Juliette-Andréa Elie fait ressurgir les souvenirs...

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Lorsque le monde prend l'apparence d'un souvenir lointain...

Juliette-Andréa Elie puise son inspiration dans les récits collectifs et les souvenirs personnels. Son univers, riche en images, émotions et mythes, redonne forme et matière aux souvenirs qui, laissés derrière nous, s'estompent, deviennent de moins en moins précis, jusqu'à disparaitre complétement.
Pour capturer la disparition et générer la résurgence des événements, souvenirs et expériences, Juliette-Andréa Elie a recours à plusieurs médiasDans ses travaux les plus récents, l'artiste célèbre les mystères du temps à travers des dessins et des installations où le monde prend l'apparence d'un souvenir lointain : "Je travaille depuis toujours sur l’apparition et la disparition des formes, que j’ai cherché à rendre par des aquarelles, des installations, des dessins, des vidéos. Ces derniers temps, mes recherches se concentrent sur des lieux évanescents, vertigineux, investis par les affects et le surgissement des souvenirs, par la photographie retravaillée à la pointe sèche. (...)"

Sa nouvelle série "FADING LANDSCAPES" sera présentée pour la première fois à l’exposition du festival Circulations, qui se déroulera du 24 janvier au 8 mars 2015 au CENTQUATRE-PARIS

 

Quel est votre parcours ?

J’ai étudié entre les Beaux-Arts de Nantes et l’université de Concordia, à Montréal. Ensuite, j’ai réalisé plusieurs interventions in situ dans différents contextes (un musée d’archéologie, une villa abandonnée, un terrain municipal) qui m’ont donné l’occasion d’expérimenter de nombreuses formes. Ma chance a été de bénéficier rapidement de grands espaces où m’exprimer – le premier d’entre eux, au musée Terra Amata de Nice, est le premier foyer connu de l’humanité. A présent, je poursuis mes recherches en résidence à la Cité des Arts, à Paris.


© Juliette-Andrea Elie - "FADING LANDSCAPES"© Juliette-Andrea Elie - "FADING LANDSCAPES"


© Juliette-Andrea Elie - "FADING LANDSCAPES"


© Juliette-Andrea Elie - "FADING LANDSCAPES"

 

Pouvez-vous nous parler de votre démarche ? 

Je travaille depuis toujours sur l’apparition et la disparition des formes, que j’ai cherché à rendre par des aquarelles, des installations, des dessins, des vidéos. Ces derniers temps, mes recherches se concentrent sur des lieux évanescents, vertigineux, investis par les affects et le surgissement des souvenirs, par la photographie retravaillée à la pointe sèche. J’explore ce médium pour qu’il révèle la labilité des paysages, le trouble, la profondeur. L’important pour moi est de montrer à l’œuvre la plasticité de la mémoire et de la perception, les relations entre une image destinée à conserver et la mémoire qui relie des choses en elles sans s’en apercevoir.

 
© Juliette-Andrea Elie - "FADING LANDSCAPES"

© Juliette-Andrea Elie - "FADING LANDSCAPES"

Dessin, photographie, installations, sculpture, vidéo… vous expérimentez différents médias. Pouvez-vous nous en dire plus ? ...

A chaque fois, je choisis le médium qui me semble le plus approprié en fonction du projet. J’aime travailler sur une pièce pour un lieu spécifique, je cherche alors le support qui convient le mieux avec mon intention. Les interventions in situ me guident souvent vers l’installation, tandis que mon travail d’atelier me permet d’approfondir mes recherches sur le médium photographique. Dans tous les cas, les univers plastiques se croisent par-delà les techniques…


© Juliette-Andrea Elie


© Juliette-Andrea Elie
 

La série Charpillon met notamment en scène des papillons naturalisés, pinces de crabe et mousse sous cloche de verre. S'agit-il d'un ex-voto ? Si oui, à qui s'adresse-t-il ?

