Christophe Pouget maîtrise l'espace-temps

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Selon ses propres mots, Christophe Pouget "essaye d’enfermer dans ses images plein d’espace-temps différents, et ce dans différents instants." En suivant l'évolution de la lumière, il compose minutieusement chacune de ses images comme un grand puzzle et réussit l'exploit : donner vie aux images en traduisant le mouvement et le temps.

Retrouvez Christophe Pouget à la 2eme Nuit de la Photographie Contemporaine
mardi 7 Octobre prochain à l'Esplanade des Invalides @ Paris (de 11h à 23h)


 

Est-ce que vous pouvez vous présenter et nous parler de votre parcours artistique ?

Alors je m’appelle Christophe Pouget, j’ai 47 ans, je suis travailleur entrepreneur depuis 20 ans maintenant. J’ai une formation autodidacte de graphiste et j’ai monté un studio de graphisme depuis 1995 mais que j’ai arrêté en Décembre 2013. J’ai commencé mon travail artistique de composition de paysage urbain ou de portraits en 2008. C’est un travail que j’expose dans des galeries ou lieux publics, selon les rencontres… Et depuis un an, j’ai deux galeries qui s’occupent de moi, une à New York et une à Singapour. Donc j’ai arrêté mon travail de graphiste et aujourd’hui je me vends en tant que photographe reportage et portrait, en parallèle de mon travail artistique pour essayer d’équilibrer un peu les deux.

 

Christophe Pouget

© Christophe Pouget - Penn Station New York

 

 

Christophe Pouget

© Christophe Pouget - Exposition New York - 2014

 

Avez-vous donc un appareil photo entre les mains depuis peu ? Comment s’est développée cette passion ?

Ah non, ça fait 30 ans que je fais de la photo! A travers mon travail d’assemblages, je me rends compte que j’aime bien aller au devant des gens, j’aime bien la vraie vie donc le travail de photo-reportage me convient bien. Même si je m’y suis mis tard, il a toujours fait partie de ma vie, car c’est là que je me retrouve.

 

Christophe Pouget

© Christophe Pouget - Kaixi

 

Pouvez vous citer quelques artistes qui vous ont inspirés... ?

Alors les artistes qui m’ont inspirés. Par rapport à mon travail, il y en a un qui m’a vraiment inspiré mais qui est plutôt reconnu comme peintre, c’est David Hockney, qui a plus de 90 ans maintenant. Dans les années 80, il travaillait beaucoup avec les Polaroid, et il recomposait des portraits ou faisait des panoramiques en prenant des photos au kilomètre au Grand Canyon par exemple, puis il les imprimait et les collait. Donc il y avait cette idée de recomposition mais dans laquelle il n’incluait pas la notion du temps qui passe, alors que moi j’essaye d’enfermer dans mes images plein d’espace temps différents, et ce dans différents instants.

J’ai une culture assez éclectique, j’aime beaucoup les photographes de reportage. J’ai travaillé avant de me mettre en indépendant 5 ans à Paris, où j’étais dans une grosse agence de publicité où j’ai travaillé avec de grands photographes - mais j’aime pas bien les choses mises en scène, je préfère les choses vraies. Sinon en peinture, j’adore le travail de Picasso, de Matisse. Certains impressionnistes aussi… On m’a dit que mes images s’apparentaient à de la peinture comme je travaille par touche. Donc c’est un mixe entre toutes ces cultures.

 

Christophe Pouget

© Christophe Pouget - La ville blanche Essaouira

 

Pouvez-vous me parler de votre technique de travail ? Comment procédez-vous pour prendre toutes ces prises de vues?

Ça dépend des endroits. Si je suis à Lyon, je n’ai pas de temps défini donc ça peut durer longtemps car je vais y retourner plusieurs fois, sur long terme, pendant 1 mois, 3 mois 6 mois ou plus…  Après avec toute cette matière, je compose l’image comme un grand puzzle. Quand je pars en voyage pendant une semaine ou dix jours, j’y vais au maximum, au moins 3 fois par jour, pour capter les différences de lumière, de reflet, les gens… J’y vais pour observer et essayer de capter de nouvelles choses. Comme je commence mon travail le soir, je sais ce qui va me manquer. Je me pose à un endroit alors tout le monde me dit « Mais tu fais une croix par terre pour savoir exactement où tu étais ? » Mais comme je n’essaye pas de recomposer une image parfaite, je ne suis pas exactement au même point, mais c’est toujours le même endroit… Le fait de retourner aux mêmes endroits le plus possible pour avoir le plus de matière, et après avec tout ça je vais puiser toutes mes sources pour arriver à prendre tous les reflets et prendre les mouvements des gens, des véhicules… Pour les portraits recomposés, c’est un peu pareil, c’est un temps définit avec la personne que je fais bouger, parler..

