutien à l'émergence qu'offre la ville. J'ai décidé  d'y venir pour bâtir une nouvelle demeure, avec des nouvelles personnes. Là est née La Folie Nous Suit. Et le toit est solide! Mais plus exactement je suis venue avec une création collective, les Ames rouges et j'ai été émerveillée de trouver des jeunes comédiens si volontaires et chose impensable... qui faisaient confiance! Ce spectacle a été une expérience fondatrice à laquelle l'équipe et moi-même nous référons constamment.

 

Comment sélectionnez-vous les pièces pour vos mises en scène ?

Je ne sélectionne pas. Dans un spectacle le suivant est déjà en germe. Entre une création collective, un poème révolutionnaire russe ou une tragédie élisabéthaine, le lien ce sont les thèmes que je poursuis. Et comme tous, j'ai mes obsessions!
 

Quels sont vos enjeux en tant que metteur en scène ?

Aller à l'essentiel. Et démontrer par tous les moyens que pour l'homme il n'y a pas d'espoir ni de rédemption. 

  duo marielle hubert 


Votre nouvelle création sera jouée le 21 janvier au Radiant Bellevue. 
Votre choix porte sur la pièce sulfureuse de John Ford (contemporain de Shakespeare), qui s’intitule « Dommage que ce soit une putain ». 

Pourquoi avoir choisi cette œuvre ?
Parce qu'elle nous parle d'une société dégénérée où l'unique belle chose que l'on puisse trouver est un inceste. 

Qu’est-ce qui vous fascine dans cette tragédie ?
Je pense que ce qui me fascine est d'assister à la fin d'une ère. Dans cette histoire tous sont condamnés car tous ont autorisé (activement ou tacitement) l'inceste. 
 

JUMEAUX JOHN FORD 


Vous dites «Je souhaite montrer que l’inceste est le produit absolu et parfait d’une société qui a laissé faire tout le reste. 
Plus encore, je souhaite montrer qu’il en est la seule issue : mortifère, révolutionnaire et vaine. »
Pouvez-vous nous en dire un peut plus sur votre démarche ?

Oui, je peux expliciter. Dans cette pièce, le véritable inceste est social. Chacun connaît les secrets de son voisin, l'épie, le désire, le convoite ou souhaite sa mort. C'est une société parfaitement fermée sur elle-même. Les jumeaux n'ont que la solution de leur amour pour échapper à la violence ambiante.  Dans tous les milieux,  on se marie entre soi pour être bien certain de ne pas se mélanger aux inconnus. Tous les communautarismes sont faits de cet inceste social...  Et une pareille société ne peut survivre, mieux, elle doit mourir. 


DOMMAGE QUE CE SOIT UNE PUTIAIN

Souhaitez-vous mettre en avant le pouvoir subversif de cette œuvre ?... mettre le public face à ses propres jugements ?

La pièce n'est presque jamais montée intégralement. Les personnages qui incarnent la société et la promiscuité ont été très souvent supprimés dans les nombreuses adaptations de Dommage. Je pense que monter la pièce intégralement suffit pour mettre en avant sa véritable subversion. Ne montrer que les jumeaux amoureux, c'est très romantique! C'est 1000 fois moins violent que de montrer que l'inceste n'est qu'une intrigue parmi d'autres!




7) Vous précisez « Ce qui nous interpelle ce n’est pas tant l’inceste que l’absence de garde-fou moral qui conduit Annabella et Giovanni à s’adonner à leur passion ».
Comment percevez-vous le sujet des vices humains et sociaux, (d)écrits il y a près de 400 ans, dans le contexte actuel ? Une issue existerait-elle ?

Je ne monte jamais un texte pour parler de notre actualité. Je suis très opposée à ce nombrilisme de notre époque.  Je ne crois pas que John Ford parlait de nous, en revanche, je ne crois pas que l'homme progresse.  Oui, il y a une issue et heureusement... Notre issue est la mort et nous y allons tous, alors je ne m'en fais pas!  Faire du théâtre pour moi, c'est regarder l'homme mourir sur tous les tons, dans toutes les situations et souvent  en riant du carnage. C'est passionnant. 

 

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour 2014 ?

Que la Folie nous suive et que mon équipe ne s'arrête jamais de courir devant elle!


RADIANT BELLEVUE SPECTACLE 21 JANVIER 


SUIVRE LA FOLIE NOUS SUIT :

Site Officiel

Page Artist’UP

  • Artist UP
    (hôte)
    • 2015-01-06 20:34:28
    • 2 085 views
  • Tags - #Lyon #creation #théâtre #mise en scène #compagnie #john ford #la folie nous suit
  • Ajouter aux favoris

Photos

PLUS D'ARTICLES ICI