Quand Mardi Noir rime avec ART

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Arzhel Prioul alias Mardi Noir, est un artiste peintre qui vit et travaille les fenêtres ouvertes. Dès son plus jeune âge, il écrivait sur les murs de sa chambre mais c’est dans les années 2000 qu’il commença à s’emparer des murs de sa ville, Rennes. Ses œuvres s’inscrivent dans des caractéristiques spatiales, architecturales et fonctionnelles grâce à l’utilisation de différentes techniques : peinture, vidéo, sérigraphie... Friches et lieux perdus sont ses terrains de jeux. Mardi Noir nous fait part de son univers.

Mardi Noir, Voitures - Rennes 2001© Mardi Noir, Voitures - Rennes 2001

Mardi Noir, Réanimation - Rennes 2003© Mardi Noir, Réanimations - Rennes 2003

Pouvez-vous me parler de votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a poussé dans le monde de la peinture/du graffiti ?

J'ai toujours dessiné sur les murs de ma chambre, puis sur ceux de la ville. Je préfère donc parler de graffiti. J'ai toujours été admiratif des peintures murales, des slogans anarchistes…
J'ai commencé par le graff puis j’ai expérimenté le pochoir et le collage, pour me démarquer des collègues et élargir mon public : les images s'adressent à tout le monde (contrairement aux signatures des tagueurs qui restent énigmatiques pour la majorité des gens). C'était au début des années 2000, l'époque où les amendes devenaient trop lourdes. Le collage était le meilleur moyen de contourner la loi et de continuer à marquer mon territoire.
La pratique a évolué par la suite et j'interviens de façon plus ponctuelle dans la ville. Les actions que je développe sont éphémères et ciblées: je repère des endroits et je reviens pour y coller des images. J'interviens souvent dans les interstices de la ville, préférant les terrains vagues, les maisons abandonnées ou les entrepôts désaffectés…
Enfin, depuis quelques mois, je réalise également d'autres formes d'actions dans la rue, aux abords de chantiers notamment. À force d'observer la ville dans ses bouleversements, j'ai envie d'interagir à nouveau avec le quotidien.

Mardi Noir, Take A Look - Rennes 2006© Mardi Noir, Take A Look - Rennes 2006

Pourquoi « Mardi Noir » ?

Bonne question à laquelle j'ai épuisé toutes les réponses. Je ne signe pas mes travaux dans l'espace urbain. Mardi Noir, c'est un pseudonyme en référence à mon passé de graffeur. C'est devenu une signature numérique puisque j'utilise ce nom pour mes différents blogs et sur les réseaux sociaux.

Vous considérez-vous comme étant peintre ? Street artist ? Les deux ? Pourquoi ?

La peinture est un médium qui me permet de reproduire mes images sur grands formats : les visuels sont peints d'après projections et ensuite découpés pour être collés. Le terme street art est une étiquette qui implique une forme de hiérarchie entre les pratiques, hors je n'ai pas plus de légitimité à coller des affiches qu'un tageur à écrire son nom partout…

Vous déclinez vos œuvres sur différents supports : affiches, stickers, panneaux, objets… Comment effectuez-vous le choix des lieux pour vos collages ?

C'est au cours de déambulations dans la ville que je découvre des endroits susceptibles de recevoir mes images, où j'ai envie d'agir. Lorsque j'interviens dans une maison abandonnée, j'ai l'impression de pénétrer dans l'intimité des anciens occupants. Souvent les lieux visités conservent les stigmates des différents passages. À la suite de ces ballades, je décide du choix des images. Je tente d'instaurer une présence par mes collages, de refaire vivre ces lieux voués à disparaître : les maisons dans lesquelles je colle sont démolies, les entrepôts rasés… La dimension précaire de ces espaces en sursis renforce l'aspect temporaire de mon travail : le but n'est pas de s'inscrire durablement dans la ville mais plutôt d'opérer au moment charnière d'une mutation urbaine, d'un quartier qui se renouvelle. Ainsi je cible mes promenades : j'observe les changements, les plans d'aménagements de la ville, les reconversions.

