LOKISS révèle l'énergie du graffiti

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La vocation artistique de Vincent Elka alias Lokiss est née du graffiti, par hasard, dans la rue. Lokiss est un artiste sans étiquette ni artifices. Acteur important du terrain de La Chapelle avec les BBC, le travail de Lokiss a été publié dans les ouvrages historiques "Spraycan Art" de Henry Chalfant et "Paris Tonkar".
Lokiss s'est affirmé en utilisant la bombe de peinture ainsi que le rouleau pour ses lettrages. Ses compositions explosives aux contours déstructurés et aux lignes lacérées s'entrelacent et s'opposent sur des fonds abstraits. Les aplats finissent par se superposer devenant dynamiques, libres et vivants. 
Depuis plusieurs années Lokiss s'est recentré sur son travail en atelier, avec de lourds et grands formats en inox qu'il soude, grave et peint à sa guise. L'artiste décline et conjugue dans ses créations des installations, vidéos et volumes sculptés qui ouvrent de nouvelles perspectives au champ des possibles du graffiti... 


 EXPOSITION A LA GALERIE CELAL
45, RUE ST HONORE - 75001 PARIS


Qu’est-ce qui vous a poussé dans le monde du graffiti ?

C’est grâce au graffiti que je suis devenu artiste. Je ne me dirigeais pas du tout vers une carrière artistique, je ne dessinais même pas vraiment comme les gamins le font. C’est vers l’âge de 15 ans que j’ai commencé à m’y intéresser, au tout début du hip-hop américain. La musique d’abord et ensuite des rencontres. Il n’y avait personne qui peignait à Paris. Il y a surtout eu la proximité géographique d’un lieu qui est totalement mythique. Il y a avait un terrain vague qui s’appelait le terrain vague de La Chapelle et la station Stalingrad d’où je ne vivais pas loin du tout. J’avais déjà peint deux-trois petits trucs, mais vraiment comme des gamins qui s’amusent dans un coin et là on a découvert ce terrain. On était trois et on a vu au loin deux autres personnes en train de peindre. C’est vraiment un concours de circonstances. J’ai commencé par essayer de danser mais j’étais catastrophique. Et après le goût pour le dessin est arrivé.

© LOKISS 'HYMNE' - 140 X140 - ACRYLIQUE SUR INOX
2010 Vente Metayer Maison De Ventes Aux Encheres
Lundi 23 Juin - 19H - Hotel Lutetia - Paris


Aujourd’hui vous considérez-vous comme graphiste, street artiste, peintre ?

En fait, on me considère à ma place. J’ai fait beaucoup de multimédias et d’installations de nouveaux médias. J’étais sous le nom de Vincent Elka, c’était en Autriche pourtant ils ont retrouvé que je m’appelais Lokiss et ils en étaient tout fiers. Après j’ai fait des installations vidéos. Le label le plus difficile à enlever c’est le label « t’as peint dans la rue ». Je ne suis pas du tout street artist. L’appellation street ce n’est pas la mienne. Si je suis quelque chose d’urbain moi, je suis graffiti artist mais bon, je suis assez polémique là-dessus. Aujourd’hui je dis que je suis artiste, basta ! L’année prochaine on va m’inviter sur une exposition sous le nom de Lokiss, en sculpture et en peinture, et également sous le nom d’Ana Vocera en vidéo et des textes érotiques. ‘Genre is dead’ en somme.

 

© LOKISS


Pouvez-vous nous parler de vos différentes pratiques et techniques ? La bombe, la peinture, la sculpture, la vidéo… Avez-vous une préférence ?

