Compagnie Melting Spot au croisement des styles

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Créée en 1994, depuis 20 ans la Compagnie Melting Spot repousse les limites de la transdisciplinarité et met en avant l’aspect hybride de sa danse. Directeur artistique et chorégraphe, Farid Berki énonce l’identité de sa compagnie de la sorte : «le langage du corps n’a pas de frontières». Melting Spot y puise sa force et croit en l’unité à travers la solidarité et la multiplicité.
A l'occasion de cet anniversaire, d’octobre à novembre 2014, Farid Berki réunit les artistes, les lieux partenaires et le public de la Compagnie autour d’un Grand Bal, d’ateliers, de créations… pour toujours plus de partage !

-- Propos recueillis de Farid Berki --

 COMPAGNI MELTING SPOT
©Homardpayette - Vaduz 2036

Cette année vous fêtez les 20 ans de la compagnie. A cette étape, quels objectifs fixez-vous à votre compagnie ? Comment avez-vous décidé de fêter cet évènement ?

On n’a pas d’objectifs particuliers à part continuer à montrer notre travail à un maximum de monde possible et garder un rayonnement national et international. En ce qui concerne la manière de fêter cet évènement, l’idée est de profiter de l’occasion pour créer des petits événements. On en a prévu environ 3 ou 4.

Un des évènements s’appelle « les transmetteurs ». Je sollicite dans ce projet des partenaires artistiques qui ont déjà collaboré avec moi et je leur donne carte blanche avec juste pour thème la question de la transmission. Ils ont une semaine pour donner un stage et créer un spectacle. On reste toujours dans la ligne directrice de la compagnie puisque le croisement des styles de danse est à l’honneur. L’idée est de transmettre à travers cette pluralité. En guise d’exemple, on peut croiser du burlesque avec du hip hop, du cirque avec hip hop…

 

© Cie Melting Spot
© Cie Melting Spot


Vous accordez une grande importance à la transmission. Pouvez-vous nous en dire plus... ? 

Le thème de la transmission pour moi est important. En effet, la transmission en  danse contemporaine ou en danse classique, s’est faite une fois que les créateurs étaient morts. Et là, il se trouve que le hip hop en France fête ses 30 ans et que je pense qu’il est donc temps de s’occuper de la transmission de notre savoir aux générations futures.

 

©Laurent Phillipe
© Laurent Philippe - DOUBLE JE(U)


Il y a aussi l’idée de créer du répertoire parce que c’est important. L’histoire du hip hop en France est très singulière par rapport à d’autres pays. Il est donc important de transmettre cette histoire aux générations futures.

En ce qui me concerne, j’interviens dans cette transmission de manière occasionnelle et bénévole notamment avec des jeunes chorégraphes et des jeunes compagnies. Je leur file un coup de main pour écrire leurs pièces. J’interviens aussi sur des Master classes, je donne des bases et je fais en sorte que les danseurs soient autonomes. Le libre arbitre pour moi est une valeur importante. A notre époque, on n’avait pas de profs. La transmission se faisait par l’échange entre danseurs. Je trouve donc important que les jeunes qui veulent se mettre au hip hop apprennent aussi par eux-mêmes. 

© Cie Melting Spot
©Homardpayette - Vaduz 2036


Vaduz 2036 était en rupture avec vos créations précédents. Quelle est la genèse de ce projet... ?

Pendant des années, je me suis appuyé avec sur des interprètes avec qui je travaillais. Je n’accordais pas trop d’importance à ma gestuelle en particulier.

Le but était que les danseurs créent leurs propres gestuelles. Je voulais identifier les bases et les fondements de ma gestuelle pour que je puisse la transmettre aux danseurs. J’ai beaucoup travaillé sur la matière du mouvement en laissant un peu de côté le style de danse. J’ai aussi beaucoup travaillé sur les croisements artistiques notamment entre le burlesque et les arts du cirque. C’était un vrai travail archéologique où j’ai identifié les fondements de ma gestuelle et j’ai élaboré des nouveaux principes de compositions chorégraphiques.   

