La Compagnie Faso Danse Théâtre !

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Le projet de Faso Danse Théâtre et de Serge Aimé Coulibaly, directeur artistique, va au-delà d'un projet de compagnie. Il s'agit de fonder un espace de création, de rencontres, de réflexion et de recherche sur la création chorégraphique contemporaine.
Pour Faso Danse Théâtre, l'art est d’abord un engagement, une volonté d’interroger et de faire réagir le public sur des thématiques fortes. Le parti-pris est de recourir à un langage universel - à travers la danse, le texte, la musique et la scénographie - pour partager, décloisonner les esprits et faire connaître la création chorégraphique contemporaine africaine. Celle-ci puise son énergie dans les sociétés africaines, tout en s’ouvrant à d’autres approches.
Par le biais de son projet artistique et pédagogique - en mettant en œuvre des projets de création, de sensibilisation et de recherche - Faso Danse Théâtre participe au développement culturel, économique et social de son territoire.
Propos recueillis de Serge Aimé Coulibaly : 

 

serge aimé coulibaly

© Serge Aimé Coulibaly
Propos recueillis de Serge Aimé Coulibaly

faso danse théatre
© Michel de Bonnefoy

 

Parlez-nous de la création de la compagnie (contexte, évolutions...)

Quand j'étais au Burkina, je trouvais que les créations contemporaines en danse ne parlaient pas assez des réalités sociales, politiques et économiques de nos populations. Moi personnellement, j'avais du mal à me retrouver dans ce que je voyais sur les scènes contemporaines.

En partant du Burkina mon objectif était clair, comprendre la création contemporaine dans le monde et pouvoir me situer dans un contexte donné pour créer ma compagnie. J’avais la volonté de faire quelque chose de très contemporain, mais d’ancrer dans la réalité de mon environnement. Je voulais faire des créations dans lesquelles ma mère, par exemple, et le plus grand spécialiste de la création contemporaine pourrait trouver leur compte.

A-Benguer-(2006)
© Faso Danse Théâtre


Aujourd’hui, je pense que cet objectif est atteint, car dans les créations de la compagnie la question ne se pose même plus.

Après 12 ans d’existence, des tournées et des projets effectués sur 4 continents, on se rend compte que rien n’est acquis et on a l’impression d’un perpétuel recommencement. Un des éléments réconfortant aujourd’hui est que la Cie vient d’ouvrir un laboratoire international de création artistique  à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso. Un lieu qui accueillera  différentes compagnies en résidence.

Solitude-d’un-Homme-Intègre-(2007)
© Faso Danse Théâtre

 

Comment considérez-vous la création chorégraphique au sein de votre compagnie ?

Faso Danse Théâtre est d'abord un espace de création, de rencontres, de réflexion et de recherche sur la création chorégraphique contemporaine dans le contexte africain. Pour la compagnie, la création contemporaine c'est d'abord un engagement. La volonté d'émouvoir et d'interroger.

Le parti pris de recourir à un langage universel pour questionner, partager, décloisonner les esprits et faire connaître la création chorégraphique contemporaine africaine. Celle qui puise son originalité, son énergie et sa puissance dans un ancrage traditionnel fort tout en s’ouvrant à d’autres techniques et d’autres approches. Pour la compagnie la danse, le chant, la parole et la musique forment un tout.

kokhuma
© Homard Payette

Pourquoi est-il important pour vous d’être impliqué culturellement, économiquement et socialement ?

Quand on est originaire d’un pays comme le Burkina Faso, où tout est à construire, où la vie sociale doit trouver son équilibre. Il est difficile pour moi de considérer la création contemporaine  autrement  qu’en écho à la vie des populations, que ce soit en Europe ou en Afrique surtout que je travaille beaucoup en Afrique, dans la formation et aussi pour les créations.

 

Focalisons-nous sur vos spectacles en tournée....

« Fadjiri » :

Fadjiri est né d’un mélange de plusieurs choses. Il y a un peu plus de deux ans, je voulais proposer un solo au Tarmac sur l’instinct humain, les barrières qu’on se met et les libertés qu’on se donne. Ce spectacle, qui s’appelait  « Je me réveillerai un jour sur Mars », a dû être reporté. Et entre-temps, il y a eu la disparition tragique de Djeneba Koné, chanteuse et danseuse dans ma compagnie, dans un accident de la route.

