Travail perceptif, émotif et analytique de Stéphane C.

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Stéphane C. croise la pratique de la photographie, de la vidéo et des enregistrements sonores dans une recherche permanente de compréhension des mécanismes humains et des enjeux actuels. Dans son processus de création artistique, Stéphane C. s'attache avant tout à la véracité, à la rareté et à l'authenticité - autant de ses sujets, que du matériel utilisé. Nous avons croisé le chemin de cet artiste entier et sensible, qui nous a raconté son besoin irrépressible de créer.

 


©Stéphane C. 

 

Comment est né votre intérêt pour la photographie ? Et la vidéo ?

Etudiant j'ai commencé a travailler dans l'organisation de concerts a Lyon en créant l'association Mediatone avec Jérome Laupies, puis j'ai travaillé a Paris dans un label d'EMI Music ou je collaborais avec des graphistes, photographes, vidéastes... 
Parallèlement, ma pratique photographique personnelle s'est intensifiée comme un outil permanent de recherche personnelle et de transmission. J'utilise donc la photographie, mais aussi la vidéo, et les enregistrements sonores afin de capter et d'exprimer ma compréhension des mécanismes humains et des enjeux actuels. 
En plus de mes propres expositions et projets, je collabore régulièrement avec d'autres artistes visuels et des musiciens pour enrichir le propos et créer des synergies... J'organise également des spectacles sous le nom de Temps Zero qui mêlent projections photo, vidéo et rencontres musicales, déjà proposés a Berlin, Paris, Toulouse, Athènes et Thessalonique...

 


©Stéphane C.  

 

Quel matériel utilisez-vous ? Que vous permet-il ?

En photographie comme en vidéo, j'utilise souvent du vieux matériel car je cherche a jouer avec les textures et leur altérité, a rester éloigné des rendus numériques qui sont souvent trop manipulables et déviés d'un rendu authentifiable. Quand les approches alentours sont de plus en plus dématérialisées et activées dans des logiques court-termes, il me semble qu'au contraire, il faut s'accrocher a la véracité, a la rareté et l'authenticité. En photo donc, je jongle avec des boîtiers argentiques de toutes sortes, des reflex, télémétriques, compacts... C'est certain que chaque outil ou chaque technique offre des possibilités particulières, et que finalement c'est bien le sens émergeant des démarches qui importe le plus. 
J'utilise bien sûr des appareils numériques, mais essentiellement pour des commandes ponctuelles (portraits, presse, reportages ou corporate...) et je n'ai jamais vraiment communiqué ou diffusé dessus, afin de me concentrer sur mes recherches persos et artistiques.

 


©Stéphane C. 

 


©Stéphane C. 

 

Vous considérez-vous un artiste engagé ?

Ce n'est pas vraiment mon rôle de le proclamer, mais j'essaie d'adopter une démarche éthique et responsable, parce que c'est justement l'un des axes de mon travail. Les artistes qui m'intéressent ne sont pas des décorateurs ou des businessmen, mais sont ceux qui creusent en profondeur, qui diffusent une certaine pensée, qui expriment au mieux l'ère du temps. Un artiste ne doit pas être l'inverse de ce qu'il communique, ne devrait pas travailler pour sa seule notoriété ou pour son pouvoir, au détriment de la cause, de l'essence de son propos. Ainsi ce qui me stimule à travers mon travail, c'est de diffuser et de sensibiliser.

 


©Stéphane C. 

 

Vos photos et vidéos ont un côté obscur, voire inquiétant. Quels sentiments se cachent derrière vos œuvres ? Que voulez-vous montrer ?

Je cherche simplement a réveler ce que je ressens, ce que je comprends. Il s'agit d'un travail existentiel, qui est à la fois perceptif, émotif, analytique... L'axe tourne autour d'une dualité générique, de rapports de force qui se déploient intérieurement, mais bien sûr à différentes échelles des rapports humains et sociétaux. Je cherche à produire des questionnements chez les spectateurs, et à les investir par leurs propres émotions et ressentis. Ces rapports de force s'illustrent très bien dans les noirs et blancs de mes photographies, souvent prises de nuit en basse lumière. Si je montre l'obscure, c'est justement parce que je cherche l'inverse, c'est justement pour affirmer une position lumineuse dans ses symboles, et révéler la beauté de la résistance humaine. 
En vidéo et notamment parce que je voyage beaucoup en Grèce depuis plusieurs années, le traité peut paraître plus social au premier abord, mais je reste axé sur cette idée de trajectoire humaine, de rapports de force qui dans des systèmes de plus en plus empiriques et globaux, vont conduire a une aliénation croissante et a des dysfonctionnements violents. J'alterne entre des plans très réalistes et des séquences beaucoup plus oniriques et symboliques.

 


©Stéphane C. 

 

Que pouvez-vous dire de votre collaboration avec Oiseaux-Tempête ?

Oiseaux-Tempête est né d'un long processus enclenché avec le musicien Frédéric D. Oberland lorsque nous imaginions travailler ensemble sur un film essai. Nous avons voyagé en Grece (il m'a rejoint a trois reprises en 2012 alors que je suis resté sur place près de six mois cette année-la), nous avons monté des concert-projections, puis conçu un premier album éponyme avec les instrumentistes Stéphane Pigneul et Ben McConnell.

Le disque de Oiseaux-Tempête a été enregistré fin 2012 en mode impro sur des montages vidéos et photos bruts que je projetais au studio Mikrokosm de Villeurbanne piloté par l'excellent Benoit Bel. La musique véhicule des émotions et un sens intéressants je crois, et les morceaux intègrent beaucoup de sons enregistrés lors de ces voyages, principalement tirés de rushes vidéos, d'interviews, ou même de conversations skype... L'album est sorti fin 2013 en CD et double vinyle sur le label Sub Rosa. Le groupe a parallèlement réalisé la bande son de mon installation vidéo 3 écrans "The divided line" que je propose désormais sous forme de projection.

 

The divided line /// Stéphane C + Oiseaux-Tempête from Stephane C. on Vimeo.

 

Qu'est-ce qui vous inspire en Grèce ?  

La Grèce est un endroit où l'on doit se poser question. C'est le berceau de la pensée contemporaine et semble être à présent l'un des épicentres de sa décadence. Hormis certaines contingences locales et spécifiques, la situation du pays cristallise des schémas et des dysfonctionnements qui se répètent partout et deviennent intolérables. Cette situation revèle une absence de solutions réelles, tant que nous sommes prisonniers de systèmes globaux qui sont injustes et dont les rouages et les gouvernances limitent les possibilités d'actions locales, ne profitent pas aux justes. La crise finalement opère à différents niveaux et est loin d'être seulement économique. C'est une crise structurelle, c'est une crise de pensée.

 


©Stéphane C. 

 

Un mot à dire pour finir ?  

Je suis actuellement à Athènes où je continue mon travail photographique, mais aussi les recherches sonores et vidéos dans l'optique de réaliser un film essai expérimental de plus long format, et d'entamer des collaborations avec de nouveaux artistes.
 


©Stéphane C. 

 

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  • Alice Oziol
    (hôte)
    • 2014-09-04 08:59:58
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  • Tags - #video #photographie #noir #enregistrements sonores #diffuser #sensibiliser #comprendre #ethique #responsable
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