Ezza : le groove venu d'ailleurs !

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Les amateurs d'Ali Farka Touré repéreront son influence dans le jeu d'Ezza. Au delà de son groove efficace et ses lignes mélodiques complexes très addictives, Ezza nous livre une musique aussi authentique que Omar, le chanteur guitariste. Voici un bel entretien avec ce dernier...

 

© Angelos Detsis - Ezza

© Angelos Detsis - Ezza

 

Racontez-nous un peu votre histoire, votre découverte de la musique...

Je suis né aux portes du désert dans le Nord du Niger, dans la ville d'Agadez. J'ai toujours connu les chants : mes parents chantaient en travaillant. Je suis issu d'une famille de forgerons : mon père fabriquait des bijoux, des ustensiles de cuisine... Il voyageait beaucoup. Un jour, il m'a ramené un poste à cassettes, et c'est comme ça que j'ai découvert la musique d'Ali Farka Touré. J'avais 11 ans. Après ça, j'ai fabriqué ma première guitare complètement artisanale, avec des matériaux de récupération. Forcément, ce n'était pas juste du tout mais ça me permettait d'imiter Ali Farka Touré : faire sonner l'instrument, appuyer sur les cordes, déplacer ma main...
Quand j'ai eu 14-15 ans, j'ai commencé à m'intéresser plus à la guitare qu'à l'école ou à forger avec mon père, alors il s'est un peu opposé, de peur que je n'apprenne pas mon métier... Il m'a interdit la guitare et la pratique de la musique jusqu'à ce que je sache fabriquer mes bijoux. En 2007, à 27 ans, je suis arrivé à Paris et on m'a offert ma première guitare, qui m'a ensuite accompagné partout où j'exposais mes bijoux ! Je l'ai ramenée au pays, mais mon père s'est opposé une nouvelle fois... C'est ce qui m'a donné envie de partir pour la France : ici j'avais rencontré beaucoup d'artistes, on m'avait invité dans pas mal de scènes ouvertes, je savais que je pourrais pratiquer la musique. Depuis, petit à petit, j'ai abandonné la fabrication de bijoux jusqu'à ce que je puisse vivre de ma musique. Je fabrique toujours pour mon plaisir, mais je ne vends plus.

 

© Philippe Mallet - Ezza

© Philippe Malet - Ezza

 

Vos mélodies, notamment à la guitare, sont très complexes... Comment faites-vous pour composer ?

C'est souvent le retour que j'ai de la part des autres musiciens touaregs ou autre qui ont pratiqué le solfège : on entend des mélodies qui viennent d'Afrique dans ma musique mais pas seulement. Moi je n'ai jamais « appris la musique », habiter à Toulouse c'est un peu mon école de musique ! J'ai rencontré plein d'univers différents, et fait plein de jams avec d'autres musiciens. Selon moi je fais des choses très simples et il m'arrive d'être complexé par rapport aux autres musiciens mais j'apprends encore à accepter ce que je fais déjà et à en être fier. J'ai toujours envie d'apprendre des autres, je suis presque trop curieux. Mais quand on me dit que ma musique est complexe ça me fait plaisir, et ça me fait rire en même temps !

 

 

 

Au delà de la musique Touareg on entend des influences Blues, Rock dans vos compositions...

Je me suis ouvert à tout, et ne suis pas resté qu'à la musique Touareg. J'écoute beaucoup de Blues depuis un moment, j'ai découvert plein de choses en venant habiter ici : Jimi Hendrix par exemple, et même certains musiciens Touaregs ! Je viens d'un milieu très pauvre où on n'a pas la chance d'avoir de salles de concert, de disques ou internet... Les choses qui arrivent au Niger depuis la Libye, l'Algérie ou le Mali sont la plupart du temps inconnues ici. Et inversement il y a des choses de là bas qui sont très connues ici : par exemple j'ai découvert Fela Kuti en France ! Pourtant il est très connu et il vient du Nigeria... Donc mes influences sont ce que je découvre ici, mais mon repère principal c'est Ali Farka Touré !