Mardi Noir, Hope Non Stop - Rennes 2009© Mardi Noir, Hope Non Stop - Rennes 2009

Mardi Noir, C'est La Fête à La Maison - Rennes 2010© Mardi Noir, C'est La Fête à La Maison - Rennes 2010

Vos collages sont souvent caractérisés par des coulures et l’utilisation de logos et d'enseignes. Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Les thèmes développés sont vastes et varient en fonction de mes envies, de mes sources d'inspirations… La démarche globale joue sur le détournement : les images sont extraites de leur contexte d'origine et j'opère également un appauvrissement graphique par un enchaînement de techniques de reproductions qui est devenu une sorte d'identité graphique, une signature. Au final, les images sont reproduites à la peinture et les coulures sont l'ultime trame. Dans la ville, les images sont souvent lisses à travers la publicité, la signalétique, les devantures de magasins… Mes collages prennent le contre-pied en étant réalisés de façons maladroites, souvent en noir et blanc pour rajouter un aspect brut.

Votre travail se trouve à la fois « hors les murs » (dans la rue) mais aussi entre les murs (expos, galeries…), comment ressentez-vous cela ?

Le travail in situ est une carte de visite. Ça peut être un avantage comme un frein car il est parfois difficile de concevoir un travail en galerie. Même si les enjeux ne sont pas les mêmes,  j'essaie d'opérer un dialogue entre mes créations dans la ville et les installations réalisées en galerie. Exposer, c'est aussi le moment propice à l'échange avec les visiteurs, c'est une formidable vitrine pour la démarche générale et c'est un lieu propice à développer de nouvelles expérimentations.


Avez-vous un moment préféré pour la pose de vos collages ?

Entre chien-et-loup si je colle directement dans la rue, c'est le moment le plus propice pour le collage car l'activité diurne baisse et la soirée n'a pas encore débutée donc je ne suis pas suspect… Mais si je vais dans une maison abandonnée, ou dans un entrepôt désaffecté, alors je préfère y aller en journée, c'est moins risqué car ce sont souvent des endroits non sécurisés donc je préfère savoir où je mets les pieds.

Mardi Noir, It's Hot - Galerie Rayon Vert - Nantes 2011© Mardi Noir, It's Hot - Galerie Rayon Vert - Nantes 2011

Mardi Noir, Fantôme Chateau - 2013© Mardi Noir, Fantôme Chateau - 2013

Pourquoi avoir fait le choix de ne pas signer votre travail ?

L'identité graphique des peintures est déjà en soi une marque de fabrique. La signature nuirait au sens que je cherche à véhiculer lorsque je colle un pictogramme ou un schéma quelconque. Les images sont placées pour ce qu'elles sont et rajouter un sigle, une phrase, ou un logo va à l'encontre de ce que je cherche à mettre en place. J'impose mes visuels dans l'espace public et chacun peut y voir ce qu'il veut : une fois collées, mes affiches ne m'appartiennent plus. Je me place en tant que témoin quand je prends mes créations en photo. Les passants sont libres de faire de même ou de tout arracher si ça leur déplaît. Au moins, ils auront interagis avec l'œuvre et ne seront pas restés indifférents.

Quel est votre prochain lieu d’investigation ?

J'interviens actuellement sur une butte de terre, c'est une montagne artificielle dans une zone en aménagement le long de la voie ferrée Rennes-Nantes à hauteur de Saint-Jaques-de-la-Landes précisément. Ça n'est donc pas du collage, mais une installation à base de piquets d'implantations et de ruban de signalisation rouge et blanc. Je plante des pieux en bois où j'accroche des morceaux de rubalise à l'extrémité. Au final, c'est une sorte de champ de repères où les rubans flottent à l'air libre. Cette intervention s'intitule « La danse du vent ».

LA DANSE DU VENT - DANCING IN THE STREET from mardinoir on Vimeo.


Mot de la fin… Projets en cours… à venir ?

Je vais continuer mes expérimentations influencées par les chantiers et le savoir-faire des ouvriers. Le principe consiste toujours à détourner des techniques observées au cours de mes promenades.

Mardi Noir, Matériaux Pauvres - Rennes 2013© Mardi Noir, Matériaux Pauvres - Rennes 2013

Mardi Noir, Chaussée Déformée - Rennes 2013© Mardi Noir, Chaussée Déformée - Rennes 2013

Mardi Noir, Véhicule de Police Sous La Pluie - Rennes 2013© Mardi Noir, Véhicule De Police Sous La Pluie - Rennes 2013


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  • Anna Frick
    (hôte)
    • 2014-10-17 15:46:41
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  • Tags - #paris #street art #collage #peintre #Rennes #Mardi Noir
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