"Trip" photographique avec Rémy Baudequin

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Rémy Baudequin est un photographe français basé à Paris. Passionné de cinéma et de photographie depuis son enfance, influencé par des artistes à l’identité forte tels que Stanley Kubrick, David Lynch, Radiohead ou encore Kraftwerk, il interroge une nouvelle vision de la photographie. Entre expériences visuelles, trips photographiques, ou perceptions éloignées de la réalité... pour notre plus grand plaisir Rémy Baudequin a répondu à nos questions, partageant son univers atypique et très personnel.

 

© Rémy Baudequin - Lucidity

© Rémy Baudequin - Just here


© Rémy Baudequin
 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai un parcours d’autodidacte. Je n’ai fait ni école de photographie ni de formation spécifique. J’ai étudié le cinéma sans finir le cursus et ai toujours appris sur le tas quelle que soit la discipline. Mon parcours a souvent été  guidé par les hasards, les rencontres. Car au final si je fais « sérieusement » de la photographie c’est un concours de circonstances. J’avais un appareil photo, des amis musiciens m’ont proposés de les prendre en photo durant un concert. Le résultat a plu, d’autres artistes m’ont demandés la même chose et voilà. Mais à l’origine je faisais et travaillais sur des courts-métrages, les écrivains etc.
 

© Rémy Baudequin - Cold Ghosts

 

Comment s’est développée votre passion pour la photographie ?

Je pense que ça remonte à l’enfance. Mon grand-père avait une passion pour la photographie et collectionnait les appareils photo. Il en avait des centaines de toutes époques, tous types de formats. Et adolescent j’ai décidé de m’y mettre, à développer moi-même mes pellicules après avoir lu que Stanley Kubrick avait appris le cadrage, la lumière, en passant par la photographie, son premier métier. A l’époque je voulais faire des films, c’était mon rêve, mais je n’avais pas de caméra. J’ai donc essayé de raconter des histoires avec le support que j’avais à ma disposition. Et puis c’est tellement jouissif de prendre une photo le matin et de pouvoir la mettre en ligne quelques heures après. Un film c’est des années de batailles : écriture, chercher des financements, tournage, montage, post-prod etc.

 

© Rémy Baudequin - Clémence © Rémy Baudequin

 

Quelles sont vos sources d’inspirations ? Pouvez-vous nous citer un ou plusieurs artistes qui influencent votre travail ?

Ma source d’inspiration majeure c’est la musique : Miles Davis, Flying Lotus, Radiohead, le Velvet Underground, Boards of Canada, David Bowie, les Beatles, Kraftwerk, Massive Attack, Tame Impala… Tous ces gens ont une identité visuelle très forte. Par exemple, il est presque impossible de dissocier le son et l’image chez Björk. Ils ont un univers très fort et m’évoquent directement des images avec quelques notes seulement. J’adore des artistes visuels liés à la musique tels que Neil Krug, Leif Podhajsky ou encore Stanley Donwood.
 

© Rémy Baudequin - The Accident - Patrick Biyik

© Rémy Baudequin - The Accident
 

Certaines de vos photos ont un côté très psychédélique et envoûtant, notamment au niveau des couleurs et des formes. Pouvez-vous nous parler de votre démarche artistique ?

J’aime l’idée de trip, d’expérience, de visions qui s’éloignent de la réalité. Que les gens cherchent dans l’image, se perdent dedans. Je pense que la vision et la sensation que m’ont laissées des films comme « 2001 » ou « Apocalypse Now » lorsque j’étais adolescent n’y sont pas pour rien. Des œuvres sensorielles dans lesquelles on s’abandonne.
 

© Rémy Baudequin - 2.0
© Rémy Baudequin - Instants


© Rémy Baudequin - Communion

Pouvez-vous nous parler d’une série qui vous tient particulièrement à cœur et nous dire pourquoi ?

Ma série « Epitaphe » me tient beaucoup à cœur. J’ai dans mon entourage beaucoup d’artistes dont j’aime énormément le travail et pas uniquement parce que ce sont des amis. J’ai eu envie de travailler avec eux. Alors je leur demandais « S’il ne te restait plus qu’une phrase à dire, ça serait laquelle ». Ils choisissent une phrase, puis on la met en scène, ensemble. Créer la photo en collaboration pour que le résultat soit personnel pour eux comme pour moi. Qu’on soit fier du résultat final. Je me suis beaucoup amusé à faire certains clichés. D’ailleurs il faudrait que je continue à travailler sur cette série. Il y a encore beaucoup de gens à qui j’aimerais poser cette question.

© Rémy Baudequin - Epitaphe Aurore Imbert

 

La musique a l’air d’occuper une place importante dans votre travail. Pouvez-vous nous en dire plus ?

En fait je suis un musicien frustré. Je touche ma guitare deux fois par an. J’adorerais jouer, avoir le temps de travailler des heures sur des sons. J’ai autour de moi beaucoup de musiciens et donc mes premiers travaux photographiques ont logiquement été de prendre des photos de concerts. C’est en plus une très bonne école : conditions de prises de vue difficiles, on ne maîtrise pas les éclairages, il y a sans cesse du mouvement etc. Mais j’ai rapidement essayé de dépasser le simple concept de photos live. Parfois je n’hésite pas à tendre vers une certaine abstraction, travailler sur les formes, les couleurs. Ce qui m’intéresse c’est de représenter la musique de façon visuelle, de m’approcher de la vision que j’ai de l’artiste. Par exemple, les derniers artistes que j’ai pris en live c’était Massive Attack. Pour coller à leur univers visuel et à ce que j’avais en tête, je me suis beaucoup éloigné du concept de photos de groupe.
 

© Rémy Baudequin - Massive Attack

© Rémy Baudequin - Melodys Echo Chamber

© Rémy Baudequin - And So I Watch You From Afar
 

Vous avez également réalisé de nombreux posters de films (Jurassic Park, Drive, V pour Vendetta…), quelle influence a le cinéma dans votre travail ?

Le cinéma est très étroitement lié à ma vie. Petit je voulais être plongeur pour faire comme Cousteau. Puis j’ai vu « Les Dents de la Mer » à 5 ans et depuis j’ai peur de l’eau. Je me rappelle avoir souvent pensé que ce mec qui avait fait ce film avait un pouvoir incroyable sur les gens. J’en étais la preuve. Depuis je voue une passion, un culte pour le cinéma et pour ses artisans : Stanley Kubrick, David Lynch, Jean Renoir, John Carpenter, Paul Thomas Anderson, Alain Resnais, Alexander Sokourov etc. Je pense que ma cinéphilie influence mon travail dans mon approche, dans ma démarche, dans ma façon de cadrer, de mettre en scène la photo etc.


© Rémy Baudequin - Movie Poster Jurassic Park
 

Mots de la fin ? Projets en cours ? à venir ?

Actuellement je travaille sur des visuels, sur des pochettes pour des groupes. J’ai également pris des photos pour les gars de NORMALS et leur vêtement en réalité augmentée : APPAREL. Le projet est fou et très enthousiasmant. Et sinon je travaille aussi sur une bande dessinée avec un ami scénariste et une dessinatrice géniale. J’espère bientôt en reparler.


© Rémy Baudequin - Horizons


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  • Anna Frick
    (hôte)
    • 2015-01-12 18:28:59
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  • Tags - #paris #musique #cinema #photographie #portrait #psychédélique #films #affiche #Rémy Baudequin
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