En dix ans d’existence de ma compagnie, Faso Danse Théâtre, c’était la deuxième personne très proche qui disparaissait de manière aussi tragique. Et à chaque fois dans l’élan même d’une création… J’ai voulu arrêter la compagnie, arrêter tout, changer de métier… Mais pour faire quoi ? Je ne savais pas. À quarante ans, après vingt ans de chemin artistique parcouru sur les plus petites et les plus grandes scènes du monde, j’ai paradoxalement été pris d’un doute terrible.

fahridji
© Faso Danse Théâtre


Et puis, j’étais pris dans le tourbillon des projets en cours que je devais assumer. Je n’ai pas vraiment eu le temps de me retourner dans mon coin, j’ai dû  très vite prendre des décisions importantes. J’ai alors décidé de transformer cet ensemble de choses en une énergie créative et c’est Fadjiri qui est né. Un ensemble d’images qui se trouve être un écho au tableau « Tres de Mayo » de Francesco Goya.

Aujourd’hui le spectacle donne à voir exactement comment un homme à l’état primitif essaye juste de se tenir debout et de marcher droit devant lui.

On pourra revoir la pièce aux Hivernales d’Avignon en Février 2015. 

« Double Jeu »:

Farid Berki et Moi, on se connaît depuis 1997. On avait l’habitude de se rencontrer à Lille ou en Afrique  et à chaque fois on était embarqué dans des débats sur la situation politique et culturelle de la France et de l’Afrique. Un jour on s’est dit pourquoi ne pas se rencontrer sur un plateau et ça donné Double J(e)u.

Qui  est plus une rencontre humaine qu’une rencontre de style de danse. C’est 2 hommes qui se rencontrent avec leur langage corporel personnel.

Avec Double J(e)u nous avons déjà fait une douzaine de date mais nous avons tous les 2 des emplois du temps tellement serrés. Il est donc difficile de se retrouver pour tourner le spectacle. Il faut qu’on s’y prenne un an et demi à l’avance et même encore maintenant.

nuit blanche à ouagadougou
© Faso Danse Théâtre

PROCHAINEMENT...

Par contre je serai en création en Septembre prochain pour un nouveau spectacle. «  Nuit Blanche à Ouagadougou » dont la première aura lieu le 26 Octobre 2014 à Ouagadougoue et sera au Tarmac à Paris du 12 au 17 Janvier 2015.

Nuit Blanche à Ouagadougou est une recherche chorégraphique sur la violence, la peur et les rencontres humaines dans une nuit mouvementée.

faso dance théatre
© Faso Danse Théâtre


Que souhaitez-vous apporter à vos danseurs 
?

Avec mes danseurs c’est presque essentiellement du partage, parce que moi je n’ai pas un vocabulaire dansé ou un style à donner. Mais c’est comme si on se retrouvait dans le cadre d’une création initiée par moi et qu’on se met à chercher ensemble. 


Quel a été le moment le plus fort, de la compagnie ?

Nous étions allé dans un festival à Kigali au Rwanda, et on jouait le spectacle Babemba dans un mini stade.

Avant le début on s’est dit que c’était impossible d’attirer l’attention d’un public surchauffé qui s’attendait à voir un match. Mais finalement, le calme et l’attention de ces 5000 spectateurs nous ont beaucoup émus.

babemba
© Faso Danse Théâtre


Avez-vous des projets à venir que vous souhaitez nous présenter

Vous pourrez assister à la première de « Nuit Blanche à Ouagadougou » le 26 Octobre 2014 à Ouagadougou et au Tarmac à Paris du 12 au 17 Janvier 2015.

Je chorégraphie aussi en ce moment une pièce « Cut the Sky » pour une compagnie Australienne « La Marrugeku Company » avec laquelle je travaille depuis 10 ans. Nous jouerons la première en Février 2015 à Perth.

kohkuma
© Homard Payette


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    (hôte)
    • 2014-10-21 13:55:00
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  • Tags - #creation #danse #espace #théâtre #afrique #recherche #rencontres #réflexion #compagnie #danse contemporaine #babemba #khokuma #Fadjiri #faso #Nuit Blanche #Ouagadougou
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