Marvin Jouno et sa pop en VF

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Auteur, compositeur et interprète, Marvin Jouno parvient à concilier son goût pour l'indie pop et la langue française. Après un premier EP "Eclipse" sorti en 2010 dont les 7 titres comptent plus de 200.000 écoutes à travers le monde, le second EP "L'Ivoire" a vu le jour en septembre 2013.
Plus expérimenté et soutenu par Angelo Foley qui a réalisé cet EP, pour Marvin Jouno "L'Ivoire" incarne un "véritable point de départ". Les 4 titres s'inscrivent dans une lignée de pop littéraire et mélancolique, comme une invitation à la lecture de ses textes, car selon ses propres mots "Ce qu'on entend n'est pas toujours ce qu'on lit".
A lire, à écouter, à voir - Marvin Jouno, un jeune homme et un artiste d'une sensibilité à la hauteur de son talent.

 


elise toidé marvin jouno
© Elise Toïdé-Marvin Jouno 


Quel est votre parcours et vos différentes activités artistiques ?

Il y a 4 ans, j’ai ressenti le besoin de trouver une « finalité » aux images et embryons de chansons qui étaient alors conservés dans des disques durs externes. Je me suis lancé dans la réalisation d’un site internet intitulé « Picture A Song » - regroupant des photos glanées au fil des ans et des voyages, ainsi que sept chansons.

J’avais envie de partager ce travail et de le confronter au regard des autres, proche ou inconnu… Aujourd’hui ce site n’existe plus - pour plus de clarté j’ai scindé les deux activités.  Mon parcours est fait de petits détours essentiels : j’ai étudié la mise en scène de cinéma et la photo, par la suite j’ai été décorateur dans le cinéma pendant dix ans. La photo et la musique étaient donc des activités certes importantes mais parallèles jusqu’à ce printemps. J’ai toujours voulu tout faire  tout vivre mais là j’ai décidé de prendre à bras le corps mon projet musical, d’essayer pleinement.

 
marvin jouno japon © Marvin Jouno- Japon 


 

Depuis 2011, vous n’avez plus exposé... La musique a –t-elle pris le pas sur la photo ?

Résolument, la musique m’a quelque peu sédentarisé. Je voyage moins et je dois admettre que l’environnement quotidien m’inspire dans une moindre mesure en terme d’image. Je parle de jachère concernant cette mise entre parenthèse de la photo. Je dis souvent qu’en attendant - je téléphone en noir et blanc par le biais d’une série qui a pour nom de code : Eye Phone.

J’ai consacré l’année scolaire 2013-2014 à développer le répertoire de chansons et à travailler l’aspect scénique de mon projet. J’ai pris mon temps pour monter sur scène (Les premiers concerts ont eu lieu en septembre dernier), je n’étais pas certain d’aimer ça, d’être fait pour ça… 10 concerts et 9 mois plus tard - une certitude : j’adore ça…

 



Parlons un peu de vos EPs. Quelle a été l'évolution entre « Éclipse » et « L’ivoire » ?

« Éclipse » est le résultat final de ces sept embryons de chansons mentionnés ci-dessus. Il s’agissait de mes premiers pas en MAO, en composition, en chant… je parle volontiers de brouillon, de maquettes.

Pour moi « L’ivoire » est le véritable point de départ. Il y a un peu plus de maitrise, d’expérience et j’ai surtout bien plus osé vocalement vu que je marmonnais avant cela… C’est aussi le début d’une collaboration - j’ai travaillé sur la partie musicale avec Angelo Foley qui a réalisé le EP. Notre objectif était d’arriver à concilier notre goût pour l’indie pop et le travail de la langue française - de proposer une pop en VF.

Dans tout ce processus le facteur temps est important et je crois avoir gagné quelques outils supplémentaires pour que le prochain opus (EP ou album) soit enfin à l’image de ce que j’ai en tête depuis le début. Le passage à la scène m’a permis de creuser un peu plus l’aspect vocal et puis il y a à présent une compréhension un peu plus poussée des codes de la chanson-pop, un travail d’écriture plus réfléchi qui me rend plus libre bizarrement.

 


Vous réalisez des séries de photos sur les villes et pays que vous avez visités. Ces destinations ont-elles influencées vos EPs ?

Globalement non, même s’il arrive parfois qu’un point géographique serve de cadre ou de décor à une chanson : par exemple Dialogue Breton qui est lié à un séjour sur l’île d’Ouessant ou une autre chanson en cours d’écriture qui se déroulera à Berlin mais dans ces deux cas je retiens essentiellement l’action et le ressenti qui ne sont pas hyper dépendants du lieu où se sont déroulés les faits.
 


Vos textes sont poétiques, imagés, voire métaphorique. Quelles sont vos sources d’inspirations ?

