Le Grand Jeté ! « Oui à la danse énergique »

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Conventionnée par la scène nationale du Creusot, Le Grand Jeté ! est une compagnie nationale proposant un répertoire riche et accessible à tous. Pour Frédéric Cellé, chorégraphe de la compagnie, la rencontre que procurent ses créations est primordiale. Que ce soit pour ses danseurs ou son public, il pousse les personnes se frottant à ses spectacles à se questionner et à se positionner par rapport à la proposition scènique, comme une introspection à la recherche de sa propre identité. 


LE GRAND JETE !

© Le Grand Jeté !



Pouvez-vous nous parler de l’association Le Grand Jeté ! de sa création, son univers, des artistes qui la composent ?

L’association a été créée en juin 2003 à Grenoble. Après avoir travaillé avec beaucoup de danseurs, j’ai eu envie de construire ma compagnie. Je ne trouvais pas le dynamisme qui me convenait chez les chorégraphes avec qui je dansais. J’ai voulu l’appeler Le Grand Jeté ! car cela signifiait pour moi faire le grand saut en créant cette compagnie et pour braver les codes figés de la danse contemporaine. C’est suite à la création de mon solo Deux fois oui que j’ai créé ma compagnie. Une fois oui pour dire oui à de la danse qui danse, à la danse énergique, et une fois oui a de la danse théâtrale puisque à l’époque on ne travaillait pas trop tout ce qui était danse théâtrale et danse abstraite. Et moi mon travail porte sur toute cette ambigüité là.


LE GRAND JETE !

© Le Grand Jeté !

 

Frédéric Cellé pouvez-vous nous parler de votre parcours ? Avez-vous toujours voulu faire de la danse ?

J’ai toujours voulu faire de la danse. A l’âge de 4 ans je ne tenais plus en place à la maison alors m’a mère m’a inscrite à mon premier cours de danse et j’ai tout de suite aimé. C’était de la danse classique. J’ai beaucoup voyagé étant petit donc j’ai été dans différentes écoles de danse, puis à 17 ans je suis entré au CNSMD de Lyon en danse contemporaine. J’y ai passé 3 ans puis en sortant j’ai été engagé par les Carnets Bagouet pour la reprise de Désert d’amour au grand théâtre de Dublin. La pièce a été rejouée au festival de Montpelier danse en 96. J’ai ensuite travaillé avec des compagnies de Paris, Brest ou encore Montpelier comme la Camionetta qui proposait déjà de la danse théâtrale à l’époque. Puis j’ai travaillé avec Denis Plassard à Lyon, Sylvie Guillermin à Grenoble, Dominique Guilhaudin à Chambery.

LE GRAND JETE !
© Le Grand Jeté !



J’ai ensuite travaillé en Belgique avec Joanne Leighton puis après cela j’ai eut envie d’une danse beaucoup plus physique, beaucoup plus engagée et comme je ne trouvais pas, mon déclic a été de créer en 2002 un solo appelé deux fois oui et pour répondre à la demande j’ai créé ma compagnie en 2003 à Grenoble. En 2003 ya eu la création d’un trio, en 2004 d’un quintet en 2005 d’un duo . Après cela j’ai rencontré l’ancienne directrice de la scène nationale du Creusot qui m’a proposé de venir en résidence pour faire un projet de création. C’était une longue résidence qui a duré De 2006 à 2008. Nous avons beaucoup trav aillé avec les  collèges et lycées du coin.  A la suite de cette résidence il y a eu une enquête par le ministère de la culture et comme il en ressortait qu’en Bourgogne il y avait très peu de danse, ils incitaient une compagnie de danse à s’installer par département. Nous avons donc été choisis pour s’installer en Saône et Loire. Le siège social a changé en 20011 ou nous sommes devenus clunisois et bourguignon.
 

LE GRAND JETE !  © Le Grand Jeté !



La question de l’homme semble être le fil conducteur de vos créations.  Quel en est votre point de vue dans vos créations ?