D’abord le graffiti, essentiellement pendant des années. J’ai fait un BTS pub pendant deux ans, pour faire plaisir aux parents, ce qui ne m’a pas vraiment servi à rien. Sur le moment il m’a servi à rien, mais il m’a quand même appris à dessiner, ce que je ne savais pas faire. Avec le graffiti tu commences à dessiner des lettres puis très vite tu comprends beaucoup mieux les accords et désaccords de couleurs et les dynamiques, mais le vrai dessin académique tu ne l’apprends pas. J’ai quand même fait cette formation là et après je suis passé sur d’autres médias. Déjà parce que j’en avais un peu ras le bol, j’avais envie de peindre. A mon avis j’avais une espèce de complexe par rapport à la peinture classique, donc un moment j’ai lâché les bombes, j’ai peint qu’au pinceau, à l’acrylique, sur des toiles etc… et je suis passé sur l’internet, le multimédia, parce que j’avais vu qu’il y avait un site qui m’était consacré sur les murs. C’était plutôt flatteur mais le problème c’est que le site était horrible et je me suis dit « tiens, je pourrais faire ça ! ». Je me suis auto formé sur tout parce que je vis toujours dans des endroits impossibles et le multimédia est arrivé, il m’a amené l’internet, la vidéo… La vidéo a amené le fait que je mette de la musique et donc que je travaille le son. Mais le son reste quand même le domaine ou je me sens le plus libre, parce que je suis vraiment le moins formé des formés. C’est peut-être là où je m’amuse le plus. Le reste je m’amuse aussi, mais c’est plus dur et je suis plus exigeant. Toutes ces pratiques sont venues du fait que j’adore toucher à tout. La peinture je m’y suis remis il y a à peine 5 ans. Sinon, j’étais complètement dans le multimédia pendant presque 12 ans. Et tout ce travail sur métal je l’ai fait sur acier il y a presque 15 ans mais j’ai eu beaucoup de soucis de rouille. J’ai même fait de la photo sur métal, de la photo sur ciment mais j’ai perdu des œuvres entre temps. L’inox est venu parce que j’aime beaucoup ce matériaux et aussi parce que moi ça ne m’amuse pas du tout de perdre des œuvres à cause de la rouille. Quand tu perds des pièces totalement dégradées c’est un peu chiant…

 


© LOKISS

 

Est-ce un besoin, une nécessité de « toucher à tout » ?

Un besoin, parce que je m’ennuie vite. En ce moment je travaille l’inox parce que j’ai un partenariat sur Lyon. En plus cela inclue de la découpe numérique, ce qui veut dire que je vais pouvoir me permettre de faire des choses beaucoup plus ambitieuses. C’est vrai que pour l’instant ça m’ouvre pas mal d’horizons. Là je vais partir en Italie, à Bologne, peindre un gros mur vraiment graffiti. Enfin, je ne sais pas si ce que je peins à la bombe ressemble encore à du graffiti. Mais je sais qu’au début, quand je vais commencer à peindre, ça va me faire comme d’habitude : je vais trouver ça super plat et nul !


© LOKISS


Vous êtes très inspiré par Kupka, pouvez-vous nous en dire plus... ? Quels autres artistes vous inspirent ?

C’est vrai que j’en parle souvent, c’est un mec important. Dans mon travail de courbes aujourd’hui il y a des choses que je retrouve. On m’a aussi souvent rapproché de Delaunay parce que je travaillais sur des concentriques. Moebius m’a incroyablement inspiré de manière indirecte sur son univers et sa folie. Je ne suis pas très BD mais c’est vrai que Moebius et Kupka j’y reviens souvent. Mais ça peut aussi être de la musique. Ma vision du graffiti a énormément changée quand j’ai rencontré un autre graffiteur qui lui écoutait que de la musique contemporaine, de la bien dure ! Même si tout gamin je me disais « c’est quoi ce truc ! », ça m’a quand même énormément apporté. Il y a des gens qui approchent un art de manière totalement différente. J’étais un peu cultivé mais pas énormément quand j’ai commencé. En tout cas ce n’était pas ça ma culture. Ma culture elle était historique, parce que j’adorais l’histoire mais pas tellement les arts. Encore aujourd’hui je suis nettement plus intéressé par des publications scientifiques traitant de l’astrophysique ou de la mécanique quantique que par des ouvrages purement artistiques.