 

© Philippe Malet - Ezza

© Philippe Malet - Ezza


Tous ces mélanges sont volontaires ?

Ça s'est fait tout seul et ça s'est fait aussi grâce à la rencontre à Toulouse de mon bassiste Kabile qui a baigné dans la musique arabo-andalouse, et de mon batteur qui vient du jazz à fond et qui a beaucoup travaillé avec des Africains du Nord, des gens de la Réunion... C'est un mélange à trois aussi ! Donc ce n'est pas moi qui ai tracé la ligne directrice ; tout ce que je voulais c'était monter un groupe et jouer de la musique, et notre style vient de nos trois identités ! On eu la chance de rencontrer d'autres artistes d'horizons différents avec plus d'expérience, et on travaille à renforcer l'utilisation de toutes ces influences en plus de cette musique Touareg.

 

 

C'est vous qui composez ?

C'est moi en effet, mais tout le monde est impliqué, car ils ont plus l'oreille occidentale et parfois dans mes compos ils me demandent de changer de rythme par exemple, parce que sinon j'ai tendance à beaucoup me répéter parce que c'est comme ça que ça marche là d'où je viens ! Notre musique est assez répétitive au premier abord, mais c'est parce qu'elle est faite pour devenir plus folle lorsqu'elle part en transe. Il y a beaucoup de musique d'écoute nuancée assez riche. Donc oui j'écris, mais on travaille tous les trois.
 

 

Quels sont les thèmes abordés dans vos textes ? 

Le premier, celui du titre de l'album (Abadaya) est l'incitation à la scolarisation. Et les problèmes par rapport aux femmes en Afrique, la paix, l'amour et l'actualité au Niger et en Afrique...

 

 

Vous voulez changer les choses avec votre musique ?

Changer les choses je ne sais pas, il y a beaucoup de choses à changer, ce que j'essaye surtout de faire c'est d'amener une conscience aux gens, leur transmettre ce que je sais, ce qu'on a toujours vécu. Donc c'est une sensibilisation qui peut mener à un changement, mais je ne suis pas le héros qui débarque pour les changer. Je tiens à dire ce que je vis, ce que j'ai vécu. Mais en tout cas j'espère que ça changera les choses !

 

© Cendrine Leblanc

© Cendrine Leblanc - Ezza


Avez-vous un album en préparation ?

Oui, on a eu une proposition pour un 10 pistes à paraître d'ici la fin de l'année. Donc on y travaille !
 

Vous êtes un groupe assez jeune, et vous avez fait beaucoup de concerts très médiatisés ; vous vous attendiez à un tel accueil ?

Non. Je ne m'attendais pas du tout à tout ça, j'avais envie que ça avance mais j'ai été surpris que ça se fasse à une telle vitesse. J'étais très loin de m'imaginer jouer aux Franco-folies de La Rochelle, on a eu beaucoup de chance de vivre ces expériences !
 

Ça va continuer, cet été, côté festivals ?

En avril on a fait partie des sélections de Bourges, et on va jouer au Off le 6 mai à Paris et 3 dates en Belgique autour du 10. On a pas mal de festivals cet été. Ça continue, ça continue, et on espère que ça va continuer à continuer ! (rires)

Toutes les dates d'Ezza
 

© Philippe Malet - Ezza

© Philippe Malet - Ezza


Un message pour terminer ?

J'essaye vraiment de faire réfléchir de façon plus profonde à tout ce qui se passe en Afrique de nos jours. Et un gros message d'amitié à tous les gens qui écoutent cette musique très riche !

 

Pour les dates d'Ezza en concert, c'est ICI

 

Retrouvez le groupe sur :

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Son site Officiel
Soundcloud
Le site de Ma Case Production

    • 2014-09-05 15:01:10
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  • Tags - #blues #groove #toulouse #touareg #Ezza #Jimi Hendrix
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