 

Bernard-Feldis© Bernard Feldis - Fantazia 1995


Quelle est la création dont vous êtes le plus fier et qui aura marquée votre compagnie ?

Bien évidemment, la première création que j’ai faite m’a marqué. Elle s’appelait « Fantazia ». En 1994, on était dans un théâtre où il n’y avait pas de pendrillons. A cette époque là, il n’y avait pratiquement aucune compagnie hip hop. On n’avait pas de cadre scénique. On avait juste 200 m² de toile peinte par un graffeur ce qui nous donnait l’impression d’être dans une boite. C’était vraiment magique. Je suis très fier de cette pièce parce qu’elle a créé de nombreuses vocations artistiques.

L’autre projet qui m’a aussi beaucoup marqué s’appelle « Soul Dragon ». On l’a fait en 2004, on l’a fait en France et en Chine. Il y avait 32 personnes sur scène dont quinze danseurs hip hop, quinze artistes d’opéra traditionnel chinois de Shanghai et deux musiciens. C’était assez étonnant. 

Double Je(u) - extraits from Cie Melting Spot on Vimeo.

Vous collaborez avec Faso Danse Théâtre pour le spectacle « Double Je(u) ». Comment s’est faite cette rencontre, pourquoi avez-vous décidé de travailler ensemble ?

Serge et moi on se connait depuis 1997,1998. Serge venait régulièrement dans un théâtre Lillois en France pour faire des tournées dans une troupe de théatre, musique et danse. Je menais à cette époque là, un gros projet avec des jeunes.


INTERVIEW FASO DANSE THEATRE A DECOUVRIR SUR ARTIST'UP

©-Laurent-Philippe
© Laurent Philippe - DOUBLE JE(U)


On s’est croisé dans ce cadre là, il est venu faire les stages que je donnais. Il est venu, par la suite, régulièrement à Lille et on a pu garder contact. On a plein de préoccupations communes en tant que citoyens notamment sur les problèmes de notre société qu’on partage depuis des années. On s’était dit qu’un jour on ferait quelque chose. Voilà comment est né le projet «  Double Je(u) ». C’est « double je(u) » parce que c’est double moi, c’est double identité. On est tous les deux chorégraphes et interprètes et chacun est sur le même pied d’égalité. C’est une très belle rencontre symbole de l’égalité.   

©-Laurent-Philippe
© Laurent Philippe - DOUBLE JE(U)


Qu’est-ce qui est essentiel pour vous, dans la représentation de vos créations ?

J’ai certaines préoccupations en tant que citoyen et artiste que j’ai envie de transmettre dans mes spectacles. J’ai fait, par exemple, des ateliers avec des sans papiers. Il me semble que c’est important de sensibiliser les spectateurs sur la question de la libre circulation des individus dans le monde. Mon but est de faire prendre conscience aux spectateurs de l’importance de certaines valeurs. Avec Serge on travaillait plus sur la liberté et le partage.

© Cie Melting Spot
©Homardpayette - Vaduz 2036


Dans vos créations vous accordez une place importante au corps. En quoi, selon vous, le corps est plus important que le décor ?

C’est un virage que j’ai effectué depuis Vaduz parce qu’avant, j’étais plus centré  sur une scénographie en décor, plus proche du théâtre. Depuis quelques années, je travaille plus dans le minimaliste. Cette approche vient aussi de ma rencontre avec un vidéaste qui travaille beaucoup sur le virtuel avec le mapping. Je travaille donc beaucoup aujourd’hui avec le mapping qui est  beaucoup plus souple. La danse existe et la vidéo crée l’espace.

© Cie Melting Spot
©Homardpayette - Vaduz 2036


Avez-vous des projets en cours ou à venir que vous souhaitez partager avec nous ?