 

 


© LOKISS _ IN THE STUDIO 1/8 pieces inox stained steel spray can NOFUTURISM.COM

 

Comment voyez-vous/ comprenez-vous le passage du street art dans les galeries ? Pensez-vous que c’est une manière de rendre le graffiti "acceptable" ?

J’ai eu un lieu d’expos à Paris qui s’appelait la Place Forte. Ce n’était vraiment pas mon but d’exposer du street art ou du graffiti. Ce qui m’intéressait c’était qu’il y ait un mec qui vienne de la rue et qui dise « tiens, je ne vais pas reproduire en plus petit ce que je fais sur des murs en mieux ! », parce qu’en plus grand c’est beaucoup mieux et qu’il y a un choc parce que ce n’est pas un lieu dédié. Mais le malheur c’est que ce n’est pas ça qui arrive. Ils reproduisent à peu de choses près ce qu’ils font dans la rue et ce qu’ils font dans la rue, ils le font sur une toile donc c’était une imposture en soi parce que le mot street devient juste une appellation, un label commercial. Ils ne savent plus où ils en sont entre art urbain contemporain, art urbain… Mais au final même dans la rue ça peut être une imposture. J’ai travaillé pour un film « Vandal » et quelque part je rends quelque chose de fictif dans une fiction. Ce qui est le plus redoutable pour moi c’est que le street art est quand même un art de l’illégalité et qu’aujourd’hui c’est en train de devenir l’art le plus obéissant qui soit. Même quelqu’un qui fait de l’aquarelle est moins obéissant ! Aujourd’hui c’est devenu un art décoratif, complètement intégré. Cela je l’ai déjà un peu vécu moi. A 18 ans j’ai accepté de faire les vitrines du Printemps. Pour moi, c’était la chance de ma vie. Mais aujourd’hui je ne le referai pas. C’est juste qu’il n’y avait pas la même concurrence à l’époque. A ce moment-là on était une vingtaine à peindre sur Paris. Aujourd’hui, on a dépassé toutes les bornes. L’accusation je ne la fais pas contre les gens qui donnent des plans, mais contre les artistes eux-mêmes qui n’ont aucune morale, aucune intégrité. Je ne dis pas que je suis l’ange blanc et que eux ce sont les « anges noirs » ! C’est juste que tout le monde devrait se poser la question. En général ils évoquent toujours des histoires d’enfants à nourrir de trucs comme ça… mais fallait pas faire d’enfants alors ! Moi je traduis ça par de la colère dans mes textes mais c’est assez triste parce que je connais les gens et voir les revirements c’est assez dur.

 

 

© LOKISS - 440 x 1200 cm


Avez-vous une préférence entre la rue et la toile ?


Quand j’ai peint sur « Vandal » je n’étais pas totalement libre mais j’étais quand même livré à moi-même dans une énorme usine. C’était une sensation intéressante. Cela faisait un an que je n’avais pas peint et quand j’ai recommencé à peindre j’ai de suite retrouvé la technique mais j’ai d’abord trouvé ça assez plat. Mais quand on est allé dans l’usine, il y avait un côté détruit et je n’avais jamais peint sur des murs ou il fallait garder le côté complètement craquelé, défoncé et finalement c’est ça qui était intéressant, quand il y a de la matière qui se crée. Mais sinon c’est deux choses différentes. Je pense que physiquement sur le mur il faut une énorme implication. Après, mentalement, tu es tellement dans quelque chose de très rapide, de pulsionnel alors lorsque tu passes à la tranquillité de l’ atelier, je trouve que c’est dans la tête que ça va beaucoup plus loin, tu as le temps de te remettre en question, réfléchir et avancer d’avantage. Sur un mur quand t’as 150m2 à peindre avec quatre mètres de hauteur, où tu montes et tu descends des escabeaux toute la journée pendant 12 jours, à la fin physiquement c’est ultra violent.


 
Pour vous, que signifie le terme post-graffiti ?