Jai beaucoup travaillé sur la question du triptyque  et sur un cycle sur  la confrontation, puis sur les identités intranquilles . Actuellement j’ouvre un cycle sur nos héritages, la transmission de l’héritage. La question de l’homme est au cœur de ma démarche mais plus tôt à travers la cruauté de l’homme, sa violence, mais aussi la complexité d’être artiste. Quelle place, quelle reconnaissance a-t-on, quelle est notre forme de liberté via l’intermittence et ses contraintes.


LE GRAND JETE !

© Le Grand Jeté !

 

J’aime porter ma réflexion sur L’humanité qui se dégage de nos rencontres et de nos expériences. L’épuisement de l’humain en général mais aussi de l’humain en tant qu’artiste, qui se démène pour que les projets voient le jour… mais aussi tout ce que l’homme a d’humain dans son coté très positif, très joyeux car on a tendance à l’oublier aujourd’hui. Par ce temps de crise on est plus tôt pointé du doigt quand on est joyeux. Je veux faire ressortir le bien être que provoque la création. Tous mes spectacles sont axés là-dessus, que ce soit à travers la tranquillité, l’errance ou encore la confrontation, l’héritage ou la transmission. On a peur de dénoncer les choses mais j’aime prendre le taureau par les cornes et montrer quelles sont nos brutalités quotidiennes.
 

 
LE GRAND JETE !  © Le Grand Jeté !

 



Dans votre œuvre l’Aspirateur par exemple, vous croisez les disciplines artistiques. Qu'est-ce que cela apporte à vos créations ?

Cela apporte énormément de sens à mes créations. Je suis capable d’écrire de la danse au kilomètre, mais je me demande bien à quoi ca sert si il n’y a pas la question du sens derrière. Il faut toujours emplir de sens notre propos artistique. L’interdisciplinarité, travailler avec le théâtre a bousculé ma vision de la création chorégraphique, de ce que l’on peut raconter à travers une œuvre. Avant l’Aspirateur j’ai créé une pièce qui s’appelle La tête dans les étoiles. C’est une œuvre entre cirque, danse contemporaine et rock en live. Le but était de savoir  comment croiser ces disciplines pour les faire cohabiter et créer un tout qui ne soit pas divisé en une partie danse, une partie cirque ou une partie musique.
 

© Le Grand Jeté ! - La tête dans les étoiles


C’est ce que l’on observe aussi dans la vie de tous les jours. Quelle cohabitation arrivons-nous à avoir les uns avec les autres ?

Au-delà du sens je trouve que ca amène une maturité chez les interprètes puisque tout d’un coup le geste est nourri et on sait pourquoi on est sur le plateau.
 


LE GRAND JETE !  © Le Grand Jeté ! - L'Aspirateur



L’Aspirateur
était le dernier volet du cycle sur les identités in tranquilles. Je voulais travailler sur la tranquillité féminine et laisser la place à la notion du regret, quels regrets les femmes peuvent avoir aujourd’hui d’une manière générale. Je me suis adressé à l’auteur Pauline Sales auteur contemporaine. Son écriture me touche car elle est à la fois brute, violente, quotidienne, mais réaliste. Elle écrit des situations réelles de femmes dans leur vie quotidienne. Je lui ai donc demandé d’écrire un texte sur la notion du regret, des actes manqués, mais affirmés. Elle a écrit  7 textes sur ces questions (mère au foyer, femmes célibataire, femme artiste qui n’arrive plus à travailler, femme SDF, femme confidente…). A travers les mots, les verbes d’action, le corps dansant est nourri, cela lui donne une consistance et une épaisseur. J’aime travailler avec des corps différents. C’est bien pour cela que l’Aspirateur est un projet intergénérationnel, de 10 ans à 60 ans. Mes interprètes ont donc tous un vécu très différents, on parfois été confrontés à des choix importants qui confortent dans le pourquoi du métier de danseur.
 

© Le Grand Jeté ! - L'Aspirateur


Je n’ai pas peur d’affirmer une danse narrative. Plus j’avance plus je vais dans une danse théâtrale. Tout petit déjà j’adorais raconter des histoires, quand j’avais 6 ans je suis parti habiter en Roumanie, j’ai été figurant pour les ballets classiques et j’ai gardé cette influence.