D’une certaine manière, la pièce Charpillon est un ex voto fictif, qui contiendrait le vœu secret de soulager le cœur de Giacomo Casanova. Dans l’Histoire de ma vie, Casanova raconte comment une jeune femme, surnommée La Charpillon, s’est jouée de lui pour lui soutirer son argent ; c’est par elle qu’il a pris conscience que sa jeunesse était passée (il avait 38 ans). Ce rapport au temps douloureux me semble bien plus profond qu’un dépit amoureux. Sous la cloche en verre, j’ai souhaité qu’un cœur anatomique se transforme en paysage, en une sorte d’arbre à papillons. Ce sont des insectes séduisants à première vue, mais leurs ailes sont en charpie, et ils semblent se nourrir aux artères…

 
© Juliette-Andrea Elie - Charpillon, ex-voto


© Juliette-Andrea Elie - Charpillon, ex-voto

Vous ne cessez de surprendre avec votre série d'installations "Là où poussent les songes".
Quel est l'objet de votre recherche sur cette création ?

Cette série d’installations est née d’une résidence à Mortagne au Perche, organisée par la Scène Nationale 61, la Drac Basse Normandie et le commissaire Martin Kiefer. J’y ai mené différents projets, tant avec des enfants de l’école primaire qu’avec des adultes en réinsertion sociale dans un institut de formation (IRFA). Chaque fois, je m’adapte à ceux que je considère comme des collaborateurs (même s’ils sont petits, ou maladroits, ou peu sûrs d’eux) ; dans tous les cas, mon propos était d’inciter les habitants du Perche à se réapproprier leur territoire ou leurs paysages (au pluriel), à partir des légendes locales. Avec des menuisiers épileptiques notamment, nous avons  fabriqué une sculpture en bois de trois mètres de haut constituée de deux panneaux qui s’insèrent l’un dans l’autre, et qui forment un arbre retourné ou deux poumons gigantesques, selon l’angle de vue. On oscille entre paysage végétal et paysage anatomique.

 © Juliette-Andrea Elie - "Là où poussent les songes"

© Juliette-Andrea Elie - "Là où poussent les songes"

Parlez-nous de votre série "FADING LANDSCAPES" :
- Quel est le propos ce cette série ?
- Vous conjuguez plusieurs techniques et supports. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre processus créatif ? Quel message/ressenti souhaitez-vous transmettre ?

« Fading Landscapes » est une expression que j’emploie pour désigner des paysages qui apparaissent par superposition d’images translucides, où des formes embossées flottent sur le papier. Ces photographies, imprimées sur papier calque puis gravées ou pliées à l’aide de pointes sèches, figurent des lieux de rêveries. On devine des strates qui transparaissent sous la surface ; ce sont des indications temporelles qui brouillent, en quelque sorte, les informations visuelles. Ce qui s’évanouit dans ces paysages, c’est l’information que contient l’image : voilà pourquoi je parle de « fading landscapes ». Mais dans le léger relief, des suggestions diaphanes vient transformer entièrement ce que l’on regarde. Le paysage devient nébuleux, offert à de multiples lectures.

Cette nouvelle série sera montrée pour la première fois lors de l’exposition Circulations qui se déroulera du 24 janvier au 8 mars 2015 au CENTQUATRE-PARIS. C’est un moment important pour tout artiste : lorsqu’une œuvre sort de l’atelier pour être exposée au public, il ne reste plus qu’à observer…

© Juliette-Andrea Elie - "FADING LANDSCAPES"
 © Juliette-Andrea Elie - "FADING LANDSCAPES"

Quels sont vos projets en cours-à venir, autres que le Festival CIRCULATION(S)... ?

J’ai plusieurs projets en cours. Sur l’invitation de la philosophe Marie Gaille, directrice de recherche au CNRS et organisatrice du colloque « La santé dans un environnement à risque », en janvier 2015, à l’Université Paris-Diderot, je montrerai une proposition artistique autour des dérèglements climatiques et autres environnements troublés. Je me réjouis de travailler de nouveau avec les scientifiques ; j’en avais fait une première expérience avec les archéologues du Musée de Terra Amata.

Je continue mes recherches sur le paysage et le territoire, en m’intéressant plus particulièrement aux atlas et à la cartographie, ce qui donnera lieu à une résidence dans une école du 18ème et une présentation publique, au printemps prochain.


© Juliette-Andrea Elie

© Juliette-Andrea Elie

 

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  • Artist UP
    (hôte)
    • 2015-03-12 17:17:42
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  • Tags - #paris #photographie #Paysage #souvenir #104 #expérimentations #mémoire #temps #Juliette-Andrea Elie #cent quatre #festival circulations #scientifiques #CNRS #fading landscapges #festival circulations 2015
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