Moi, le post-graffiti on m’en a parlé à Berlin en 2005. J’ai fait de grosses expos la bas avec des mecs qui sont devenus des stars aujourd’hui comme Banksy. C’est moi qui ai dû louper un coche je pense, mais c’était déjà du post-graffiti.




Donc aujourd’hui qu’est-ce que ça veut dire ? C’est du post post-graffiti ?


Si je n’avais pas mon histoire par rapport à cette culture-là, les toiles que tu vois tu peux difficilement dire « oui j’suis sûr qu’il a peint sur un mur ! ». Après il y a des mecs qui me disent qu’on retrouve des dynamiques. On sait d’où tu viens à cause des dynamiques. Peut-être. Mais je pense que n’importe quel peintre peut arriver sur cette dynamique-là autrement.

 


© LOKISS 'Ondes III' - Technique mixte sur acier coloré, 125 x 200 cm, 20


La rue et l’atelier, ce n’est pas pareil… Qu’est-ce qui vous attire dans la création en atelier ?

La possibilité de pousser nettement plus loin des choses qui, à mon avis, sont apparues de manière plus instinctives sur un mur. Je ne me vois pas souder dans un terrain vague. A la limite ça serait intéressant, pourquoi pas ! Mais en même temps ce n’est pas l’objet. Moi ce que j’aime aussi dans la peinture murale c’est que quand tu retournes voir ton mur, tu peux considérer qu’il y a des erreurs et c’est ça qui est bien. Alors que dans l’atelier tu perds ça. Tu perds la force de l’erreur, la force de l’instinctif. Mais les deux se valent. Là je vais commencer à souder du vraiment compliqué et c’est quand même l’atelier qui me le permet !


© LOKISS

 

A quoi se résume le graffiti pour vous aujourd’hui ?

Ça c’est tellement professionnalisé maintenant. Pour les bombes tu peux choisir tous les caps, les basses pressions, les hautes pressions… ce qui n’existait pas avant. C’est dingue parce que toutes les marques de peinture et même les plus vieilles créent leur modèles de bombes maison maintenant. On sent qu’il y a un vrai marché, que tout le monde veut y passer et faire son petit « coup de bombe ». Quand j’ai commencé à 15 ans, pour moi tu rentrais dans une grotte mystérieuse. Là, maintenant, il n’y a plus aucun mystère. On avait quasiment aucunes photos, on avait rien, on avait juste des films avec des trucs horribles et on a été influencé par un quelque chose qui n’existait pas réellement mais qui a existé aux Etats-Unis et dont on avait des d’échos. C’était un écho sur le mythe qui entourait la pratique du graffiti. On vivait dans un monde parallèle, on était des gamins, on vivait dans un film de science-fiction. D’ailleurs le film « Vandal » l’a précisé ça. Aujourd’hui, est ce qu’il y a encore un mythe à part celui de gagner de l’argent le plus rapidement possible ? Les mecs peignent des murs et les prennent directement en photos pour faire un livre. Faire du graffiti ça me semble tellement être un objet lié à la rue, à la rapidité. Même si t’es à Bologne où tout est autorisé. J’ai même demandé une barrière de sécurité pour pas qu’on me casse les pieds toutes les dix minutes avec des photos. Donc même si j’ai le temps, je pense que je vais peindre super rapidement parce que pour moi c’est là qu’est l’intérêt. Aujourd’hui c’est une industrie pour le tout public. Il va voir la même chose dans une pub, la même chose sur une pochette de disque, sur une toile… ils ne font plus la différence et moi je refuse d’être là où tout est mélangé et aplani. C’est comme si lors d’un festival rock, on passait sur la même scène de Motörhead à je ne sais quel groupe de pop londonienne sucrée et qu’il n’y ait aucun discernement. Il y a des pratiques différentes, du rock, de la pop et bizarrement là, tout est passé au mixer normalisateur et tu as encore plus l’impression que c’est une ambiance de clowns !



© LOKISS
 


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  • Anna Frick
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