Mes premiers textes mis en musique avaient pour origine un synopsis écrit pendant mes études de mise en scène : Un homme amoureux de la lune décide d’éliminer le soleil…
Par ailleurs je collectionne des coupures de presse. J’ai toujours été très sensible à la petite histoire dans la grande Histoire : L’une des premières chansons que j’ai écrite « Les chers Leaders » - raconte l’histoire de Megumi Yokota - une jeune fille japonaise enlevée par des espions Nord-Coréens en pleine guerre froide. Cette pratique était assez courante - les japonais ainsi enlevés devenaient professeur de japonais pour les futurs espions Nord-Coréens.


italie aquila marvin jouno © Marvin Jouno- Italie 

Je m’immisce alors dans ce destin - je suis un ex-camarade d’école de Mégumi qui attend en vain son retour… Aujourd’hui - je me dévoile davantage, je pioche volontiers dans mon propre vécu et celui de mes proches que je « fictionne » parfois par pudeur. Je suis actuellement en période d’écriture d’une dizaine de nouvelles chansons, qui réunies me semblent établir une sorte d’autoportrait. En ce qui concerne la forme j’aime malaxer - étirer  - triturer le français que je trouve élastique et infini.

Au delà des rimes, j’adore le rythme qu’apportent les assonances, j’essaye de mettre en place une sorte de dyslexie écrite, de jouer sur des erreurs de prononciation… J’aime l’idée que ce qu’on entend n’est pas toujours ce que l’on lit.

 
inde marvin jouno © Marvin Jouno- Inde


Quelle place tiennent la musique et la photo dans votre vie ? 

Ce sont aujourd’hui les deux moyens d’expression que je privilégie. Dans un premier temps peut-être un peu par pragmatisme. Je viens du milieu du cinéma où à de rares exceptions cela nécessite des dizaines de techniciens, des années d’écriture et de montage financier, des budgets colossaux…

La musique et la photo ont alors incarné à mes yeux la spontanéité et l’immédiateté qui me manquaient. On peut composer, écrire, cadrer, développer seul et à moindre frais - je crois que c’est ce qui m’a plu.

Quoi qu’il en soit j’ai toujours cherché à m’exprimer moins pour dénoncer que pour proposer des idées et des sensations. Je ne vois pas non plus cette pratique comme une béquille pour surmonter les épreuves (même s’il y a très certainement une part de thérapie là-dedans) mais plutôt comme une nécessité : Je ne me sens plein que quand je fabrique. 
 

 

On ressent dans « Sacré fils », premier titre de votre EP «L’Ivoire », une certaine peur des années qui passent et une grande nostalgie... ?

Ce n’est pas très original mais la notion de mort me terrifie depuis toujours. Par ailleurs la mélancolie est un sentiment et une esthétique que j’affectionne tout particulièrement. Dans « Sacrés Fils » je me suis glissé dans la peau d’un couple qui voit ses enfants partir vers leurs vies d’adulte.

Je me suis simplement demandé dans quelle mesure, après une vingtaine d’années à être parents, à se consacrer à l’accompagnement et à l’épanouissement de ses enfants, on pouvait / on savait redevenir amants comme avant lorsqu’on était encore deux … (même si les deux statuts ne sont évidemment pas antinomiques)

Je me suis rendu compte a posteriori que les quatre chansons de « L’ivoire » traitent chacune de périodes de crises, de choix, de questionnement à différents moments précis de la vie. (Que faire et pourquoi s’engager à 20 ans (Dialogue Breton) -  Poursuivre ou en finir à 30 ans (Larme Blanche) - Partir pour revenir à 25 ans (Quitte à me quitter) - Réinventer, retrouver à 50 ans (Sacrés Fils).


inde marvin jouno
© Marvin Jouno- Inde


Quel est le pays/ville que vous avez le plus aimé photographier ?

Sans hésitation L’Inde. Mon séjour au Ladakh (l’extrême nord de L’Inde) m’a profondément et durablement marqué. L’Inde est un pays ultra photogénique, c’est un feu d’artifice multi-sensoriel, à chaque coin de rue le drame côtoie l’absurde, il y a un aspect intemporel, c’est plus qu’un pays (on ne parle pas de sous-continent pour rien), plus qu’une destination…

J’étais là-bas avec un appareil photo argentique - ce qui a finalement restreint à bon escient l’avalanche d’images potentielles - tout l’inverse du numérique avec lequel on rentre de voyage - des milliers d’images dans la valise.


remi israel marvin jouno© Rémi Israël- Marvin Jouno 


Est-ce que vos photos vous inspirent pour écrire un titre ? Si oui, donnez nous un exemple pour nous expliquer comment avez-vous travaillé l’image pour la transformer en texte.
 

À l’instar de la réponse concernant l’influence des voyages sur les chansons - je pars rarement d’une image. À la rigueur une image peut venir illustrer un texte à posteriori, mais durant le processus de création. Je parle plus de décor, de cadre, de couleur et d’ambiance pour décrire l’univers et la direction que je vise. 



sylvie bosc marvin jouno© Sylvie Bosc- Marvin Jouno

 

Quels sont vos projets en cours ? 

Des concerts, toujours plus de concerts - la poursuite de l’écriture d’un premier album, concrétiser de potentiels partenariats professionnels…

Peut-être un voyage digne de ce nom pour mettre un terme à cette période de jachère photographique… 

Pour l’instant le programme de la rentrée 2014 n’a pas été envisagé plus que cela -  Je passe pas mal de temps dans des « cabanes », planqué de tout pour préparer la suite.


elise toide marvin jouno © Elise Toïdé-Marvin Jouno

 

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    • 2014-09-19 09:23:32
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  • Tags - #photographe #chanteur #indé #Italie #marvin jouno #quitte à me quitter #sacré fils #japon #Ivoire
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