 

Christophe Pouget

© Christophe Pouget - Maureen Wingrove alias Diglee

 

Est-ce le même concept pour vos deux projets paysages/portraits?

Oui, oui, c’est toujours sur une période de temps et j’essaye toujours de traduire le mouvement et le temps dans l’image.
 

Il y a pourtant moins de possibilités de mouvements avec les portraits…

Ça dépend. J’ai fait dernièrement des portraits de personnalités lyonnaises pour l’hebdo « Tribune de Lyon ». Ils m’ont sélectionnés 12 personnes que je suis allé voir chacun leur tour, je savais pas trop où j’allais me retrouver. Il y en avait quelques uns avec qui j’avais pu échanger , sinon j’avais les attachés de presse... Donc je me retrouvais chez les gens, j’avais environ 10 minutes pour faire les photos.

 

Christophe Pouget

© Christophe Pouget - Room with a view

 

Préférez-vous faire des portraits ou des paysages ?

Les portraits ce qui est bien c’est que c’est plus rapide. Je vais avoir disons maximum 30 minutes de prises de vue et après j’ai trois heures de montage. Les assemblages ça peut durer un an. Je trouve que le côté rapide est assez intéressant.
C’est une approche différente car c’est un portrait mais je focalise plus sur la personnes et sur ses mouvements.

 

Il y a beaucoup de vie dans vos assemblages. Permettent-ils de montrer le temps qui passe ?

Oui, en fait à la base la photo, c’est un instant. Moi j’avais envie d’avoir avec ces assemblages plusieurs espaces temps dans une seule image afin qu’elle soit vivante pour suivre les personnages et l’évolution de la lumière. C’est une vision d’un même endroit et c’est une espèce de capture de la mémoire de ce lieu. Je prends aussi des carrefours de grandes villes, pas forcément les endroits très connus. Les gens me disent « Ah c’est New York ! » Et bien non c’est Hong Kong… Ce qui m’intéresse c’est plus de capturer un endroit qui me touche de part sa configuration même s’il n’est pas emblématique et de pouvoir garder certaines traces.

 

Christophe Pouget

© Christophe Pouget - Wan Chai Hong Kong

 

Comment percevez-vous vos images ? Souhaitez-vous donner un effet plutôt de peinture, de dessin, de mosaïque… ?

Pour moi c’est plutôt flatteur qu’on me dise que ça fait penser à de la peinture car ça a un côté appliqué donc c’est plutôt positif. Moi c’est plus un territoire que j’ai essayé de m’approprier. Il y a tellement de gens qui font de la photo et des gens qui ont vraiment beaucoup de talent, que pour arriver à avoir un territoire propre et personnel, cette direction m’allait bien. J’ai fait beaucoup de sérigraphie, de découpage, donc même si je me sers de l’informatique, je voulais retranscrire des choses au travers des médias de la photo.
 

C’est de la superposition d’images entières ou ce sont des morceaux ?

Ce sont des morceaux à chaque fois. Quand je fais une photo de paysage, elle n’est pas entière. Je vais prendre des zones, et dans ces zones je reprends un ou plusieurs morceaux. C’est pour ça qu’il y a des morceaux plus gros que d’autres. Ce sont que des carrés et rectangles, et je ne bidouille pas les couleurs.

 

christophe pouget

© Christophe Pouget - Au soleil ou sous la pluie

 

Combien y a-t-il de photos... ?

Ca va entre 300 et 1 000 pour celles qui sont fait en numérique. Après j’en fait aussi en découpage et collage à la main, et là il y a entre 30 et 100 images.
 

Est-ce que vous prenez une photo du paysage avant de commencer les montages ?

Oui je prends une vue d’ensemble, au moins deux ou trois photos que j’assemble comme modèle. C’est surtout pour suivre la construction des immeubles, mais j’ai tellement le paysage en tête qu’une fois que j’ai commencé, je m’y réfère pas trop. Je travaille surtout les formes carrés, même quand j’étais dans le graphisme, car le carré c’est une forme pure. J’essaye d’inscrire la forme dans le carré, mes assemblages ont tous des formes différentes mais la plupart sont composées dans un carré.

 

Christophe Pouget

© Christophe Pouget - Mourad Merzouki

INTERVIEW DE MOURAD MERZOUKI SUR ARTIST'UP

 

Vous avez eu l’occasion de partir en voyage plusieurs fois. Où avez-vous été ? Quel est l’endroit qui vous a marqué ?