Nous avons organisé le 10 octobre un bal de hip hop et un rassemblement avec débats et projections de films fin octobre.

En novembre 2015, aura lieu un évènement pour nos vingt ans qui s’appelle «L’oiseau de feu». C’est un clin d’œil aux 20 ans de la compagnie et aux 30 ans du hip hop. Il est initié par l’Orchestre National de Lille, réunissant le Ballet du Nord, l’Opéra de Lille et le Grand Sud. C’est un projet qui reprend un autre projet de l’année dernière avec un orchestre symphonique de 105 musiciens et 70 gamins de Banlieue parisienne qui n’étaient pas formés en danse.

En Janvier 2015, dans le cadre du festival de Suresnes, on va présenter « Fluxus Game » qui se situe dans la suite de Vaduz. Il y aura donc beaucoup de travail sur la matière dansée et la vidéo, mais on sera dans un projet plus festif et d’autodérision que Vaduz qui était assez sombre.

© Cie Melting Spot
©Homardpayette - Vaduz 2036

 

! EVENEMENTS A VENIR !


2 nov – Variations… Les Transmetteurs à la MFW, Lille :
Dans Variations…, Farid Berki, en duo avec Johnny Martinage, revisite ses gestes et compose à nouveau avec des sensations oubliées. Le chorégraphe joue avec ses œuvres passées et à venir comme Six fous en quête de hauteur, Exodust, Vaduz 2036 ou Fluxus Game, pour mieux transmettre son travail au fil des années.
Cette date marquera aussi la première du spectacle Les Transmetteurs. Réunissant danseurs amateurs et artistes pluridisciplinaires comme Laure Chailloux (musique), Karim Feddal (slam), Jacques Motte (théâtre burlesque), Lydia Fromont, Nabil Ouelhadj, Olivier Le François (danse hip-hop) et le Collectif la Cavale (vidéo), ce spectacle est le fruit de plusieurs ateliers participatifs menés à La Ferme d’en Haut de Villeneuve d’Ascq, au Vivat à Armentières, au Grand Sud et à la Maison Folie Wazemmes à Lille du 20 au 31 octobre 2014.

• Maison Folie Wazemmes, 70 Rue des Sarrazins, 59000 Lille.
• 16h

En marge de ces moments participatifs, une restitution de l’atelier slam est prévue le 24 octobre 2014 à 20h à la Ferme d’en Haut de Villeneuve d’Ascq. Celle-ci sera suivie de la création de Karim Faddal, Insurrection Poétik.


7 nov – Les Transmetteurs à La Rose des Vents :
Les participants à la création Les Transmetteurs reviennent pour une seconde représentation le 7 novembre à la Rose des Vents de Villeneuve d’Ascq.
• La Rose des Vents, Boulevard Van Gogh, 59563 Villeneuve-d’Ascq
• 20h

8 nov – Retrospective Jean-Pierre Thorn :
Jean-Pierre Thorn est l’un des premiers réalisateurs à s’être intéressé à la culture Hip-Hop. Dans le cadre du Mois du documentaire au cinéma Le Méliès de Villeneuve d’Ascq, une rétrospective est consacrée à ses œuvres :
• 14h30 : Faire kiffer les anges, 20 ans après ? 
• 16h45 : On est pas des marques de vélos 
• 20h15 : Digue du Break (court-métrage de la Compagnie Ta Zoa), suivi de 93, la belle rebelle

Des échanges avec le public ponctueront les diffusions des documentaires et permettront aux spectateurs de discuter avec le chorégraphe.

• Cinéma Le Méliès, Rue Traversière, 59650 Villeneuve-d’Ascq.
• 14h30, 16h45 et 20h15.

 

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    • 2014-10-16 14:45:26
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  • Tags - #danse #la compagnie melting spot #farid berki #vaduz #fantasia #fluxus game
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