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Ce qui frappe dans le travail d'RNST, c'est cette ambivalence "déjà-vu / jamais-vu" : cette réactualisation de figures de notre culture commune au travers d'un univers Rock et de couleurs rafraîchissantes.  L'oeil critique que l'artiste porte sur notre société rend chacune de ses oeuvres aussi plaisante pour l'oeil que pour la raison...

 

Comment s'est faite votre première rencontre avec le graff, vous qui venez de la peinture et du dessin ?

J'ai commencé en 96-98, même si j'avais déjà fait des pochoirs étant gamin. J'ai tout découvert en même temps à vrai dire : j'étais aux beaux arts à Dijon et j'y ai rencontré Cynik -qui est toujours un super pote- et c'est lui qui m'a initié. J'avais déjà envie d'investir l'espace public, mais je ne connaissais pas du tout le graffiti, c'était pas mon univers le coté Hip-Hop. Et j'ai aussi pratiqué le dessin mais en autodidacte parce qu'aux beaux arts la formation était plutôt axée multimédia. J'étais vraiment issu de la scène rock alternatif, donc le pochoir c'était le mode d'expression graphique de cette mouvance là. 

 

© RNST

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RNST vient de ERNEST, votre nom d'artiste précédent. Pourquoi ce choix ?

C'est un peu compliqué ! (rires) ERNEST vient de mes débuts. Mon tout premier pseudo était GEST, mais j'ai dû en changer après m'être fait choper par la police. Comme c'était la mode des noms à l'américaine, j'ai voulu prendre le contre-pied avec un nom bien vieille france, d'où ERNEST. Il y a aussi un petit lien avec Ernesto Che Guevara ! Puis j'ai enterré ERNEST vers 2006, quand j'ai arrêté complètement de peindre. Je dois ma reprise de 2008 à Stf Moscato qui m'a remotivé, et c'est alors qu'est né RNST pour plusieurs raisons : c'est un pseudo purement pochoir, ces 4 consonnes marquent, je trouve ça plus dur, comme un tampon. C'est une renaissance, un retour aux sources. Et puis il existe un artiste merveilleux dont j'adore le travail qui s'appelle Ernest Pignon Ernest, et ça me dérangeait un peu d'avoir le même nom alors j'ai enlevé les « e »...

Retrouvez l'interview de Stf Moscato sur Artist Up

 

© RNST

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Même si vous avez été plus ou moins contraint d'arrêter, vous avez amorcé des études aux beaux arts de Dijon. C'est important pour vous cette forme de démocratisation de l'art que représente le graff ?

Et bien je regrette un peu quand même d'avoir lâché les beaux arts, par rapport à l'étendue de possibilités qu'une telle école offre quand tu as vingt ans, en termes de matériel, de profs... Mais à l'époque je me suis lancé dans le graphisme à côté des cours pour me faire un peu d'argent, d'ailleurs aujourd'hui je fais toujours de la « com » pour manger (affiches, logos...) mais je ne considère pas que ça fasse partie de mon travail artistique. Pour ce qui est de la démocratisation par le graff bien sûr que j'adhère, mais je ne me mets pas vraiment dans une case précise, que ce soit graffeur, street artiste, pochoiriste ou je ne sais quoi... J'utilise tous ces outils pour m'exprimer et également pour de l'amusement pur ! Quand je graffe des lettres sur un mur c'est vraiment parce que ça me rappelle mes 18 ans. Mais je pense que tout ce qui a trait aux arts de la rue n'a pas sa place dans une école, le street art doit rester à la rue. Si on l'intégrait à des parcours scolaires il perdrait tout son sens, son essence c'est la rébellion anti-système. Mais pour autant il n'est est pas moins un courant artistique à part entière.

 

© RNST

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Pouvez-vous nous faire un tour d'horizon des différentes techniques que vous utilisez ?

Aujourd'hui je fais surtout de la peinture, du pochoir, de la sérigraphie. J'ai fait aussi pas mal de volume quand j'étais plus jeune : sculpture sur pierre, en polystyrène, j'adore ça mais ça demande beaucoup de temps et d'espace... J'y reviendrai peut-être un jour, parce que ça me manque ! Sinon je travaille aussi en PAO.
 

Si vous n'étiez pas graphiste, que feriez-vous à votre avis ?

Et bien en fait je n'aimerais pas être graphiste ! Je m'explique ; pour moi le graphiste est celui qui fait du dessin alimentaire, donc je ne me considère pas ainsi. Dans ma philosophie de vie j'ai toujours évité de travailler pour un patron, sauf quand c'était trop galère financièrement. Alors du coup le graphisme pour moi c'est devenu synonyme de « manière de gagner de l'argent ». C'est de la création, mais alimentaire. Sinon je serais tailleur de pierre, parce que j'en ai la formation. C'est un métier très dur mais je l'adore. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai rejoint  les beaux arts : j'ai rencontré un prof des beaux arts de Dijon dans l'atelier où je bossais, il m'a convaincu de passer le concours. Donc je l'ai présenté avec mon simple CAP de tailleur de pierre en poche et je l'ai eu ! 

 

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Vos oeuvres subversives et rock'n'roll naissent souvent d'images préexistantes. Vos créations sont spontanées, instinctives, ou répondent-elles à un processus plus intellectuel ?

Alors techniquement elles ne sont pas préexistantes, ce sont soit des photos que je fais, ou d’amis qui me font passer des portraits comme Eric Marechal par exemple. Mais dans tous les cas je les recompose moi-même en dessin en y rajoutant une poésie narrative car j'ai à coeur de ne pas partir de photos existantes. Donc il y a cette phase de dessin, puis d'encrage, de scan, de vectorisation, de retouche en PAO et de conception de l'image couche par couche. Puis il y a tout un travail de réflexion, des bouts d'idées qui germent plus ou moins tôt et vite, toute une démarche, des successions de mots, de phrases... Mais c'est vrai que je pars beaucoup de références au monde dans lequel on vit, et de transgressions de ces images collectives. Par exemple pour moi Babar c'est notre Mickey Européen, c'est vraiment un symbole de la colonisation : on a pris un éléphant et on l'a foutu en costard, on lui impose une identité... J'aime beaucoup utiliser ce monde de l'enfance, qui est très innocent en apparence mais sur lequel il ne faut pas se leurrer : les enfant comprennent tout ! Et puis ça nous ramène à notre enfance et à cette insouciance : on peut parler de choses graves avec cette légèreté.

 

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Avez-vous des projets, des expos à venir ?

Des expos perso dans des petits lieux (parce que je préfère la proximité des petits lieux)...
J'expose plus ou moins en permanence dans une galerie qui s'appellle la « bear galerie » qui font pas mal de salons et présentent mon travail dans l'Europe. J'aimerais avoir une grosse expo et prendre le temps de la bosser pendant un an, j'espère que ça viendra !

 

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Le mot de la fin ?

Et ben merci à vous pour l'interview ! Et puis une dédicace aux copains : les artistes de la rue en général, et en particulier le crew TSH, Cynik bien sûr, Stf Moscato, Koma, Persu, Kloun et tous les OCT ! Et puis je ne suis jamais venu exposer à Lyon alors j'en profite pour lancer un appel ! 



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    (hôte)
    • 2014-09-05 15:39:29
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  • Tags - #marseille #pochoir #Dijon #rnst #pochoiriste #Cynik #crew TSH #crew OCT #Ernest Pignon Ernest #Ernest #Ernesto Che Guevara #Stf Moscato #Eric Marechal #Koma #Persu #Kloun
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