Tous les voyages me marquent. Je voyage sans programme précis. Je me renseigne un peu avant quand je ne connais pas la ville pour trouver les lieux qui pourraient me convenir pour mon travail. Pour moi le voyage c’est vraiment l’évasion. Il n’y a aucun voyage où je suis rentré déçu, car on fait plein de rencontres. J’ai un super souvenir de Rio. J’y suis allé trois fois, c’est magnifique ! New York aussi. Maintenant, j’aimerais retourner au Japon. J’y suis allé une fois en 2006 mais j’avais pas encore commencé mon travail d’assemblage. 
 

Et Lyon ça vous inspire toujours ?

Moins car ça fait 18 ans que je suis là, j’ai dû faire environ 7 ou 8 assemblages sur Lyon, donc j’ai quand même bien tourné. Mais ça change beaucoup, la ville évolue et il y a de nouveaux endroits où il faudrait que j’aille… J’ai quelques assemblages que j’ai commencé mais je n’ai pas d’intérêt à les continuer, ils sont en attente pour le moment. J’en ai commencé un à Confluence il y a 4 ans, mais je ne l’ai jamais terminé car l’endroit n’est pas assez en mouvement. Mais Lyon est une belle ville et il y a de quoi faire.

 

christophe pouget

© Christophe Pouget - Sans les Grands

christophe pouget

© Christophe Pouget - Terrain de Jeux

 

Quels sont vos projets en cours et à venir ?

J’ai pas forcément de projet pour le moment. Avant d’avoir les deux galeries qui me suivent je faisais tout, tout seul donc c’était un peu lourd. C’est bien d’avoir trouvé des gens qui s’occupent de moi, ils ont du réseau et participent à pas mal de foires. Je n’ai pas de galerie en France pour l’instant car je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer les bonnes personnes.

Christophe Pouget

© Christophe Pouget - DYMA

 

Ça fait penser un peu à George Rousse…

Ah bah ça c’est un beau compliment ! Je l’ai rencontré lors de son accrochage d’exposition à l’Hôtel de Région à Lyon. Ça fait trois ans que je le croise un peu et je lui ai proposé que je vienne faire des photos au fil de sa prochaine éventuelle exposition… J’adore son travail !

Il montre ses photos et commente :

« C’est une illustratrice et bloggeuse qui s’appelle Diglee »

« C’est Mourad Merzouki, le chorégraphe de danse Hip Hop »

«  Elle avait organisée le 25 Juin à la Croix Laval « Courir pour elles ». Il y a 7 000 femmes qui courent pour le cancer. Donc je l’avais rencontrée avant que cette journée ne démarre à 8 heures du matin. »

« C’est le cirque Medrano. Je suis passé devant je me suis dit que ça pouvait être drôle. Je suis allé demander à l’accueil si c’était possible que je vienne faire des photos... et j’y suis resté 4 jours ! »

« Cet assemblage c’est le seul où j’ai fait poser des gens. J’étais à Paris pour trois jours. Avant de venir habiter à Lyon, j'y ai passé 5 ans Je me baladais et j’ai vu cette perspective et je me suis dit qu’il fallait que je fasse quelque chose. Ce couple passait à ce moment et je leur ai demandé d’arriver et de se faire un baiser. Je voulais faire un peu comme Doisneau. »

« C’était un match de foot à Saint Etienne, je voulais faire un assemblage et j’ai eu l’autorisation de le faire. Au début du match il n’y avait pas de neige et à la fin il y avait 20 centimètres de neige. C’est resté dans les anales ! »

 

christophe pouget

© Christophe Pouget - Sous les étoiles

 

Avez-vous quelque chose à ajouter ?

Un petit conseil oui : On m’a toujours dit qu’il fallait être patient, et qu’il ne fallait pas lâcher même si ça ne marche pas pendant une période. Je dis ça pour les jeunes, même si ça n’avance pas et qu’on a pas forcément les retours qu’on attend, il faut toujours s’accrocher, montrer son travail, rencontrer du monde… toute l’énergie qu’on met, ça paye ! Toujours garder en tête ce qu’on a envie de faire est super important.

 

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2 EME NUIT DE LA PHOTOGRAPHIE CONTEMPORAINE

 

 

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Fremin Gallery - New York

Artemiss Contempory - Singapour

    • 2014-10-17 16:22:01
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  • Tags - #Voyage #christophe #christophe pouget #pouget #assemblage
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