 
LE GRAND JETE !  © Le Grand Jeté ! - La Tête dans les Etoiles

 

Quel rôle accordez-vous à votre public ? Quel rapport entretenez-vous avec lui ?

Sur notre dernier spectacle on a beaucoup interpelé notre public en lui proposant des questions via le texte. Le spectateur n’est pas passif, je veux qu’il s’identifie à la proposition scénique. Je le laisse libre dans son interprétation, il est libre, d’accepter rejeter, s’identifier, mais il est amené à se projeter dans ce qui se passe sur le plateau. J’amène le public à être actif, à prendre part. C’est pour moi le parti pris de mon projet. Quand mes danseurs se comparent sur scène, j’amène mon public à se situer par rapport à  mes danseurs, puis donc à la société. Je veux qu’il se dise : « Et moi, j’en suis où, je ferai comment ? ».

LE GRAND JETE !  © Le Grand Jeté ! - Les Fougueuses



Il y a tout un passage dans l’Aspirateur où mes danseuses sont assises en bord de scène et se questionnent sur leur physique face au temps qui passe. Je cherche donc par là à amener le public à faire pareil.

Mon prochain spectacle est un trio intergénérationnel. Mon public est amené à s’identifier à la personne qui lui correspond le mieux, par rapport à ce qu’il voit, à ce qui lui est proposé.

Amener le public à être actif, à prendre part à ce qui se passe. Je veux que ce qui se passe sur mon plateau reflète la vie. Cela rend l’échange vivant et je considère le spectacle comme un échange.
 

 
LE GRAND JETE !  © Le Grand Jeté ! - Journée de la Danse à Cluny

 

Pouvez-vous nous parler des actions de sensibilisation que votre compagnie propose ?

On est conventionnés avec le conseil Saône et Loire et nous avons un énorme volet de sensibilisation du public et comme je également artiste familier de la scène nationale du Creusot, nous avons beaucoup d’actions de sensibilisation auprès du public pour les amener à découvrir et à apprécier la danse. Nous proposons par exemple des Stages parents enfants, ils sont amenés à danser ensemble pour se redécouvrir, trouver le ludique entre eux, se toucher, s’appréhender  se regarder autrement.

Il y a aussi des Stages pour adultes amateurs pour des personnes qui n’ont jamais fait de danse et qui ont envie à un moment donné d’aller plus loin que l’identification. Nous proposons cela dans la continuité des spectacles. Comment emmène-t-on ce public à découvrir la danse et à être soi même interprète et non pas élève. 


LE GRAND JETE !  © Le Grand Jeté ! - Les Fougueuses


Nous proposons également des Master class, des conférences par exemple à l’UFR STAPS du Creusot ainsi que tout un volet de Stage dans les écoles de danse et conservatoires.

Beaucoup d’atelier sont organisés dans les écoles primaires, collèges et lycées pour désenclaver l’image de la danse contemporaine, notamment chez les jeunes pour faire tomber les clichés et aussi parce que c’est le public de demain et qu’il faut leur donner gout à l’art et au développement de leur sensibilité. Ce sont les interprètes de demain il est donc important de leur donner la possibilité de s’exprimer et d’aller au-delà du j’aime/j’aime pas.
 


LE GRAND JETE !  © Le Grand Jeté !


Nous faisons aussi des Bals chorégraphiques. C’est une façon ludique d’emmener les gens dans la danse. C’est une exploration de la danse et du corps de manière très instinctive. Les gens dansent spontanément et au bout d’un moment la fête est là.
 

© Le Grand Jeté !


Quelles sont les actualités de votre compagnie ?

Le 7 et 8 novembre au Creusot nous proposons notre nouvelle création de la compagnie. Le spectacle s’appelle Une longueur d’avance. Avec des tournées qui vont suivre derrière. 

 
 © Le Grand Jeté !

 

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    • 2014-09-03 14:42:16
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