Les photographies de Delphine Schacher... simplicité et poésie

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Delphine Schacher est originaire de Begnins (Suisse). Après avoir pris la décision de donner un nouveau tournant à sa vie, Delphine a terminé en juillet dernier la formation supérieure en photographie à Vevey en Suisse.
L'artiste s'est rapidement fait remarquer avec sa série "Petite robe de fête" qui a remporté le 2e prix du concours des jeunes talents de l’association suisse VFG, puis l'a désignée lauréate du concours SFR Jeune Talents Rencontres d'Arles 2014. La succession de c
es étapes a permis à Delphine Schacher de réaliser la nouvelle dimension de son travail. 
Dans ses travaux il est question de l'homme dans son environnement, de campagne, de cycle de la vie, de nature et de nostalgie... A mi-chemin entre poésie et documentaire, Delphine Schacher raconte les histoires en finesse et en toute simplicité :
"je dois simplement continuer à travailler à chercher des histoires, à sentir cette boule au ventre avant de sonner à la porte d’une personne à rencontrer, à voir des expositions, à lire et parvenir à garder cette simplicité et peut-être cette poésie dans ma façon de travailler sans trop vouloir en faire non plus… ni tomber dans le romantisme exacerbé…"

  

Comment est née votre passion pour la photographie ? Quel a été votre parcours photographique jusqu'à présent ?

Vers l’âge de vingt et un ans, je travaillais dans l’administration et je cherchais à m’exprimer artistiquement alors j’ai commencé à prendre des cours du soir. Puis j’ai aussi commencé à faire des voyages à plusieurs en Afrique puis toute seule en Amérique du Sud ou en Europe et c’est là que j’ai vraiment commencé à prendre des images. J’ai compris que la photographie serait un moyen d’aller découvrir des lieux et rencontrer des personnes que je ne serais pas amenée à connaître dans mon quotidien. Puis, j’ai travaillé durant huit ans à la télévision suisse et ensuite j’ai décidé de démissionner et de revenir à l’école pour commencer une sorte de nouvelle vie à l’Ecole de photographie de Vevey. Je viens d’achever ma formation en juillet dernier.



© Delphine Schacher - "Petite robe de fête"


© Delphine Schacher - "Petite robe de fête"

Votre série "Petite robe de fête" a remporté le 2e prix du concours des jeunes talents de l’association suisse VFG, puis vous a désignée lauréate du concours SFR Jeune Talents Rencontres d'Arles 2014.
Qu'est-ce que ces nominations vous ont-elles apportées ? Comment avez-vous vécue ces victoires ?

Il y a toutes sortes de choses qui se sont passées pour moi, tout d’abord d’une part émotionnelle et personnelle, ces nominations m’ont permis de faire connaître mon travail en dehors de la Suisse. Je pense qu’elles m’ont apportée une reconnaissance qui du coup, m’a permis de prendre confiance et de croire en ce que je fais mais aussi à recevoir les réactions du public, à comprendre que finalement ce travail prend une dimension nouvelle, une dimension qui nous dépasse et donc j’ai dû apprendre également à m’en détacher.
Puis d’une autre part, de façon concrète la visibilité à Arles m’a permis d’être programmée dans un autre festival international, celui de Breda photo festival en Hollande qui a eu lieu entre les mois de septembre et octobre.


© Delphine Schacher - "Petite robe de fête" © Delphine Schacher - "Petite robe de fête"


© Delphine Schacher - "Petite robe de fête"


Delphine Schacher : "un voyage en roumanie et une jolie musique réunis ici en une petite vidéo artisanale..."


Les portraits de jeunes filles de la série "Petite robe de fête" que vous avez réalisées en Transylvanie font référence à l'enfance et le passage à l'âge adulte. On y ressent beaucoup de douceur, de fragilité et de mélancolie.
Pourquoi avez-vous choisie de faire cette série en Roumanie ?
Avez-vous été inspirée par votre propre histoire (jeune fille à présent devenue une jeune femme) ?
Entre ombre et lumière, quel message/ émotion souhaitez-vous faire passer à travers cette série ?

Je connaissais la Roumanie au travers des yeux de mon père, qui s’y était rendu en 1991 alors que j’avais 10 ans. Il en était rentré passablement ému et je pense que le moment de son retour, de manière inconsciente, m’a marquée puisque j’ai toujours eu envie durant mon adolescence, de m’y rendre un jour moi même et de voir ce qu’il avait vu. C’est justement par et grâce à la photographie que j’ai réussi à trouver le moyen de m’y rendre et un but à y accomplir. Je voulais retrouver les lieux qu’il avait vus et personnes qu’il avait rencontrées je suis donc partie avec une collection d’images qu’il avait ramenées de son voyage et j’ai recherché les villages et gens qui y étaient présents afin de les photographier à nouveau 20 ans après. Voilà tout d’abord comment la Transylvanie, Roumanie est devenue un lieu que j’affectionne. C’est ainsi que j’ai rencontré les jeunes filles présentes sur les images de « Petite robe de fête » et je suis retournée sur place une année après car elles m’avaient frappées par leur grâce, leur délicate douceur nichée au sein du milieu rural qui les entourait. Je ne pense pas avoir été inspirée directement par ma propre histoire de jeune fille devenue jeune femme, non, mais plutôt guidée par une envie de créer un monde dans leur monde. Un monde qui s’apparenterait à celui d’un conte, d’un rêve, d’un temps suspendu dans une sphère impénétrable. Ce monde justement situé en ombre et lumière, dans une atmosphère impalpable, que nous connaissons tous en tant qu’enfant sans que nous le réalisions sur le moment et qui prend forme une fois que nous l’avons quitté… en étant devenu adulte.



© Delphine Schacher - "Petite robe de fête"


© Delphine Schacher - "Petite robe de fête"


© Delphine Schacher - "Petite robe de fête"


Dans votre série "La mécanique céleste" vous dites "proposer un regard sur cette planète mystérieuse où la nature retrouve le pouvoir sur l’homme" à travers l'histoire des 2 protagonistes Jacques et Marion Granges. 
Comment procédez vous pour capturer le pouvoir de la nature, la temporalité et la vie via le médium photographique ?

Premièrement je travaille en argentique, ce qui me permet de vivre le temps de l’image de façon différente qu’en travail numérique dans le sens ou justement l’image existe déjà mais ne nous est pas révélée et offerte à l’instant où on la capture. C’est en quelque sorte le médium photographique qui est au-dessus de moi et qui détient alors le pouvoir sur moi. A cet instant, le doute a le temps de s’installer et il ne me reste qu’un souvenir du moment auquel m’accrocher. C’est ainsi que je ressentais le besoin de travailler pour cette série qui illustre une façon de cultiver la terre prônant le respect des ressources, bannissant l’utilisation des pesticides et acceptant de laisser la terre faire son travail, au détriment d’une urgence demandée par la production de masse. Produire peut-être moins, pour produire mieux et offrir une nourriture saine, ce qui est le but de Jacques et Marion Granges, ils usent de leur savoir mais aussi de modestie en acceptant que la nature décide et que le hasard puisse également créer des résultats inattendus.

© Delphine Schacher - "La mécanique céleste"

 
© Delphine Schacher - "La mécanique céleste"


© Delphine Schacher - "La mécanique céleste"


© Delphine Schacher - "La mécanique céleste"

Vous accordez une place importante à l'univers traditionnel, à l'homme et à son rapport avec son histoire, tout en jouant avec les lumières, les matières. A mi-chemin entre documentaire et poésie, comment voyez-vous évoluer votre univers créatif dans les années et/ou séries à venir ?

Sincèrement, je ne me pose pas trop la question de l’évolution car j’ai l’impression que je n’arrive pas à anticiper les choses ainsi et que cela n’est pas une façon de fonctionner qui me convienne. Je réalise que tout ce qui m’est arrivé cette année, les retours positifs sur mes travaux, la visibilité dans les festivals européens était totalement inattendue. Certes il a bien fallu que je m’inscrive aux concours donc je l’espérais, mais je n’aurais jamais soupçonné une telle visibilité car j’étais encore remplie de doutes et de questionnements. C’est donc la leçon que je souhaite retenir au travers de cette expérience qui je l’espère ne va pas s’arrêter, c’est que je dois simplement continuer à travailler à chercher des histoires, à sentir cette boule au ventre avant de sonner à la porte d’une personne à rencontrer, à voir des expositions, à lire, et parvenir à garder cette simplicité et peut-être cette poésie dans ma façon de travailler sans trop vouloir en faire non plus… ni tomber dans le romantisme exacerbé…

 © Delphine Schacher - "La mécanique céleste"


© Delphine Schacher - "La mécanique céleste"


© Delphine Schacher - "La mécanique céleste"


© Delphine Schacher - "La mécanique céleste"


© Delphine Schacher - "La mécanique céleste"

Le mot de la fin ? Les projets à venir que vous souhaitez partager avec nous ?

Pour le moment je suis en train de mettre en place ma vie de photographe indépendante et je suis heureuse de vivre cette liberté que je me suis offerte en prenant ce tournant professionnel. Je suis également intéressée par l’idée de réaliser des résidences de façon occasionnelle, et mon but serait de pouvoir lier mes mandats à mes travaux personnels et de toujours garder cet enrichissement personnel et une liberté de ton dans mes images.

Beudon - La terre, l'homme et la vigne (Eng sub) - Christian Laubacher.
Interview de Jacques Granges réalisée avec Christian Laubacher
 


Exposition "Croisières et Caravanes" 
photographies réalisées avec Julie Masson
du 7 au 22 novembre 2014, Galerie d'A - Lausanne

 

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    (hôte)
    • 2014-11-05 17:45:34
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  • Tags - #photo #festival #photographie #argentique #Voyage #Roumanie #Delphine Schacher #Rencontres Arles 2014 #breda #jeune fille
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